http://www.iwacu-burundi.org/wp-content/uploads/2016/09/US-ADVERT-26-SEPT-O-7-OCT.pdf
Agriculture

Stévia : plus d’une année d’attente pour l’homologation définitive

Depuis août 2014, Stevco attend l’obtention d’une homologation définitive d’une variété chinoise de semence de la Stévia pour avoir les coudées franches dans ses activités.

Une pépinière des plants de la stevia à Kigarama, commune Ndava, province Mwaro ©Iwacu

Une pépinière des plants de la stevia à Kigarama, commune Ndava, province Mwaro ©Iwacu

Malgré l’attente d’une homologation définitive, la population continue à multiplier la Stévia dans les pépinières dans les dix provinces du pays (Bujumbura rural, Bubanza, Mwaro…). Selon Fabien Gahungu, responsable agronome de la Stevco, l’analyse de la teneur en sucre (taux de stévioside), effectuée par l’Office Nationale de Certification et de Contrôle de Semences (ONCCS), dans Kirimiro, Mugamba et Bweru, répond aux normes commerciales internationales.

Pour le moment, il indique qu’ils sont en train d’installer, en collaboration avec l’office, des champs expérimentaux afin de prélever des échantillons. « Ces derniers seront analysés pour confirmer que la variété Huinong peut s’adapter dans toutes les zones agro-écologiques du pays avec des teneurs de stévioside recommandables. »

L’agronome fait savoir que le rapport technique selon les activités prévues sera disponible en janvier 2016. « Nous suivons à la lettre les recommandations émises par la Commission Technique Nationale de l’Homologation Variétale (CTNHV). » Toutefois, il précise que Stevco a désormais le droit de multiplier, de produire et de vendre son produit à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. En outre, il fait savoir qu’ils ont déjà introduit une autre variété de semence de la stévia (PC1) importée du Kenya. « Elle est en train d’être expérimentée, avec notre collaboration, dans les stations de l’Institut des Sciences Agronomiques du Burundi (ISABU). »

Pour Fidèle Gahungu, directeur général de l’ONCCS, les conditionnalités émises dans les recommandations du rapport de la CTNHV doivent être respectées. Entre autres confirmer que la variété chinoise (Huinong) de semence de la Stévia peut s’adapter à tous les sols du territoire burundais. Le secrétaire permanent au ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, Joseph Nduwimana, signale que la Stevco doit présenter les derniers essais de confirmation de cette semence.

  4   Vos commentaires
  1. Venant

    Il y a une grande confusion dans cette affaire d’introduction de stevia en ce qui concerne les responsabilités respectives des structures impliquées dans le processus. Pour y voir clair, quelques précions sont nécessaires.

    1. La recherche de semences de très bonne qualité peut être effectuée soit par les instituts de recherche publics (comme l’ISABU dans le cas du Burundi) soit par des instituts de recherche privés.

    2. Une fois qu’un institut de recherche a mis au point des semences de haute qualité (en petite quantité), elle les multiplie un certain nombre de fois pour en avoir des quantités suffisantes.

    3. Ces semences sont par la suite achetées par des producteurs de semences agréés et intéressés pour les tester au niveau de leurs parcelles et doivent respecter un cahier de charges spécial afin d’obtenir la certification par un office de certification de semences (cas de l’ONCCS au Burundi) que leurs semences sont bonnes et peuvent être commercialisées.

    4. Une fois que l’office a accordé la certification à un producteur de semences sélectionnées, celui-ci a le privilège de pouvoir commercialiser ces semences en les vendant à des agriculteurs intéressés qui auront toute l’assurance que ces semences sont réputées de très bonne qualité. L’office joue donc un rôle de garant de la qualité pour l’agriculteur.

    Dans le cas du stevia, notre institut de recherche agricole ISABU n’a jamais conduit de recherche sur le stevia. La recherche sur cette plante serait le fruit d’un institut de recherche privé étranger. Donc, logiquement, l’ISABU n’a absolument rien à voir avec le stevia car cela n’est pas le fruit de sa recherche.

    Quand la compagnie Stevco a importé les semences de stevia, elle devait avoir l’autorisation du ministère de l’agriculture et de l’élevage à condition qu’elle réponde aux exigences réglementaires sur l’importation de semences dans le pays. Stevco a eu cette autorisation de la part de la ministre de l’agriculture de l’époque, Odette Kayitesi. A partir de ce moment, Stevco avait le feu vert pour passer à la vitesse supérieure en diffusant cette plante dans les régions identifiées par elle comme favorables à sa culture. Ce qui est regrettable dans cette affaire, c’est que l’ex ministre Odette Kayitesi a exigé à Stevco de reprendre le processus de certification en impliquant des structures comme l’ISABU et l’ONCCS.

    Il est à espérer que des leçons seront tirées de cette expérience malheureuse et que le nouveau ministre de l’agriculture actualisera la loi (si loi il y a) et la règlementation sur l’importation des semences dans le pays. En ce faisant, il clarifiera beaucoup de choses. Cela permettra à tous les importateurs potentiels de semences de connaître les exigences en vigueur et de s’y conformer. Un conseiller du ministre qui examinera le dossier d’un importateur quelconque de semences recommandera au ministre, sur la base du respect des textes en vigueur, d’accorder ou non l’autorisation.

  2. Arsène

    En tant qu’écologiste, je me pose la question sur les modalités d’introduction de cette plante. Certes, la diversification des cultures est utile mais sur le plan écologique, la rapidité que prend cette introduction laisse perplexe. J’ai entendu à la radio Monsieur Kinigi (directeur général de STEVCO sauf erreur) dire que la première introduction de semence était de plusieurs tonnes. C’est hallucinant! Une introduction qui se veut suivre les normes passe par des essais en quarantaine; la diffusion se faisant après différents tests que je ne liste pas ici.
    Un cas d’école d’une introduction catastrophique: la Perche du Nil, dans les années 1950, dans le lac Victoria.
    Je regrette que le parti au pouvoir au Burundi ait agi de la sorte: le ministre de l’agriculture corrompu qui accepte la diffusion d’une culture sans suivre la procédure habituelle d’introduction de nouvelles espèces et un parti qui sens la menace de perdre sa popularité à travers cette plante. Le parti n’a pas fait grand chose pour la population qui risquait de se détourner contre lui pour adhérer à celui de feu Bayaganakandi ne pouvait que combattre la diffusion plutôt que de sanctionner le ministre et exiger que les procédures techniques soient suivies.
    Quel dommage!

  3. komera barimyi bacu

  4. Jambo

    En Afrique,les états ont failli à leurs missions pour développer l’agriculture par rapport aux pays développés qui accusent une surproduction dont une grande partie est jetée en mer. Pour pouvoir connaitre un essor significative,le secteur privé africain doit y investir beaucoup et le rôle des états,en dépit de leurs maigres moyens,doit être au moins l’encouragement et la facilitation aux grands promoteurs privés jusqu’au petit cultivateur.La lenteur administrative du gouvernement ,des instituts de recherche et de contrôle a de quoi décourager les investisseurs potentiels.En outre,comment se fait il que la société qui a introduit la canne à sucre dans la plaine de la Rusizi ait eu moins ou si pas de difficultés pour obtenir l’agrément d’exploitation alors que la production de cette culture semble ne pas atteindre les objectifs escomptés dans cette région?Est ce pour cela que les instituts se montrent réticents désormais envers STEVCO?Soit il y a une mauvaise volonté politique ou soit les études sont mal faites.
    L’agriculture sera toujours un secteur prioritaire qui aura toujours des bouches à nourrir et des poches à remplir.

Publicité