Droits Humains

Ruyigi : la Tanzanie refoule encore les Burundais

15-09-2013

Ils sont plus de 400 au chef-lieu de la commune Gisuru. Depuis lundi 9 septembre 2013, des véhicules de la police tanzanienne ne cessent d’amener de nouveaux refoulés burundais. Ils demandent l’aide des bienfaiteurs car ils y ont laissé tous leurs biens.

Les refoulés Burundais en train de préparer leurs derniers kilos de riz ©Iwacu

Les refoulés Burundais en train de préparer leurs derniers kilos de riz ©Iwacu

Dans une salle mise à leur disposition par la commune Gisuru, ils sont plus de 200 refoulés Burundais à s’y entasser. Les enfants sont en train de jouer tandis que certains adultes dorment. A même le ciment. A l’extérieur de la salle, les autres discutent entre eux. Les nouveaux venus sont bombardés de questions. Les «anciens» demandent les nouvelles de leurs familles restées en Tanzanie. Parmi tous ces Burundais refoulés de la Tanzanie, nombreux sont ceux qui sont sans référence. Ils ne connaissent pas leurs provinces d’origine car beaucoup sont nés en Tanzanie. Les autres sont originaires des provinces de Rutana, Cankuzo, Muyinga, Karuzi et même Cibitoke.

La semaine dernière, il y avait seulement 22 refoulés au chef-lieu de la commune Gisuru. Mais depuis ce lundi 9 septembre 2013, ils continuent d’affluer. Amenés par des véhicules de la police tanzanienne. Lundi dernier, les autorités communales ont accueilli 117 ménages constitués de 213 personnes. Le lendemain, 84 ménages (212 personnes) sont arrivés de Tanzanie. Entre temps, l’ancien site de transit de Kabuyenge en commune Gisuru héberge 33 ménages de 114 individus. L’administrateur de la commune Kinyinya, Gaston Gashirahamwe, indique que 115 familles sont déjà arrivées dans sa commune. Toutefois, à Gisuru comme à Kinyinya, les autorités assurent que les chiffres de ceux qui se sont rendus directement sur leurs collines d’origine sont plus importants.

Chassés sans ménagement …

Tous ces Burundais affirment avoir vécu des mésaventures plus tragiques les unes que les autres : dépouillement, passage à tabac, blessures à la machette, des mères séparées de leurs enfants, des familles déchirées, des ménages détruits. Pire encore, certains y ont même laissé la vie. Joséphine Nduwimana est arrivée à Gisuru il y a deux semaines. Elle et son mari, Joseph Mutabazi, vivaient depuis 30 ans à Gasuga dans le district de Kibondo. Quand les policiers tanzaniens accompagnés des Wanamugambo (milice), son mari a refusé de partir sans ses 8 enfants : «Ils lui ont tiré une flèche dans les oreilles et il est mort sur le champ.» Témoins du meurtre de leur père, tous ces enfants se sont enfuis. Cette maman est rentrée avec son petit garçon de 5 ans. Elle ne sait pas où sont les autres. La famille avait 26 vaches, toutes ont été réquisitionnées par ces mêmes policiers. Aujourd’hui, Joséphine Nduwimana n’a même pas un seul vêtement de rechange.

Sylvie Hatungimana, quant à elle, avait un époux tanzanien. Elle est tombée sur des policiers en se rendant chez elle. Sans aucune autre forme de procès, elle a été conduite à la frontière en laissant en Tanzanie son enfant de 5 ans. Patrice Misago (39 ans) et les siens ont vécu d’horribles cauchemars. Il a décidé de venir au Burundi en entendant la décision du président Kikwete d’expulser tous les Burundais et les Rwandais. Arrivés à Kigoma (Tanzanie), des hommes en uniformes de police leur ont pris tous les vêtements ainsi que 2 millions de shillings tanzaniens qu’ils avaient économisés. Affamés, sans argent, à bout de force, démunis plus que jamais, le retour au pays natal a été très pénible.

