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Diplomatie

Pr Pascal Niyonizigiye : « Le Parlement européen ne demande pas l’impossible »

Pour le spécialiste en Relations internationales, la déclaration de Pascal Nyabenda est une autolégitimation du parti aux affaires. Néanmoins, il estime que des conséquences fâcheuses ne manquent pas.

Pr Pascal Niyonizigiye, spécialiste en Relations internationales ©Iwacu

Pr Pascal Niyonizigiye, spécialiste en Relations internationales ©Iwacu

Quelle appréciation faites-vous de la dernière sortie médiatique du président du parti Cndd-Fdd ?

C’est une déclaration qui peut se comprendre à la limite. En tant que parti au pouvoir, le Cndd-Fdd ne pouvait pas cautionner ce qui a été dit par le Parlement européen. En effet, celui-ci vient remettre en cause les réalisations du pouvoir qui est dominé par le Cndd-Fdd. C’est un discours qui s’inscrit dans le cadre de l’autolégitimation de ce parti. Il ne peut pas accepter facilement qu’une jeunesse lui affiliée soit accusée de s’adonner à des actes de violence.

Quelle analyse faites-vous du contenu de la déclaration ?

Le discours en soi, même s’il ne respecte pas ce qui a été dit par les eurodéputés, n’est pas un discours de rupture, de cassure entre l’Union européenne et le gouvernement du Burundi. La déclaration du président du parti présidentiel peut évoluer avec le temps. J’imagine qu’il y aura certainement une entente entre le Burundi et l’Union Européenne, premier partenaire du Burundi en matière d’aide.

Quel commentaire faites-vous par rapport au délai signalé pour donner satisfaction à certaines questions en rapport avec les violations des droits humains ?

Le Parlement européen ne demande pas l’impossible au gouvernement du Burundi. Il ne sollicite que la libération de Pierre Claver Mbonimpa, la précision sur le jugement rendu aux militants du parti MSD ainsi que la lumière sur les activités des Imbonerakure. Il ne faut donc pas attendre que l’UE négocie le retrait du Burundi de l’Accord de Cotonou. Le gouvernement burundais ne peut pas faire un choix suicidaire.

Comment ?

L’Accord de Cotonou est à la base de la coopération socioéconomique entre l’UE et le Burundi. Notre pays est parmi les cinq pays les plus pauvres au monde. Or, l’UE est notre premier pourvoyeur d’aide. A titre d’exemple, si on se réfère au 11ème FED (Fonds européen pour le Développement), le programme de 2014 à 2020 prévoit un financement de 432 millions d’euros soit 800 milliards de Fbu. C’est une somme considérable dont le Burundi ne peut pas se passer.

Pourtant, dans certaines déclarations officielles, on sent parfois une certaine méfiance …

L’UE n’est pas isolée du reste du monde des bailleurs. Sur le plan bilatéral, le Burundi coopère avec les Etats membres de l’UE, la majorité des grandes puissances européennes. En outre, dans le cadre du G8 et de l’esprit de l’Atlantique, l’UE prend souvent les mêmes résolutions que les autres grandes puissances à l’instar du Canada, des Etats Unis, du Japon en tant que membre du G7 etc.
Une opinion doute que le Burundi ne veuille que développer plus la coopération avec les puissances émergentes comme la Chine et les pays arabes. Ce n’est pas une chose facile. Ces puissances ne sont pas en mesure d’aider notre pays au point que notre pays sorte de la coopération avec les bailleurs classiques. Dans la politique de ces puissances, elles ne cherchent jamais à casser les coopérations traditionnelles.
Il peut y avoir de la concurrence plus ou moins loyale dans le cadre de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), par exemple, mais sans prendre le risque de casser les pays du Tiers Monde et les autres bailleurs. C’est très risqué.

Quelles peuvent-être les conséquences ?

La rupture avec l’UE et les grands bailleurs du nord pourrait déclencher l’isolement du Burundi sur le plan international. A mon humble avis, les deux parties vont trouver un modus vivendi, une solution salvatrice pour que le Burundi garde de bonnes relations avec l’UE.

