http://www.iwacu-burundi.org/wp-content/uploads/2016/12/Mail-Room-VA-7dec.pdf
Politique

Sit tibi terra levis M. le président!

10-05-2016

L’ancien président Jean-Baptiste Bagaza n’est plus. Il s’est éteint, ce mercredi matin, à l’Hôpital Sainte Elisabeth de Bruxelles. A 70 ans, il était aujourd’hui sénateur à vie.

Né à Rutovu en province Bururi, Jean-Baptiste Bagaza a dirigé le Burundi pendant 11 ans.

Né à Rutovu en province Bururi, Jean-Baptiste Bagaza a dirigé le Burundi pendant 11 ans.

«C’est avec très grande tristesse que j’ai appris la disparition du président Bagaza. Condoléances à sa famille et à tous les Burundais.» C’est la réaction sur twitter du numéro Un burundais après la mort de l’ancien président burundais, ce mercredi 4 mai, à l’âge de 70 ans. Une autre réaction est celui du Cnared où ce dernier annonce qu’il vient d’apprendre avec regret la mort de l’ancien président, «un pilier de sa lutte pour un Burundi meilleur.»

« Un préoccupé du devenir du Burundi ». C’est le qualificatif que Zénon Nimubona, président du parti Parena, donne à l’ancien président et fondateur de ce parti. Il raconte qu’en 2005, au moment de la victoire du CNDD-FDD, il aimait dire qu’il pouvait entrer au gouvernement « gratuitement » si on lui donne le ministère de l’Agriculture. «Il voulait relever le défi de la faim.» Pour M. Nimubona, l’Etat burundais devait lui ériger un monument afin que les générations futures s’inspirent de lui.

Le 1er novembre 1976, un jeune colonel prend le pouvoir. Il s’appelle Jean Baptiste Bagaza. Il n’a que 30 ans. Il est le chef d’Etat-major adjoint du Lieutenant général Michel Micombero qu’il vient de renverser.

«On ne se lève pas un bon matin pour s’autoproclamer président de la République. Ma prise de pouvoir n’est pas un hasard, elle a été longtemps préparée», déclare Jean-Baptiste Bagaza dans les colonnes d’Iwacu.

Du président Jean-Baptiste Bagaza, la population garde à l’esprit le développement économique à travers la construction d’infrastructures routières et la révolution industrielle. Un fait reconnu par le gouvernement burundais actuel. Ce dernier déplore dans un communiqué la perte d’une grande figure de la vie nationale, un travailleur infatigable qui, durant sa présidence, a développé des infrastructures économiques et sociales dont le peuple burundais se rappellera toujours.

De l’apogée à la chute

Malgré d’excellents chiffres dans le secteur économique, tout n’est pas rose. Certains, dont le parti Cndd-Fdd, lui reprocheront d’avoir commis un « génocide intellectuel » avec le système ‘i’ et ‘u’ dans les écoles.

Ce système a été baptisé ainsi parce que devant le nom d’un écolier hutu, on marquait la voyelle u et i devant celui d’un Tutsi. Même si le président Bagaza faisait semblant d’ignorer cette période, son ancien ministre de l’Education nationale de l’époque, Isidore Hakizimana, a déjà fait des confessions où il déplore cette pratique.

L’évènement qui a précipité sa chute, pour nombre d’observateurs, c’est le conflit Eglise-Etat. Ce conflit éclate au cours des deux dernières années du régime. Des missionnaires sont expulsés, des prêtres professeurs d’université sont remplacés, des églises sont fermées, etc.

«L’Eglise catholique s’était transformée en pouvoir», se défend Jean-Baptiste Bagaza. L’instauration des rencontres dites Sahwanya n’est pas venue arranger les choses. C’est la goutte qui a fait déborder le vase. Selon le président Bagaza, des rapports lui parviennent que des enseignements politiques y étaient dispensés. «Quand je l’ai su, j’ai pris la décision d’arrêter.»

Interrogé pour savoir s’il ne regrette pas la manière dont il a géré le conflit Eglise-Etat, le président Bagaza assume : « J’en suis fier. Je l’ai bien géré beaucoup plus que les autres chefs d’Etats de la région et beaucoup plus que ceux qui m’ont précédé et suivi. » Toutefois, il reconnaît quand même que ce conflit a précipité sa chute. Quand il y a un malaise dans la société, conclut-il, des gens mal intentionnés peuvent en profiter.

