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Politique

Société civile laminée : « C’est très regrettable »

02-12-2015

Le ministère de l’Intérieur et de la Formation patriotique a suspendu, ce lundi 23 novembre, les activités de dix organisations de la société civile (OSC). Abus et tollé.

En tête des OSC visées par l’ordonnance du ministre Pascal Barandagiye viennent le Forsc (Forum pour le renforcement de la Société civile) et le Focode (Forum pour la Conscience et le Développement), présidées respectivement par Me Vital Nshimirimana, et Pacifique Nininahazwe. Les deux activistes vivent actuellement en exil et sont tous commissaires au Cnared. Suivent ACAT (Action Chrétienne pour l’Abolition de la Torture) de Me Armel Niyongere et Aprodh du célèbre défenseur des droits humains et des prisonniers, Pierre Claver Mbonimpa. Figure en cinquième position sur cette liste la Parcem (Parole et Action pour le réveil des Consciences et le Changement des Mentalités) de Faustin Ndikumana, un des rares activistes qui n’a pas fui le pays. En bas de la liste vient La Maison Shalom de la célèbre Margueritte Barankitse.

Le ministère de l’Intérieur justifie sa décision par le fait que ces OSC ont participé au mouvement insurrectionnel qui a culminé dans le coup d’Etat du 13 mai. Toutes ces OSC sont citées dans le rapport Manirakiza (dossier RPGA 696 /MA en rapport avec le mouvement insurrectionnel déclenché le 26 avril).

Selon Térence Ntahiraja, secrétaire permanent audit ministère, les OSC sont nécessaires, mais non irremplaçables. « Ils appuient l’Etat sans toutefois se substituer à lui. »

Des signes prémonitoires

La décision du ministre Barandagiye n’a pas surpris. Elle est tombée quatre jours après celle du procureur général de la République, Valentin Bagorikunda, de suspendre les comptes bancaires des dix OSC. Bien avant encore ces décisions, des OSC gravitant dans le sillage du pouvoir s’étaient réunies à Gitega le 30 octobre autour du ministre Barandagiye pour pourfendre les OSC qui avaient appelé à manifester contre le troisième mandat ainsi que leurs partenaires.

Bien plus, le 20 octobre, répondant aux questions orales des députés, le ministre Barandagiye avait promis de sévir contre les OSC « qui ont dévié de leurs engagements pour verser dans la politique. »
Enfin, le 20 août, dans son discours d’investiture, le président Nkurunziza s’était montré critique envers une société civile « qui a failli à sa mission. » Il avait promis de la ramener à l’ordre.

« C’est un abus »

« Les deux décisions n’ont pas de base légale », observe un spécialiste de la loi. Concernant la suspension des comptes bancaires, le praticien de la loi soutient que les comptes peuvent seulement être gelés, s’ils sont le produit ou les outils de l’infraction, ce qui n’est pas le cas pour ces OSC. « Ce n’est pas de l’argent irrégulièrement gagné », explicite-t-il.

Il admet que les OSC peuvent être suspendues en cas de risque réel de perturbation de la sécurité. « Pour l’heure, ce risque n’existe pas. »

Condamnation tous azimuts

Le 24 novembre, un jour après la prise de décision, l’ambassadeur des Etats Unis au Burundi sort un communiqué. Elle se dit inquiète de la suspension et du gel des avoirs des OSC.

«Ces actions limitent davantage les libertés de réunion et d’expression des Burundais et représentent un net recul dans la poursuite de la paix et le dialogue au Burundi », souligne ce communiqué.
Avant de réclamer la levée des deux mesures, les Etats Unis ont fait l’éloge de la société civile burundaise : «Nous apprécions la forte participation civique et applaudissons l’engagement des OSC au développement du Burundi, en particulier dans les moments difficiles. »

« Nous déplorons la répression des ONG »

Le 25 novembre, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, dira que cette suspension semble être une tentative par les autorités burundaises de réduire au silence les voix dissidentes et de limiter l’espace démocratique. « C’est très regrettable », lâche-t-il.

Pour lui, « la triste réalité est que la société civile burundaise a été affaiblie de manière significative, depuis le début de la crise. » Et d’ajouter : « Les organisations de la société civile devraient pouvoir mener leurs activités légitimes sans craindre des représailles et sans être soumises à des restrictions injustifiées. »

« Un plan préalablement conçu pour anéantir la société civile »

Vital Nshimirimana : « Le régime de Nkurunziza a tout mis en œuvre pour anéantir la société civile burundaise. »

Vital Nshimirimana : « Le régime de Nkurunziza a tout mis en œuvre pour anéantir la société civile burundaise. »

Le délégué général du Forsc, Vital Nshimirimana, parle du « sabotage de la société civile burundaise ainsi que de l’atteinte abjecte dirigée contre les défenseurs des droits humains. »

Dans un communiqué de presse de ce mercredi 25 novembre, il martèle que le régime de Nkurunziza a tout mis en œuvre pour anéantir la société civile burundaise, notamment en créant des OSC fantoches et en les dressant contre celles de la société civile classique.

