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Politique

Sylvestre Ntibantunganya : «Mkapa vient aider les Burundais à renouer avec l’Accord d’Arusha»

Selon ce sénateur, la nomination de l’ancien chef d’Etat tanzanien Benjamin Mkapa comme co-médiateur dans les pourparlers inter-burundais est un signe que la sous-région veut une solution politique rapide à la crise burundaise.

Sylvestre Ntibantunganya

Sylvestre Ntibantunganya

Comment appréciez-vous la reconduction de la Tanzanie à la tête de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est?

Cette décision est intervenue lors d’un sommet des chefs d’Etat de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est où tous les chefs d’Etat, sauf celui du Burundi, étaient présents. Il s’était fait représenter par son 2ème vice-président.

Cette absence de Pierre Nkurunziza posait un énorme problème, il devait accéder à la présidence de la communauté pour succéder au chef d’État tanzanien. Ce dernier a été reconduit pour une année. Cette absence a arrangé les chefs d’Etat.

Ils auraient été beaucoup gênés de nommer, à la tête de leur communauté, un chef d’État embourbé dans une crise qu’il a lui-même provoquée et dont des effets pèsent de plus en plus sur la sécurité dans la région. Comment un homme à l’origine d’une crise aurait-il pu présider les initiatives de recherche d’une solution à cette crise ?

La nomination de Benjamin Mkapa intervient après un ballet diplomatique, y aurait-il un rapport ?

Toutes les visites se concluaient en appelant les protagonistes de la crise actuelle à un dialogue inclusif pour trouver une solution politique. Cette nomination va faire avancer ces négociations. Elle s’est faite en présence de tous les chefs d’État, y compris le président de la République du Rwanda, Paul Kagame.

Sous cet aspect, on peut penser que la dernière visite au Rwanda du ministre des Affaires étrangères de la Tanzanie avait, entre autres, pour objectifs de préparer ce sommet. S’il y a entente entre le Rwanda et la Tanzanie sur l’urgence de trouver une solution à la crise burundaise, il n’y a aucun doute que la suite ne pourra qu’être positive pour la paix et la sécurité au Burundi, et dans la région.

Vu sa disponibilité, ne devient-il pas de facto le principal facilitateur ?

Cette nomination de Mkapa ne remet pas en cause la médiation du président ougandais, ils se connaissent. L’ancien chef d’Etat tanzanien travaillera sous l’autorité du président ougandais. Avec Benjamin Mkapa, la médiation sera présente de manière permanente, avec suffisamment d’autorité due aux fonctions occupées (ancien Chef d’État) et dont l’âge (78 ans) doit exiger respect.

Mkapa a été le mentor de l’actuel président tanzanien John Pombe Magufuli, est-ce un atout ?

Son soutien lui est garanti et comme le chef de l’Etat tanzanien est en même temps président en exercice de l’EAC, il est évident que ce co-médiateur trouve là un atout de poids dans la réalisation de sa mission.
Cet ancien chef d’Etat connaît parfaitement la question burundaise. Il a été ministre des Affaires étrangères et durant sa présidence (1995-2005), la crise burundaise de 1993 a été au cśur de ses préoccupations. C’est Mkapa, avec Feu Nyerere, qui a convoqué le sommet du 25 juin 1996. Il a, en outre, accompagné le Burundi dans la mise en application de l’Accord d’Arusha jusqu’aux premières élections post-conflit de 2005. Aujourd’hui, Benjamin Mkapa vient aider les Burundais à renouer avec un accord dont il connaît très bien les tenants et les aboutissants.

Etes-vous optimiste quant à l’ouverture d’un dialogue entre toutes les parties prenantes à la crise burundaise ?

Tous les protagonistes burundais de la crise actuelle ont salué sa nomination. Cette nomination va faire avancer les négociations inclusives engageant tous les protagonistes, y compris le Cnared et les « putschistes ». C’est par cette voie que la paix va être restaurée au Burundi.

