Editorial

Une inflation rampante

08-07-2016
Léandre Sikuyavuga

Léandre Sikuyavuga

La monnaie burundaise se déprécie considérablement.

Un dollar américain s’échange à 2 400 Fbu sur le marché noir. C’est une première, même pendant l’embargo, dans
les années 1996, le pays n’a pas connu une telle situation.

La conséquence directe est l’inflation. Le 15 juin, le prix de l’essence est passé de 1880 à 2000Fbu. Le prix d’un kilo de sucre vient de grimper de 1750 à 1900 Fbu. Pour Noël Nkurunziza, président de l’Association des consommateurs du Burundi, ces deux seuls produits sont capables de provoquer une perturbation des prix des produits de base. De facto, le panier de la ménagère diminue.

Certes, le prix de la quasitotalité des produits importés est soutenable pour l’acheteur. Mais pour combien de temps encore si la situation perdure ? Il faut des solutions, c’est urgent.

Certains experts en économie proposent au gouvernement de renouer la coopération avec les bailleurs de fonds, notamment la Banque Mondiale et le Fonds monétaire international, afin d’équilibrer le déficit de devises par rapport au besoin.

D’autres lui conseillent de promouvoir le tourisme, d’augmenter des produits d’exportation, de créer un climat
de confiance pour pousser les Burundais de la diaspora et les investisseurs à épargner au pays.
Bonnes propositions.

Mais ce n’est pas seulement au gouvernement de prendre des mesures. Il incombe à tous les Burundais de prendre la question en main. Les partenaires du Burundi aussi. Évidemment, il y a des conditionnalités recommandées au gouvernement, en l’occurrence le respect de l’article 96 de l’Accord de Cotonou. Il est temps d’évaluer.

Osons espérer que lors des prochains pourparlers inter burundais à Arusha, pour autant qu’ils se tiennent, cette question sera sérieusement débattue.

  18   Vos commentaires
  1. yves Brian

    Je suis toujours surpris par ce raisonnement de pas mal des gens quand on leur décrit une situation difficile ou des performances médiocres de l’économie de leur pays et au lieu de proposer une solution ou voir accepter les faits et solliciter de l’aide. ils commencent par nous raconter que le problème n ‘est pas juste chez nous, que d’ autre pays vivent les mêmes situations voir pire. Le problème de ces gens et qu’ils souffrent de malhonnêteté intellectuelle, Pourquoi ? Parce que vous remarquerez que ces personnes à chaque fois que vous leur reprocher la mauvaise performance qu’ils ont fait preuve ou d’un gouvernent qu’ils soutiennent , ils vont toujours vouloir justifier leurs performances en les comparant avec celles de pays qui sont en bas du tableau et non de meilleurs dans ces domaines. Donc problème et de vouloir tjrs de ce comparer au médiocre au lieu des meilleurs, car si on se compare au meilleurs , ça nous aide a voir le travail qu’on a accomplir alors que ce compare aux médiocres ,il n y a pas d’effort a faire.

    • Ray

      Haaa, humura ico kibazo o kwi compara na bara nyuma, nta nikigihari.

      Turi abanyuma desormais.

    • KARABAYE ETIENNE

      @YVES BRIAN,

      A qui peut-on se comparer quand on est le dernier du monde? En somme a soi-même. Voilà ce que c’est le Gouvernement incompétent, corrompu et violent du CNDD-FDD, une catastrophe en termes de gouvernance politique. Ce Gouvernement et son parti nous ont poussés au plus bas de l’échelle et ce qui est étonnant ce qu’ils veulent continuer, par la force des armes, la violence contre vents et marrées… !! Mais pour faire quoi ? Jouir du pouvoir eux et leurs familles en laissant 99,9% des Burundais dans une misère sans nom ? C’est injuste et surtout inacceptable. En réalité, je pense que c’est un pays en faillite totale (igihugu cahomvye) qui n’est plus tenu que par les armes et la violence… ! Quand on sort rapidement dans les rues de Bujumbura, on est frappé par le nombre d’escortes de policiers armés jusqu’aux dents comme si le Burundi était en guerre contre un autre pays.. ! Je me demande si vraiment ces mitrailleuses lourdes et autres lance-roquettes aussi impressionnantes les unes que les autres qu’on voir dans les rues de Bujumbura vont nous apporter la croissance économique et les emplois dont nous avons tant besoin! Et qu’en pense Président Fondateur qui est devenu prisonnier dans son propre pays ? En effet depuis mai 2015, il n’a plus jamais quitté le Burundi, qu’il tient absolument à diriger en Roi sans rien apporter aux Burundais en termes de développement socio-économique. C’est à mourir de tristesse et de chagrin… !

