Samedi 20 juillet 2024

Politique

62ème anniversaire de l’indépendance : une fête qui était très attendue

62ème anniversaire de l’indépendance : une fête qui était très attendue
Le chef de l’Etat, Evariste Ndayishimiye et le président tchadien

A Gitega, au stade Ingoma, la célébration de l’indépendance a laissé la population sur leur faim, la grande majorité qui espérait assister aux cérémonies n’a pas pu y accéder faute de places. Bon nombre d’habitants de la capitale politique se sont contentés de se placer en hauteur sur les collines environnantes pour voir les parachutistes.

Ils s’étaient levés très tôt ce matin-là, nombreux à vouloir entrer au stade Ingoma. Malheureusement, ce complexe sportif s’est révélé trop petit pour accueillir tout ce monde. Ils étaient venus de tous horizons avec une seule idée en tête : « Voir les parachutistes ». Depuis une semaine, hommes, femmes et enfants comptaient les jours et les heures restants avant le jour J. Ils n’avaient pas lésiné sur les moyens : des bus, voitures et motos amenaient les gens vers Gitega depuis ce dimanche. Les hôtels et bistrots n’ont pu contenir cette foule. Beaucoup sont venus des communes limitrophes de la ville de Gitega et d’autres provinces, mais sont repartis sans voir le spectacle tant attendu. Ils ont été refoulés pour laisser la place aux invités et à un petit nombre de la population, suffisant pour remplir tous les gradins. Le stade était plein à craquer, il fallait jouer des coudes pour se frayer un chemin jusqu’à l’entrée. Les retardataires ont dû accepter d’être piétinés et bousculés.

Cadres et hauts cadres, membres du gouvernement, officiers supérieurs de l’armée et de la police, anciens présidents et diplomates accrédités au Burundi, tous étaient présents. Tôt ce matin-là, les cérémonies ont commencé par une pause de gerbes de fleurs au monument du Prince Louis Rwagasore, situé sur l’avenue du Triomphe, en plein centre-ville de Gitega. Au stade Ingoma, le spectacle le plus attendu et le plus applaudi a été le saut en parachute, le débarquement en camion roulant à toute allure, et la descente d’un hélicoptère par une corde. Ces éléments avaient motivé et attiré beaucoup de monde, en plus du long défilé militaire et de policiers.

Le président de la République n’a pas fait de long discours, comme à son habitude en pareilles occasions. Il a souhaité un bon anniversaire de l’indépendance au peuple burundais : « Nous célébrons cette fête dans l’unité et la joie, malgré les difficultés que le pays traverse. Aujourd’hui, notre pays a des amis et une voix dans le concert des nations. L’époque où l’ennemi du pays cherchait à nous diviser est derrière nous », a déclaré Evariste Ndayishimiye. Lorsqu’il a accueilli le président tchadien, arrivé depuis dimanche à Gitega, le numéro un burundais a souligné que la République tchadienne a longtemps été une amie du Burundi. Expliquant les bonnes relations entre le Burundi et le Tchad, le président Ndayishimiye n’a pas manqué de souligner que ce pays n’a jamais rompu les liens qui unissent ces deux pays frères : « Quand certains pensaient envoyer des troupes au Burundi sous prétexte de maintien de la paix en 2015, le Tchad s’est opposé à toute ingérence étrangère et a menacé d’envoyer des troupes pour combattre aux côtés du Burundi », a-t-il indiqué.

La coopération économique, remède au sous-développement

Défilé militaire au stade Ingoma

En tant qu’invité de marque, Mahamat Idriss Deby Itno a souligné que le Burundi a longtemps souffert de la colonisation et des ingérences, comme la plupart des pays africains, mais qu’il a su convertir ses souffrances en forces et en espérances. Avant de proposer des relations commerciales qui pourraient développer ces deux pays, il a appelé le peuple burundais à mettre un accent particulier sur les relations économiques bilatérales et multilatérales. « Venir ici n’est pas dû au hasard. La plus grande force de l’Afrique réside dans la coopération économique. C’est pourquoi l’approche actuelle de coopération entre les pays africains, aussi bien au niveau bilatéral que multilatéral, doit être entièrement repensée », a-t-il déclaré.

