Politique

Une Ceni surprise

03/09/2018 Arnaud Giriteka Commentaires fermés sur Une Ceni surprise
Une Ceni surprise

La nouvelle Commission électorale nationale indépendante a été approuvée par l’Assemblée nationale, mercredi 29 août 2018, sans les membres de la coalition Amizero y’Abarundi, en signe de protestation.  

Bujumbura a créé la surprise en envoyant à l’Assemblée nationale une liste de 7 membres de la Ceni pour approbation. Le secret était bien gardé. A Iwacu, les invitations de l’Assemblée nationale évoquaient plutôt les questions orales avec la ministre de la Justice. Quelle a été la surprise de nos reporters dépêchés sur place de se rendre compte qu’il était plutôt question de l’affaire Ceni. Simple malentendu ou volonté de garder le secret jusqu’à la dernière minute ?

Les membres approuvés sont Philippe Nzobonariba, Annociate Niyonkuru, Jean Anastase Hicuburundi, Hyacinthe Niyonzima, Serges Ndayiragije, Pierre-claver Kazihise et Marguerite Kamana.

Une approbation qui s’est faite en l’absence des députés de la coalition Amizero y’Abarundi qui a boycotté la plénière. Le président du groupe parlementaire de cette coalition, Pierre-Célestin Ndikumana, évoque une exclusion dans le choix des membres : «Nous n’avons pas été associés. Pourtant, les autres partis, dont les membres sont dans la nouvelle équipe de la Ceni, ont été contactés.»

Pierre-Célestin Ndikumana s’interroge sur les critères par lesquels Bujumbura a opéré son choix. «Nous sommes la deuxième force politique avec un seul membre à la Ceni alors que le parti Uprona a eu deux membres ».

La Chambre haute du Parlement a également étudié et approuvé la liste de ces membres de la nouvelle Ceni.

Signalons que le président de la République a nommé vendredi 31 août, par décret, les membres de cette commission. Pierre-Claver Kazihise en est le président et Annonciate Niyonkuru, le vice-président. Philippe Nzobonariba, Serges Ndayiragije, Jean Anastase Hicuburundi, Hyacinthe Niyonzima et Marguerite Kamana sont les commissaires respectivement chargés de l’éducation électorale et de la communication; de l’administration et des finances; des opérations, de l’informatique électorale et de la maintenance des équipements; des affaires juridiques et du contentieux électoral et de la logistique électorale et des approvisionnements.

Signalons que le mandat de l’ancienne Ceni de Pierre Claver Ndayicariye prend fin le 5 septembre.

Par Arnaud Igor Giriteka, Christian Bigirimana, Rénovat Ndabashinze et Agnès Ndirubusa

Mini-portraits des 7 membres de la nouvelle Ceni

Philippe Nzobonariba (Hutu), originaire de la province Muramvya. L’actuel secrétaire général et porte-parole du gouvernement. Annociate Niyonkuru (Tutsi), originaire de la province Kayanza. Elle est membre du parti Uprona et était jusque-là vice-présidente de la Ceni. Jean Anastase Hicuburundi (Hutu), natif de la mairie de Bujumbura et membre du parti Cndd-fdd. Il était chargé des affaires juridiques au sein de la Ceni. Ir Serge Ndayiragije (Tutsi) de la province Bururi. Il est ministre de la communication et des Médias et membre de la coalition Amizero y’Abarundi. Dr Pierre-claver Kazihise (Hutu), natif de la province Mwaro. Il très est connu dans les sphères de la société civile et occupe le poste de directeur général de l’INSP. Hyacinthe Niyonzima (Tutsi) de la province Kayanza. Marguerite Kamana (Hutu). Elle est originaire de la province Bubanza.

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Réactions

Tatien Sibomana : « C’est un refus du dialogue » Pour cet acteur politique, c’est la continuité du forcing du parti au pouvoir. « Ils viennent de mettre en place une Ceni sans considérer les autres compétiteurs potentiels.» Pour lui, c’est l’une des conséquences de la nouvelle Constitution qui donne des pouvoirs exorbitants au chef de l’Etat. Avec la reprise imminente du dialogue inter-burundais, Tatien Sibomana l’interprète comme un refus du dialogue. « Après la mise en place d’une Ceni unilatérale et bientôt un code électoral, le pouvoir vient de vider de toute substance les discussions sur la feuille de route ». Abel Gashatsi : « Nous promettons de la soutenir » Le président du parti Uprona affirme qu’il a apprécié la mise en place de cette Ceni. « Nous espérons que cette Ceni va bien préparer les élections de 2020 en toute transparence et en toute liberté ». Elle va travailler pour l’intérêt du pays et le renforcement de la démocratie. Abel Gashatsi assure que son parti a été consulté. « C’est pour cette raison que nous promettons de la soutenir ». Et d’ajouter qu’à voir les formations politiques qui existent dans notre pays, il est difficile que tout le monde soit représenté. Pancrace Cimpaye : « 2020 sera une farce électorale de plus » Pour l’ancien porte-parole de la plateforme des opposants en exil, Bujumbura ne lâche rien. « Une Ceni monocolore est une preuve que 2020 sera une farce électorale de plus  et une crise de plus» s’est-il lâché sur son compte tweeter. M .Cimpaye estime que c’est un message éloquent à l’endroit des pourparlers prévus pour bientôt. Venant-Hamza Burikukiye : « Une Ceni inclusive » « Vu sa composition, la provenance de ses membres, cette nouvelle Ceni est inclusive », analyse Venant-Hamza Burikukiye, porte-parole de la Plateforme de la société civile. Selon lui, toutes les ethnies, les différents partis politiques et la société civile sont représentés. A ceux qui disent que cette Ceni devrait résulter d’un dialogue, M. Burikukiye leur demande de bien interpréter la Constitution. « Il faut qu’ils apprennent à respecter les institutions surtout le Président de la République : Il ne suit aucune injonction. Il se réfère seulement à la loi ». L’Olucome attend une Ceni ‘’consensuelle’’ Gabriel Rufyiri, président de l’Olucome évoque une stratégie de positionnement du gouvernement et ses alliés. Cette Ceni ne peut en aucun cas inspirer confiance, ne comprenant que des membres du parti au pouvoir et ses acolytes. Selon Gabriel Rufyiri, la mise en place de la Ceni devait recueillir le consentement de toutes les formations politiques, la société civile, etc. Il appelle d’ailleurs la Communauté est-africaine et internationale de redoubler d’efforts pour organiser le 5ème round du dialogue inter-burundais externe. « Pour apporter des réponses aux défis qui hantent le Burundi dont la mise en place d’une Ceni consensuelle ».

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