  2. Mike

    « Un dollar américain s’échange à 2 400 Fbu sur le marché noir. C’est une première, même pendant l’embargo, dans
    les années 1996, le pays n’a pas connu une telle situation. »

    Pourquoi tu pleures? Ce n’est pas ce que vous vouliez en demandant aux occidentaux de « couper les vivres au gouvernement Nkuru »?

    • Stan Siyomana

      @Mike
      Avez vous vraiment la preuve que le journaliste Leandre Sikuyavuga a demande aux occidentaux de « couper les vivres au gouvernement Nkuru. »
      Et c’est quand meme grave et malheureux si la grande majorite de la population du BEAU PAYS DE MWEZI GISABO oeuvre dans le secteur de l’agriculture et que ce gouvernement doive toujours/encore dependre des VIVRES qui lui viennent de l’Occident.

    • Kabingo Dora

      @ Mike
      Ok. Acceptons que certains burundais ont réclamé des sanctions contre leur propre pays? Serait ce la première fois ? Ceux qui sont au pouvoir à Bujumbura l’ont fait lorsque l’ex president Buyoya a renversé mr Ntibantunganya et les sanctions ont eu lieu. :La grande différence avec les tyrans de Bujumbura est que Buyoya a négocié avec tout le monde y compris les forces de l’opposition.

      • James

        Merci Kabingo pour votre observation. Il faut ajouter que Buyoya a accepté de négocier avec les criminels qui sont actuellement au pouvoir. Le régime de l’époque les appelait, à juste titre, « terroristes génocidaires ».

        • mike

          D’accord avec vous tous. Mais pourquoi pleurer(s’alarmer ou encore un autre vocabulaire) lorsqu’on a ce qu’on voulait?

  3. Ndumwiwe Jeannette

    Il faut combattre la corruption qui gangrène notre pays depuis que le CNDD-FDD a accédé au pouvoir en 2005. Tout le monde sait qu’avant l’arrivée au pouvoir de ce parti, l’euro s’échangeait à 700 FBU seulement! Aujourd’hui, il s’échange à 2600 FBU!!!, et la situation était déjà alarmante avant la question du 3è mandat. Depuis que les DD sont au pouvoir, l’économie Burundaise n’a fait que s’effondrer. Les commerçants proches du pouvoir préfèrent acheter les consciences de nos dirigeants plutôt que de payer correctement les impôts.
    Il faut encourager et soutenir les vrais investisseurs qui créent de l’emploi et de la richesse dans notre pays. Les autorités doivent arrêter de soutenir ou de protéger les spéculateurs fraudeurs corrupteurs, parce qu’ils provoquent une concurrence déloyale et découragent ainsi les éventuels investisseurs de bonne foi. C’est un préalable pour que l’économie de notre pays prenne un nouvel envol.

  4. Karabadogomba

    Qu’allons-nous devenir nous les fonctionnaires. Le gouvernement va-t-il revoir à la hausse notre salaire en l’ajustant au dollar? Et le citoyen lambda!Bonjour la criminalité, la corruption…

    • Stan Siyomana

      @Karabadogomba
      Esperons tous que la situation ne se deteriorera pas comme en Zimbabwe actuel.
      Dernierement lors d’un meeting devant 2,500 citoyens zimbabweens, le president Comrade Robert Gabriel Mugabe (age de 92 ans et au pouvoir depuis l’independance du Zimbabwe en 1980) a declare:
      « Le retard des salaires est un probleme temporaire. CE N’EST PAS UNE RAISON POUR QUE LES ENSEIGNANTS, LES DOCTEURS ET LES INFIRMIERES FASSENT GREVE. La plupart d’entre eux ne comprennent pas d’ou nous sommes venus depuis le temps du colonialisme…
      Nous ne voulons pas que l’un de vous meure de faim, ce serait un embaras pour nous. Il vous faut parler au parti (au pouvoir) si vous ne recevez pas la nourriture que nous sommes en train d’importer… »
      (Voir « Zimbabwe’s Mugabe says pay delay is no reason for strike. », http://www.af.reuters.com, 9 July 2016).

