Politique

«Bujumbura ne négociera jamais avec les putschistes»

16/01/2019 Arnaud Giriteka Commentaires fermés sur «Bujumbura ne négociera jamais avec les putschistes»
«Bujumbura ne négociera jamais avec les putschistes»
Prosper Ntahorwamiye : «Les institutions démocratiquement élues ne négocieront jamais avec les putschistes»

Dans un communiqué du 8 janvier, le gouvernement du Burundi a officiellement réagi sur la fuite des lettres entre le président Burundais et son homologue Ougandais. Retour sur les points saillants.

Bujumbura réaffirme toujours sa détermination de ne pas dialoguer avec les « putschistes ». «Les institutions démocratiquement élues ne négocieront jamais avec les putschistes, leur place est devant les instances judiciaires et non sur une table de dialogue ».

Le Gouvernement du Burundi demande plutôt aux Etats membres et surtout aux Etats qui les hébergent de prêter main-forte au Burundi dans cette voie en les extradant au pays pour que la justice soit rendue. Dans sa correspondance adressée à Yoweri Museveni, le président Nkurunziza avait comparé les putschistes avec ceux qui ont commis le génocide chez notre voisin du nord. Le Rwanda peut-il s’asseoir avec les génocidaires ?, avait-il lancé à « son frère » ougandais.

La correspondance de M7 comporte, selon le communiqué, des affirmations méritant des éclaircissements. Le président Museveni a confondu « involontairement » le parti au pouvoir Conseil National pour la Défense de la Démocratie – Forces de Défense de la Démocratie (CNDD-FDD) et la Commission Nationale de Dialogue Inter-burundais (CNDI).En outre, le gouvernement s’insurge contre le « révisionnisme » de l’Histoire burundaise. Pour lui, une lecture manichéenne des bons et des mauvais n’est pas de nature à réconcilier les gens. C’est mauvais, car le Burundi est déjà réconcilié.

Les relations tumultueuses avec le Rwanda sont aussi évoquées. Bujumbura parle de fausse comparaison du Rwanda et du Burundi. Il déplore que les « déboires »du voisin de l’outre Kanyaru soit négligé. « La question de l’agression du Rwanda contre le Burundi doit être prise au sérieux par la communauté des Etats de l’Afrique de l’Est en vertu du principe sacro-saint du bon voisinage tel que consacré par le Traité de l’EAC ». Sinon, c’est une entorse à l’intégration régionale.

Suite à la décision du CNC, vous ne pouvez ni réagir ni commenter cet article.

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Réactions

Pancrace Cimpaye: «Une déclaration disqualifiant l’opposition»

«Cette déclaration vise uniquement à une organisation solitaire des prochaines élections et à une disqualification de l’opposition. »estime cet opposant en exil, membre du Mouvement pour la solidarité et la démocratie.

M. Cimpaye fait savoir que le président Nkurunziza ne veut toujours pas négocier. Et de dire que le chef de l’Etat appelle de tous ses vœux à un conflit avec le Rwanda. « Il croit à tort qu’un tel conflit augmenterait sa cote de popularité spécialement des hutu. Il rêve de voir la crise burundaise transformée d’une crise politique interne au Burundi à une crise ethnique régionale», martèle-t-il.

Il trouve que les élections de 2020 seront solitaires et truquées. Un danger pour la stabilité du Burundi. « Notre pays va sombrer dans l’abîme de la désolation. Ces élections seront la consécration de l’enterrement définitif de l’Accord d’Arusha».

Léonce Ngendakumana : «Bujumbura veut travailler en vase clos»

Le vice-président du parti Sahwanya Frodebu. Léonce Ngendakumana indique que ce n’est pas un communiqué du gouvernement. «Je pense que c’est une déclaration de son porte-parole» D'après lui, la déclaration contient des positions extrêmes. Cependant, dit-il, son message essentiel est de dire: «Nous allons travailler en vase clos». Pour cet ancien président de la chambre basse du parlement, c’est simplement refuser les négociations.

Léonce Ngendakumana trouve que cette déclaration traduit «l'incapacité du gouvernement» à aborder la question de négociations. «Introduire la question du Rwanda dans les négociations prouve que le gouvernement n'a pas d'arguments». Et il appelle tous Burundais épris d’ «une société juste» à se mettre ensemble pour «refuser à ce pouvoir de sombrer dans les travers du passé». «Sinon on s'achemine tout droit vers là».

Kefa Nibizi : «Les putschistes doivent répondre de leurs actes»

Le président du parti Frodebu Nyakuri Iragi rya Ndadaye remercie le gouvernement pour son attitude ferme vis-à-vis des «putschistes ». «Il n’y a pas d’autre solution pour ceux qui ont tenté de renverser les institutions démocratiquement élues Ils doivent répondre de leurs actes ».Pour lui, le dialogue se fait entre des personnes « pacifiques » .A la question de savoir si cela n’hypothèque pas le dialogue inter-burundais, M. Nibizi rétorque que le dialogue n’a jamais cessé.

La preuve est que le nouveau code électoral a été discuté par la classe politique. Sur la brouille entre le Rwanda et le Burundi, il demande plus d’implication de la région sur ce problème. « Au lieu de s’atteler à des problèmes internes inexistants, la sous-région devait d’abord aider à résoudre ce différend entre ces deux pays »

Olivier Nkurunziza : « Pas question qu’ils rejoignent le dialogue»

Pour le secrétaire de l’Uprona, la position de sa formation politique n’a pas changé. « Il faut que les putschistes comparaissent et que la justice statue sur leur sort.» Pas question qu’ils rejoignent le dialogue. M. Nkurunziza indique néanmoins que le gouvernement peut leur accorder une amnistie pour une certaine période.

Sur la question rwandaise, il appelle les deux pays à s’asseoir ensemble pour vider cette mésentente. « Même à l’époque où notre parti dirigeait le pays de tels problèmes ont existé. Il faut que nos gouvernements respectifs s’entretiennent pour rétablir le bon voisinage ».

Suite à la décision du CNC, vous ne pouvez ni réagir ni commenter cet article.

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Editorial de la semaine

« J’ai besoin de tous les Burundais »

Léandre Sikuyavuga Commentaires fermés sur « J’ai besoin de tous les Burundais »

L’euphorie de la campagne électorale est terminée. Ce 20 mai, les Burundais ont eu rendez-vous avec les urnes. Enjeu ? Un triple scrutin : présidentiel, législatif et communal. Mais le vote du président, qui gouvernera le pays pour sept ans, semble voler (…)

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