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Éducation

Rose Gahiru, ministre de l’Enseignement de base et secondaire : « L’arrêt du travail n’est pas la solution »

Les ministères de l’Enseignement de base et secondaire et de la Fonction publique persistent et signent : « La grève déclenchée par les syndicats des enseignants est illégale ».

La ministre de l'Enseignement de base et secondaire, Mme Rose Gahiru ©Iwacu

La ministre de l’Enseignement de base et secondaire, Mme Rose Gahiru ©Iwacu

Comment avez-vous accueilli la reprise de la grève des enseignants ?

Nous avons été surpris parce que le rapport de l’atelier de Rumonge entre les syndicalistes et la ministre de la Fonction publique nous est parvenu il y a moins de 30 jours. Le document de plus de 150 pages était encore sous analyse quand nous avons appris qu’ils déclenchaient le mouvement de grève. Il y a une mauvaise foi de la part des enseignants parce qu’ils ont choisi de grever à la fin de l’année scolaire.

Comment qualifiez-vous donc cette grève?

D’illégale. Nulle part dans la loi n’est mentionnée qu’on peut reprendre la grève sur base d’un préavis qui a été suspendu. A notre connaissance, à chaque fois que la grève prend fin, on parle de suspension. Sinon, quiconque pourrait avancer un préavis de grève d’il y a dix ans. De plus, un préavis de grève sort une semaine avant, ce qui n’a pas été le cas.

Pourtant, ces syndicats avaient annoncé à la ministre de la Fonction publique que si leurs revendications n’étaient pas analysées au conseil des ministres du 5 au 6 juin, la grève allait reprendre. Aurait-elle menti ?

Pas du tout. C’était une proposition de sa part. Cependant, malgré sa bonne foi et sa bonne volonté, elle ne décide pas seule. L’analyse a été reportée pour des raisons d’une bonne préparation afin de présenter le document à la plénière du conseil des ministres.

Selon les syndicalistes, le gouvernement traîne les pieds pour que leurs revendications ne figurent pas dans le budget de 2014. Qu’en dites-vous ?

C’est une accusation purement et simplement gratuite. L’analyse du budget de 2014 n’a pas encore eu lieu. Enquérez-vous du nombre de dossiers devant le conseil des ministres et du temps que cela prend pour qu’ils soient analysés. S’il s’avère que leur dossier est le seul à prendre autant de temps, alors ils auront raison. On ne peut pas adopter un document sans l’avoir lu surtout lorsqu’il s’agit d’un dossier qui engage beaucoup d’argent.

Que pensez-vous de leurs revendications ?

Tant que l’analyse n’est pas finie, il m’est difficile de dire si leurs revendications sont fondées ou pas. Il faut donner du temps au reste du gouvernement pour voir si ces revendications sont soutenables et tenables.

Jusqu’à quand faudra-t-il attendre la mise en œuvre de la politique d’harmonisation ?

Nous demandons aux enseignants d’être patients. Ce n’est pas un simple document qu’il faut étudier dans la précipitation. La politique d’harmonisation salariale est une politique du gouvernement. Donc, il est conscient qu’il doit mener sa politique jusqu’au bout.

Et si les grévistes n’obtempèrent pas ?

Nous demandons aux éducateurs de regagner le travail dès le 19 juin. Qu’ils ne nous obligent pas à appliquer la loi à la lettre. Le gouvernement ne peut pas payer des enseignants qui ne sont pas au travail. D’ailleurs, nous les considérons comme des déserteurs. De surcroît, puisque la grève des enseignants est illimitée, la Fonction publique ne peut pas commencer à préparer leurs salaires.

Le porte-parole et secrétaire du gouvernement appelle au dialogue au moment où vous préconisez déjà des sanctions. N’est-ce pas une contradiction ?

Nous parlons tous le même langage parce que nous appelons les gens à retourner au travail. Normalement, le gouvernement ne dialogue pas avec des gens déjà en grève. Je l’ai dit et je le redis, les représentants des enseignants doivent expliquer davantage au public et aux enseignants le contenu du rapport au lieu de faire pression sur le gouvernement.

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