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Politique

Requiem pour toutes les victimes de la crise actuelle

«Komezamahoro, devenu le symbole d'une jeunesse sacrifiée»

«Komezamahoro, devenu le symbole d’une jeunesse sacrifiée»

Un collectif d’organisations de jeunes burundais en exil a organisé ce jeudi 5 mai, un rassemblement Place de l’Albertine à Bruxelles pour rendre hommage aux personnes qui ont perdu la vie durant cette année de crise politique au Burundi.

Parmi ces organisations figurent l’association ’’Jeunesse Ubuntu’’ et le ’’Mouvement femmes et filles pour la paix et la sécurité’’. «Par ce recueillement, nous souhaitons rendre hommage aux personnes assassinées depuis le début de la crise politique au Burundi, interpeler le régime burundais pour exiger que cessent les assassinats, les tortures ainsi que les arrestations politiques et les persécutions ethniques», lit-on dans un communiqué de ce collectif d’associations.

Elles interpellent la Communauté internationale pour demander que les pressions se poursuivent pour exiger la protection de la population et le rétablissement de l’Etat de droit au Burundi.

Ces associations rappellent la nécessité d’un dialogue inter-burundais inclusif pour la résolution de la crise. Dans ces pourparlers, plaident-elles, la jeunesse burundaise doit être actrice et non instrumentalisée ou sacrifiée.

Le jeune scout Jean Népomucène Komezamahoro, assassiné le 26 avril 2015, au lendemain de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat, est devenu le symbole de ce recueillement, de la résistance burundaise et le visage d’une jeunesse sacrifiée.

«C’est avec effroi que nous avons appris l’assassinat de ce jeune. Il a été touché par une balle alors qu’il se trouvait à proximité d’une manifestation pacifique contre le troisième mandat. Il avait 15 ans», soulignent ces associations. Ce collectif rappellent qu’il est ’’né la même année que l’Accord d’Arusha’’ et qu’il a été assassiné au moment où cet accord se faisait violer.

Depuis, indique le communiqué de ces organisations, des nouvelles macabres nous parviennent en continu du Burundi. «Des photos de corps mutilés, sans vie, défilent quotidiennement sous nos yeux et ceux du monde entier. Parmi les victimes, des manifestants, de simples passants, des familles tirées de leurs maisons en pleine nuit, des policiers ou encore des militaires ; tous victimes d’une terreur ambiante».

En un an, déplore ce collectif, plusieurs centaines de personnes ont été massacrées dans l’impunité la plus totale, pour la plupart des jeunes qui avaient la vie devant eux… «Le bilan catastrophique de cette crise s’observe également à travers du recul accablant de la liberté d’expression et de la liberté de presse», regrettent ces associations.

Pour ces dernières, les cibles de la répression, qu’elles soient hutues ou tutsies, ont en commun le fait d’avoir contesté le troisième mandat ou d’en avoir été suspectées.

D’après ce collectif d’associations, «le discours ethnicisant du pouvoir et plusieurs attaques ciblées sur des quartiers et personnalités tutsi ont démontré la volonté du régime burundais de transformer cette crise en un conflit ethnique alors qu’elle est avant tout politique».

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