  17   Vos commentaires
  1. Racso69

    Ntibantunganya s’arqueboute sur les Accords d’Arusha pour protéger son statut de sénateur à vie et les avantages qui y sont attachés, c’est pathétique. Son compagnon de lutte Melchior Ndadaye et son épouse Eusébie qui ont été assassinés le
    21 octobre 1993 doivent se retourner dans leur tombe.

  2. kabwa

    Je dois rappeler à ceux qui sont pour Pierre Nkurunziza qu’ils sont du très mauvais côté. En effet, l’université américaine Columbia vient de publier un classement qui place les burundais en tête des populations les moins heureuses, pour dire les plus malheureuses du monde ( ce n’est ni les belges, ni Kagamé, encore l’opposition qui dicte ce classement) . La FMI avait placé le Burundi premier pays le plus pauvre du monde. Dans ce contexte de misère, l’Union Européenne décide de suspendre son aide au Burundi évaluée à 430 millions d’euro. Les autorités burundaises ne s’inquiètent pas outre mesure. Pourquoi vous restez derrière cet homme? Où est-il en train de conduire le pays dont la population est officiellement la plus malheureuse du monde?
    « Le mal reste le mal même si il est en train d’être commis par le plus fort militairement », le mal ne devient pas le bien pour autant.
    Président Ntibantunganya, continue à faire le bien, le bien reste le bien et le mal restera le mal.

    • Fofo

      @kabwa, croyez-vous à ce classement [Ndlr: l’université américaine Columbia vient de publier un classement qui place les burundais en tête des populations les moins heureuses, pour dire les plus malheureuses du monde],???? Détrompez-vous, la misère ne signifie jamais le malheur??? Où l’on trouve bcp de cas de suicides ?? Au Burundi? Visitez ce lien http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2014/09/04/97002-20140904FILWWW00205-800000-suicides-par-an-dans-le-monde-oms.php
      Vous me direz que le suicide signifie le bonheur?
      Tous ces classements ne sont que pures manipulations! Si nous sommes malheureux pourquoi les malheureux de chez eux viennent ici chez nous pour y chercher le bonheur???

    • Kagabo

      Izina riryo muntu koko, none ko ivyo vyose uvuzeari classement ya FMI,niyo UE yahagaritse imfashanyo? iyo UE iza kuba itanga koko imfashanyo y’ukuri ntitwari kuba turi classé inyuma!!! nib atware iyo serumu murabe ko abarundi duhora?? Mbe none bo basokuru ntibabayeho? iyo FNMI, canke UE hari ico yabahaye??? kandi nico mutazi ivyo vyose ni politique y’abazungu, Mbe wowe kibwa canke kabwa, yoba waratembereye mu Bihugu bishika kuri bingahe?? ngo ugaruke i Burundi urabe koko kotutari abanyuma, mbe mugabe na Zimbabwe babavuze ukungana iki? babanditse ukungana gute? izo organisation zose z’abanyaburaya nibo zikorera na campagne yabo yogucafuza uwo batishimiye ko yemera ko bamukoroniza!!!!! Twe tubanye nabo imwaka itari munsi ya 23, turabazi umunsi ku munsi. Ntibakaze aho iwacu ngo babateteze mwiyumwira ko ari utumana??

  3. Burundais

    Mushingantahe Ntibantunganya tu as choisi d’oublier le passe pour precher la paix pendant que les soient-disant leaders du Pays ne revent que se venger et tuer ceux qui ne leur ressemblent pas. Tu ne respire que les bonnes paroles
    partout ou tu es pour ton Pays et tous les Burundais. Ce ne sont pas ces critiques des abangushi qui ont choisi le chemin qui ne mene nul part qui vont t’intimider. Keep up, we really appreciate it. God bless you.

