Économie

Port de Bujumbura : 411 millions de Fbu détournés, le DG limogé introuvable

Dix mois après la concession du port de Bujumbura à la société Global Port services Burundi « GPSB), rien ne va encore dans la gestion des finances et dans l’administration de cette société. Ce chaos était –il prévisible ?

Port de Bujumbura ©Iwacu
Port de Bujumbura ©Iwacu

Si on en croit une lettre détenue par le président de l’Olucome, la décision de révoquer le DG de la GPSB, M. Kobus Van der Merwe a été prise par le conseil d‘administration. Elle date de ce vendredi et porte les signatures de Denis Karera (président) et d’Eric Ngendahayo (vice-président). Selon le président de l’observatoire, le DG licencié se serait volatilisé dans la nature à 2 heures du matin de la même date. D’ores et déjà, une interrogation se pose : deux membres sur cinq qui composent le conseil d’administration sont-ils habilités à prendre une décision d’une si grande ampleur ?

Gestion louche sur fonds de corruption

Selon Gabriel Rufyiri, la décision de limogeage du DG fait suite à une correspondance frappée du sceau « confidentiel » du chef de Cabinet Civil du président de la République, Alain Guillaume Bunyoni. L’objet de cette lettre du 24 juin 2013 était : « Renseignements sur l’exploitation du port de Bujumbura ». Dans cette lettre, le Cabinet du président exprimait onze préoccupations. Le président de l’OLUCOME cite quelques unes. La première était que le port fonctionnait jusqu’à cette date grâce aux recettes journalières ; la société Global Port Services n’ayant pas encore libéré le capital de près de 6 milliards de Fbu. Qui pis est, la Présidence dénonçait des sommes énormes (plus de 189.321.133 Fbu jusqu’au 25 avril 2013) transférées régulièrement à l’étranger à des noms inconnus à la comptabilité. Elle ajoutait qu’il y avait plus de 50 millions Fbu sur un compte d’attente pour des dépenses effectuées mais qui n’avaient pas de pièces justificatives.

Selon la même correspondance, le DG adjoint est complice dans ces opérations de transfert puisque chaque mois, une somme de 7.942.230 Fbu est transférée sur son compte : « On suppose que ce n’est pas son salaire mensuel, parce que les autres directeurs de la société ont un salaire net de 850.000 Fr bu par mois », affirme la Présidence. Bien plus, les jetons de présence au conseil d’administration sont fixés à 600 $ par présence, perçus en dollars même pour les nationaux membres de ce conseil alors que la loi burundaise prévoit le paiement en monnaie nationale.

Un mauvais départ

«  Ce qui devait arriver arriva », a déclaré Gabriel Rufyiri après avoir appris le limogeage du DG. D’après lui, l’imbroglio dans la gestion du port de Bujumbura était prévisible et même avait dénoncé à l’avance par son organisation. Dans la lettre du 24 octobre 2012 adressée au Président de la République, l’Olucome recommandait d’ « arrêter toute procédure déjà engagée allant à recruter le nouveau concessionnaire de l’exploitation du port de Bujumbura du fait qu’elle est illégale ». Les lois sur la passation des marchés publics et sur la privatisation avaient été foulées au pied dans la finalité d’accorder la concession à « une société fictive », le Global Port Services, affirmait Gabriel Rufyiri.

Au terme du contrat avec la succession Ndamama, malgré beaucoup de polémique, la gestion du port a été attribuée depuis le 25 décembre 2012 à GPS (56% d’actions) ainsi qu’aux sociétés Socomib (28% d’actions) et Afrolines Su (7%), représentées respectivement par le DG limogé, par Sylvestre Niyonsaba et par Thomas Ndacayisaba. Les actions de l’Etat burundais s’estiment à 9% mais peuvent encore être plus volumineuses si elles étaient bien calculées, estime Gabriel Rufyiri.

Forum des lecteurs d'Iwacu

13 réactions
  1. Charles Uwamahoro

    Le Journal Iwacu joue t’il vraiment la transparence sur ce dossier ? Nous apprenons qu’un communiqué de presse lui a été envoyé par la société Global Port et qu’une conférence de presse a même été donnée par le Conseil d’Administration de cette société sur le sujet. Pourquoi ces informations ne sont pas partagées ? Je crois que c’est une faille ici ans la ligne Editoriale du SiteWeb. Monsieur Kaburahe, nous en appelons à votre historique professionnalisme .