  18   Vos commentaires
  1. Salmia Irikungoma

    Les DD sont la pour les DD seulement. Il n’y a meme pas de comparaison avec ceux qui ont gouvernes le Bururndi, ni avec ceux qui gouverneront le Burundi dans l’avenir, seul le Dieu tres haut pourra les classe !!!!!!!!!!!!!!!! L’histoire nous reserve des………………….

  2. NDIKUMANA Amin(Roger)

    … »Bagenzi nkunda,…hariho abantu badashima,…hari nabandi batibuka »…

    RIP President Jean-Baptiste BAGAZA.

  3. Jean Claude

    Le Bagazanisme est un systeme qui consistait à discriminer les Hutu discrètement avec un une politique maquillée de développement économique contrasté . Dans ce système, les routes et ponts où les Tutsi surtout de Bururi vont faire passer leur voitures ont été construits , les Bonnes écoles où les Tutsis de Bururi vont préparer l’élite Tutsi ont été construite au même moment que les Hutu faisaient les Ecoles de couture et de cuisine pour servir à jamais les Tutsi , des Entreprises et infrastructures en milieux tant urbain que rural ont été créer pour donner du travail a ses Tutsi surtout de Buburi,pour qu’ils ne pensaient jamais à le destituer . Des barrages Hydroélectriques et des maisons en location ont été construits pour permettre aux Tutsi de Bururi vivre décemment . Le développement de l’agriculture visait de permettre les Tutsi de Bururi manger comme des bourgois ,,

    Le pire de ce Systeme étaitt le fameux U et I qui était un tamis ( akayungiro ) pour laisser passer les I aller profiter de tout ce développement et garder les U ( Hutu ) dans le tamis afin qu ils manquent de tout sauf rien.Bref ,le bilan de Bagaza est vraiment mitigé.

    • Jean Claude

      Bien entendu les Tutsi d’ailleurs était aussi discriminés à une certaine dimension ,,à tel enseigne qu’un Hutu de Bururi se croyait très Tutsisssime( dans le sent identitaire forgé du terme ) qu’un vrai Tutsi de NGOZI OU GITEGA.

      • Baobab

        @Jean Claude
        « à tel enseigne qu’un Hutu de Bururi se croyait très Tutsisssime »
        Un tel lapsus montre à quel point cette question reste artificielle malgré ses tristes et graves conséquences sur le vivre ensemble des citoyens de ce pays et du pays voisin!

  4. birimbo

    Aba Bo baranyazwe amatongo ahabwa ba NZambimana imyaka 100. urumva ivy>

  5. Stan Siyomana

    1. Le romain (politicien et philosophe) Lucius Annaeus Seneque (4 avant Jesus Christ-65) a dit:
    « La conscience d’avoir bien agi est une recompense en soi. »
    2.La devise de Muganwa Ludoviko Rwagasore (= heros de l’independance du Burundi, mort assassine le 13 octobre 1961) est: « Vous nous jugerez a nos actes et votre satisfaction sera notre fierte » (19 Septembre 1961).
    3. Tout ceux qui aujourd’hui vantent les « bonnes oeuvres » du dictateur Colonel President Jean-Baptiste Bagaza (surtout dans le domaine des infrastructures nationales) qu’il a mene au detriment du developpement inclusif (voir surtout le systeme tribaliste discriminatoire de « I  » et « U » en education, et le regionalisme au benefice de sa province natale de Bururi ) oublient que le peuple souverain du BEAU PAYS DE MWEZI GISABO a deja rendu son verdict quand il n’a accorde (au parti fonde et dirige par Bagaza) que 42.223 sur 2.421.426 voix, SOIT 1,74% DES VOIX, DONC PAS UN SEUL SIEGE PARLEMENTAIRE, lors des elections parlementaires du 4 juillet 2005.
    (Voir « Elections in Burundi », http://www.?).
    4. L’EDUCATION POUR TOUS EST A LA BASE DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE RAPIDE DU BURUNDI.
    La Commission sur la croissance (economique) et developpement/Commission on Growth and Development (mise en place par la Banque Mondiale et dirigee par l’americain? Dr Michael Spence, prix Nobel d’economie) a etudie les strategies de developpement durable et inclusif utilisees par 13 pays (dont 9 de l’Asie de l’Est) qui ont connu une croissance economique rapide. La Commission a conclu que:
    « Chaque pays qui a maintenu une grande croissance economique pour de longues periodes « PUT SUBSTANTIAL EFFORT INTO SCHOOLING ITS CITIZENS AND DEEPENING ITS HUMAN CAPITAL »/a du mettre un grand effort dans l’education de ses citoyens et dans le renforcement de son capital humain ».
    (Voir Commission on Growth and Development, 2008: « The Growth Report. Strategies for sustained growth and inclusive development. », https://openknowledge.worldbank.org (a la page 37).

