Politique

Quid des quotas ethniques dans les institutions au Burundi ?

10/04/2018 Felix Haburiyakira 1
Quid des quotas ethniques dans les institutions au Burundi ?
Térence Ntahiraja : « Cette évaluation s’inscrit dans les prérogatives du Sénat. »

Le projet de Constitution accorde, en son article 289, un délai de 5 ans au Sénat pour évaluer la suppression ou la prorogation des quotas ethniques dans les institutions. Une disposition différemment interprétée par la classe politique burundaise.

«Cette évaluation s’inscrit dans les prérogatives du Sénat », affirme Térence Ntahiraja, porte-parole du ministère de l’Intérieur. Cette démarche ne devrait étonner ou inquiéter personne. M. Ntahiraja reconnaît que les équilibres ethniques émanent de l’Accord d’Arusha. Mais, dit-il, tout processus doit être évalué.

Il explique que l’histoire des ethnies au Burundi est une fabrication du colonisateur. Les Burundais parlent une même langue et ont une même culture. A son arrivée, précise-t-il, le colonisateur a voulu diviser les Burundais, et partant, affaiblir l’administration solide qui avait été installée par le roi.

Il soutient que les quotas ethniques soient revus dans les institutions. « Il faut placer une personne selon ses mérites et non selon son appartenance ethnique ».

Par ailleurs, déplore Térence Ntahiraja, les Burundais n’ont pas la même lecture sur l’histoire des ethnies. Il propose sa réécriture.

Interrogé si la redynamisation des clans prônée par le Cndd-Fdd ne s’inscrit pas dans la logique de l’article 286, M. Ntahiraja dément. Le but du parti au pouvoir est de restaurer et renforcer l’unité des Burundais qui était bâtie sur les clans.

Et de conclure : «Il faut léguer à nos enfants une nation bâtie sur une cohésion sociale ».

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  1. kimeneke

    Monsieur Ntahiraja umanika agatu wicaye mukukamanura ukava hasi. Ayoma clans mwavyuye azozana ibibazo hagatiyanyu. Mumisi izi muzotubwira clan izovamwo umwami

Suite à la décision du CNC, vous ne pouvez ni réagir ni commenter cet article.

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Réactions

Pierre Célestin Ndikumana : «Il faut un contrat social » «En introduisant les quotas ethniques, les Burundais ont voulu résoudre un conflit social et politique », dit Pierre Célestin Ndikumana, président du groupe parlementaire de la coalition Amizero y’Abarundi. Pour lui, les quotas ethniques avaient été convenus à Arusha. «Vouloir les supprimer est une façon d’enterrer définitivement l’Accord d’Arusha ». Il trouve inopportun d’inscrire cette question à l’ordre du jour. Par ailleurs, le député Ndikumana fait savoir que le maintien ou la suppression des quotas ethniques ne devraient pas relever du Sénat. Il propose de laisser les Burundais décider eux-mêmes du sort de ces quotas. Pour lui, le renforcement des clans n’a pas de valeur ajoutée à la réconciliation. C’est entraîner les Burundais dans d’autres divisions, dans des conflits d’intérêts. «Nous n’avons pas pu gérer les conflits ethniques, qu’adviendra-t-il des clans? C’est ajouter du pire au pire ». Et de proposer : « Nous devrions nous atteler à faire un contrat social qu’il faut léguer à nos enfants. » Phénias Nigaba : «Une telle démarche n’est pas encore opportune» Même lecture du côté du parti du héros de la démocratie, Melchior Ndadaye. «Les quotas ethniques ont été introduits pour rassurer les uns et les autres », indique Phénias Nigaba, porte-parole du Frodebu. Ces quotas sont encore nécessaires. Il y a encore de la peur, des plaies qui ne sont pas pansées. «Une telle démarche n’est pas encore envisageable ». Il rappelle que ces quotas sont de l’émanation des Accords d’Arusha. Arusha doit être soutenu. Ces fruits sont à encourager sur tous les plans. Quant au renforcement des clans, M. Nigaba se veut optimiste. « Nous avons eu des problèmes avec seulement trois ethnies. Comment pourrons-nous gérer des conflits qui naîtront des centaines de clans », s’interroge-t-il. C’est une régression. Pour lui, il faut plutôt trouver des solutions aux questions de l’heure telle que le chômage. Olivier Nkurunziza : «C’est le rôle du Sénat » Olivier Nkurunziza, secrétaire général de l’Uprona, fait savoir que le Sénat doit veiller au respect des équilibres ethniques dans les institutions. Pour lui, la chambre haute du Parlement est habilitée à faire cette évaluation. Par ailleurs, M. Nkurunziza se dit rassuré. Il n’a pas d’inquiétudes quant aux conclusions du Sénat. « Celui-ci est composé sur une base ethnique paritaire. L’Uprona adhérera à ces propositions ». Kefa Nibizi : « Suppression, pas dans les forces de défense et de sécurité » Le président du Frodebu Nyakuri s’interroge d’abord sur quelle base on a instauré les quotas ethniques. Pour lui, les chiffres retenus ne reflètent pas réellement la composition ethnique des Burundais. « A y regarder de près, il y a eu un mensonge sur les ethnies au Burundi. » Toutefois, M. Nibizi soutient que dans l’avenir l’on puisse mettre fin aux quotas ethniques dans l’administration sans pour autant toucher aux équilibres dans les forces de défense et de sécurité. Pour lui, les quotas ethniques ont permis la redynamisation des corps de défense et de sécurité. « Les Burundais ont maintenant confiance en ces forces ». Quant à l’administration, tient-il à préciser, il faut plutôt mettre en avant les capacités intellectuelles des personnes.

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  1. kimeneke

    Monsieur Ntahiraja umanika agatu wicaye mukukamanura ukava hasi. Ayoma clans mwavyuye azozana ibibazo hagatiyanyu. Mumisi izi muzotubwira clan izovamwo umwami

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