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Sucre : des spéculations répétitives

Le prix officiel du kilogramme de sucre est de 1.500 Fbu. Toutefois, les commerçants du marché central de Bujumbura le vendent entre 2000 et 3.000 Fbu, et le sac de 50 Kg à 92.000 au lieu de 72.000 Fbu. La Mairie annonce des mesures sévères à l’endroit des spéculateurs.

Zone nord du marché central de Bujumbura, beaucoup de mouvements. C’est la partie où les grossistes vendent du sucre par sac aux détaillants. Si vous demandez d’acheter du sucre, les marchands vous regardent. « Il n’y en a pas », répondent certains, craignant que vous êtes un administratif ou un agent de sécurité en tenue civile.

Iwacu s’est rendu dans cette aile du marché. Une marchande a nié avoir du sucre à vendre. Un jeune homme est venu dire à voix basse au journaliste- mais il n’avait sûrement pas su son identité- : « Avez-vous besoin de combien de sacs de sucre ? Je peux vous en offrir à 92.000 Fbu le sac, sinon dans deux jours vous pourrez l’acheter à 95.000 Fbu. » Or, les grossistes l’achètent à près de 70.000 dans les dépôts de la Sosumo à Bujumbura et doivent le vendre à environ 72.000 Fbu.

Les prix au détail de ce produit varient entre 2.000 Fbu et 3.000 Fbu au marché central de Bujumbura. Les spéculations, c’est aussi au marché de Ngagara. Les prix du sucre au kilogramme sont variables entre 1.600 Fbu et 2.000 Fbu. Dans les alimentations de Bujumbura, en général, le prix officiel est respecté même si certaines le vendent à 1.600 Fbu.

« Les spéculations doivent être découragées »

D’après Gahushi Ramadhan Seff, directeur commercial à la Société Sucrière de Moso (Sosumo), le prix officiel du Kg de sucre est de 1.500 Fbu. Après le constat du cafouillage dans la commercialisation de ce produit, dit- il, la Sosumo a saisi les administratifs même si ce rôle devait revenir au ministère du commerce.

Ce qui surprend beaucoup M. Gahushi Ramadhan, c’est que depuis le mois d’août courant, la Sosumo a augmenté les quantités de sucre distribuées mensuellement à Bujumbura (de 800 à 1200 tonnes), Gitega (de 350 à 400 tonnes) et Ngozi (de 250 à 300 tonnes) : « Pourtant, nous entendons toujours des lamentations sur le manque de sucre. »

Le Maire de la ville de Bujumbura saisi par la Sosumo, a intimé l’ordre à tous les administrateurs communaux de mobiliser les chefs de postes de police et du Service National des Renseignements (SNR) pour éradiquer ces spéculations. Pour Maître Evrard Giswaswa, les administrateurs doivent vérifier si les quantités de sucre distribuées aux grossistes sont bien vendues aux détaillants et consommateurs : «  Dans le cas contraire, on devra fermer la boutique du spéculateur avant de le rayer de la liste des bénéficiaires du sucre. »

Quant au directeur général du commerce, Jérémie Banigwaninzigo, le ministère du commerce n’a aucun rôle à jouer dans la régulation des prix : « Cela incombe à la Sosumo et à l’administration. »

« Les causes de la carence du sucre »

Selon le directeur commercial de la Sosumo, à cause de l’accroissement de la population, la demande du sucre est devenue supérieure à l’offre. En outre, ajoute-t-il, les usines de production du jus qui utilisent beaucoup de quantités de sucre se sont multipliées : « Également, les fabricants des beignets, qui utilisent du sucre, augmentent de jour en jour à cause de la vie chère. » Pour Gahushi Seff Ramadhan, la production des bananiers a chuté : « Pour avoir de la bière de banane succulente, les gens utilisent beaucoup d’eau et mettent beaucoup de sucre. »

D’après lui, ceux qui produisent la bière prohibée appelée {Umudrink} utilisent du sucre. De plus, selon le directeur commercial de la Sosumo, la production du sucre dans la sous-région a chuté et les commerçants le vendent clandestinement dans cette partie de l’Afrique : « Le Burundi n’importe plus de sucre en provenance de l’Est de l’Afrique, car la sécheresse a frappé cette région. » Toutes ces raisons militent donc en faveur de la carence du sucre, explique Gahushi.
La solution, selon lui, c’est d’étendre rapidement les champs de la Sosumo comme prévu, pour produire annuellement de 20 à 50 mille tonnes de sucre au moins.
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Le rôle du ministère du Commerce dans la régulation des prix

Article 3 du Code du Commerce : Les prix des biens, produits et services sont librement déterminés par le jeu de la concurrence. Toutefois, dans les secteurs ou les zones où la concurrence par les prix est limitée en raison de situations de monopole ou difficultés durables d’approvisionnement, des dispositions particulières peuvent réglementer les prix(…)

Article 6 du Code du Commerce : Afin de suivre l’évolution des prix à l’importation et au consommateur, le ministère du Commerce procède régulièrement à l’enregistrement des différents éléments du prix de revient des produits importés et de ceux produits localement.}

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