Politique

Une épée de Damoclès toujours suspendue au-dessus de Rugofarm

20/12/2016 Fabrice Manirakiza 0

La société Rugofarm a repris ses activités après deux jours de fermeture décidée par l’administrateur de la commune Rugombo. Les employés de Rugofarm indiquent qu’ils travaillent sous menaces de certains jeunes de Rugombo. Le dossier reste en suspens.

Chadrick Habonimana : «Nous demandons au président de la CSTB de surseoir à l’exécution en attendant la décision définitive»
Chadrick Habonimana : «Nous demandons au président de la CSTB de surseoir à l’exécution en attendant la décision définitive»

«Ils nous disent que ce n’est pas encore fini», révèle un employé de la société Rugofarm, une usine de distillation du Patchouli. «Ils affirment que quand ils reviendront fermer l’usine, ils vont détruire tout», ajoute un autre employé.

Le personnel de cette société fait savoir que des jeunes hommes circulent tout le temps aux alentours de l’usine en proférant des menaces. «J’ai peur pour mes employés. Ces gens peuvent leur faire du mal», précise Chadrick Habonimana, administrateur directeur général de la société Rugofarm. Il demande aux autorités provinciales de faire cesser ces menaces.

Selon Chadrick Habonimana, les activités ont repris le lundi 5 décembre 2016. «L’usine fonctionne normalement malgré ces menaces.» Samedi 3 décembre, l’administrateur de la commune Rugombo, accompagnée de plusieurs habitants, a procédé à la fermeture de la société Rugofarm.

D’après elle, elle venait pour l’exécution d’une décision de la CNTB (Commission nationale des terres et autres biens) de mettre dans les mains de l’Etat une partie de la propriété de Rugofarm. Dans la foulée, des Imbonerakure ont été postés à l’entrée de l’usine pour dissuader le personnel d’entrer.

Une question traitée au plus haut niveau

Chadrick Habonimana indique qu’ils ont enregistré plusieurs vols durant les deux jours que la commune Rugombo a occupé la propriété. Selon lui, 114 régimes de bananes, 128 grappes de palme, des mangues,… ont été volés. Sans oublier les cultures des particuliers qui louent des parcelles dans la propriété de Rugofarm.

Comme le stipule l’article 17 de la loi régissant la Cour spéciale des terres et autres biens (CSTB): «En cas d’opposition ou de tierce opposition, le président de la Cour peut surseoir à l’exécution de l’arrêt rendu jusqu’à l’intervention de la décision définitive». M. Habonimana demande au président de la CSTB d’appliquer cet article.

Le gouverneur de la province Cibitoke, Joseph Iteriteka, ne veut pas s’exprimer sur ce dossier. «Je n’ajoute rien sur ce que la CNTB a déjà dit.» Concernant les menaces à l’encontre du personnel de cette société, le gouverneur assure qu’il n’est pas au courant et invite les dirigeants de Rugofarm de venir lui en parler. «Si c’est vrai, les coupables doivent être punis.» Accusé de tenir des réunions afin de dresser la population contre Rugofarm, Joseph Iteriteka réfute ces allégations.

Emmanuel Niyonkuru, ministre en charge de l’Aménagement du territoire, fait savoir que ce dossier est dans les mains de la 2ème vice-présidence. D’après lui, cette dernière a organisé une réunion ce lundi 12 décembre 2016 avec les ministères de l’Environnement, de l’Intérieur, de la Justice, de la Sécurité Publique ainsi que deux délégués de la CNTB. «Nous avons trouvé que la CNTB a correctement tranché ce litige.»

L’ordre a été donné au ministère de l’Intérieur, poursuit le ministre, afin d’interdire à Béatrice Kaderi de s’ingérer dans ce dossier car «la propriété a été donnée à l’Etat et non à la commune Rugombo.» Le ministre Niyonkuru ajoute que la 2ème vice-présidence va préparer une note de présentation qu’elle fera passer devant le conseil des ministres. «Nous avons aussi demandé aux dirigeants de Rugofarm d’écrire au président de la CSTB afin qu’il sursoie à l’exécution en attendant la décision définitive», a-t-il conclu.

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