Ne plus retourner en Tanzanie

La plupart de ces refoulés n’ont pas envie de retourner en Tanzanie. «Avec ce que j’ai vécu là-bas, je n’ai pas envie d’y retourner», déclare Joséphine Nduwimana avec un regard lointain. Elle demande aux autorités burundaises de la conduire sur la colline d’origine de son mari : «J’avais entendu qu’il venait de Karuzi.» Le cas de Patrice Misago et d’autres refoulés, encore plus nombreux, est complexe.
Nés en Tanzanie, ils ne savent pas d’où sont venus leurs parents. Le gouverneur de la province Ruyigi, Cyriaque Nshimirimana, fait savoir qu’ils sont en train de chercher du carburant pour transporter certains dans leurs provinces d’origine. Pour les sans référence, il préconise de les mettre dans des villages de paix.

Entretemps, ces refoulés n’ont pas de quoi manger. La commune et les autorités provinciales essaient de distribuer quelques kilos de riz mais c’est insuffisant. «Nous n’avons pas les moyens de nourrir tout ce monde d’autant plus qu’ils continuent d’arriver», précise Egide Ndikuriyo, administrateur de la commune Gisuru. Pour lui, une intervention des bienfaiteurs ne serait pas de trop. Certains habitants de la commune mettent en garde les autorités sanitaires sur les conditions d’hygiène qui risquent de se détériorer.

  20   Vos commentaires
  1. Karikunzira

    iwacu ne fonctionne plus encore

  2. Karikunzira

    komantaire

  3. Karikunzira

    vyarahindutse

  4. Karikunzira

    pas question nimuze twese dukorane twiwtarire ico gihugu ca tanzaniya catandukanije abavyeyi n’ibibondo muri onu. IBINTU impunzi zirondereye navyo babibasubize. None abo banyamigambwr bincabwenge bariko bakora iki ? Bgenda gusansibiliza gusa abadafise ingorane , bazima bonyenye. Gira ico mukoze kuri abo banyetanzaniya niho tuzobemera.

  5. Karikunzira

    Commentaire ko mbona zitapassa

  6. B.O.B

    Le gouvernement nyayo izoza kandi ibintu nkibi ntibizokwijana!!

  7. ndayikeze

    Sha kagame ndamwemera pe numugabo uravye ukuntu yateye ubwoba tanzaniya kugeza ubwo kikwete yisabira uwobahuza na kagame….ndabizi iyo hataba abazungu kagame yari kuba yarateye tanzania …..none tabzaniya yagize ubwoba yasavye sadc ngo izobatabare kagame niyabatera, …..tweho ngaha nakamuzwe ningoma ni cwe kimwe na Uganda nayo kubagande burukanwa

  8. Wa Buha

    Si il existe un voisin president soutenant le president Nkurunziza, et bein il s’appelle KIKWETE, donc Nkurunziza ne peut pas du tout detruire cette amitie combien importante a s asurvie. Micombero et Bagaza avaient fait d’ailleurs la meme chose. En 1972/3, l’armee burundaise aurait ose traverser la frontiere en poursuivant les rebelles-burundais. Les excuses de Micombero a Nyerere avaient eu lieu. Poursuivant les rebelles cndd-fdd (qui avaient une base a l’interieur de la TZ), Le General Niyoyankana avait franchi la frontiere; la reaction musclee de Buyoya sera opposee par le haut commandement des FAB, sinon….. Les TZ considerent le Burundi comme un petit territoire d’une de leur petite province. Ca ne va pas changer sous Nkurunziza.

  9. Kabizi ivyo uvuze iyo bigushikira ntuba uriko uririmba uko. Ego kurungika Abarundi, none wewe nimba waraciye mw’Ishure haraho woba uzi Itegeko ritandukanya les Maries quoi qu’I’ll en soit. None abo ba Refugees ubu niho Tanzania ikibona ko bari illegal, none wewe kuvuga ko Tanzania ataco uyibaza Capital batanguje n’imitahe yabahaye, Tanzania is coward full of fear. Biragaragara Tanzania nta Law izi. Mwihangane bene wacu Imana irababona.

  10. Kabizi

    Tanzania nta kosa ifise sauf iryo gukoresha Imbonerakure.
    Nta gihugu na kimwe co kw’isi cemera gutunga abanyamahanga badakwije ivya ngombwa.
    benewacu ni baze hanyuma bafashwe.
    Ntimwihutire kubinjiza mu Mugambwe ariko mubanze mubahe utwo bafungura n’aho baryama.
    Mukomere.

