Société

«Une condamnation exagérée!»

22/03/2018 Fabrice Manirakiza 2
«Une condamnation exagérée!»
(De gauche à droite) Aimé Constant Gatore, Emmanuel Nshimirimana et Marius Nizigiyimana (tous en vert) ont été condamnés à 10 ans de prison.

Trois membres de Parcem (Parole et Action pour le Réveil des Consciences et l’Évolution des Mentalités) ont été condamnés, jeudi 8 mars, à 10 ans de prison pour « atteinte à la sûreté intérieure de l’État ». Certains activistes parlent d’un acharnement contre les défenseurs des droits de l’Homme.

Emmanuel Nshimirimana, point focal provincial, Aimé Constant Gatore, point focal communal en commune Mbuye et enseignant, et Marius Nizigiyimana, points focal local dans la zone Buhangura en commune Mbuye, ont été condamnés à 10 ans de prison et de 200.000 Fbu d’amende pour chacun. Ces trois activistes et leurs avocats étaient absents quand le verdict a été prononcé. L’audience publique du prononcé de jugement était prévue le 12 mars 2018.

Les trois activistes avaient été appréhendés en juin 2017 dans cette même province, alors qu’ils procédaient à une identification de participants dans un atelier qu’ils comptaient organiser. Ils ont été inculpés d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État.

Faustin Ndikumana, directeur national de Parcem, se dit sidéré par ce verdict : «C’est une condamnation vraiment exagérée. A voir les remises du prononcé qui ont été faites, cela montre qu’il y a anguille sous roche.» Il indique qu’ils ont interjeté appel et espère que ses collaborateurs seront disculpés.

Pour Armel Niyongere, activiste des droits humains, cette condamnation montre à suffisance que le système judiciaire burundais est manipulé par le parti au pouvoir, les responsables de la police ainsi que les responsables du Service national de renseignement (SNR). «Les décisions judiciaires sont parfois influencées par les autorités sans se baser sur la procédure.»

«Un acharnement qui continue»

«Les membres des organisations de la société civile, encore présents au Burundi, continuent de subir des pressions ou d’être arrêtés», a indiqué M. Doudou Diène de la Commission d’enquête sur le Burundi, mardi 13 mars, lors de sa présentation orale à la 37ème session du Conseil des droits de l’Homme. M. Diène rappelle également la détention de Nestor Nibitanga, ancien observateur de l’APRODH dans la région Centre-Est, et de Germain Rukuki, président de l’association «Njabutsa Tujane» et ancien employé de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT-Burundi).

Le premier a été arrêté le 21 novembre 2017 à son domicile dans la ville de Gitega, puis conduit manu militari dans les cachots du SNR. Nestor Nibitanga a été inculpé d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État et de rébellion. Ce père de 5 enfants est détenu à la prison de Murembwe en province Rumonge.

Quant au second, il a été interpellé, le 13 juillet dernier, à son domicile sis au quartier Ngagara, en mairie de Bujumbura. M. Rukuki est détenu pour le moment à la prison de Ngozi. Le 13 février 2018, ses avocats sont tombés des nues en constatant que le ministère public, en plus d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État et de rébellion, avait ajouté au dossier de nouvelles infractions, à savoir assassinat, dégradation de biens publics, tentative de changement d’un régime élu démocratiquement.

«La situation au Burundi mérite la plus grande attention de ce conseil, en particulier dans le contexte actuel de rétrécissement continu de l’espace démocratique et de crise humanitaire», a conclu Doudou Diène.

Armel Niyongere parle d’un acharnement judiciaire contre les défenseurs des droits humains qui ont eu le courage de rester au pays. Il appelle à la libération de tous ces défenseurs des droits de l’Homme.

«Les autorités burundaises devraient savoir que les libertés d’opinion et d’expression sont des piliers fondamentaux de la démocratie.»

Forum des lecteurs d'Iwacu

2 réactions
  1. Banza

    @Rurihose
    Parce que vous n’êtes pas concerné vous ne vous rendez pas compte que c’est pareil au Rwanda. Vous me rappelez des gens qui ont découvert l’existence de l’apartheid au moment de son abolition.

  2. Rurihose

    Rien à dire.
    Chez Papa Doc, Jean Bedel Bokassa ou Idi Amin, etc…
    Ça se passait comme cela.
    Les valets du Rwanda et UE doivent être chatiés

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