  11   Vos commentaires
  1. Aaron

    Vraiment on ne sa cache rien, les dirigeants Africains veulent martiliser l’Afrique dans le neocolonialisme. Regardez ce qui se passe un peut partout en Afrique meme si on oublie un peu notre Burundi. Partout c’est la corruption et la dictature la haine entre brothers and sisters d’un meme pays. Les autres veulent s’eterniser au pouvoir. Nous savons que l ‘ Afrique est tres riche mais cette richesse est toujours exploitee par les Europeens. Nous avons un sous sol tres riche dont nous ne profitons pas. L’Europe sans L’Afrique ne sera plus l’Europe. LesEuropeens eux memes ne veulent pas que les Africains s’epanouissent ou soient independants car ils seront les premiers perdants. Malheureusement les Africains ne voient rien et ils ne savent meme pas pourquoi les occidentaux ont tue Kadhafi. Leur plaisir et de voler l’argent et dilapider les biens de publique. Pourquoi la cours penale internationale est pour les Africains seulement ? Les grandes puissances veulent nous traiter comme leurs enfants. Il faut que ca change mais le changement viendra une fois qu’on se debarrassera de nos ventriotes et dictateurs Africains. Regardez comment ils veulent meme nous imposer l’homosexualite par force. Museveni s’est incline suite aux menaces desEtats Unis. En tout cas il faut un reveil Africain. Les Puissances sont content quand ils voient que nous somme incapable de gerer nos pays. Twari tukiri abana bo kubwiriza ivyo dukwiye gukora ? badutwaye bakiriko.

    • MERCI MON FRERE ARON.VRAIMENT,JE VOUS ASSURE QUE NOS DIRIGENT SONT TOUTE A FAIT DES VENTROTES.LE SOUS SOL AFRICAIN EST TELLEMENT RICHE QU’ON NE DEVRAIT PAS QUEMANDER LES EUROPEENS OU AMERICAINS.CE PAUVRE PAYS ,NOTRE BURUNDI EST TELLEMENT RICHE QU’ON NE PEUT PAS S’IMMAGINNER.ECOUTE,LA MANQUE DE VISION DE NOS DIRIGENTS,LEUR PILLAGE DU BIEN PUBLIC,LAISSERA LE BURUNDI DANS UN GOUFFRE INTERMINABLE.IL FAUT QU’IL Y EST UN CHANGEMENTAVEC 8.000.000 DE LA POPULATION,LE BURUNDI POUVAIT PAYER SANS ARRIERE,LE BURUNDI PEUT SOIGNER SON PEUPLE GRATUITEMENT SI C’EST PAS GRATUIT MAIS DIMINUER LE COUT DES PRODUIT DONT ELLE BESOINS.LE PAEMENT SERAI BIEN SATISFAISANT POUR TOUT LE MONDE.

  2. Il est temps que nous disons la verite,L’UE n’est pas une simple organisation,et leurs deputes ne sont pas des brutaristes comme ceux du Burundi,notre pays vive de l’aide depuis plus des années,et parmis les grand ballaiyeurs de fond l’UE était premier,ma question est la suivante comme est ce que c’est le Cndd-fdd qui va changer tous les lois constitutionnelles du Burundi,

  3. Namukongoro Jadaux

    Bonjour Mr le professeur,

    Ne serait-il pas honnerreux pour nous africains en general et burundais en particulier de rompre avec cette sorte de neo-colonialisme que nous impose l’Occident et developper une autre forme de cooperation gagnant-gagnant entre parties comme c’est le cas des pays emmergents ?
    Ceci dit, nos gouverments devront respecter tous les conventions internationales qu’ils ont signees notamment le respect des droits de l’homme, la liberte d’expression, la bonne gouvernance et j’en passe.

    • Wise

      Jewe inyishu yari indaje ishinga nayironse nayo ni iyi

      15. Pour ce qui est de l’inquiétude exprimée par les Députés Européens sur une
      éventuelle modification de la Constitution, le Gouvernement du Burundi
      tranquillise que cette dernière qui constitue la Loi fondamentale du pays ne
      sera pas révisée d’autant plus qu’elle s’inspire des différents accords
      politiques.

      Iyo point 15 iri muri communique du gouvernement. Iyo izokiza vyinshi nta bihano bizofatwa kandi ntibigafatwe vyobabaza abarundi