  4. Burundi

    Le malheur et la malédiction du Burundi est les gens qui ont gouverné le Burundi mais qui n’ont jamais été satifait, et qui ne dors pas cherchant à revenir au pouvoir. Je parle de Bagaza, Buyoya, Ntibantunganya et Domitien. Abo bantu batarava kw’izima igihugu cacu kigowe kikiriko, gusa, ivyizigiro dufise ni yuko Imana irengeye ivyiyumviro vy’abantu.

  5. OYA

    On ne sait pas comment un homme du genre (Ntibantunganya) est devenu président de la république. Lisant ses livres on dirait qu’il a de la profondeur, mais on constate qu’il a peu de hauteur politique.

  6. Moi j’ai des questions à poser à notre Sénateur à vie.

    1) « Cette absence a arrangé les chefs d’Etat.
    Ils auraient été beaucoup gênés de nommer, à la tête de leur communauté, un chef d’État embourbé dans une crise qu’il a lui-même provoquée .. ».
    Question: Les Chefs d’Etat avaient-ils peur de la présence d’un Président embourbé ? A mon avis on vient au secours de celui qui est embourbé et on a peur de celui est fort.
    2) » Elle s’est faite (la nomination de Benjamin Mkapa) en présence de tous les chefs d’État, y compris le président de la République du Rwanda, Paul Kagame.  »
    Question :Pourquoi cette précision sur le Président Rwandais : » tous les chefs d’Etat, y compris … ») ?
    3) « S’il y a entente entre le Rwanda et la Tanzanie sur l’urgence de trouver une solution à la crise burundaise, il n’y a aucun doute que la suite ne pourra qu’être positive pour la paix et la sécurité au Burundi, et dans la région. »
    Questions: Sur quoi la Tanzanie et le Rwanda vont-ils s’entendre pour amener la paix et la sécurité au Burundi ? Pourquoi pas l’entente entre l’Ouganda, la Tanzanie, l’Afrique du Sud , en tant que pays chargés de la question burundaise, et la RDC et le Rwanda en tant que pays frontaliers?
    4) »Cette nomination va faire avancer les négociations inclusives engageant tous les protagonistes, y compris le Cnared et les « putschistes ». »
    Questions: Dialogue est-il égal à négociation ? Quand vous appelez un citoyen « putschiste », ne le condamnez-vous pas déjà ? Ceux qui sont au Burundi et qu’ on a qualifiés de « putschistes » ne sont-ils pas en prison ? Ne faudra-t-il pas qu’ils soient blanchis et libres pour dialoguer ou négocier avec les autres ?
    Quels sont les sujets sur lesquels il faut dialoguer ou négocier ? Remarquez que nous sommes à l’ère des nouvelles technologies de l’information et les négociations à oui clos d’Arusha ne sont plus possibles. Les Burundais du monde entier peuvent participer directement à ces dialogues ou négociations sans être obligés de se déplacer.Il suffit de bien les organiser.

  7. Mayagwa

    Le CENARED existe-il encore??? Une organisation qui ne remplit une condition pour avoir une forme juridique reconnue. Où avez-vous déjà vu une coalition des partis politiques, journalistes (supposés apolitiques), les organisations de la société civile (politiques également), les militaires (putschistes), … et peut être qu’il y aurait aussi des religieux!!! Quelle forme mérite-t-elle une telle organisation: Une organisation politique? Un groupe rebelle? Une organisation de la société civile? Un Conseil des évêques? Dites-moi s’il est légitime de dialoguer avec une telle organisation ? Si oui, elle représentera qui dans ces pourparlers et pour aboutir à quoi exactement?

    Concernant les putschistes, comprenez bien notre Vieux Ntibantunganya, il a été traumatisé par le passé! Rappelez-vous qu’ils ont été contraints malgré-eux de négocier avec les putschistes et abouti à un accord qui a placé le Putschiste à la tête d’un gouvernement de transition! Au lieu de tout perdre, Ntibantunganya ne pouvait pas faire autrement! Ces traces ne sont pas encore effacées c’est pourquoi elles reviennent encore dans ces rêves pourtant il ne sais pas que le monde évolue!

