Politique

Référendum constitutionnel – CENI : « L’expérience du 17 mai est la confirmation du possible »

28/05/2018 Felix Haburiyakira Commentaires fermés sur Référendum constitutionnel – CENI : « L’expérience du 17 mai est la confirmation du possible »
Référendum constitutionnel – CENI : « L’expérience du 17 mai est la confirmation du possible »
Pierre Claver Ndayicariye : « L’expérience du 17 mai est l’expression forte d’une volonté politique, la manifestation d’un choix réfléchi et la confirmation du possible.»

Le président de la Ceni a annoncé, lundi 21 mai, les résultats provisoires du référendum constitutionnel du 17 mai dernier. La coalition d’Amizero y’Abarundi dénonce les irrégularités et envisage de porter plainte.

Le « oui » l’emporte à 73, 26%, le « non » récolte 19, 34%, tandis que les voix nulles sont estimées à 4,11%, et les abstentions à 3, 28%, tels sont les résultats provisoires proclamés, lundi 21 mai, par Pierre Claver Ndayicariye, président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Selon lui, les électeurs étaient 4 768 142, avec 3828 centres de vote répartis en 11076 bureaux de vote, dont 11031 en province et 45 dans la diaspora. Le taux de participation est estimé à 96,24%.

Par ailleurs, il fait savoir que 242281 sont des électeurs enrôlés, mais dont les cartes d’électeurs ont été retenues par la Ceni parce qu’ils n’ont pas encore 18 ans pour voter. 12927 inscrits comme électeurs au niveau de la diaspora.
En outre, la proclamation des résultats montre que les provinces de Karusi et Kirundo viennent en tête avec plus de 83% en faveur du « oui » tandis que la province Bururi et la mairie de Bujumbura se classent dernières et enregistrent respectivement 52, 13% et 53,10% pour le« oui ».

Le président de la Ceni a signalé que les résultats de certaines ambassades et consulats principaux ne sont pas encore disponibles. Notamment ceux du Royaume Uni, du Canada et de l’Ethiopie.

Cependant, tient-il à nuancer, les résultats de la diaspora ne peuvent pas influencer ceux du vote de l’intérieur du pays. « Ils représentent 0,27% des électeurs inscrits ».

Les résultats disponibles en provenance de la diaspora révèlent que le « oui » l’emporte sur le « non » sauf au Rwanda où le « non » l’a emporté avec 66,61%.

Signalons que cette proclamation a vu la participation de ministres, députés, quelques missions diplomatiques et consulaires accréditées à Bujumbura, représentants des partis politiques, membres de la coalition d’Amizero y’Abarundi, organisations de la société civile et des confessions religieuses.

La Ceni félicite le gouvernement et les médias

Le président de la Ceni rend hommage au gouvernement burundais qui a pris totalement en charge le budget du référendum. Et de souligner : « L’expérience du 17 mai est l’expression forte d’une volonté politique, la manifestation d’un choix réfléchi et la confirmation du possible ».

Par ailleurs, M. Ndayicariye déclare que les médias ont couvert d’une façon équilibrée la campagne référendaire. «L’expérience des médias est à renforcer pour les prochaines élections ».

M. Ndayicariye a conclu par l’annonce que la Ceni va transmettre sans délai les résultats du référendum à la Cour constitutionnelle en vertu de l’article 77 du Code électoral : «La proclamation officielle des résultats par la Cour constitutionnelle doit intervenir au plus tard le 9ème jour calendrier à partir de celui de leur transmission ».

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Réactions

« Des résultats fantaisistes » Agathon Rwasa, président d’Amizero y’Abarundi, ne cache pas sa déception : « Le processus s’est déroulé dans des conditions les plus abjectes.» Il y a eu, explique-t-il, absence d’indépendance et de transparence. Certains de nos mandataires politiques, poursuit-il, ont été chassés ou empêchés d’entrer dans les bureaux de vote. Des irrégularités notoires, ajoute-t-il, ont été relevées dans la province Rumonge, dans les localités de Gatete et Mutambara, dans la province Kirundo, à l’école fondamentale de Bushaza. « Bref, les résultats sont fantaisistes ». Le député Rwasa envisage de porter plainte à la Cour constitutionnelle pour faire respecter la loi. Interrogé sur sa capacité à dire le droit en toute impartialité, Agathon Rwasa a répondu que « c’est un test pour cette cour. Les résultats nous le prouveront.» « Le combat politique continue» « Il n’y a pas eu de surprise », indique Phénias Nigaba, porte-parole du Frodebu. Les raisons sont multiples. D’abord, explique-t-il, le document a été tenu secret. Ensuite, le référendum a été marqué par des violences et des intimidations envers les militants de l’opposition. Enfin, la communauté régionale et internationale n’a pas dépêché d’observateurs. « C’est un processus non crédible. Un recul de la démocratie ». Par contre, tient-il à préciser, c’est une mission réussie pour le Frodebu. Pour lui, la campagne du « non » a montré qu’il y a des personnes qui sont totalement contre un projet qui enterre l’Accord d’Arusha. M. Nigaba est déterminé et optimiste : « Notre combat politique va continuer pour le respect d’Arusha.» Ce responsable politique explique que son parti va s’appuyer sur la population. « Cette dernière détient la clé du pouvoir ». « Une victoire du peuple burundais » Evariste Ndayishimiye, secrétaire du Cndd-Fdd, se dit satisfait du bon déroulement du référendum. Pour lui, les résultats du référendum ne reflètent pas la victoire du « oui » sur le « non », mais plutôt marquent une victoire pour tout le peuple burundais. C’est une étape, ajoute-t-il, qui marque un tournant décisif où les Burundais viennent de tracer une voie qui leur est propre pour un avenir radieux. Il salut, par ailleurs, la détermination des tenants du « non ». Et de conclure : « Le peuple burundais a fait preuve de maturité politique.» « Une maturité politique et démocratique des Burundais" Même satisfaction du côté de l’Uprona. Selon, Olivier Nkurunziza, secrétaire général de ce parti, les scores montrent une certaine maturité politique et démocratique du peuple burundais. Il fustige les irrégularités soulevées par la coalition d’Amizero y’Abarundi. « Elles ne sont pas de nature à entacher la régularité du scrutin ». Il conseille Agathon Rwasa de respecter le verdict des urnes. Interrogé sur l’absence des observateurs internationaux, M. Nkurunziza indique que leur absence ne peut pas remettre en cause les résultats du scrutin. Il dit que les portes leur étaient ouvertes. Il fait savoir que le processus appartient avant tout aux Burundais.

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