Société

Quand les jeunes leaders retroussent les manches

01/04/2019 Fabrice Manirakiza Commentaires fermés sur Quand les jeunes leaders retroussent les manches

Après différentes formations sur le leadership et la résolution pacifique des conflits, et après les encouragements des formateurs, les bénéficiaires affirment être à l’œuvre. Objectif : atténuer différents litiges et autres mésententes au niveau communautaire.

Que ce soit à Mutambu dans les collines surplombant la ville de Bujumbura, que ce soit à Kayogoro dans les zones frontalières de la Tanzanie, l’émergence de jeunes filles ou femmes leaders est de plus en plus une réalité. Leurs efforts et leurs initiatives commencent à porter des fruits à leur échelle. Et cela va des initiatives pour encourager les jeunes femmes à adhérer aux associations et aux coopératives, à la médiation dans de petits conflits naissant. Cela peut être un début de conflit foncier, un problème de violence conjugale rongeant telle famille en sourdine, l’abandon familial ou encore une grossesse non assumée.


Témoignages

Raphaël Nibizi : «Nous sommes des ambassadeurs de la résolution pacifique des conflits.»

Je suis de la colline Bubanza en commune Mutambu dans Bujumbura rural. Je suis leader de l’association, ’’Twungurane’’. Après la formation, mes collègues et moi, sommes résolus à être des sortes d’ambassadeurs et ainsi vulgariser les enseignements reçus dans nos associations respectives et même dans d’autres organisations.

C’est pour que la majorité des jeunes de notre commune puissent en bénéficier. Nous essayons de répandre tout ce qui est en rapport avec la résolution pacifique des conflits et les qualités d’un bon leader.

Nous menons des discussions avec d’autres jeunes sur le changement de comportement, la masculinité positive, les traits culturels qui sont de véritables freins à l’épanouissement de la femme. Nous encourageons les jeunes et surtout les jeunes filles et jeunes femmes à adhérer aux associations et aux coopératives.

Nous profitons des rencontres hebdomadaires des différentes organisations d’épargne et d’entraide pour échanger avec les membres de ces associations. A côté de cela, nous expliquons également les enseignements reçus au cours des campagnes menées dans plusieurs groupements des jeunes avec l’aval de leurs représentants.

Dans notre communauté, notre message est simple : «Il ne faut pas qu’une simple mésentente enfle et devienne un conflit pour se retrouver déférée devant les tribunaux. Nous amenons les parties en conflit à privilégier le règlement à l’amiable, c’est ce que nous leur conseillons toujours».
Nous allons vers ces gens et nous les écoutons attentivement, souvent séparément. Par après, nous établissons ensemble des scenarii de propositions de solutions tout en ignorant pas leurs intérêts. Ils finissent par s’entendre eux-mêmes.

Fredianne Ndayisaba : «Finis, les complexes de nos mères timorées ! »

Je suis de la colline Burima II de la commune Mutamba dans les montagnes de Bujumbura rural. A vrai dire la formation organisée par les associations en partenariat avec SFCG m’a ouvert les yeux, je peux faire aujourd’hui le distinguo entre un leader d’un simple dirigeant.

Pour ce dernier, ce sont ses intérêts ou ceux de son groupe qui sont pour la plupart du temps mis en avant. Mais un leader, c’est un visionnaire, il est impartial, l’intérêt général est son mot d’ordre.
Grâce au module en rapport avec la résolution pacifique des conflits, je me surprends aujourd’hui à intervenir ici et là pour demander aux gens en désaccord à privilégier l’entente et à régler leurs différends à l’amiable.

Dernièrement, mes voisins en conflits pour une histoire de bornes sont décidés à confier cette affaire au conseiller collinaire et aux notables du village. Ils ne parviennent pas à s’entendre sur le tracé des limites de leurs propriétés foncières

Alors je décide d’intervenir et de tenter une médiation. Je les mets en garde qu’il y a risque de devoir payer des cruches de bière une fois cette affaire portée devant ces ’’Bashingantahe’’.
Je leur suggère qu’il faut éviter de s’entêter en faisant les durs et qu’il faut plutôt faire des compromis eux-mêmes, pour trouver une solution. Ils acceptent de m’écouter et finalement la réponse à leurs malentendus est sortie de leur bouche, une sorte de consensus. Et aucune des deux parties ne sera obligée, comme chez les notables, de chercher un rafraîchissement pour cette affaire conclue à l’amiable.

La formation reçue est un catalyseur, il y a parmi nous des jeunes femmes engagées à se faire élire. Elles se disent motivées. Finis les complexes de nos mères. D’ailleurs nos associations en bénéficient. Aujourd’hui, elles sont mieux gérées.

Audacie Niyonzima : «A Kayogoro, nous encourageons les jeunes femmes à adhérer aux associations.»

Avec les différentes formations dispensées à Kayogoro en rapport avec la promotion du leadership féminin, aujourd’hui, nous nous attelons à encourager les jeunes femmes à adhérer aux associations et aux coopératives. C’est parce que la plupart de ces organisations constituent un cadre d’épanouissement pour ces dernières.

Elles réalisent aujourd’hui que cela est bénéfique pour leurs familles et pour toute la communauté. Aujourd’hui, elles n’attendent pas tout de leurs maris comme avant, il y en a qui initient des activités génératrices de revenus. Il y a d’autres jeunes femmes qui affirment clairement qu’elles comptent se faire élire. Elles nous disent qu’elles apprécient les actions menées par leurs aînées et elles les prennent pour modèles.

Parmi les actions menées en collaboration avec d’autres femmes leaders, il y a l’atténuation des violences conjugales. C’est un mal qui ronge plusieurs familles en silence. Souvent il ne faut pas attendre que la femme maltraitée vienne se plaindre, il faut plutôt aller ver cette dernière.
Et après avoir écouté attentivement cette plaignante, nous essayons d’approcher son mari pour l’écouter. Après viendra l’étape de les écouter ensemble. Ce sont eux-mêmes qui proposent des voies de sortie.

Avec notre action, certains problèmes ou litiges qui surviennent dans la communauté sont de moins en moins portés au niveau des notables ou de l’administration locale encore moins des juridictions.

Odette Nduwayezu : «Avant j’avais peur de parler en public.»

Je suis de la colline Mudaturwa de la zone Mugina en commune Kayogoro, avec la formation sur le leadership et la résolution pacifique des conflits, je suis métamorphosée, je peux maintenant aller devant des gens et donner mes idées sans crainte.

Et j’encourage les jeunes filles bénéficiaires de cette formation comme moi à faire autant. Il faut sortir de l’ombre. Il y a beaucoup de petites mésententes, embrouilles dans nos communautés et il nous faut agir maintenant que nous sommes outillées pour la résolution pacifiques des conflits.
Il faut doucement ramener les deux parties à régler leur litige à l’amiable en proposant elles-mêmes des solutions. Nous n’intervenons que comme médiateurs pour concilier les deux camps.

J’initie et encourage mes amies à suivre les pas de nos aînées pour profiter de leur expérience. Demain, ils ne seront plus là et il nous faudra assurer la relève.

Suite à la décision du CNC, vous ne pouvez ni réagir ni commenter cet article.

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