  6. eric

    Meme si il a fait l’aparteid ,bagaza a construit et il a bien fait de isoler l’eglise catholique .
    mais c’est prseque absolument impossible de s’isoler de cette eglise
    cette eglise control le mode meme les arabes et les chinois,l’eglise catholic a tout infiltre et il est la base de la globalisation que nous voyons,la creation de l’onu, la promotion des droits de l’homme vient de voltaire qui etait jesuite,albert pike et bcp de ONG qui ont creer tous ce que nosu voyons maintenant

    Si vous connaissez l’anglais et suivez attentivement ces videos pour comprende comment l’eglise catholic meme bcp de pretres africaines ne sont pas consciente de cela.
    judgez vous meme mais il ya bcp de verite
    en conclusion , comme bagaza il est impossible que un president reste au pouvoir sans l’accord de l’eglise catholic a moins que Dieu vous protege.

    https://www.youtube.com/watch?v=J5THWJdAjUM

    https://www.youtube.com/watch?v=MX0GtdVQ26E

    https://www.youtube.com/watch?v=WJupxv9EiOY

    https://www.youtube.com/watch?v=fSNU-jlHkDs

  7. Jean-Pierre Ayuhu

    Ma voix va être discordante s’agissant des réalisations de feu Bagaza.
    Toutes mes condoléances à sa famille et à ses amis. S’agissant de ses réalisations, des routes ont été construites ici et là et particulièrement les axes qui desservaient le sud dont Bujumbura -Jenda-Matana-Rutovu. Des barrages hydro-électrique sur la Rwegura mais dont les cables passaient au dessus des habitations du coin pour aller éclairer ailleurs etc…
    Et puis il y a des folies de sa part de détruire l’enseignement en transformant les Ecoles Normales en EFI sauf celles de Bururi. Et enfin il y a « la Bururisation  » du pays, où tout dirigeant, y compris le chef de zone, devait être de Bururi.
    Enfin et pour ne citer que cela, il a été soi-disant président du conseil de guerre pour juger une ethnie coupable d’avoir d’avoir été ce qu’elle était c’est-à-dire Hutu en 1972 et de poursuivre cette haine en limitant au fils des victimes, l’accès à la formation, à travers les fameux « u » et « i » afin de mieux identifier qui est Hutu et Tutsi!
    Il part avec une dette mais que Dieu lui pardonne!
    Qu’il repose. En tant que fils d’une victime, je le pardonne!

    • Leopold Hakizimana

      Je suis d’accord avec toi

    • Callixte

      Lis bien sa biographie, il n’était pas au Burundi en 72. On met toujours l’électricité dans les centres urbains d’abord, avant d’aller dans les villages. Les centres urbains, parlons-en, car c’est lui l’homme qui les a inventé. Les SRDI, COTEBU, VERRUNDI, BNDE, BCB, BANCOBU, CADEBU, AMSAR, Quartiers Asiatique, Kinindo, Mutanga, Kiriri, Musaga et Industriel. Enfin, et non le moindre, l’ISCAM, c’est lui.

      • Bakari

        @Callixte
        « et non le moindre, l’ISCAM, c’est lui. »
        L’Iscam a été monoéthnique de sa naissance jusque quand encore? Je me rappelle de l’anecdote de ce garçon téméraire qui veut une inscription à l’Iscam et à qui les anciens posent une question: nous, nous sommes là pour apprendre à mâter les hutus; et toi?