  11. Mouton

    Moi je n ai pas été choqué par la Tanzanie qui n a jamais eu de respect pour les refugies burundais même dans le passé du moins d après les témoignages de mes compatriotes qui ont vécu la bas. Mais quand j ai écouté la pauvre ministre chargée de l EAC j ai eu tout simplement honte d être burundais.
    Une ministre qui prend tout a la légère, qui visiblement ne connait même pas ses attributions, qui fait preuve d une naïveté et d une incompétence déconcertantes et qui répète comme un perroquet les dires de son collègue tanzanien et qui les prend pour la vérité.
    Quand le pays descend inexorablement dans l enfer il faut pas vraiment être très doués pour comprendre pourquoi. C est une conséquence logique. Ibintu ntivyikora. S il ya dans le gouvernement Nkurunziza 2 ou 3 autre cas comme la brave Léontine igihugu kigeze habi cane.
    Mais bon, on aura les dirigeants qu on merite jusqu a ce qu on comprenne que voter ce n est pas du jeu. Celui qui a des oreilles devrait normalement entendre.

  12. Karikunzira

    Ndabasabe ikintu kimwe mwabavuka gihugu mwe. Mumenye ko ari umuhutu canke umututsi ntamuntu numwe adafise mw’incuti muri abo bariko barirukanwa. Kuko twese twamuka kuri adamu na Eva.
    Nimuze tubwire abashinzwe abobantu baze baraturungikira amazina y’abantu bose bahunguka turabemwo abotwomenya abamaraso nabatarabamaraso . Hanyuma dukorerane iyo tuba hose tusabe agafashanyo tugende kugarukira kuri abo bantu. Uwushaka kurahura narahure ntaco azoba agize neza nimba atazoba ari nsumirinda. Imana yomuhezagira.

  13. Karikunzira

    Bareke batahe niho bazomenya ko bategerezwa kugwanira igihugu cacu , bakamenya ko gusembera ari ugusembera nyene abo bageze mumyaka yo kumenya ibintu nibindi baca bamenya ivyarivyo. Kuva aho baribaragiriyeyo bamariyiki uburundi. Ariko ndaguye ndagarutse tanzaniya ntiyabaha uburyo bwo guca ubwenge ngo bamenye ivyo bakora , ntibabaha amashule. Mwebwe rero miuciye ubwenge mwagize ibahati yo kuja mumashule ni mufashe abo bantu bahunguka mubereke ingene bategerezwa kugumya igihugu cabibarutse ngo atagapfuye ntagakira uwo mugani sije nawuciye nibasokuru bawuciye jewe nawusanzeho mumbabarire rero.
    Urumva rero kubera uwo mugani muboneyeho kubigisha mwebwe ncabwenge , mubabwire baje mumashule kandi numutama ajeyo nkuko babigira mubihugu biteye imbere ntihagire uwirirwa yicaye kunkono y’umubindi w’ugwagwa canke ngo yirirwe y’icaye kwibararara . Niyicare yigigisha umwana wiwe yigisha inyigishi mwabahaye mwebwe nca bwenge ariko ntimwigishe kwicana kuko nibintu bigayitse twahariye ivomo. Mais biratandukanye nukwikurako agasuzuguro.
    Barundi barundikazi rero muciye ubwenge abari hanze y’ibihugu nabari mugihugu nimuve hasi tukorane twese dusabire imfashanyo abo bantu birukanywe tubafashe barabe ingene botera imbere bongere bateze imbere urwaruka rwabo arirwo genération future.
    Murakoze. Bari bankupiyeko ntari bwaheze kwandika.

  14. Karikunzira

    Bareke batahe niho bazomenya ko bategerezwa kugwanira igihugu cacu , bakamenya ko gusembera ari ugusembera nyene abo bageze mumyaka yo kumenya ibintu nibindi baca bamenya ivyarivyo. Kuva aho baribaragiriyeyo bamariyiki uburundi. Ariko ndaguye ndagarutse tanzaniya ntiyabaha uburyo bwo guca ubwenge ngo bamenye ivyo bakora , ntibabaha amashule. Mwebwe rero miuciye ubwenge mwagize ibahati yo kuja mumashule ni mufashe abo bantu bub