Bien plus, le Forsc déplore le caractère absurde, illégal et arbitraire de la procédure enclenchée par la justice burundaise. Par la fermeture des comptes et la suspension de certaines organisations, le Forsc trouve que la justice burundaise a démissionné de son rôle de gardien des droits et libertés de la personne humaine pour servir les intérêts et ambitions d’une personne et d’un parti.

Ces organisations exigent l’annulation sans condition des mesures portant sur leurs comptes et leurs activités. Au cas contraire, elles se disent prêtes à saisir les juridictions contre Valentin Bagorikunda, procureur général de la République, et contre Pascal Barandagiye, ministre de l’Intérieur, pour abus d’autorité.

Elles déclarent haut et fort qu’elles ne vont jamais accepter de négocier leurs droits et libertés.


Verbatim de Pierre Claver Mbonimpa

Peut-être ont-ils manqué de l’argent et ils veulent voler l’argent des OSC. Par ailleurs, nous ne travaillons pas avec le gouvernement illégal que nous avons décrié depuis l’annonce officielle du troisième mandat. Nous travaillons avec la population. C’est pourquoi, sans ou avec l’argent, nous continuons à travailler en ce qui est des violations des droits humains. Nous continuerons à publier des rapports, surtout que nous ne les donnons pas au gouvernement que nous indexons pour ses méfaits.

  9   Vos commentaires
  1. Turikiza amategeko bababreke. On ne vit pas dans le désordre.

    • turagisangiye

      tu te trompe mr pepe ou bien tu te rejouis de cette parodie que tu appelle amategeko! si tu était conscient tu aurait crié fort contre cette injustice puisque un jour ça tournera contre toi meme et il ya un proverbe burundais qui stipule que:umubegito umufasha gutanaga umutana yaheza akawutandika mumutwe! tu dis que nou ne vivons dans le désordre mais je te jure que si puisque si nous étions dans l’ordre la constitution burundaise n’aurait été violée pour les intérets d’un seul induvidu!

  2. Pas de societe civile au Burundi. On aura tout vu. On ne peut pas parler de societe civile pour designer quelqu’un qui refuse le verdict des urnes. Ils doivent apprendre a respecter le peuple Burundais. Ces insurges comme Pacifique, Maggy Vital et Claver ne peuvent en aucun cas representer la societe civile Burundi, ils ne representent que des putchistes seulement.

  3. Inyankamugayo

    « Le régime de Nkurunziza a tout mis en œuvre pour anéantir la société civile burundaise. » Ico udashaka ko bagukorera ntukagikorere abandi.
    Qui a commencé? Bien sur que c’est la société civile. La société civile avait tout mis en oeuvre pour renverser Nkurunziza Pierre. Le Coup d’Etat est synonyme de tuer. Vous avez échoué après avoir causé tant de dégâts tant matériels qu’humains!
    L’EAC a trouvé que le mandat actuel est légal et vous, voulez chasser le président élu par le peuple. Vous oubliez ceci: Vox populi, vox Dei.

    Un clin d’oeil si vous lisez la Bible et croyez en la parole de Dieu: « Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures; car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées de Dieu.C’est pourquoi celui qui s’oppose à l’autorité résiste à l’ordre que Dieu a établi, et ceux qui résistent attireront une condamnation sur eux-mêmes. » Romain 13:1-2

    Ce n’est pas moi qui le dis: ceux qui résistent attireront une condamnation sur eux-mêmes(2b).
    Aviez-vous, au moins une seconde, consulté Celui qui établit et embauche les autorités?

    Même le roi Saul avait tee oint et établi par Dieu sur demande de Son peuple, Israël. Personne n’avait pas le droit de le restituer sauf Dieu(Cf. Bible): « Mes hommes m’ont conseillé de te tuer. Mais j’ai eu pitié de toi et j’ai dit : “Je ne te ferai pas mourir, toi mon maître. En effet, c’est le SEIGNEUR qui t’a consacré comme roi.” » dixit David 1 Samuel 24:11b.
    Ce qui est malheureux c’est que même les soient disant hommes de Dieu s’acharne maladroitement avec des insultes contre le Président Nkuru! Il vous faut apprendre le comportement de David et de Daniel envers leurs maîtres! Il vous fallait attendre l’avènement de David, mais ce qui me surprend avec les hommes c’est que même David fut le roi qui eut plus d’ennemis alors qu’il craignit Dieu et faisait du bien pour son peuple!
    Aussi longtemps que cet homme, Peter, invoque le Nom Puissant de Jésus Christ, il vous sera impossible de le remplacer par votre propre force.

