Editorial Rédaction Blogs Contacts Coup de chapeau à ... Iwacu Magazine  

 Gasenyi. Construction du futur palais présidentiel : des propriétaires de parcelles exigent plus d’argent pour vider les lieux

Par [Cédric-Soledad Urakeza]
samedi 21 avril 2012         à 17 : 06 : 00

Certains habitants de la colline Gasenyi, en commune Mutimbuzi se plaignent de l’indemnisation de ‘’misère’’ perçue en ce temps de crise, pour céder leurs maisons et terres à l’Etat. A la place, le gouvernement veut construire un palais présidentiel. Pour le président de la commission en charge de l’indemnisation, ces habitants sont de mauvaise foi.

JPEG - 65.1 ko
A Gasenyi où sera construit le palais présidentiel ©Iwacu

Sur les 40 hectares, les gens vivent tranquillement dans leurs maisons, au milieu des manguiers, des eucalyptus et des champs de maniocs. Pour certains, les constructions n’ont pas été achevées, ou ont été démolies par les propriétaires satisfaits de l’indemnisation. Ceux qui la trouvent insignifiante occupent toujours leurs maisons. Ils n’ont, par ailleurs, nulle part ou aller, indiquent-ils.

Un quinquagénaire a reçu 5.553.600Fbu au lieu de 20 millions après l’inventaire. Avec le peu d’argent qu’il a reçu, il est incapable de construire une autre maison assez grande pour sa femme et ses six enfants : « La vie en général devient de plus en plus chère et par conséquent le coût des matériaux de construction », explique-t-il.

Une dame devant sa maison, avec trois de ses huit enfants, raconte qu’elle a reçu trois millions au lieu de sept. Sa voisine, deux millions au lieu de dix. Elles regrettent qu’il n’y ait pas eu de concertation pour discuter sur le montant exact de l’indemnisation. L’argent a été reçu au mois de janvier, mais certains habitent toujours là.

Une politique de diviser pour régner ?

Au moment ou les uns se lamentent, les autres ont déjà quitté les lieux. Les habitants trouvés sur place, accusent ces derniers d’avoir reçu de grosses sommes d’argent pour pouvoir reconstruire une autre maison ailleurs : « Un de mes voisins aurait reçu plus de 55 millions alors que sa maison est construite en briques non cuites, de la terre et une toiture », se plaint toujours la même dame.

En guise de compensation, ces habitants ont également reçu de petites parcelles de 15/18 m pour chaque ménage, à Maramvya (Bujumbura). Ils disent que c’est un terrain instable, toujours rempli d’eau. Un autre homme, plus âgé que le premier, sa tête toute couverte de cheveux blancs est lui aussi mécontent. Il précise que la commission en charge de gérer cette affaire, n’a pas tenu compte des dimensions de leurs parcelles d’avant : « La commission devrait nous les acheter au même prix que celui appliqué pour un hectare en Mairie de Bujumbura. Cette localité en fait partie aujourd’hui ».

Il y a eu des tricheurs

Selon le président de la commission, ces habitants sont de mauvaise foi. Sébatien Ntirampeba, président de la commission pointée du doigt, réfute toutes ces accusations : « Nous avons eu des difficultés à entrer dans les maisons pour faire notre expertise convenablement. La collaboration n’était pas facile avec les propriétaires », se plaint-il en ajoutant avoir procédé à l’inventaire étant à l’extérieur.

Constatant certaines irrégularités dans des dossiers après l’expertise, la commission a commandité une contre expertise : « Nous avons découvert que les maisons déclarées construites avec du ciment ne l’étaient pas. Ils ya même des personnes qui ont continué à construire après notre première visite. Donc, l’indemnisation prévue avant la contre expertise a obligatoirement été réduite. » Il affirme que la commission a suivi une grille de critères bien précis.

Quant aux parcelles (3 ares chacun) proposées à Maramvya, le président de la commission indique que c’est ce que le gouvernement a pu avoir. Elles sont petites, explique-t-il, mais c’est mieux que de mettre les gens dans la rue.

Commenter...  Retour


modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

-- Les articles les plus lus

Changements à l’aéroport international de Bujumbura : le RSA devient l’AACB (popularité : 100 %)

De la politique burundaise à Kayanza : du concret, du concret, martèle Parfait Onanga-Anyanga (popularité : 93 %)

Burundi : la vérité au pluriel (popularité : 79 %)

Albert Kulu, un troubadour (popularité : 51 %)

Aimé Magera, des FNL d’Agathon Rwasa : « Le temps des comédies politiques est terminé » (popularité : 50 %)

90 golfeurs de l’EAC dans le tournoi Burundi Open 2013 (popularité : 44 %)

« C’est un bonheur pour moi de voir que les livres vont être utilisés à bon escient » (popularité : 43 %)

Nos politiques à Kayanza : 2015 sur la table, et la température monte (popularité : 39 %)

Centre Culturel de Gitega : le plus dur reste à faire … (popularité : 38 %)

L’Onatel préfère le pré-paiement pour éviter de nouvelles dettes (popularité : 34 %)

BCB & BNDE : avis de mise en vente

World Bank : Local Appointment

Soutenir la Radio Maria

Location d’appartements

227 visiteurs en ce moment

Accueil | Editorial | Newsletter en ligne | Rédaction | Iwacu Magazine | Plan du Site
Tous droits réservés à Iwacu.Burundi