  8. Y compris le CNARED et les putchistes ??? Quelle difference entre ces 2 partenaires de Kagame? Cet homme est vraiment depasse. Il plaide toujours pour les putchistes/ou l’impunite, il oublit tres rapidement (Bugendana). Il dit que c’est Kagame qui peut emmener la paix au Burundi (Rire). Qu’il vienne au Burundi pour constater comment la paix regne partout au Burundi.

  9. Jean-Pierre Ayuhu

    Chers amis d’Iwacu,

    Le commentaire précédent ne vous a probablement pas plu ! Je reformule la chose en demandant sur quoi le gouvernement doit-il négocier et avec qui? Avec le CNARED, les putschistes de mai 2015?
    A mon avis, la demande et/ou le problème doit être reformuler autrement en terme d’espace politique pour tous, espace d’expression libre pour tous? La plupart de hommes et femmes sur qui pesaient des mandats d’arrêt sont libres d’aller et revenir au Burundi. Pourquoi alors ils participeraient au débat national si réellement ils ont envie de voir les tensions s’apaiser? Vouloir un débat qui se passerait en dehors du pays est une négation de soi, de son identité et de sa fierté et dans ce genre de cas, l’agenda est autre!

    • Yves

      « Vouloir un débat qui se passerait en dehors du pays » est surtout une preuve que tous ces gens n’ont aucune confiance dans le régime en place et qu’ils font preuve de la plus élémentaire des prudences. Mais dites-moi, vous tous qui vous plaignez que les pourparlers se tiennent en dehors du Burundi : en quoi cela pose-t-il réellement problème ? Je pense que pour ceux qui s’en plaignent,  » l’agenda est autre « , pour reprendre votre expression

    • OYA

      Non seulement l’agenda est autre, mais ces gars-là (Ntibantunganya et compagnie) exécutent l’agenda des autres.

    • mahago

      Monsieur Ayuhu, s’il y a des putschistes, il faut y inclure Nkurunziza qui fut le premier putschiste de la constitution du pays. Ce n’est pas le CNARED seulement. D’ailleurs ce que le CNARED a fait c’est un légitime défense, pour tenter de libérer ce peuple burundais meurtri par tous les maux et calamités causés par un régime de politiciens ventripotentes, sans vision et sans mission. La seule vision c’est de gouverner éternellement le peuple en tirant partie de son ignorance. Le mensonge, la supercherie, la corruption, la gabegie et l’insolence ne peuvent pas être offerts la première place dans cette République du Burundi. Le problème qu’il convient de résoudre, c’est de remettre le pouvoir au peuple par des élections pluralistes et transparentes. Puis, investir le pays dans un leadership doté d’institutions fortes, travaillant non pas pour s’éterniser au pouvoir, mais pour propulser le pays vers une gloire d’économie forte, une gloire de justice pour tous, une gloire de respect des droits humains, une gloire de patriotisme, et une gloire de bon voisinage avec le monde qui nous entoure. Pour y arriver, ce n’est pas facile mais c’est possible. Il suffit de s’oublier d’abord pour mettre en avant les intérêts du Burundi, puis viendra l’intérêt personnel. « La valeur de l’homme se mesure par le bien qu’il fait aux autres. » (Alexandre François)

      • Love Burundi

        Chers amis d’Iwacu,

        Vous devriez effacer tous les commentaires et ne laisser que celui de MAHAGO.
        Ses propos résument totalement ce dont le Burundi a besoin en ce moment.

        PS : je suis fatigué des commentaires d’une certaine HIMA JEREMY

  10. eric

    ntibantunganya….. vous vendez votre pays a l’europe pour le pouvoir.
    est ce que nkurunziza n’est pas comme vous ?il ya des gens qui sont entrain de mourir? etant intellectuel vous pensez que l’europe veut des negociations dans un pays en paix pour vous ou pour leurs interets?shame!

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