    Conseil d’ami: Évitez d’enfreindre la loi du Dieu Tout puissant en voulant évincer celui que vous n’avez pas établi. Sinon, vous serez tous anéantis (Cf. Bible)

    J’espère que les auteurs de cet article vont laisser passer mes commentaires.

  4. Kagabo

    Moi, personnellement, je pense que c’est un bon moment de réflexion à ces ONG, Qu’ils se regardent dans le miroir pour bien voir ceux qu’ils n’ont pas fait correctement et peut-être les donner une dernière chance. A part peut-être la doyenne de la Maison Chalom compte tenu des injures et carmonies envers notre S.E président de la République. Quand il faut qu’on dit la vérité, ces gens là ont profités ces ONG pour s’immiscer en politique alors, qu’ils sont supposer d’être apolitique et c’est inacceptable!!!.

    • Nduwayo Christine

      Ce que je trouve malheureux c’est des burundais qui travaillent dans ces ONG qui perdent leur boulot. Franchement les DD ne raisonnent pas, ils pourraient sanctionner les patrons comme Vital Nshimirimana et Pacifique Nininahazwe et les autres patrons et demander aux autres employés de ces ONG de fonctionner sans se mêler de politique, je ne peux m’empêcher de croire qu’ils auraient accepté ne fut-ce qu’en s’imaginant que finalement les DD se préoccupent du sort de leurs familles. Il faut absolument que nous pensions à tous ces gens qui se demandent jusque quand ils vont avoir leur salaire…les temps sont vraiment durs pour la population, tout ce qu’elle veut c’est survivre, hanyuma les politiciens : DD et CNARED, numugwane sur les principes mais de grâce uwutsinda atsinde mais nous les burundais moyens laissez-nous tranquilles…Pour moi, mwese nta numwe ababaye Uburundi, vous êtes pareils, na Peter yohava nta muntu valable yohasubira.!!!!!

  5. barumwete Alain Chris

    Disons tout simplement qu’avec la suspension des activités des ces OSC et le gel de leur compte sonne comme leur fin du monde les gens comme Vital et consors commencent à perdre la tête parce que ces occidentaux qui les financent auront de plus en plus de difficultés à justifier le financement des insurgés de Buja via ces OSC

  6. barumwete Alain Chris

    Voilà l’arroseur arrosé. Ces gens des OSC ( espions des occidentaux ) s’étaient investis pour faire tomber le régime de Son excellence le Président P. Nkurunziza. Mauvais stratèges qu’ils,ils n’avaient pas anticicipé sur les consequénces, une foi le coup raté. Maintenant ils se rabattent au gouvernement comme quoi il avait bien mûri un plan de sabotage de ces OSC. Honte à toi vital nshimirimana !!!!
    Disons tout simplement qu’avec la suspension des activités des ces OSC et le gel de leur compte sonne comme leur du monde les gens comme Vital et consors commencent à perdre la tête parce que ces occidentaux qui les financent auront de plus en plus de difficultés à justifier le financement des insurgés de Buja.

  7. Mandela

    Pascal Barandagiye et Valentin Bagorikunda sont des amis de classes de l’athénée de Gitega. Les deux ont toujours êtes des amis proches. Et ils le restent. Tel que je les connais, a moins que je les connais , a moins qu’ils aient changés, vraiment je ne pense pas que l’on puisse s’attendre a grand chose de positif sortir des décisions qu’ils prennent en s’influençant mutuellement, profitant de la position qu’ils occupent. Parce que dans leur vie courantes, ces deux hommes sont toujours passé inaperçus. Valentin était du FNL Icanzo Mugabarabona. Comment il a viré vers le CNDD – FDD, Alain Mugabarabona pour vous donner un peu d’éclaircissement.
    Quant aux banques, comme ces dernières ne sont pas autorisées a donner a qui que ce soit l’argent d’autrui, nous espérons que cet argent restera bloqué sur les comptes et qu’a la fin de tout ça, elles remettront a qui de droit son du.

    Un clin d’œil aux propriétaires des compte saisis, c’est Pierre Nkurunziza lui même qui avait une fois décrété que désormais des individus (cadres de la république) seront responsables et payeront eux – mêmes plus des amandes que la justice infligera a l’état suite a leur maladresse.

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