D’après lui, le Burundi est producteur de thé tandis que le Tchad en est un grand consommateur, mais le volume des échanges reste faible. « Il est plus que temps que nos propres opportunités, nos ressources nous servent de la meilleure manière possible pour construire ensemble une prospérité plus partagée au profit de nos peuples respectifs », a-t-il ajouté. Notons que c’est la deuxième année consécutive que l’anniversaire de l’indépendance du Burundi se célèbre dans la capitale politique du Burundi.

Forum des lecteurs d'Iwacu

4 réactions
  1. Claypton

    Le Prince Louis Rwagasore et Pierre Ngendandumwe doivent se retourner dans leur tombe. Ce n est certainement pas pour ça qu ils se sont battus. UN pays plus pauvre qu à l’independance ( le dernier dans le classement mondial ) , un gouvernement corrompu et incompétent …un Avenir obscur. Pauvre Burundi , Les colons doivent sourire dans leur coin. Ewe Burundi……..

  2. Martin

    Il n’y a pas d’indépendance du Burundi, il y a uniquement un discours de l’indépendance se basant sur des Chateaux d’Espagne de prospérité et sur un spécatacle des parachitistes!
    En réalité, le Burundi dépand cruellement de l’importation du carburant, des devises, de la nourriture (causé entre autres par une politique ignorant vis-à-vis des problèmes d’une croissance de population non commandée) de l’aide humanitaire (deux tiers de la population burundaise souffre de la faim, les hauts cadres implorent le FMI de donner des crédits) etc., etc.

    • saleh

      Tu n’a pas compris ce que signifie l’indépendanance. Selon ta logique, même les etats unis sont dépendants puisqu’ils ont besoin de l’uraniuum alors qu’ils n’en ont pas en quantité suffisante et donc doivent l’importer

      • Stan Siyomana

        @saleh
        1. Vous ecrivez:« Selon ta logique, même les etats unis sont dépendants puisqu’ils ont besoin de l’uraniuum… »
        2. Mon commentaire
        Normalement aux Etats-Unis, pour aller d’ouest a l’est l’on prend l’avion.
        Mais en 2018, j’ai accompagne un ami burundais qui demenageait et l’on a pris l’autoroute Interstate 40 (I40) qui passe par le nord de l’Etat d’Arizona jusq’en Caroline du Nord (3 ou 4 jours pour une distance de 3600 kilometres).
        Quand j’ai vu l’immensite des champs de mais le long de la route et le grand nombre de gros camions transportant des marchandises vers l’est et vers l’ouest, c’est la que j’ai compris la puissance economique du pays.

Charte des utilisateurs des forums d'Iwacu

Merci de prendre connaissances de nos règles d'usage avant de publier un commentaire.

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes, antisémites, diffamatoires ou injurieux, appelant à des divisions ethniques ou régionalistes, divulguant des informations relatives à la vie privée d’une personne, utilisant des œuvres protégées par les droits d’auteur (textes, photos, vidéos…) sans mentionner la source.

Iwacu se réserve le droit de supprimer tout commentaire susceptible de contrevenir à la présente charte, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois, promotionnel ou grossier. Par ailleurs, tout commentaire écrit en lettres capitales sera supprimé d’office.

Ajouter un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A nos chers lecteurs

Nous sommes heureux que vous soyez si nombreux à nous suivre sur le web. Nous avons fait le choix de mettre en accès gratuit une grande partie de nos contenus, mais une information rigoureuse, vérifiée et de qualité n'est pas gratuite. Nous avons besoin de votre soutien pour continuer à vous proposer un journalisme ouvert, pluraliste et indépendant.

Chaque contribution, grande ou petite, permet de nous assurer notre avenir à long terme.

Soutenez Iwacu à partir de seulement 1 euro ou 1 dollar, cela ne prend qu'une minute. Vous pouvez aussi devenir membre du Club des amis d'Iwacu, ce qui vous ouvre un accès illimité à toutes nos archives ainsi qu'à notre magazine dès sa parution au Burundi.

Editorial de la semaine

L’interdiction de Sapor fait débat

Le chef est une figure singulière dans notre société. Son autorité est principalement exercée par la parole – Ijambo. Dans notre tradition, la parole est respectée, et celle du chef, en particulier celle du Chef de l’Etat, est presque sacrée. (…)

Online Users

Total 2 340 users online