Société

Université Lumière / Les lauréats en Génie civil à bout de nerfs

10/04/2018 Clarisse Shaka 3
Université Lumière / Les lauréats en Génie civil à bout de nerfs
Mouvement de grève à l’ULBU, il y a deux semaines, en soutien aux lauréats du Génie civil.

Presqu’un an après leur cursus, les lauréats du département de Génie civil n’ont pas encore obtenu leurs attestations de réussite. Le département n’est pas encore agréé, souligne le recteur.

Les lauréats de la première promotion en Génie civil à l’Université Lumière de Bujumbura (ULBU) ne décolèrent pas. Jeudi 22 mars et le lendemain, ils ont manifesté dans les locaux de l’université en faisant sortir des classes les autres étudiants. « Il faut soutenir ses condisciples »,martelaient-ils. C’est la police qui se chargera de calmer la situation. Quatre étudiants passeront toute la journée au cachot.

« Il est impensable de passer presqu’un an sans aucun document attestant que l’on a terminé l’université. » Faute de diplôme, poursuit Y.N., l’un de ces lauréats, le minimum est d’avoir une attestation de réussite. Il affirme avoir terminé en juillet 2017.

Et d’évoquer les appels d’offre d’emploi qui leur filent entre les doigts, les opportunités de bourses de master, etc. Un de ces lauréats indique qu’ils ont essayé à maintes reprises de demander calmement une explication. « Apparemment, la question n’est pas dans les priorités de l’administration. »

Le 26 février, ils ont insisté en adressant une correspondance au recteur. Elle est restée lettre morte. C’est ainsi qu’ils ont décidé de hausser le ton, un mois après.

« C’est une question de prudence »

Le recteur de l’ULBU, Déo Nimpagaritse, assure que le département de Génie civil n’est pas encore agréé. Selon lui, la prudence exige de ne délivrer aucun document sans l’agrément du programme.

Il soutient qu’il n’est pas encore trop tard : « C’est juste le moment du processus d’agrément.» Contrairement à ce que pensent certains, explique le recteur, un programme n’est pas agréé dès son ouverture, mais vers sa fin. « Il faut en effet vérifier si l’établissement a respecté l’élaboration du programme ».

Selon M. Nimpagaritse, ce n’est qu’en décembre 2017 que la première promotion de Génie civil a terminé les cours. Au moment où l’université était en pleine demande d’agrément, le ministère leur a exigé de dispenser le cours d’« Education à la citoyenneté ». « Nous avons dû appeler les lauréats pour étudier ce cours. Il fallait refaire la maquette, revoir le dossier pour demander l’agrément. »

C’est le 9 mars que la Commission de l’enseignement supérieur a validé le programme. Il ne reste que l’accord de la ministre de l’Education. « Je ne comprends donc pas cet acharnement des lauréats. Est-ce vraiment trop tard ? Ils sont impatients ! » Et d’ajouter qu’il ne serait pas juste de mettre la pression sur la ministre. « Elle a beaucoup de dossiers à traiter ».

Le département de Génie civil avait été fermé, puis rouvert, quelques mois après son ouverture en 2014, faute d’ouverture sans autorisation. « On ne fera pas la même erreur deux fois», observe le recteur.
Au moment où nous mettons sous presse, l’ULBU nous apprend que la ministre vient de signer l’agrément de ce département.

Forum des lecteurs d'Iwacu

3 réactions
  1. Pablo moses

    C’est pour cela que les maisons en étages en construction s’écroulent  » cas Buterere » ! ! Ingénieurs des programmes non agréés du n’importe quoi dans l’enseignement! !

  2. Gacece

    C’est ahurissant! Ils ont débuté un cursus de formation, sur toutes les années que le programme exige de réussir, sans avoir fait agréer leur programme?!

    Désolé mais… Et si le ministère décide de ne pas valider le programme ou d’en modifier les contenus? Ces étudiants devront retourner étudier et payer d’autres frais?

    Pour cette université, et pour toutes les autres qui donnent des cours et/ou programmes sans les avoir fait valider, le ministère ne devrait pas leur accorder un quelcoque pouvoir d’accorder de crédits universitaires pour ces programmes. Pour la simple raison qu’ils n’ont pas été contrôlés.

  3. Mafero

    Comment voulez-vous que le pays se dévéloppe avec des cadres formés dans des universités « Mickey Mouse », utilisant des programmes non agrés? Je trouve que les Burundais se font facilement arnaquer.

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