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 Musongati, une commune pauvre malgré des potentialités de développement

Par [Rénovat Ndabashinze]
mardi 5 juin 2012         à 10 : 13 : 10

La régularité des précipitations, un sol riche en nickel, une densité (205 hab. /km2) moins élevée par rapport à certaines communes, par exemple de Kayanza où elle varie entre 500 et 700 hab. /km2, constituent des potentialités de développement de la commune Musongati (Province Rutana). Mais elle reste toujours pauvre.

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Une seule route, réhabilitée par une société sud-africaine qui exploitera le nickel, traverse la commune.

C’est sur la colline Buhinga que se trouve un gisement de nickel (180 millions de tonnes, selon la Banque Africaine de Développement –BAD-). D’après Arthémon Nyankirubusa, conseiller technique chargé du développement de la commune Musongati, ce gisement constitue une richesse pour la commune et pour le pays. « Cela va permettre à la population d’avoir du travail et à la commune des revenus », espère-t-il.

Avec 274,16 km2, la commune a 56 287 habitants. 27 149 hommes et 29 138 femmes (Recensement de 2008).

S’étendant sur trois régions naturelles (Buyogoma, Kirimiro et Kumoso), 1095 mm d’eau sont enregistrées comme précipitation annuelle. Arthémon Nyankirubusa signale que cette précipitation permet à la population d’avoir de bonnes récoltes.

D’après Firmin Barutwanayo, Directeur Communal de l’Enseignement (DCE), en commune Musongati, sa circonscription dispose de 25 écoles primaires sur les 26 collines de recensement. « Un autre établissement primaire est en cours de finition », ajoute-t-il.

Au niveau du secondaire, le DCE signale qu’il y a quatre collèges et un lycée communal.

La commune dispose aussi, d’après Arthémon Nyankirubusa, d’un hôpital moderne « Hôpital de Musongati », géré par la congrégation des Pères Calmîtes. Des plaques solaires et des moteurs électrogènes servent de sources d’électricité à cet hôpital.

De plus, trois centres de santé sont aussi dans cette commune pour relayer cet hôpital.

Des défis…

Frontalière aux communes Butaganzwa (province Ruyigi), Itaba et Buraza (toutes de la province Gitega), Mpinga-Kayove (province Rutana) et Nyabitsinda (province Ruyigi), Musongati n’a pas de voies de communications. Seule la route joignant le chef-lieu de cette commune à la zone Ngoma est praticable. Ce qui constitue, déplorent des sources sur place, un handicap majeur au développement de la localité.

La population signale aussi un problème d’eau potable. Elle utilise encore l’eau des fontaines « Rusengo ». Il y a même des ménages qui utilisent l’eau des rivières. Elle est source de maladies dites des mains sales (dysenterie bacillaire, typhoïde, Choléra, etc.), se désole le chargé du développement de la commune.

Un autre problème à Musongati, est l’inexistence de l’électricité. « Des métiers comme la soudure, la menuiserie, les salons de coiffure, les moulins, etc., ne peuvent pas exister chez nous », s’indigne A. D, un fonctionnaire trouvé au chef-lieu de la commune.

… des mécontentements…

La découverte du gisement du nickel à Musongati provoque également des mécontentements. En effet, indique-t-il, 337 ménages vont être expropriés.

Les sous-collines concernées sont Buhinga, Gitaramuka, Kibenga, Musongati, Jenda, Nyamagane, Kireka et Rusange. Selon des sources sur place, les ménages résistent et veulent garder leurs propriétés.

… et des dangers

Même si la commune dispose d’écoles primaires et secondaires en suffisance, les taux d’abandons vont crescendo. D’après les rapports du 2ème trimestre, à l’école primaire, 13329 écoliers avaient commencé l’année, mais 12 620 seulement ont continué jusqu’au 3ème trimestre. Soit 709 abandons.

Au niveau du secondaire, 2565 élèves avaient commencé l’année mais au début du 3ème trimestre, seulement 2511 sont revenus. Soit 54 abandons.

Pour Firmin Barutwanayo, directeur communal de l’enseignement à Musongati, ces abandons sont liés à l’ignorance des parents. « Ils ne comprennent pas le bien- fondé de l’école », explique-t-il.

Ils sont ensuite liés, poursuit-il, à la négligence de certains élèves qui trouvent l’école sans avenir. Ce responsable de l’éducation craint, qu’avec le début de l’extraction du nickel, des abandons vont se multiplier. Il lance un appel aux parents de penser surtout à l’avenir de leurs enfants.

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