Société

PSG : Deux cents vigiles « remerciés»

28/08/2018 Parfait Gahama Commentaires fermés sur PSG : Deux cents vigiles « remerciés»
PSG : Deux cents vigiles « remerciés»
Des vigiles lors du défilé du 1er juillet 2014

Deux cents vigiles de la société PSG ont organisé, jeudi 16 août, un sit-in au siège de leur compagnie pour protester contre le non-respect des contrats par leur employeur. La direction de cette entreprise de gardiennage assure le contraire.

Depuis le 15 août, 200 vigiles de la société de protection, de sécurité et de gardiennage (PSG) ont été mis au chômage technique par la direction. Officiellement, le contrat entre la PSG et la Brarudi, entreprise à laquelle ils étaient affectés, a expiré mi-août. Explication rejetée par ces vigiles.

P K. un des vigiles congédiés, rencontré au siège de la PSG remet en cause les explications de la direction. «Ce sont des mensonges fabriqués de toute pièce.» Le contrat entre la PSG et la Brarudi n’a pas pris fin mi-août. Il a été plutôt suspendu à cause de la « violation » par la direction de notre société des clauses du dudit contrat.

Frustré, il indique que ce contrat prévoyait un salaire minimal aux vigiles de 65 % du montant total payé par la Brarudi. Un engagement que la PSG n’aurait jamais honoré. « Elle ne donnait qu’un salaire dérisoire de 105.000 BIF aux employés alors que la Brarudi versait 300.000 BIF par vigile.» Selon lui, la Brarudi ne pouvait pas continuer à payer des «frais colossaux» alors que les vigiles ne reçoivent que des miettes.

En outre, il dénonce la violation du code de travail par la direction de la PSG. Elle n’a pas donné des préavis aux employés congédiés. Un simple avertissement aurait suffi pour qu’ils puissent se préparer à un éventuel chômage technique. Là où le bât blesse, la direction de la PSG n’a pas versé des indemnités aux vigiles congédiés.
Pour le moment, il craint pour l’avenir de sa famille. Le salaire était son seul gagne-pain.

Des avantages « confisqués »

S.M., un autre vigile, ne mâche pas ses mots. « La direction de la PSG n’est pas soucieuse de ses employés. » Elle vise l’enrichissement au détriment de ses employés. Les clauses du contrat exigeaient à la PSG de fournir aux vigiles deux repas par jour. Chose étonnante, témoigne-t-il, dix ans viennent d’être écoulés sans qu’un seul repas ne soit servi aux employés. «La Brarudi n’aurait pas accepté de continuer à employer des personnes qui ne mangent pas alors qu’une partie du montant payé à la PSG est alloué à la ration des vigiles.»

Les vigiles congédiés reprochent également à la direction de les « priver » des frais de déplacement alors que les clauses du contrat entre la Brarudi et la PSG obligeaient cette dernière de déplacer ses employés. Au cours des cinq dernières années, souligne-t-il, la direction n’a jamais déplacé ou donné de l’argent consacré au transport.

C. N. un autre vigile ne décolère pas. La PSG ne s’intéresse pas à l’avenir de ses employés. La plupart ne sont pas affiliés à l’Institut de sécurité sociale(INSS) alors que le Code du travail et le contrat l’exigent. Avec quatre ans de service au sein de cette entreprise de gardiennage, témoigne-t-il, il n’a pas de numéro d’immatriculation à l’INSS. Pourtant, la Brarudi payait régulièrement les cotisations.


La direction de la PSG s’explique

Eugène Sinzinkayo : « La PSG respecte le Code du travail. »

Eugène Sinzinkayo, directeur général de la PSG, balaie du revers de la main toutes les accusations : «Ce sont des affirmations gratuites et mensongères.» Le contrat entre la Brarudi et sa société n’a pas été suspendu, non plus résilié à cause du non-respect des obligations par la PSG. Il est tout simplement arrivé à échéance.

Il assure que la Brarudi n’a aucun problème avec sa compagnie. Elle a changé de société de gardiennage. Elle a lancé un appel d’offres et la PSG n’a pas été retenue.

M. Sinzinkayo soutient, par ailleurs, que sa société ne paie pas des salaires dérisoires à ses employés. Elle donne l’intégralité des salaires tel que stipulé dans les contrats de travail. Ce qui est sûr, insiste-t-il, aucun employé au monde n’acceptera que son salaire soit suffisant.

D’après lui, les vigiles affectés à la Brarudi recevaient beaucoup d’avantages comparativement à leurs collègues. Ils percevaient 105.000 BIF alors que d’autres touchent seulement 75 000 BIF. Par ailleurs, il explique que le salaire dépend de l’ancienneté, du grade et du poste d’affectation.

M. Sinzinkayo désapprouve le comportement de certains vigiles qui veulent « s’ingérer » dans la gestion quotidienne de sa société. « La fixation des salaires revient à la direction et non aux employés. » Un vigile n’a pas un droit de regard sur les paiements effectués par leur client.

« La PSG n’a aucune obligation de leur trouver d’autres postes»

M. Sinzinkayo affirme que son entreprise respecte le Code du travail. PSG est une société de services. Et par conséquent, elle n’a pas ses propres emplois. Si un contrat avec un client touche à sa fin, les vigiles qui l’exécutaient perdent automatiquement leurs postes. Il recommande à ses employés de patienter. Dès qu’il y aura d’autres postes, ils seront affectés en fonction de leurs numéros matricules. Cependant, souligne-t-il, la PSG n’a aucune obligation de les engager.

En outre, il fait remarquer qu’en plus des fautes lourdes prévues par le Code du travail, la PSG impose des conditions particulières. Parmi ces dernières, l’expiration du contrat avec un client implique la fin de celui de l’agent.

Le directeur général de la PSG assure également que sa société dépose régulièrement les déclarations des cotisations à l’INSS. Il appelle tout employé qui estime que sa situation à l’INSS est irrégulière à le signaler auprès de la direction.

Rémy Ndayishimiye, chargé de la communication à la Brarudi, a fait savoir mercredi 22 août, que sa société a jugé bon de changer de prestataire de services de gardiennage pour des raisons internes. La Brarudi l’a fait d’ailleurs pour d’autres fournisseurs de services.

M. Ndayishimiye a indiqué, par ailleurs, que la Brarudi n’avait aucun problème avec la société PSG. Cela est d’autant plus vrai, car trente employés de cette entreprise ont été gardés par la nouvelle compagnie.

Il tient à souligner que les frais de déplacement et d’alimentation des vigiles faisaient partie des clauses du contrat. Mais précise que la Brarudi « ne s’ingère pas dans la gestion administrative de PSG. »

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