Editorial Rédaction Blogs Contacts Coup de chapeau à ... Iwacu Magazine  

 Le secteur touristique et l’OBR à couteaux tirés

Par [Didier Bukuru]
vendredi 13 janvier 2012         à 08 : 52 : 35

Un climat d’incompréhension règne entre la Chambre Sectorielle de l’Hôtellerie et du Tourisme du Burundi (HTB) et l’Office Burundais des Recettes (OBR). Le premier accuse le second de procéder à la collecte d’une taxe hôtelière et touristique alors que, dit-il, le gouvernement n’a pas encore mis en place des textes d’application de la Loi du 11 juillet 2008 portant réinstauration de la taxe hôtelière et touristique. Une Loi que l’OBR juge claire et qu’il brandit pour réclamer des millions de Fbu d’arriérés à certaines entreprises touristiques du pays.

JPEG - 53 ko
Nicodème Nimenya, commissaire des Taxes internes et des recettes non fiscales à l’OBR. ©Iwacu

« Conformément aux dispositions de la loi n° 1/10 du 11 juillet 2008, nous avons l’honneur de vous informer que vous n’avez ni déclaré ni payé la Taxe Touristique et Hôtelière relative à vos revenus des exercices 2008, 2009 et 2010 », mentionne l’OBR dans une notification partielle Taxe touristique et hôtelière adressée à un des hôtels de Bujumbura, le 14 décembre 2011. L’Office réclame, notamment une taxe à payer de 10.572.393 Fbu.

Sept jours plus tard, plusieurs établissements touristiques adressent une correspondance à la Directrice du bureau des petits et moyens contribuables à l’OBR dans laquelle ils s’insurgent contre ces notifications qui selon eux, sont inopportunes : « Si la procédure avait été normale, on aurait été averti par un avis de vérification. On aurait pu montrer et expliquer à vos cadres l’inapplicabilité de cette loi », se justifient-ils en soulignant que les dispositions de cette loi évoquée par l’OBR « ne font à aucun moment allusion au droit de rappel ».

De son côté, HTB ne comprend pas pourquoi l’OBR commence vers la fin de l’année 2011 à collecter cette taxe touristique et hôtelière pourtant réinstaurée le 11 juillet 2008. HTB attire l’attention de l’autorité fiscale que cette Loi n’a jusqu’à ce jour ni de texte d’application ni de formulaires de déclaration pourtant prévus à l’article 5.

Par ailleurs, constate HTB, la Loi en question revêt des contradictions qui l’ont rendue inapplicable. L’article 5 de cette loi, explique HTB, précise que la taxe touristique et hôtelière est déclarée mensuellement sur un formulaire délivré par l’Administration Fiscale. Cette même disposition ajoute que la base taxable est le chiffre d’affaires hors tous impôts et taxes. HTB s’interroge : « Comment une déclaration mensuelle serait possible lorsqu’on sait que certains impôts et taxes sont établis et déclarés annuellement ? »

Pour toutes ces raisons, HTB demande à l’OBR de reconsidérer les notifications adressées à certains opérateurs économiques du secteur, invoque Pierre Claver Hakizindavyi, Président de HTB.

Appliquer la loi, rien que la loi

Pourtant l’OBR signe et persiste en démontrant que la loi n°1/10 du 11 juillet 2008 (entièrement élaborée en Kirundi, Ndlr) est toujours en vigueur dans toute sa rigueur : « L’article 3 de cette loi précise la base taxable. L’article 4 parle du taux de cette taxe (5% des recettes nettes) et l’article 5 mentionne la période de déclaration », explique Nimenya Nicodème, commissaire des Taxes internes et des recettes non fiscales à l’OBR.
Selon lui, même une note , du 31 juillet 2011, du bureau chargé des questions économiques à la présidence du Burundi, sur les projets de textes portant réglementation du secteur du tourisme et l’hôtellerie conclut en faveur de la mise en application de cette loi, visiblement interprétée différemment par les deux parties : « Il serait impérieux de sursoir à l’analyse et à la mise en application de ces projets de texte, en attendant que certaines préalables soient mises en œuvre comme l’harmonisation, la recherche du Fonds de compensation des recettes budgétaires attendues du secteur touristique », indique cette correspondance.

