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Justice

Ruyigi : le parquet requiert la perpétuité pour les présumés assassins de Divine Kaneza

25-09-2013

Les deux présumés meurtriers de l’adolescente de 18 ans ont comparu en audience publique ce mardi 24 septembre 2013, au Tribunal de Grande Instance de Ruyigi (TGI). Le parquet a requis la perpétuité pour les prévenus. Les habitants de Ruyigi étaient venus en grand nombre pour suivre ce procès.

Après l'audience, les prévenus sont hués par la population ©Iwacu

Après l’audience, les prévenus sont hués par la population ©Iwacu

A 10 heures du matin, devant la salle d’audience, une foule importante attend l’arrivée des prévenus, Omar Razak et Mathieu Niyonzima. Certains sont là depuis 7 heures du matin. A leur arrivée, des huées s’élèvent au sein de cette population venue assister au procès. Des murmures fusent. Les badauds s’interrogent entre eux : «C’est qui Omar?» Les deux hommes sont accusés d’avoir assassiné Divine Kaneza.
La jeune fille du quartier Gasanda dans la ville de Ruyigi a été retrouvée morte, poignardée et criblée de balles, dans la matinée du 16 août 2013 à 1 Km du chef-lieu de la province Ruyigi.

La Cour s’installe aux environs de 11 heures. La petite salle du Tribunal de Résidence de Ruyigi (le TGI est en rénovation) est archicomble. Difficile de respirer car les gens sont entassés les uns sur les autres. Certains sont debout dans la salle, d’autres sont agrippés aux fenêtres. A l’extérieur, la population suit le procès grâce aux appareils de sonorisation installés à cet effet. Certains fonctionnaires ont même déserté leurs postes. Le meurtre de cette jeune fille avait suscité beaucoup d’émotions dans la ville de Ruyigi.

Les deux présumés coupables plaident non coupables. Prenant la parole, le représentant du ministère public accuse les deux hommes de meurtre avec préméditation. Pour étayer ces accusations, le substitut du procureur produit beaucoup de preuves. Entre autres, des coups de téléphone échangés entre les prévenus et la victime le jour de sa mort. Il commence avec Mathieu Niyonzima. Le parquet indique que ce policier a téléphoné six fois la victime. Le dernier appel a été fait à 18h 42 minutes. Et d’après les parents et les proches de Divine Kaneza, cette jeune fille a quitté le domicile familial à cette heure après avoir reçu un appel. Une autre preuve accuse ce policier : sa femme était en possession du téléphone portable de la victime. Cette dernière fait savoir que c’est son mari qui le lui a donné le matin du 16 août 2013, c’est-à-dire le jour même où le cadavre de Divine Kaneza a été découvert.

De plus, la nuit du meurtre, Mathieu Niyonzima n’a pas dormi au camp et il n’avait rien signalé à ses supérieurs. Ce que confirme un policier avec qui il partage la chambre. Le parquet fait aussi remarquer que le lundi 19 août, le prévenu était en train de nettoyer son fusil qui sentait la poudre d’après ses compagnons d’armes : «Il s’est donné la peine d’aller acheter de l’huile destiné à cet effet car le commissariat n’en dispose pas», indique le substitut. Il souligne aussi que d’après les autres policiers, la baïonnette de Mathieu Niyonzima sentait le sang. «En plus, deux chargeurs de ce policier étaient remplis de cartouches mais dans le troisième, il en manquait cinq.» D’après le substitut du procureur, ce sont les cinq balles retrouvées dans le corps de Divine Kaneza. Le prévenu réfute toutes ces accusations et indique que ce sont des magouilles concoctées par ses ennemis.

Une grossesse serait à l’origine de ce meurtre

Pour Omar Razak, qui est censé être le commanditaire, les preuves du parquet étaient aussi basées sur des coups de téléphone. Entre le 13 et 15 août, le numéro d’Omar Razak revient sans cesse sur la liste des appels reçus par la victime. 26 fois en tout. Omar Razak a aussi beaucoup communiqué, le jour du meurtre, avec Mathieu Niyonzima. Les appels qui ont le plus intrigué la Cour sont celui fait par Omar Razak à 23 heures 40 minutes et celui du policier à 4 heures 40 minutes, le 16 août.

D’après les enquêtes, précise le substitut, Divine Kaneza était enceinte d’Omar Razak et ce dernier voulait que la jeune fille avorte : «Elle a refusé et les deux hommes ont planifié son assassinat.»
Omar Razak, lui aussi, nie tout. Il fait savoir qu’il n’avait pas aucune relation avec la victime. Toutefois, il reconnaît que Divine Kaneza était une copine de son ami parti en Europe.
Avec des larmes aux yeux, le père de la jeune fille (Pascal Nyandwi) a demandé à la Cour de punir sévèrement les assassins de son enfant et a demandé une indemnisation de 98 millions de Fbu. Dans son réquisitoire, le substitut du procureur a requis la perpétuité pour les deux hommes. Le procès a été mis en délibéré jusqu’au 24 octobre 2013.

  2   Vos commentaires
  1. MWICARO GRATIEN

    bravo au tribunal de ma province ;que ce procès soit un exemple pour les autres tribunaux .L’intolérance aux crimes devrait etre le principe de nos tribunaux

  2. mckay

    C’est dommage! cette province autrefois réputée pour une bonne cohabitation, la voici en tête de la liste de la criminalité! je profite de l’occasion pour féliciter le Tribunal de résidence de Ruyigi, aumoins ntiyaciye ugwangondagonde!

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