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Club de la Presse

Pourquoi pas des citoyens journalistes !

La question ne se pose plus pour la radio indépendante, Bonesha FM, dont le projet de création d’un réseau de «Citoyens journalistes » est déjà en marche, comme cela a été annoncé et débattu lors de l’émission passée de « Club de la presse » qui donne la parole aux professionnels des médias pour décortiquer l’actualité dominante de la semaine et parler de la vie de leur métier.

Gabriel Nikundana, directeur du centre de formation des médias (CFM) a salué l’initiative qui a, cependant, des « limites ». Est-ce que les citoyens pressentis épauler la radio vont comprendre réellement certaines règles capitales du métier comme la « responsabilité et l’obligation pour tout de vérifier l’information», s’est-il interrogé ? Le mieux, pour M.Nikundana est que la radio confine les citoyens dans le rôle d’alerte et de laisser la rédaction décider de ce qu’elle fera de l’information. Sinon, a-t-il conclu, « la révolution est en marche, qu’on le veille ou non ».

Un avis plus tranché est venu de Simon Kururu, l’un des vieux routiers du métier. Pour lui, le concept de citoyen journaliste a tout simplement tardé à voir le jour au Burundi. Quant à la mission, il s’agira de relais et auxiliaires de l’information et non des journalistes professionnels. Cela n’exclut pas cependant que les citoyens journalistes aient été préalablement formé aux rudiments du métier en sachant répondre aux quatre questions basiques de savoir qui a fait quoi, où, quand? S’il y a des besoins d’approfondissement, la rédaction va dépêcher des professionnels pour le faire, a-t-il conclu.

Le correspondant au Burundi de radio France internationale (RFI) et de l’agence France presse (AFP), Esdras Ndikumana, quant à lui, a supposé qu’il devra y avoir un filtre pour que l’information à diffuser à la fin ait été d’abord minutieusement vérifiée. Sinon, « Bonesha se lance dans la modernité. D’un autre côté, M.Ndikumana a relevé qu’aujourd’hui encore, nombreuses sont les radios qui n’ont généralement qu’un correspondant par province alors qu’il serait plus intéressant d’en avoir dans toutes les communes du pays. « Il ne faut pas néanmoins perdre de vue que les vrais journalistes resteront nécessaires et qu’ils méritent de bons salaires » pour faire la différence, est-il revenu à la charge.

Un point de vue qui a été partagé par Claude Nkurunziza, le directeur de la radio Rema FM à des nuances près. Pour lui, « l’idée en soi n’est pas mauvaise ». Néanmoins, a-t-il enchaîné, «les médias sociaux sont difficilement contrôlables. Ce sont de tels canaux d’information qui ont occasionné des bouleversements dans le monde arabe. Il reviendra donc à la rédaction centrale de pouvoir contrôler et gérer le flux d’information qu’elle aura quand on sait que même les professionnels se trompent », a-t-il conclu.

  1   Vos commentaires
  1. bornto

    Espérons qu’ils ne nous feront pas des rumeurs toutes faites avec intention mauvaise et sans mesurer les conséquences.

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