Société

Rumonge : rapatriées d’Oman et d’Arabie Saoudite in extremis

03/02/2017 Félix Nzorubonanya 2

Deux femmes du quartier Swahili à Rumonge victimes de traite et de trafic humain ont été rapatriées d’Arabie Saoudite et d’Oman au début de ce mois de janvier. Elles présentent des troubles psychologiques qui nécessitent une prise en charge.

« J’ai été sauvée par la police après avoir entendu mes cris de l’extérieur»
« J’ai été sauvée par la police après avoir entendu mes cris de
l’extérieur»

Parties en Arabie Saoudite et à Oman depuis plus d’une année ’’à la recherche du travail’’ dans ces deux pays, ces femmes ont pu tromper la vigilance de leurs patrons et ont été rapatriées grâce à l’intervention de la police.

La première femme a indiqué que dès son arrivée en Arabie Saoudite, son patron a directement confisqué son passeport, elle était maltraitée où elle était chargée d’assurer la propreté dans un immeuble de trois niveaux sans salaire.

Elle poursuit son récit : «La situation est devenue de plus en plus insupportable et un bon matin je me suis postée à côté d’une fenêtre et j’ai commencé à crier au secours car je ne pouvais pas communiquer avec qui que ce soit à cause du problème de langue».

Heureusement des policiers qui passaient ont entendu ses cris ont pu pénétrer à l’intérieur de l’immeuble. «C’est par des gestes que j’ai pu communiquer avec ces agents et c’est ainsi que j’ai pu récupérer mon passeport. C’est la police qui s’est chargée de mon rapatriement vers le Burundi», raconte cette jeune dame.

«Sauvée par un Congolais»

La deuxième femme qui était à Oman raconte qu’elle doit son salut à un ressortissant congolais qui a entendu des cris demandant de l’aide en Kirundi à partir d’une chambre où elle était enfermée par sa patronne.
«Ce bon Samaritain qui a vécu au Burundi comprenait un peu le Kirundi, c’est lui qui a alerté la police. L’intervention a été rapide et c’est ainsi que j’ai été libérée». Cette femme a été par après rapatriée sur le Burundi.

Toutes ces femmes dénoncent un réseau de trafiquants qui recrutent des candidates à ce trafic humain. Elles demandent à la police de mener des investigations afin de traquer et d’arrêter ces malfaiteurs pour protéger la société.

Profitant de la situation précaire de certaines familles, ces trafiquants continuent à sévir, en manipulant des gens et en leur promettant du ‘’travail à l’extérieur du Burundi’’.

«Elles sont un peu dérangées»

Les familles de ces deux femmes indiquent que compte tenu des traumatismes et des sévices qu’elles ont reçus, ces femmes présentent des troubles psychologiques. Cela nécessite une prise en charge spéciale. Ces familles demandent aux bienfaiteurs d’assister ces victimes qui sont pour le moment déprimées. «Il y va de leur réinsertion sociale», plaident-elles.

«Le ministère public devrait se mobiliser pour lutter contre ce mal»
Prime Mbarubukeye, président de l’organisation nationale de lutte contre la criminalité transnationale « ONLCT, Où est ton frère? », appelle la police, les parquets et l’administration du territoire à mettre dans leurs priorités la lutte contre la traite et le trafic humain. «Ce phénomène prend de plus en plus de l’ampleur au Burundi, aucune province n’est épargnée par ce mal», alerte-t-il.

«Les officiers de police judiciaire, les magistrats du ministère public doivent être formés pour mieux enquêter et instruire des dossiers en rapport avec la traite et le trafic humain », souhaite-t-il.

Les défenseurs des droits de l’Homme indiquent que les trafiquants injectent beaucoup de moyens dans ce trafic. Comme conséquence : beaucoup de présumés trafiquants arrêtés sont vite libérés et très peu de dossiers arrivent devant les tribunaux.

Forum des lecteurs d'Iwacu

2 réactions
  1. pago

    C’est vraiment dommage tout ça Dommage!

  2. Marie claire

    Il est vraiment impértif que ces victimes puissent avoir des psychologues pour les traiter mais aussi une aide financière pour se réintegrer dans la societe . J’ose esperer que ces victimes ne seront pas marginalisées.

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