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Agriculture

Le santal : une aubaine naturelle qui ne profite pas à la population à Kirundo

25-12-2013

Un arbuste qui pousse sur les terres non encore défrichées fait rêver les administratifs d’un avenir meilleur pour les populations. Mais de là à pavoiser, il y a encore un pas.

Des souches du santal ©Iwacu

Des souches du santal ©Iwacu

La cour du commissariat provincial de la police à Kirundo. Des amas de souches de bois parmi de hautes herbes. Diomède Manariyo, responsable de l’Institut National de l’Environnement et la Conservation de la Nature (INECN) en province Kirundo explique : « C’est environ 200 tonnes de souches du bois de santal. La police en collaboration étroite avec nos services les ont saisies au moment où elles allaient être exportées en Ouganda et en Tanzanie ». Interrogé sur ce que les autorités provinciales feront des quantités saisies, il répond : «  Très bientôt, une usine de prétraitement de cet arbuste sera installée dans notre pays. »

Si l’on en croit ce responsable et l’indien Vick Lyn qui compte implanter l’usine, les communes Bugabira, Busoni, Ntega et Kirundo regorgent de quantités assez suffisantes de bois de santal pour être exploitées pendant 15 ans à raison de 40 tonnes par mois. Selon M. Manariyo, des études de rentabilité ont été déjà menées et deux ateliers de validation déjà tenus.

Quelle plus-value pour la population ?

« A genoux à cause de la pauvreté, la population brade les souches déterrées à la faveur de la nuit entre 150 et 300FBu le kilo », explique le chef de poste de la police au chef-lieu communal Bugabira. Le responsable de l’INECN renchérit : « Une souche de 50 kg peut être bradée à 1500Fbu ». Les paysans rencontrés à Kigoma en commune Bugabira disent qu’avec le bois de santal, il n’y a pas de plus-value. Une fois brûlé, il sent très mauvais, raison pour laquelle s’ils parviennent à le vendre, même à un prix dérisoire, c’est une bonne affaire.

Diomède Manariyo, de l'INECN : "Très bientôt, une usine de prétraitement du bois de santal sera implantée dans notre pays"©Iwacu

Diomède Manariyo, de l’INECN : « Très bientôt, une usine de prétraitement du bois de santal sera implantée dans notre pays »©Iwacu

Par ailleurs, le doute est permis sur la quantité de matière première que peut offrir la province Kirundo. En commune de Bugabira par exemple, cet arbuste est clairsemé à travers des bosquets d’autres arbustes non moins sauvages. Pire, il ne se régénère pas très rapidement. « 15 ans au moins pour que l’arbre régénéré soit exploitable », explique le responsable de l’INECN.
L’Indien, qui compte installer une usine de prétraitement, ne veut pas s’exprimer sur les prix à l’achat et à l’exportation. Il se contente de dire que la population et le fisc burundais y trouveront une certaine plus-value. Toutefois, bien des personnes contactées avancent un prix équivalent à 3000Fbu par kilo sur le marché de Kampala.
Le bois du santal est utilisé dans l’industrie du parfum et dans la fabrication des colliers. Les produits issus de cette espèce sont très chers. L’exploitation et le commerce de cette essence rare sont régis par des conventions internationales.

  6   Vos commentaires
  1. Innocent

    pourquoi les indiens! ! je m’interroge si on ne peut pas approcher les européens qui ont des usines très avancées en parfumerie! ces asiatiques se présentent toujours comme experts dans des investissements sans issues!voir les whisky en sachet par exemple!pourquoi pas un investisseur européen qui implanterait une usine qui va exporter le produit fini provenant de cette arbuste! en plus de la qualité du produit burundais, hari abarundi bazoronka akazi et l’économie burundaise en général qui va en profiter!les responsables devraient pointer plus loin!!!

  2. Latif

    « En parfumerie, le santal est utilisé comme note de fond, excellent fixateur qui permet de capturer les arômes de tête des autres huiles essentielles.
    L’huile essentielle de santal qu’on en tire atteint des prix de 1 000 à 1 500 dollars par kilogramme. Le commerce de ces huiles est considéré par certains pays comme représentant un risque écologique, dans la mesure où il encourage l’exploitation de ces arbres. »
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Santal

  3. Komera

    Nous devrions ouvrir les yeux. Pourquoi toujours raisoner en terme d´exploitation des produits nos transformés? Que cet indien construise une usine de parfums au Burundi et importe les autres matières premières constituant ces parfums.

    On devrait consulter les autres intéréssés et organiser les enchères s´il le faut. Quand est ce qu´on n´arrêtera de piller ce pays et encourager des bandes de criminels économiques?

    • Vuvuzela

      Uti c’est tout ou rien?

    • kaminuza

      Komera, j’apprécie et me permet de réécrire ton message pour bâtir sur ta contribution:

      « Nous devrions ouvrir les yeux des hommes d’affaires burundais. Pourquoi toujours raisonner en termes d’attente d’investisseurs étrangers pour l’exploitation de nos produits non transformés? Que les burundais eux-mêmes construisent une usine de parfums au Burundi et importe les autres matières premières constituant ces parfums.

      Les investisseurs burundais devraient consulter les autres partenaires intéressés et organiser les appel à contribution financières s´il le faut. Quand est ce que nous, burundais, on n’arrêtera de piller ce pays et apprendre à faire des affaires ensemble, monter des sociétés ensemble, se réseauter et investir dans nos propres atouts économiques? »

    • borntomakelovenotwar

      Bonne idée ! Et je suis sûr qu’il y en a qui cachent encore de l’argent. Même s’ils nous l’auraient volé, qu’ils investissent quand même, là peut-être qu’un petit salaire pourrait nous revenir.

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