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 La population de Gasenyi a du mal à imaginer quitter les lieux

Par [Rénovat Ndabashinze]
vendredi 20 juillet 2012         à 09 : 07 : 04

Après la déclaration du ministre ayant l’environnement dans ses attributions invitant la population de Gasenyi à vider les lieux avant la fin juillet 2012, la désolation est totale. Cette population ne sait pas à quel saint se vouer.

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La population de Gasenyi obligée de détruire leur champ avant de partir. © Iwacu

« Si c’était possible, on allait résister. Mais, on n’a pas de choix. Nous sommes obligés de détruire nos champs, de couper nos palmiers,… », signale S.A, une femme de Gasenyi. Elle indique qu’elle n’a pas où aller avec ses quatre enfants.

« Louer une maison dans les quartiers de la ville serait une solution, mais où est-ce que je peux trouver l’argent pour payer chaque mois alors que je n’ai pas de travail ? », se demande-t-elle.

E.F, une jeune femme veuve de cette localité, souligne, en s’efforçant de décrire les souffrances qu’elle endure, que ses deux enfants vont devenir des mendiants ou enfants en situation de la rue. « Les hommes sont devenus des animaux sauvages. Pour le moment, nous avons peur des hommes que des animaux. On ne savait pas que des dirigeants pouvaient oser chasser par force une centaine des personnes », s’indigne-t-elle.

Elle indique qu’elle avait acheté sa parcelle en 2009 à 800 000Fbu. Après trois ans, mentionne-t-elle, elle a reçu 1million de Fbu comme indemnisation.

Même si ces gens de Gasenyi ont reçu des parcelles à Maramvya, la cherté du matériel de construction est un problème pour eux. D’après des sources sur place, une benne remplie de pierre coûte 110.000Fbu, une brique vaut entre 30Fbu et 50Fbu. Or, certaines familles n’ont reçu qu’autour de 1million de Fbu comme indemnisation sur les maisons. L’indemnisation sur les terres n’est pas encore accordée.

Ainsi, ces populations se demandent comment elles peuvent construire une maison avec cet argent. Il faut signaler que Maramvya se trouve dans une zone marécageuse, nécessitant beaucoup des moyens pour y ériger une maison. Or, ces populations s’insurgent contre les calculs d’indemnité, qu’elles jugent non conformes à la valeur réelle de la terre (2500Fbu par m2).

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