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Violences conjugales : des hommes en sont aussi victimes

05-05-2013

{{Longtemps tu, le phénomène des hommes maltraités est une réalité au Burundi. Ils sont autant marqués physiquement et psychologiquement que les femmes.}}

<doc4114|right>« Contrairement à ce que croit la société burundaise, les hommes sont aussi victimes de violences de tous genres dont celles conjugales », martèle Vincent Bukuru, président de l’association pour la protection des Hommes et de l’homme en détresse (APHD). Il atteste que la violence des femmes au sein d’un couple est inimaginable, pourtant elle existe bel et bien. Elle cause, d’ailleurs, plus de dégâts que celle exercée par les hommes : « La différence est que dans la majorité des cas, les femmes utilisent des objets pour frapper leurs conjoints. Car, physiquement, elles ont moins de force qu’eux » Il affirme que plusieurs cas de violences sont à déplorer : des hommes instruits, des illettrés et des paysans, personne n’est épargné.

D’après le président de l’APHD, cette association a été créée pour aider les hommes victimes à dénoncer et à briser le silence sur ces violences. Car il s’est avéré qu’ils sont réticents à témoigner de peur d’être méprisés par d’autres hommes ou la communauté. « Une femme victime de violence est vite comprise et est soutenue. Mais l’homme, lui, n’est plus un homme. Jusqu’à être considéré comme une femme dans son ménage », déplore-t-il. Par ailleurs, insiste Vincent Bukuru, les hommes sont incompris. D’après lui, les victimes préfèrent souvent ne pas frapper leurs épouses. En effet, ils estiment que c’est une bassesse. Et d’ajouter que le devoir d’un chef de ménage, c’est de protéger sa famille et non de la détruire. Par conséquent, elles ne les respectent plus.

{{Les victimes seront écoutées et conseillées…}}

Ce phénomène, d’après Vincent Bukure, n’est pas nouveau. En outre, ces dernières années, il a été accentué par une fausse perception et interprétation de la philosophie de l’émancipation de la femme. « Elle est perçue comme une révolte envers les hommes, chez certaines », explique-t-il. Le mieux, pour le président d’APHD, c’est que les actions des femmes et celles des hommes soient combinées pour lutter efficacement contre les violences conjugales.

Bien qu’il reconnaisse que la majorité des victimes soit des femmes, il n’approuve pas la façon dont les associations féminines ont travaillé : « Elles se sont exclusivement occupées des femmes victimes. Les hommes maltraités se sont retrouvés isolés. » Pour lui, cette association va permettre aux hommes victimes d’être écoutés et conseillés. « Désormais, ils savent au moins qu’ils seront soutenus. », affirme-t-il, confiant.

<doc4113|left>{{Témoignage : « C’est par chance qu’elle ne m’a pas tué »}}

« Je ne pouvais pas oser lever la main sur ma femme, même si elle me poussait à bout. J’avais peur de commettre l’irréparable », témoigne Aimé Aloys Manirakiza, 33ans. Père de deux enfants de 5 et 2ans, c’est un ancien militaire, démobilisé en 2005 et un karateka de ceinture marron. Depuis son mariage en novembre 2006, il raconte que, quelques mois après, les relations avec sa compagne se sont détériorées. Elle le dénigrait, l’insultait. Il affirme qu’il était coupé de toute vie sociale : « Ma femme était d’une jalousie maladive. Elle ne tolérait pas que je rentre après 20 heures. Il était hors de question que je passe prendre un verre avec des amis. Sinon, elle me faisait des scènes. » M. Manirakiza affirme qu’il préférait se taire au lieu de répliquer. Finalement, il a convoqué le conseil de famille composé surtout par des membres de sa belle famille pour que sa femme leur explique le pourquoi d’un tel comportement. Mais cela n’a servi à rien.

Un soir, alors qu’il rentrait du travail (il tient un commerce de produits vivriers au marché central de Bujumbura), il soutient qu’une dispute a éclaté. Tenant un bébé de 6mois dans ses bras, sa femme l’a bousculé et il est tombé. Profitant de ce moment d’étourdissement, elle a pris une machette pour le frapper sur la tète. Il a, cependant, pu contrer le coup avec sa jambe. Il a eu deux orteils coupés : « C’est par chance qu’elle ne m’a pas tué. Son souhait était d’en finir avec moi. J’ai passé une semaine, à l’hôpital, puis, j’ai été alité durant quatre mois », signale-t-il. Selon lui, il n’a pas voulu porter plainte pour ses enfants. Actuellement, il a quitté le toit conjugal et a demandé le divorce.

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