  4. burundi

    Ce qui est drôle sont les réponses de certains politiciens zélés comme Nzobonariba. Ces pays connaissent bien tout ce qui se passent au Burundi. Ces pays ont des missions diplomatiques au Burundi et le parti au pouvoir, Nzobonariba, Mutabazi et autres doivent savoirs que ces missions informent régulièrement leur pays de tout ce qui se passe au Burundi.
    Lorsque les Imbonerakure ont défilé en tenue militaire et policière devant les autorités Burundaises, ces diplomates assistaient et notaient, lorsqu’on a fait des montages et mascarade de justice pour garder en prison Mbonimpa, ils étaient au tribunal pour voir et juger de la transparence du jugement, lorsque les leaders légitimes de l’UPRONA ont été empêchés de tenir leur congrès, ces diplomates suivaient très bien le déroulement des choses et notaient, lorsque Nduwimana ou Juma empêchent les associations de la société civiles, les journalistes et les partis d’opposition à manifester, les diplomates sont informés, lorsqu’on a arrêté les jeunes de l’ADC qui faisaient du sport, les diplomates l’on vu; bref, pour tout ce qui se passe au Burundi, les diplomates notent et informent leur pays.
    C’est ridicule quand les politiciens affirment que l’UE et les USA travaillent sur des mensonges divulguées par les opposants et la société civile: sont ils plus crédibles et plus puissant que le gouvernement qui a des ministres, diplomates, moyens de communications, budget de plusieurs Milliards, aide pour garder propre l’image du pays!
    C’est vrai, la vérité blesse, mais il ne faut pas perdre son identité (guta ubwoko) et crier au mensonge pour des choses pourtant très clairs!
    Quant à la justice, ce ne sont pas l’UE qui ne sait pas qu’elle devenue comme dans les années Micombero, un instrument que le pouvoir utilise pour faire taire et stopper les opposants. Le CNDD FDD essait de montrer qu’il a créé une justice indépendante, mais il n’arrive pas à convaincre personne.
    Quant à à la corruption et aux malversations économiques, seules les corrompus vous diront que ces maux ont régressé au Burundi. Mais pourtant, avec les cotisations importantes exigées par le parti au pouvoir, presque tous les gestionnaires font leur mieux pour voler et satisfaire les intérêts des gestionnaires du parti au pouvoir!
    Rekura iyo ntama!

  5. tom tom

    Quand est-ce que ce Pascal est devenu PROFESSEUR? On comprend tres vite que certains journalistes ont une culture universitaire tres limitee. Apparemment tout enseignant d’universite devient professeur chez eux. Du reste, je crois que l’analyse ne nous apporte rien de nouveau. Certains connaissent comment de telles instances fonctionnent. Et le depute qui a parle de la question juive semblait leur indiquer que l’Europe a ses propres problemes. Quand Louis Michel parle des Homos, n’est-ce pas que c’est parce que lui-meme l’est? Alors les enjeux sont multiples et certainement pas partages par les elus europeens. Pour ceux qui doutent encore, l’aide au developpement n’a jamais abouti au developpement. C’est pour cela que l’investissement et partenariats deviennent actuellement des sujets d’actualite.

    Bonne journee

    • monavis

      Monsieur Niyonizigiye est devenu PROFESSEUR quand il a eu le diplôme de professorat,none utebe umwake impamyabushobozi yiwe kuko avuze ivyo udashima! Apprenons à accepter la divergences chers compatriotes

  6. Rwenyuza

    Il faut arrêter de faire dans la schizophrénie, la coopération nord-sud n’a jamais fait avancer aucun peuple sans mobilisation générale du peuple lui même, pour s’approprier de la connaissance(confère histoire du Japon avant et après l’entre deux guerres: histoire de naissance des grands groupes automobiles japonaises)

    Je conseille au spécialiste des relations internationales d’étudier les cas du Vénézuela et de l’Argentine.

    C’est fou comment les africains peuvent être continuellement bernés. Il n’y a rien qui est fait dans l’intérêt de l’africain qu’on se le dise.

    • Mr. Rwenyzi ivyo uvuga ni ivyo. Mugabo abanyafrika benshi baracari aba primitifs hamwe badashobora kwiyumvira iterambere. None abantu bicana kubera amazuri kandi barya bimwe bavuga ururimi rumwe, babana ku mitumba, wewe abo bantu wiyumvira ko bazotera imbere ryari??

  7. Jean-Pierre Ayuhu

    Chers lecteurs,
    Je pense que M. Pascal Niyonizigiye fait de très analyses de la situation. Il manque quelques nuances et pas des moindres, le parlement européen reste ce qu’il est c’est-à-dire un ensemble de députés issus de plusieurs pays et d’idéologies politiques différentes et pour la plupart, ne connaissent pas le Burundi ou s’y intéresse peu. Le vote n’est ni plus ni moins qu’une pression exercée sur le Burundi à partir des initiatives et des lobbies autour de certains députés et autres personnalités dont Louis Michel s’agissant du cas du Burundi…tous le monde connait les relations de cet homme avec certains politiciens burundais. La résolution du parlement européen est ainsi biaisé; d’une part parce que l’enjeu autour de M. Mbonimpa est moindre par rapport à un enjeu de coopération entre le Burundi l’UE. Il y a eu plus de l’émotion et de l’irrationalité dans leurs décisions.
    Il suffit à la représentation diplomatique burundais de faire son propre lobbying pour contrecarrer l’action de Louis Michel. Par ailleurs, il y a toujours des enjeux entre les décisions de l’UE en tant que tel et les positions des gouvernements qui la composent. Pour dire que l’exclusion du Burundi de l’Accord de Cotonou est loin d’être acquise.
    Irambire

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