  15. RUGAMBA RUTAGANZWA

    Une honte sous-région ale, purement et simplement..! Ce grand pays marxisant dans un passé récent, piétine purement et simplement les droits des Burundais et des Rwandais, en les chassant sans façon, en les séparant de leurs femmes et enfants, en les dépouillant surtout de leurs biens avant de les embarquer dans des camions comme des bêtes sauvages…! Malheureusement pour nous, si la riposte de Kigali a été plus que sérieuse (boycott du Port de Dar-es-Salaam au profit de celui de Mombasa, pression sur la EAC pour que le Siège d’Arusha soit un siège tournant, riposte forte aussi dans les médias tant rwandais qu’internationaux etc…, côté burundais, si ce n’est pas le silence radio, ce sont des sorties médiatiques pour appuyer ce que fait la Tanzanie…
    Tout ceci nous rappelle que nous n’avons que des responsables amateurs, qui, n’ayons pas peur des mots, ne comprennent rien à leur missions de défendre leur pays et ses ressortissants….! Le ridicule ne tue pas les DD…!

  16. Alain

    Ne vous enquietez pas cher burundais et rwandais,amazi yabo ari kuziko,on va les montrer de quoi on est capable!

  17. Lambert

    Aba Tanzania bafite ubugome buvanze n’ubucucu aho birukana abantu bakabatandukanya n’abo bashakanye, bagasahura imitungo y’abarundi n’abanyarwanda, bari bageze aho birukana n’abatanzania ngo basa n’abanyarwanda, ejo mu Rwanda hari aba Tanzania 76 basubiye muli Tanzania nyuma y’induru nyinshi berekana ko ari aba Tanzania ariko u Burundi n’u Rwanda bari bakwiye nabo gufata ibyemezo bikaze bafatira Tanzanie nko mu rwego rw’ubukungu tukabereka ko ntawudakenera undi.Mu Rwanda ejo bundi bakoze akantu Tanzania bituma ibona ko ariyo ihomba yicisha bugufi, bashizeho ko I Camion yo muli Tanzanie iciye mu Rwanda izajya yishura 500$ bari basanzwe bishura 152$, Tanzanie ibona ko bikomeye ihita yemera kugabanya amahera ama camions yo mu Rwanda yishura nayo iyavana kuli 500$ iyashira kuli 152$, kuko mu Rwanda haca plus de 200 camions Tanzaniens ziza mu Rwanda cg zigiye i Bukavu n’i Goma kandi twebwe hinjira muli TZ nka 20 camions par jour.

  18. Barekebavuge

    La Tanzanie a répondu aux appels répétés du gouvernement Nkurunziza pour rapatrier tous « ses compatriotes » car le pays qu’il dirige coule du lait et du miel. Mais quand il faut les accueillir en frères, Nkurunziza et ses collabos fuient la capitale pour se replier dans les avocatiers.
    Quant à cette Excellente femme ministre chargée de l’EAC, je parie qu’elle ne sait rien de la géostratégie politique. Elle a parlé pour juste nous rappeler que le Burundi peut être dirigé par des aventuriers : le kirundi n’est plus un problème. Mais elle n’est pas la seule. Le consul du Burundi à KIGOMA est un certain Ndayikengurukiye Jean Bosco, qui parle correctement le Kirundi. Que fait-il? Chercher son gagne pain et faire allégeance à un parti …

  19. mugumyabanga

    Je vous invite à écouter La fameuse Ministre en charge de l EAC dans kabizi du 12 ou 13 de ce mois. J ai eu des larmes aux yeux en l écoutant affirmer sans vergogne que la Tanzanie a raison d expulser les Burundais car ceux ci n ont pas de papiers! Et que personne n a été ni frappé, ni tué! Là, même Kaburungu et Elie Muhevyi les grands défenseurs du CNDD-FDD se sont révoltés contre le sadisme de cette jeune ministre, de moins d unetrentaine d âge qui, comme l ombudsman, parler difficillement le Kirundi! Mais qu est ce qui arrive à notre chère Patrie? Des ambassadeurs étrangers pour représenter le Burundi à l Étranger, des ministres et des directeurs généraux (Onatel, Régideso) qui ne parlent pas Kirundi, où allons-nous? Si quels un veut prolonger cette situation catastrophique cinq ans de plus, je pense qu il est tout simplement désconnecté de ka réalité.

  20. Muhe..

    L’arrogance Tanzanien est sans precedant..on dirait comme les Congolais d’avant la guerre des Banyamulenge..pure violation des droit de l’homme

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