Samedi 31 juillet 2021

Société

Campagne de démolition des constructions anarchiques : griefs des propriétaires

20/06/2021 Commentaires fermés sur Campagne de démolition des constructions anarchiques : griefs des propriétaires
Campagne de démolition des constructions anarchiques : griefs des propriétaires
Des kiosques et maisons démolies sur la 11ème avenue à Nyakabiga I

La démolition des constructions ne respectant pas les normes de l’urbanisme continue en commune Mukaza. Certains habitants s’indignent et dénoncent des irrégularités dans la démolition des annexes et des clôtures de certaines parcelles. L’administration est intransigeante.

L’administration continue à mettre en application la mesure de démolition de toutes les constructions jugées anarchiques. Certains propriétaires préfèrent les détruire de leur gré pour sauver les matériaux de construction. Pour ceux qui refusent d’obtempérer, les jeunes mobilisés pour cette ’’opération de casse des constructions anarchiques’’ s’en chargent.

Il est 11h, ce vendredi. La zone Nyakabiga broie du noir. Depuis le 28 janvier, le chef de zone supervise la démolition des constructions qui ne respectent pas les normes de l’urbanisme.

Il avait ordonné aux propriétaires de les détruire de leur plein gré. Sur la 11ème avenue du quartier Nyakabiga I, les propriétaires s’activaient à les détruire.

C’est une avenue qui a une forte concentration de kiosques, de dépôts des denrées alimentaires comme le maïs, le haricot, le riz etc. Donc c’était un véritable marché improvisé.

Des sacs de haricot, de riz, de maïs et des bidons de l’huile de palme sont déposés sur la route en attendant de trouver d’autres emplacements.
Les propriétaires et les commerçants ne savent plus à quel Saint se vouer. C’est grâce à ces boutiques qu’ils gagnent leur vie. Aujourd’hui, plus de kiosques, plus de vie. Certains se voient déjà aller gonfler les rangs des chômeurs : « Que vais-je devenir, recommencer à zéro alors que je gagnais ma vie facilement grâce à ce kiosque ? Je n’ai pas de diplôme et ce petit commerce m’aidait à survivre », se désole un vendeur de riz.

Ils sont inconsolables. Des questions se lisent sur leurs visages : « Qui va payer mon loyer ? Qui va donner à mes enfants de quoi mettre sous la dent? Qui va payer mes factures d’électricité et d’eau ? » Des questions sans réponses.

Deux poids deux mesures ?

Même situation en zone Bwiza, quartier Jabe. Il est midi sur la route venant de Nyakabiga et menant au marché de Jabe. Personne n’a voulu exécuter cet ordre : « Nul ne peut détruire sa propre maison », explique un sexagénaire.

Des jeunes avec des marteaux, des planches font tout pour faire tomber à terre un kiosque et les annexes des maisons construits près des caniveaux. Ils sont sous la supervision des policiers.

Certains habitants de la zone Bwiza s’indignent. Ils parlent d’irrégularités dans la démolition des annexes et des clôtures de certaines parcelles, une mesure qui a été prise par l’administration.

Ces derniers accusent certains agents d’avoir exécuté cet ordre avec partialité. Selon ces habitants, c’est étonnant de voir que certaines clôtures n’ont pas été visées, alors qu’elles sont aussi construites sans respect des normes de l’urbanisme.

« Ils ont démoli chez moi à cet endroit. Regarde ces ménages qui sont sur la même ligne ne sont pas touchés», se lamente un propriétaire d’une maison sur un avenue de Jabe.

Interrogé pour savoir pourquoi il n’a pas détruit de propre gré pour respecter les normes de l’urbanisme, il se défend : « Le chef de quartier ne nous a jamais avisés. Il est venu seulement pour ordonner la démolition ».

Lui et certains habitants de cette zone souhaitent un traitement équitable des gens lors de la destruction des clôtures construites anarchiquement comme ne cessent de le dire les autorités dans cette zone.

Dans une conférence de presse tenue le 16 juin, le maire de la ville de Bujumbura a indiqué que la ville doit avoir un aspect architectural respectant les normes urbanistiques.

Un délai de 7 jours a été accordé aux ’’récalcitrants et autres récidivistes’’. « Sur l’espace public, les kiosques ou containers doivent être enlevés pour changer l’image de la ville et la rendre plus propre», a-t-il insisté.

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