 Une invitation troublante... et alléchante
Par
[Roland Rugero]
mercredi 29 février 2012 à 10 : 00 : 00
Aux anxieux, aux perdus, à ceux qui veulent (re)découvrir la complexité de l’être humain et sa beauté, aux leaders, à ceux qui rêvent de le devenir, à ceux qui veulent voir grossir leur porte-feuille, au peuple, aux Burundais, ou pas, aux Africains, ...

- L’affiche du séminaire proposé par Jeanne Muvira ©dr
... elle arrive ! Bon, pour son premier "coup", sa première conférence, elle a choisi Bujumbura (avant la Côte d’Ivoire). Normal : elle a 50 ans. Et puisque le maître-mot est " Servons l’Afrique !", autant le commencer en terre natale.
Mais de quoi s’agit-il, au fait ? " L’objectif est de les secouer, de les surprendre, de les enlever de leur léthargie séculaire ", martèle celle qui affirme, avec une saisissante assurance, être "la première coach africaine". Vaste programme ! Car ceux qui sont destinés à ce traitement, ce sont tous ceux-là, par exemple, qui ne parviennent pas à se lancer dans les affaires, à monter des projets, par peur. Ni plus ni moins, et qui vivent mille et une frustrations noyées dans l’alcool ou une fixation presque morbide sur la politique... Peur de l’échec, peur des risques, peur que la "société" les regarde bizarrement en découvrant leurs rêves (fous, trop grands pour leurs porteurs, leur dira-t-on), peur de gagner de l’argent (les Cieux préfèrent les pauvres, leur a-t-on chanté depuis leur enfance). Car, faut-il que la coach le rappelle, "notre perception du monde n’est pas le monde !" Ce n’est pas parce que l’on voit le monde en fils barbelés ou en roses noires qu’il est comme tel.
Ceux qui sont destinés à rencontrer la coach, c’est aussi tout ce beau monde qui ne parvient pas à répondre à cette simple question : " Qu’est-ce que je veux ? "
Mais qui est Mme la coach ?
Qui est cette Burundaise qui veut "aider à élargir les canaux de compréhension du monde", "pousser les gens à quitter le mode automatique (faire ce que l’entourage veut, reproduire ce qui est accepté par l’opinion comme ’normal’) vers le mode conscient (c’est moi qui dirige)" ?
Née en 1962, à quelques semaines de l’Indépendance du Burundi, Jeanne Muvira se définit fondamentalement comme "une femme épanouie". Et présente surtout un parcours très riche. Licence en pharmacologie en Algérie, puis spécialisation en pharmacie humanitaire, et parasitologie tropicale à Paris. De 1997 à 1999, elle ouvre une pharmacie à Bujumbura, pour mettre en pratique ce qu’elle a appris : " Jusqu’à ce qu’une collègue me dise d’arrêter, car je cédais trop facilement et gratuitement mes médicaments ", confie-t-elle.
Programme du séminaire
1er mars : Découvrir ses ressources / qualités / capacités
2 mars : les fondamentaux du succès : savoir ce que vous voulez et ce que vous pouvez
3 mars : communiquer avec une stratégie gagnante
En 1999, Jeanne reprend l’Europe, à Bruxelles, où elle dirige en Afrique pour la Commission Européenne un programme appelé (c’est très sérieux) : " Maladies liées à la pauvreté ". Tuberculose, malaria, et Sida. Elle travaille principalement avec les femmes. Jusqu’en 2006. " Puis je me suis rendue compte que je ne connaissais pas vraiment les besoins de ces femmes que nous bombardions de campagnes de sensibilisation", raconte-t-elle.
Le retour...
"Qu’est-ce qu’il y a ?", lui demande son supérieur. "Je démissionne", lance Jeanne. Pourquoi ? "Pour le Burundi !", répond l’interpellée. Malgré les avertissements ("c’est un pays en guerre !" lui crie-t-on), elle rentre au pays natal. " Il me fallait comprendre les réalités de cette Afrique", explique cette mère, deux fois divorcée ("pour préserver ma liberté !", signe-t-elle joyeusement). Et pour cela, rien de mieux que le journalisme, le terrain. Avec les caméras de TV 5, Vox Africa et France O, elle monte dans Bujumbura Rural, alors encore en guerre, rencontre le peuple et les politiques burundais, découvre les complexes des uns et des autres, leurs peurs, leurs ignorances et leur énergie inexploitée, tout un pays qui se construit.
En 2011, elle décide de tout claquer de nouveau, pour l’Europe. Paris encore une fois, études en leadership à l’École de Communication Dale Carnegie, complétées surtout par l’Institut Français de Programmation Neuro-Linquistique. La PNL, définie comme " une philosophie, une méthodologie et des techniques appliquées au développement professionnel et personnel." Le reste, il s’agira de concilier ce qu’elle a vu sur le terrain et ses connaissances. Et cela donne le séminaire qu’elle offre du 1er au 3 mars 2012 : " Soyez le coeur de vos actions !"
Coût de la formation : 240.000 Fbu. Pour ceux qui ont à redire, les anciens ne disaient-ils pas que Akeza kigura - la beauté s’achète ? En attendant de voir les résultats concrets...
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