Ainsi, M. Nimenya Nicodème rappelle que tant qu’il n’existe pas une autre loi qui abroge celle du 11 juillet 2008, l’OBR continuera à percevoir cette taxe : « Notre mission est d’appliquer la politique fiscale du gouvernement du Burundi et non pas celle de la concevoir », souligne-t-il en expliquant que même le budget général de l’Etat compte sur cette taxe pour arrondir ses recettes. De fait, à titre d’exemple, en 2010, la taxe (en Fbu) sur le chiffre d’affaire des entreprises touristiques et hôtelières était de 577 800 000. En 2011, elle est de 681 126 200 et elle est prévue en 2012 à hauteur de 737 585 209 : « Ce serait faillir à notre mission si l’OBR ne collecte pas cette argent longtemps prévu par l’Etat à travers son budget voté par le Parlement », fait-il remarquer.

Vers une solution durable du problème ?

La problématique de la taxation du secteur touristique a attiré l’attention du Gouvernement du Burundi à plusieurs reprises. En effet, lors de l’analyse d’une note synthèse sur le régime de taxation du secteur touristique présentée en Conseil des Ministres du 29/10/2009, le Conseil a reconnu que « le secteur touristique était surtaxé alors que le Gouvernement a inscrit dans ses priorités la promotion du tourisme. C’est pourquoi, il faut un système de taxation à même de rendre le secteur attractif ».

Les 19-20 octobre 2011, le Conseil des Ministres a analysé quatre projets de textes notamment le projet de Loi portant suppression de la taxe hôtelière et touristique. Le Conseil a recommandé une concertation entre le Ministère du Commerce, de l’Industrie, des Postes et du Tourisme et celui des Finances sous la facilitation de la deuxième vice-présidence de la République pour finaliser les projets de textes.

Sur base d’un rapport produit par une équipe mise en place, le 22 décembre 2011, le Conseil des Ministres a adopté les quatre textes en rapport avec la taxation du secteur touristique dont le projet de Loi portant suppression de la taxe hôtelière et touristique. Trois ordonnances ont été signées le 30/12/2011 par les autorités concernées tandis que le projet de Loi est sur le point d’être transmis au Parlement pour adoption.

Commenter...  Retour


Le secteur touristique et l’OBR à couteaux tirés

Le gouvernement n’a pas encore mis en place des textes d’application de la loi du 11 juillet 2008, régissant le secteur touristique.!!!!!!

Est ce cela la performance du gouvernement ? 4 Ans après, la loi n´a pas de textes d´appplication ??

Ntaco novuga kindi, Peter nave muri temple, agabanye kuja gutera akabumbu aje ku kazi.


Par   ce  vendredi 13 janvier 2012   à 09 : 31 : 00


Le secteur touristique et l’OBR à couteaux tirés

Le gouvernement n’a pas encore mis en place des textes d’application de la loi du 11 juillet 2008, régissant le secteur touristique. !!!!!! Vous serez surpris de lire et de constater que même la loi qui touche la souveraineté nationale n’a pas d’ordonnace d’application (Loi 1-013 du 18 juillet 2000 portant reforme du code de la
nationalité). Le secrétariat général du gouvernement devrait faire le point et mettre de l’ordre !!!!
Pour le reste, l’agent administratif applique la loi encore en vigueur.


