Editorial Rédaction Blogs Contacts Coup de chapeau à ... Iwacu Magazine  

 Commune urbaine de Ngagara : menaces sur Bubwari

Par [Cédric-Soledad Urakeza]
mardi 6 septembre 2011         à 17 : 01 : 00

Jetées dans la rivière Kinyankonge, des immondices sont déversées dans le lac Tanganyika, bordé par Bubwari, un petit village dont les habitants attendent toujours d’être déplacés.

JPEG - 70.3 ko
Des enfants se baignent dans le lac Tanganyika, pollué, sans aucun souci. ©Iwacu

Quartier industriel, à Kumase (la bouse). C’est un bar-restaurant, au bord du lac Tanganyika où, il y a quelques mois, odeurs de bouse et les exhalaisons de brochettes de bœufs troublaient l’odorat de tout client.

Puis, le gouvernement a décidé de déménager les troupeaux de vaches vers Rukoko. Un ouf de soulagement pour les nombreux clients de Kumase, mais pas pour les habitants, de Bubwari qui font la cuisine, leur lessive et lavent leurs assiettes avec l’eau souillée du lac. Le delta verdoyant de la rivière Kinyankonge repousse une eau noirâtre du Tanganyika.

Les causes du malheur

Une eau noircie par tous les déchets du village (restes de charbons, sachets noirs en plastic, bouteilles vertes, …) qui ne dispose d’ailleurs d’aucun lieu d’aisance. Les déjections des villageois flottent sur le lac : « Fais attention là où tu mets les pieds », me lance un pêcheur en train de recoudre son filet de pêche. « On ne peut pas creuser plus d’un mètre de profondeur avant d’atteindre l’eau. Donc impossible de construire des toilettes », fait savoir Charles Ndiruvugo, un autre pêcheur qui vit dans le village depuis plus de cinq ans.

Selon ses observations, « le liquide qui sort des déchets de toute la ville de Bujumbura stockés à Buterere et ceux de la société Savonor (Fabrique des savons et de l’huile) est déversé dans la rivière Kinyankonge », poursuit-il.

Pour avoir de l’eau potable, les habitants de Bubwari, payent 50Fbu un bidon de vingt litres dans les environs. Félicien Bizimana, un vendeur d’Umudiringi, une boisson prohibée et très alcoolisée, n’en peut plus : « Nous tombons souvent malades. Nous souffrons de la dysenterie, du choléra, des vers intestinaux à chaque fois que nous buvons ou mettons les pieds dans le lac. »

Marie-Rose Uwizeye, une femme de six enfants se plaint pour ses légumes plantées le long de la rivière. Elle n’arrive plus à les récolter à cause de l’acide y déversé par la société Savonor.

« Nous attendons toujours d’être déplacé à Maramvya dans la commune de Mutimbuzi », indique Félicien brandissant la promesse du chef de quartier 9 dans la commune de Ngagara.

Mais Félicien doute fortement que l’administratif joigne l’acte à la parole. Il pense que le terrain où sont construites leurs maisons a déjà été vendu à Sion, un grand entrepreneur burundais : « Ce fût la même chose pour un autre village juste à côté du nôtre. Chaque habitant a reçu dix mille francs comme indemnisation », raconte-t-il. Ces habitants, même s’ils trouvent cette somme minime, ont déjà envoyé une liste de leurs noms à l’administration.

Commenter...  Retour


Commune urbaine de Ngagara : menaces sur Bubwari

Why there is no any comment here ?


Par Musinga   ce  mercredi 7 septembre 2011   à 16 : 36 : 39


Commune urbaine de Ngagara : menaces sur Bubwari

Il faut absolument un colloque sur le développement urbain pour préciser ce qu’on veut et où on veut aller.


Par   ce  mercredi 7 septembre 2011   à 17 : 20 : 15


modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

-- Les articles les plus lus

Changements à l’aéroport international de Bujumbura : le RSA devient l’AACB (popularité : 100 %)

De la politique burundaise à Kayanza : du concret, du concret, martèle Parfait Onanga-Anyanga (popularité : 97 %)

Aimé Magera, des FNL d’Agathon Rwasa : « Le temps des comédies politiques est terminé » (popularité : 58 %)

Nos politiques à Kayanza : 2015 sur la table, et la température monte (popularité : 49 %)

Albert Kulu, un troubadour (popularité : 46 %)

Olonnes (France) : le Burundi brille encore une fois en athlétisme (popularité : 38 %)

Centre Culturel de Gitega : le plus dur reste à faire … (popularité : 37 %)

90 golfeurs de l’EAC dans le tournoi Burundi Open 2013 (popularité : 30 %)

Révision du Code électoral : le Forsc, qui n’a pas d’invitation, encourage cet esprit de dialogue (popularité : 28 %)

Francine Niyonsaba pose la meilleure performance mondiale de 2013 aux 800 m de Shanghai (popularité : 26 %)

BCB & BNDE : avis de mise en vente

World Bank : Local Appointment

Soutenir la Radio Maria

Location d’appartements

134 visiteurs en ce moment

Accueil | Editorial | Newsletter en ligne | Rédaction | Iwacu Magazine | Plan du Site
Tous droits réservés à Iwacu.Burundi