  2. Kazen

    Qui trompe qui? Ce DG Sud Adricain est disparu peut-etre en complicite avec ceux qui l’ont revoque et ceux qui detiennent les info sur “les renseignements de l’exploitation du port”! Comment a-t-il pu rassembler seul 411 millions? En combien de temps peut-on retirer toute cette somme? Et les dollars? Si crime il y avait, il pouvait etre arrete d’abord et puis etre revoque par apres (comme on l’a fait pour tous ces tutsis ex DD qui logent a Mpimba….). Amanyanga y’aba DD turamaze kuyamenyera. Yatwaye Fbu ngo azikoze iki? Hahaaa, il avait deja echange tout en dollars pendant les preparatifs!

  3. Rugira

    Azize ko atasabikanije sinon abanyuruza itunga rya reta bobo ni injonjo. Ivyo navyo vya 600 $ par présence ntimwumva ko ari ibara kugihugu coro nk’Uburundi?

  4. bornto

    C’est trop grave ! On pays d’origine devrait le rendre disponible pour comparution.
    A moins qu’il ait bénéficié de la couverture des voleurs de la République nationaux. Et qui seraient-ils ? Bonne gouvernance s’il vous plaît ! 411 millions de nos FBu, c’est beaucoup trop d’argent. Est-ce seulement cela ? Les investigations devraient se poursuivre

  5. Mwaro

    non non, le DG ne pourrait pas échapper sans bénédiction du pouvoir de Bujumbura seulement il se peut qu’ils se sont entendus sur le partage et sa disparition car c’est inimaginable qu’un Directeur G disparaisse le mm jour de sa destitution

  6. Charles Uwamahoro

    Attendons voir, niba ico cegeranyo ca Conseil d’Adminsitration (communiqé de presse) iwacu ihava igishira online kugira ntatwe les lecteurs d’Iwacu twiyumvite ico benevyo babivugako. Cari gikenewe kuko nibo bafashe iyo decision yo gukura le DG.

  7. Bisengi

    Turasavye Iwacu iduhe ico cegeranyo c’ugwego nshinga ntwaro tumenye ivyo mwavuze.Nayubundi uracari muto ufise ubwenge ayo manyanga ya baDD uyavemwo ntaco azogushikanako n’ibintu vy’inda zabo ataho bizoshika.Bitebe bitebuke bizohinduka ntawari azi ko Samuel Doe yoniguriye ibisuma vya Liberia kunkingira z’ikiyaga. Time will tell.

  8. imbere ni heza.ntaco murabona!!!!twari twaranizwe.

  9. mckay

    “On ne récolte que ce que l’on a semé”! les actionnaires fictifs s’attendaient qu’un sud africain dirige le port honnêtement ? et d’où proviennent ces fonds investis ?????

  10. Jamahaar

    On cherche a tuer la poule aux oeufs d’or.Pauvres esprits.On va jusqu’aux contrees lointaines pour debsquer une societe fictive pour gerer et exploiter une infrastructure strategiue du pays.Lorsque les gens cherchent du mangement, ils n’hesitent pas a recourir meme aux services du diable pour assouvir leur appetite glouton.Cela a l’air de la mafia italienne ou des narco-trafficants colombiens ou mexicains.Pitie pour le Burundi.Finalement le pays est riche si ses ressources etaient mieux gerees par des responsables competents et honetes.

  11. Harageze

    Nizere ko les 411.000.000 fbu détournés seront remboursés par ceux qui nous ont amené une société fictive pour exploiter notre port de Bujumbura!

  12. muringa

    oh bon Dieu!! Au lieu de renouveler le contrat de concession du port avec les anciens exploitants, on s’est précipité à le donner à des sociétés fictives non localisables, et pire encore à des commissionnaires du régime. Ce qui me plait dans tout ça, c’est que les médias gardent les ondes sonores des sorties médiatiques des différents ministres, surtout celle du Ministre Bucumi Moise devant le parlement! Olucome yarasemereye mwica amatwi.

  13. NGENDAHAYO Eric

    Merci de prendre connaissance du communiqué de presse du Conseil d’Administration de la Société Global port Services qui vous a été envoyé à cet effet.

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