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 Assemblée de la Communauté est-Africaine : pas d’intégration effective sans le secteur privé

Par [Elyse Ngabire]
dimanche 29 janvier 2012         à 11 : 43 : 46

Les représentants du peuple burundais à l’Assemblée législative est-africaine (EALA) assurent qu’ils accordent une place de choix au secteur privé. Mais les organisations œuvrant dans ce secteur sont loin de s’accorder sur les approches pour promouvoir ce secteur.

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Frédéric Ngenzebuhoro :" Le secteur privé, c’ est notre préoccupation aussi" ©Iwacu

Les députés burundais à l’EALA jurent de ne pas retomber dans les erreurs du passé. « L’une des raisons qui avaient conduit à l’effondrement de la première Communauté est-africaine, en 1977, était que le secteur privé et la société civile n’avaient pas été tenus en considération », explique Frédéric Ngenzebuhoro, député de l’EALA. Selon lui, le traité du 30 novembre 1999 stipule clairement que ces secteurs doivent jouer un rôle de premier plan dans l’intégration sous-régionale.

En effet, selon le député Ngenzebuhoro, pour permettre au secteur privé de travailler dans un cadre intégré, l’EALA a participé à la mise en place d’un cadre légal pour toute la communauté : le Conseil pour les affaires dans la Communauté est-africaine ou East Africa Business Council (EABC). Ce cadre « regroupe tous les opérateurs économiques de l’EAC et est consulté dans toutes les décisions économiques devant être prises dans le cadre de l’intégration économique régionale. » Et de préciser que l’EACB était dirigé au cours de l’année 2011 par une Burundaise, Mme Consolate Ndayishimiye, l’actuelle présidente de la Chambre fédérale du commerce et de l’industrie du Burundi (CFCIB).

Des visites pour accompagner les acteurs du privé

Frédéric Ngenzebuhoro fait savoir que le rôle de l’EALA ne s’arrête pas au vote des lois : « Les représentants du peuple à l’EALA effectue des visites sur terrain afin de connaître les problèmes que rencontrent les acteurs du secteur privé et l’EALA fait le plaidoyer auprès des instances habilitées à travers des résolutions ou des motions qu’elle adopte. » M. Ngenzebuhoro poursuit qu’à travers les questions orales ou écrites, les députés à l’EALA adressent des propositions au conseil des ministres de l’EAC.

François Bizimana, lui aussi député de l’EALA, rappelle qu’en 2008, des députés de l’EALA ont visité les postes-frontières de Kigoma (Tanzanie)- Manyovu- Kanyaru Haut (Rwanda-Burundi)- Rusumo –Gatuna (Rwanda-Ouganda)- Busiya (Kenya). L’objectif, explique le député Bizimana, était de s’assurer si les principes et clauses sur l’Union douanière sont respectés. Selon lui, quand la loi n’est pas respectée, nos représentants à l’EALA rédigent un rapport qu’ils transmettent à la présidence de l’EALA afin que le Conseil des ministres de l’EAC s’en occupe. Selon François Bizimana, de telles descentes sur terrain ont permis l’abolition des visas pour des citoyens originaires des pays membres de l’EAC.

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Econie Nijimbere : « Nous sommes satisfaits du travail accompli par l’EALA. » ©Iwacu

« L’EALA ne peut pas faire cavalier seul »

Econie Nijimbere, président de l’Association des industriels du Burundi (AIB) et membre de l’EACB loue le travail fait par nos représentants à l’EALA : « Ils font de leur mieux pour concerter le secteur privé regroupé au sein de l’EACB. » Selon cet homme d’affaires, l’EALA doit accompagner le secteur privé parce qu’il y a des protocoles qui demandent la mise en application des lois. Il souligne que pour permettre une meilleure collaboration, l’EACB adresse à l’EALA des questions qu’il souhaite voir traitées au cours des sessions : « L’EALA les compile avec celles des autres pays, les filtre et fait un plaidoyer au cours des forums sectoriels des conseils des ministres de l’EAC. » Econie Nijimbere se veut sincère : « Aujourd’hui, le secteur privé est considéré comme le pilier de l’intégration car il engage la question des fiscalités, les recettes de la TVA (Taxe sur la Valeur Ajoutée), des droits de douane, du tarif extérieur commun, etc. »
Comme les pays membres de l’EAC sont entrés avec des niveaux de développement différents, il doit y avoir des mécanismes de corrections. « Ce sont des exercices qui se font chaque année. Nous nous réjouissons que cela soit fait en étroite collaboration avec l’EACB », souligne le président de l’AIB

« Nous demandons à être associés »

Pour Audace Bizabishaka, président du Syndicat général des commerçants (SYGECO), l’EALA ne consulte pas le secteur des petits commerçants alors qu’ils représentent plus de 90% du secteur privé. Il estime que la collaboration avec les grands commerçants ne suffit pas pour promouvoir le secteur privé. « Des opérateurs économiques regroupés au sein de l’EACB bénéficient de faveurs dans le dédouanement de leurs marchandises. Il y en a même qui ne paient pas les impôts alors que les petits commerçants paient même plus », s’insurge M. Bizabishaka. Pour lui, c’est paradoxal quand on sait que la plupart de ces petits commerçants ont été ruinés pendant la crise sociopolitique.

A la question de savoir pourquoi le SYGECO ne veut pas adhérer à l’EACB, Audace Bizabishaka indique que c’est un cadre fermé. Toutefois, il reconnaît qu’ils défendent presque la même cause mais avec des approches différentes. Pour lui, la conséquence de ce désintéressement, c’est que par exemple les banques d’investissements ne leur accordent pas de crédits à des taux bas et sur une longue durée. Aussi demande-t-il aux parlementaires de l’EALA d’organiser une journée de réflexion avec la situation des commerçants regroupés au sein du SYGECO pour plus de compétitivité du secteur privé.

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