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Environnement

Quand le malheur du Tanganyika fait le bonheur des fleuristes

Nuisibles et honnis pour leurs méfaits sur l’équilibre de l’écosystème aquatique, le nénuphar et la jacinthe d’eau résistent. C’est une malédiction pour certains coins du littoral du Lac Tanganyika. Cependant, les fleurs de nénuphar font vivre certains « pêcheurs reconvertis ».

«Ici, ces fleurs rapportent plus que le poisson.»

«Ici, ces fleurs rapportent plus que le poisson.»

Il faut se lever vers 5 heures du matin, quand les hippopotames retournent dans le lac pour apercevoir que la tête de ces gens étranges qui plongent dans les eaux pour un autre genre de pêche.

A les voir se mouvoir dans les eaux soit à la nage ou à gué à cette heure de la journée, l’on se dit qu’ils doivent tutoyer les crocodiles ou ces géants du lac Tanganyika. Ils bravent tout pour vivre.

La vie, ils en savent quelque chose. «Nous vivions de la pêche, maintenant le poisson se fait rare et il faut changer et s’arranger pour nourrir nos familles», se lamente Alexis Ndayikengurukiye, cueilleur de fleurs de nénuphar dans les eaux peu profondes du Lac Tanganyika à Kibenga.

Selon lui, les fleuristes de la ville raffolent ces fleurs d’un violet éclatant, elles sont curieusement recherchées et se bousculent, dans différents bouquets, avec d’autres aracées, orchidées, liliacées,…

«Elles sont incontournables pour les bouquets et couronnes utilisés dans différentes cérémonies », affirment notre ’’pêcheur-fleuriste’’. Et de chuchoter : «Même pour les gerbes de fleurs à déposer sur les cercueils lors des funérailles, ces fleurs de nénuphar ont leur place.»

Pour cueillir ou pêcher ces fleurs, raconte Alexis Ndayikengurukiye, il faut être dans les eaux tôt le matin, il faut les repérer et faire vite. «Quand le soleil se lève et quand il y a un peu de chaleur, cette fleur a tendance à éclore et à étaler ses pétales au risque de se faner. Les fleuristes les rejettent, ils ne les achètent pas et c’est une perte.»

Un petit fagot de ces fleurs de nénuphar se vend à plus ou moins 5.000 Fbu. «Selon les commandes ou le nombre de cérémonies à satisfaire, les grossistes peuvent nous demander 2 ou 3 fagots. Cela me permet de nourrir ma famille mais cela ne suffit pas.»

Après avoir vendu ses fleurs vers 8 heures et demi, ces cueilleurs retournent à leur pirogue, plutôt à leur ancien métier : pêcheur. «Il faut faire vite pour aller voir s’il y a quelque chose dans nos filets ou dans les nasses. Mais à vrai dire, il y a de moins en moins de poissons. Il paraît que ces herbes que M. Albert Mbonerane, n’aime pas, n’arrangent pas la reproduction du poisson», se désole-t-il.

C’est qui Mbonerane ? «C’est le monsieur là qui parle tout le temps des malheurs du lac Tanganyika, qui dit que la jacinthe d’eau et le nénuphar sont mauvais pour le poisson», répond spontanément ce ’’fleuriste-pêcheur’’.

Selon lui, la prise ne lui donne que 5.000 Fbu. Vu le temps que je passe au milieu des nénuphars et le temps passé à surveiller les nasses et filets, les fleurs rapportent plus, … pourvu que ça dure ! », conclut-il avec un grand sourire.

Il affirme que les eaux envahies par la jacinthe d’eau sont moins poissonneuses que celles colonisées par les nénuphars. La plupart des environnementalistes contactés le confirme.

  2   Vos commentaires
  1. Sijenamukubiseyakubiswentabona Jean Marie Louis De Monford

    Just pour attirer l’attention aux Citoyens sur l’utilité et l’urgence des stoppé le destruction des ces fleurs qui represent la seul et dernier recours pour les poisson du Lac Tanganyika face au proliferation des algues marins dans et sur les lac Tanganyika.

  2. sijenamukubiseyakubiswentabona Jean Marie Louis De Monford

    Ce que vous ne saviez pas encore sur les nénuphars
    21 mai 2013 – Ecrit par Sophie Vanstraelen

    Les nénuphars ne peuvent pas manquer à votre plan d’eau. À partir du printemps, généralement le mois de mai, les bouton floraux émergent un par un des profondeurs. Ces « îles flottantes » sont appréciées par nombre de petits animaux.
    Les nymphaea sont la source la plus importante de couleur dans l’étang. Beaucoup de fleurs de nénuphar ont une odeur délicieuse. Les fleurs se forment pendant toute la période estivale et loin dans l’automne. Le troisième ou quatrième jour après l’éclosion, la fleur reste fermée, coule lentement et ne s’ouvre plus jamais.

    L’utilité des nénuphars

    Les nénuphars ne sont pas uniquement jolis mais aident considérablement au fonctionnement biologique du plan d’eau. Le feuillage flottant diminue l’accès des rayons solaires à travers l’eau et évite ainsi la prolifération des algues. Les nénuphars consomment des nutriments et aident ainsi à la propreté et clarté de l’eau.
    Les poissons trouvent un abri et peuvent se cacher en-dessous des feuilles. L’ombre des feuilles évite que l’eau devienne trop chaude par temps chaud. Les nénuphars produisent de l’oxygène qui est libéré par la surface supérieure des feuilles. Ceci contrairement à la plupart des plantes terrestres qui respirent par la face inférieure des feuilles comme le côté supérieur devient vite poussiéreux.

    Le plus de soleil possible

    Donnez aux nénuphars un positionnement le plus ensoleillé. On conseille dans les livres de prévoir 5 heures de lumière directe (donc hors de l’ombre) par jour. Pour les nénuphars, nous conseillons 6 à 8 heures de soleil par jour. Il existe des variétés qui se contentent de 3 heures de soleil par jour mais elles aussi, profitent de plus de lumière dans nos contrés.
    Lors de périodes avec beaucoup de nuages et du temps plus froid, la floraison diminuera. Quand une période de soleil suit, on verra apparaître les fleurs en grand nombre.
    Pour un bon équilibre biologique, il est important qu’une partie de l’étang soit couvert de feuilles flottantes. Plus petit la pièce d’eau, plus grand le pourcentage de la surface doit être couvert.

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