Par   ce  vendredi 13 janvier 2012   à 10 : 52 : 08


Le secteur touristique et l’OBR à couteaux tirés

Notre pays n’est pas aussi pauvre qu’on nous le fait croire, il est seulement mal organisé. Je ne suis pas économiste mais par expérience acquise sous d’autres cieux, le principe est que celui qui a un revenu paie un impôt sur revenu, celui qui a un commerce paie un impôt sur les bénéfices réalisés. une exception peut-être faite pour ceux qui ont un faible revenu ou bénéfice et cela doit être précisé dans la loi sur les impôts. Mais qu’est-ce que nous observons dans notre cher pays : les dignitaires qui ont des salaires exorbitants ne payent pas d’impôts, des éxonérations non contrôlées et maintenant le secteur touristique et hôtelier veut aussi suivre. Ce sont nos dignitaires qui sont propriétaires de ces complexes touristiques et hôteliers, donc c’est évident que le conseil des ministres a pris cette mesure pour abandonner ces impôts. L’histoire recommence


Par   ce  vendredi 13 janvier 2012   à 11 : 02 : 06


Le secteur touristique et l’OBR à couteaux tirés

S’il est vrai que par principe tout revenu doit payer "un impôt sur le revenu", il est aussi vrai que l’imposition ne doit avoir d’autre base que la loi et seulement celle-là. Aucun organe de l’Etat, fusse-t-il l’OBR, ne peut donc se prévaloir que de la loi et de ses textes de mise en application.

Mais au Burundi, surtout en ces temps qui courrent, la loi existe-t-elle ? Si oui, sert-t-elle ? Quand sa création devient opportune, naisse-t-elle pour autant ? Une unique et vrai réponse à ces interrogatons : OUI, mais à une conditions : "QUAND ELLE SERT MES INTERETS ET CEUX DE MES LIEUTENANTS".

Attendons, peut-être demain sera un autre jour.


Par Pionner   ce  vendredi 13 janvier 2012   à 14 : 25 : 44


Le secteur touristique et l’OBR à couteaux tirés

Prenez le temps de lire ceci http://africadiligence.com/2012/01/13/developpement-economique-pourquoi-lafrique-francophone-sous-performe/


Par   ce  vendredi 13 janvier 2012   à 15 : 56 : 34


Le secteur touristique et l’OBR à couteaux tirés

L’exonération fiscale des hôtels est une autre forme de malversation. Ces hotels appartiennent à ces mêmes députés qui adoptent les lois à commencer par Jean Minani. Le pays ne fait que s’enfoncer au profit d’une poignée de gens cupides comme Minani.


Par   ce  vendredi 13 janvier 2012   à 18 : 22 : 17


Le secteur touristique et l’OBR à couteaux tirés

Je curieux de savoir si Minani a reçu lui aussi cette notification !


Par Pionner   ce  mardi 17 janvier 2012   à 13 : 12 : 05


modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

-- Les articles les plus lus

Burundi : la vérité au pluriel (popularité : 100 %)

Changements à l’aéroport international de Bujumbura : le RSA devient l’AACB (popularité : 88 %)

Un policier tué dans des conditions obscures à Cibitoke (popularité : 85 %)

De la politique burundaise à Kayanza : du concret, du concret, martèle Parfait Onanga-Anyanga (popularité : 78 %)

« C’est un bonheur pour moi de voir que les livres vont être utilisés à bon escient » (popularité : 62 %)

Albert Kulu, un troubadour (popularité : 50 %)

90 golfeurs de l’EAC dans le tournoi Burundi Open 2013 (popularité : 42 %)

Aimé Magera, des FNL d’Agathon Rwasa : « Le temps des comédies politiques est terminé » (popularité : 41 %)

Centre Culturel de Gitega : le plus dur reste à faire … (popularité : 37 %)

Planning familial : des progrès à Kayanza, malgré les résistances (popularité : 36 %)

BCB & BNDE : avis de mise en vente

World Bank : Local Appointment

Soutenir la Radio Maria

Location d’appartements

85 visiteurs en ce moment

Accueil | Editorial | Newsletter en ligne | Rédaction | Iwacu Magazine | Plan du Site
Tous droits réservés à Iwacu.Burundi