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 La crise somalienne focalise l’attention des médias au Burundi

Par [La Rédaction]
dimanche 4 mars 2012         à 08 : 32 : 00

L’émission « Club de la presse » numéro 50 a focalisé l’attention des professionnels des médias sur l’interminable crise somalienne et la récente conférence internationale de Londres qui a tenté d’apporter des solutions durables à ce pays de la corne de l’Afrique en guerre civile depuis plus de 20 ans.

Du point de vue de Innocent Muhozi, le directeur général de la radio-télévision Renaissance, « malgré ces bonnes intentions, la réalité de terrain reste déterminante et têtue. Le recul militaire des Shebaab est artificiel. Je vois mal comment on va se débarrasser des Shebaab du jour au lendemain. On peut faire reculer les insurgés, mais pour combien de temps. Ce qu’il y a lieu de mieux à faire le moment venu, c’est de négocier entre les différentes parties au conflit somalien.

Il faut espérer que cela viendra un jour. Quant à ceux qui ne donnent pas cher l’engagement des africains, il faut leur rappeler que la Somalie est en Afrique. On peut cependant nuancer à ce niveau et dire encore que les Africains se sont engagés pour diverses raisons, tout en espérant qu’ils parviendront à limiter les dégâts. Mais encore une fois, il faut rappeler qu’il n’y a pas de gouvernement qui tienne quand il n’est soutenu que par l’extérieur. Aussi, la première chose à faire, c’est de mettre en place un gouvernement fort. Pour le moment, les gens qu’on soutient n’existent presque pas sur le terrain ».

Antoine Kaburahe, Directeur des publications du Groupe de presse Iwacu a, de son côté, espéré que la conférence de Londres sur la crise somalienne allait apporter une certaine réponse à long terme. Ce qui fait la force des Shebaab, c’est la misère, l’Etat qui n’existe plus. Aussi, c’est normal que cet islamiste radical puise dans un terreau fertile de la misère. Avec le temps, espérons que les somaliens vont s’ouvrir sur le monde. Et puis, pourquoi il n’y a pas d’extrémisme dans les pays développés, c’est parce que les gens sont instruits. Un peuple analphabète est facilement manipulable. Concernant les négociations, le problème est de savoir avec qui négocier dans un pays où il existe C’est un conglomérat de groupuscules.

Pour sa part, Nestor Nkurunziza, journaliste indépendant, est revenu sur le contexte et l’initiative de la Grande Bretagne de convoquer le conférence internationale sur la Somalie. « L’Angleterre accueille plus de 300.000 somaliens. D’un autre côté, la Somalie revient à la une des médias avec la famine. Par ailleurs, il y a le problème de la piraterie maritime. Toutes ces puissances perdent énormément à la piraterie. Aussi, chacun trouve des intérêts à la normalisation de la situation en Somalie. Le Burundi, c’est sur les plans politique, militaire et diplomatique. Mais la question qui reste posée est celle de savoir si la conférence de Londres va suffir à ramener la paix et la sécurité en Somalie ? L’autre passage obligé est la négociation. Prendre langue officiellement ou officieusement, c’est nécessaire. La diaspora somalienne à travers le monde est importante. Je crois qu’elle a un rôle à jouer dans le sens de la réconciliation. Concernant encore la conférence de Londres, El Shebaab a dit qu’il n’acceptera pas ce qui va en sortir. Mais sous pression, les insurgés islamistes commencent à sentir l’obligation de changer de tactique. L’autre réalité somalienne est le tribalisme. Est-ce qu’on en tient suffisamment compte aujourd’hui » ?

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