    • Stan Siyomana

      @Karabadogomba: « revoir a la hausse notre salaire en l’ajustant au dollar… »
      Je crois que le Gouvernement serait en train de se tendre un piege lui meme en acceptant une « augmentation Presque automatique » de votre salaire.
      Meme si l’on oublie la crise politique du Burundi, l’economie mondiale traverse une periode difficile et le dollar americain va probablement monter de valeur puisque les investisseurs l’utilisent comme l’une des « VALEURS REFUGE ».
      Par exemple, le 22 juin 2016, tout juste avant le Brexit (= referendum pour la sortie de la Grande-Bretagne de la Zone euro), US dollar index etait a 93,01.
      Aujourd’hui cet indice est a 96,27 soit une augmentation de 3,5% en deux semaines seulement.
      Si l’on applique la methode Supply/Demand levels (voir Tradingacademy.com), a court terme l’indice du dollar pourrait atteindre son niveau de 98,93 (du 2 fevrier 2016), soit une augmentation de 6,36%, ou pourrait atteindre son niveau de 100 (du 2 decembre 2015), soit une augmentation de 7,52% depuis le 22 juin 2016.
      Ces niveaux de l’offre/supply levels de 98,93 et de 100 montrent ou les grands investisseurs (=banques, fonds de pension) ont pris leurs positions) et la montee de l’indice peut etre stoppee (ne fusse que temporairement) a ces niveaux.
      (Voir « US dollar index ($DXY) », http://www.barchart.com).

      • Democrate

        C’est faux car la majorité des populations dans le monde sortent du sous développement. Nous , on y plonge

  5. Karabona

    « Promouvoir le tourisme », il faut alors compter sur les touristes africains, russes ou chinois car je ne pense pas voir venir les occidentaux qui sont quotidiennement insultés par certains Burundais – la réflexion vaut pour les « investisseurs » – quant aux membres de la diaspora… je pense qu’ils attendront un peu plus de sécurité juridique!

  6. RUGAMBA RUTAGANZWA

    Ceci n’est que le début, à mon humble avis car je pense que le pire est devant nous, malheureusement. Ce n’est pas pour rien que nous sommes le pays le plus pauvre mais aussi un des plus corrompus du monde. C’est que la gouvernance de ce pays est une catastrophe. Le summum a été atteint avec l’avènement du CNDD-FDD au pouvoir voici un peu plus de 10 ans maintenant. Mais ceux qui nous ont poussés dans cette pauvreté sans nom dans un contexte de violations massives des droits de l’Homme ( y compris les exécutions extrajudiciaires et le viol) et ceux qui les soutiennent veulent rempiler coûte que coûte pour rester au pouvoir et régner en Roi sans rien apporter de concret à la population burundaise qui broie du noir et souffre le martyr de tous les maux causés par le 3è mandat présidentiel qui risque d’être, je pense, un de trop. En effet, c’est un véritable drame socio-politico-économique que vit le Burundi depuis avril 2015 et apparemment ce n’est pas fini.
    Personne ne pouvait s’imaginer une seule fois qu’après tant d’années de violences arrêtées par les Accords d’Arusha en 2000, nous allions retourner dans une instabilité politique grave à cause des intérêts d’une poignée de gens prêts a tout pour garder le pouvoir coûte que coûte .

    • Budangwa Mariya

      @Rugamba Rutaganzwa
      Exagérez pas les problèmes ne sont pas au Burundi seulement, l’économie mondiale se porte mal même en Occident les personnes âgés dans les résidences prennent la douche une fois la semaine chose inacceptable dans les pays civilisés, toi tu ne vois que le pouvoir DD que tu détestes tant au lieu de voir la crise mondiale!

      • Yves

        @Budangwa Mariya : la situation économique du Burundi empire bien plus vite que celle de l’économie mondiale, en raison de la gouvernance catastrophique du Cndd depuis qu’il est au pouvoir. Ca, ce sont les faits Madame.

      • Stan Siyomana

        @Mariya Budangwa: « l’economie mondiale se porte mal…prennent la douche une fois la semaine… »
        1. L’etat de l’economie mondiale ou d’un pays peut etre evalue a partir de l’indice des directeurs d’achat/Purchasing managers index-PMI.
        Cet indice prend en compte les prises de commandes, la production, l’emploi, les livraisons et les stocks du secteur manufacturier.
        (Voir Indice des directeurs d’achat. http://www.wikipedia.fr).
        2. Dans sa derniere « investor alert » du 8 juillet 2016, Frank Holmes (= CEO and Chief investment officer at U.S. Global Investors) ecrit:
        « The global economy saw weakest quarter since 2012. The JPMorgan Global PMI held steady at 51.1 in June…according to Markit, which compiles the PMI data… »
        (Voir Frank Holmes: Investor Alert. Energy and natural resources market. http://www.usfunds.com, 8 July 2016.

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