    • In God we trust, others bring data.

      Très Cher Ayubu,
      Je pense que tu n’est pas bien informé. Combien d’écoles normales y avait-il à Bururi du temps de la création des EFI? Et combien d’entre elles sont elles devenues des EFI? J’attends les chiffres.

  8. RUGAMBA RUTAGANZWA

    Un bâtisseur, un visionnaire au vrai sens du terme avec un charisme, un leadership politique et un sens de l’Etat très pousses. Je me souviens des slogans que nous répétitions en chœur chaque fois qu’il venait nous rendre visite dans les écoles secondaires ou à l’université : ‘’Vyose bizova mu maboko yacu’’ tout viendra de notre travail si j’essaie de traduire littéralement. Il voyait loin et comptait beaucoup sur les ressources humaines de qualité, la compétence et l’expertise nationales pour aller de l’avant. N’avait-il pas l’habitude de répéter, à qui voulait l’entendre, que la plus grande richesse naturelle d’un pays ce ne sont pas les puits de pétrole, le diamant ou l’or mais plutôt la qualité de ses ressources humaines ? Il avait totalement raison hélas surtout quand on voit ce qui se passe au Burundi depuis une dizaine d’années qui ont fait de notre pays la nation la plus pauvre du monde avec un PIB de 315 dollars par tête d’habitant en 2015 http://www.journaldunet.com/economie/magazine/1164746-pays-pauvres/

  9. BURKA

    Il n’est pas le seul à demander à travailler gratuitement dans ce pays, sans la moindre chance d’être compris. Feu Nibigira l’a demandé pour le Ministère des Finances; un ami a demandé de travailler deux jours gratuitement à la Police nationale pour relever certains défis, il n’ a pas été compris, et voilà…..C’est comme si toute la société se crétinise, il y a un enfermement terrible. Nombreux sont les Burundais qui voudraient apporter une pierre à l’édifice, mais le pouvoir gonfle ses muscles: il faut être d’abord DD, et puis le reste va de soit. or tout le monde dans ce pays ne peut pas être DD, surtout qu’il ne s’agit que d’une formation politique faite de toutes pièces, sans idéologie, sauf celle de la haine!

    • Mariya Budangwa

      @ Burka

      Avant les DD qu’est ce qui vous a empêché de montrer ce que vous étiez capable de faire? Il me semble que vous avez eu assez de temps depuis l’indépendance pour montrer votre capacité de faire les choses. Laissez tranquille les DD donnez leur du temps comme vous l’avez eu et on fera la comparaison. Merci!!!!!

      • Stan Siyomana

        @Mariya Budangwa: « Laissez tranquille les DD donnez leur du temps… »
        Il faut quand meme reconnaitre que le parti CNDD-FDD est au pouvoir PENDANT ONZE ANS (2005-2016), tout comme le dictateur Colonel President Jean-Baptiste Bagaza (reste au pouvoir de1976 a 1987).
        Malheureusement, si l’on essayait de comparer les realisations des deux regimes dans le domaine des infrastructures, l’on serait TOTALEMENT DECU/C’EST VRAIMENT SCANDALEUX de lire aujourd’hui des nouvelles du genre:
        « Le barrage de Kajeke, 12 milliards de FrBu coules a l’eau » (www.isanganiro.org, 8 mai 2016).
        Vous voulez donc que le citoyen burundais lambda patiente encore plus pour ce qui est du developpement durable et inclusif au Burundi COMME SI LE PARTI AU POUVOIR AVAIT ENCORE BESOIN DE QUELQUES (AUTRES?) ANNEES D' »APPRENTISSAGE ».

        • Uwakera

          Sha Stan, sinzi iyo uba. Tu veux vraiment comparer les réalisations des deux régimes? Tu es vraiment déçu? Oui, peut-être parce que tu avais déjà tout ce que le reste du peuple n’a pu avoir que sous le régime DD. Je sais par exemple qu’il n’y a même pas deux ans que ma commune natale a eu du courant électrique et qu’elle est maintenant joignable sur du goudron de haute qualité…. Bah, peut-être que Bagaza ne savait pas où se situait ma commune….

Publicité