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Politique

Polémiques autour d’une commémoration

11-05-2016

Le collectif des survivants et victimes des évènements de 1972 a commémoré, ce 29 avril à Bujumbura, « le génocide des Hutu ». Objectif : briser le silence et lutter contre l’impunité. Tout le monde ne partage pourtant pas cette lecture de l’histoire.

Dossier réalisé par Christian Bigirimana, Rénovat Ndabashinze et Philippe Ngendakumana

Rassemblement des victimes et rescapés devant la Place des Martyrs de la démocratie

Rassemblement des victimes et rescapés devant la Place des Martyrs de la démocratie

Ces cérémonies ont débuté par un rassemblement à l’entrée de la Place des Martyrs de la démocratie vers 14 heures. Une trentaine de personnes est présente. Certains, surtout des jeunes arborent des t-shirts sur lesquels on peut lire « Commémoration du 44ème anniversaire du génocide contre les Hutu de 1972 au Burundi ». D’autres portent autour du cou le drapeau national. Aucune présence d’un membre du gouvernement ou du parlement.

A 14 h 20, après échanges avec la police, cinq véhicules convoyés par un pick-up de la police anti-émeute, prennent la route vers la zone Buterere, à 6 kilomètres au nord-ouest de la ville de Bujumbura, choisie pour le dépôt des gerbes des fleurs.

Sur place, dix personnes déposent une gerbe de fleurs à côté de la clôture des stations d’épurations des eaux usées en mémoire, selon eux, des victimes du « génocide » de 1972.

Prière et discours

Léonard Ndorimana, porte-parole du Collectif, lance alors une brève prière : « Nous sommes ici pour commémorer les nôtres. Ils attendent justice et nous te demandons de les bénir Seigneur.»

Frédéric Nzeyimana : « Tous les critères sont remplis pour parler d’un génocide Hutu en 1972. »

Frédéric Nzeyimana : « Tous les critères sont remplis pour parler d’un génocide Hutu en 1972. »

Prenant la parole, Frédéric Nzeyimana, coordinateur international du collectif, indique que cette fosse commune est un symbole pour toute personne tuée injustement ou à cause de son appartenance ethnique qu’il soit Hutu, Tutsi ou Ganwa. Et d’affirmer que presqu’un demi-million de personnes a été tué en 1972.

Le collectif, explique-t-il, ne réclame que deux choses : la vérité et la justice afin d’arriver à une paix durable : « Il n’y avait pas de guerre dans le pays. Comment expliquer un demi-million de personnes a été assassiné en temps de paix ? »

Enfin, soutient-il, avec ce geste, le collectif veut que le gouvernement et le Parlement reconnaissent les événements de 1972 comme un génocide Hutu. Et de déclarer : « Si la vérité est connue et que la justice fait son travail, ça libèrerait les innocents et les auteurs seront connus. C’est de cette façon que le Burundi pourra connaître une paix durable entre ses composantes sociales. »

Une marche sous haute surveillance

A 15 h 25, retour à la Place des Martyrs de la démocratie où une centaine de personnes se rassemblent, toujours escortée par la police. Elles se dirigent ensuite vers la Paroisse Saint-Michel. Toutes ou presque portent des pancartes avec de slogans comme « Nous crions justice et notre cri sera entendu » ; « Je suis 1972 ; sans vérité et sans justice, pas de paix » ; « le génocide contre les hutus en 1972 est une réalité au Burundi », etc. Arrivés devant l’église, chacun allume sa bougie. Sur place, certains parlementaires et administratifs dont Jean De Dieu Mutabazi, président du parti Radebu, rejoignent le groupe.

Dans son homélie, le Curé centre sa prédication sur l’amour du prochain, la vérité, le pardon et l’histoire du Burundi : « Il faut pardonner aux auteurs de tels crimes qui ont besoin de se repentir, d’être libérés.»
Pour lui, la vérité est la seule voie d’éviter que le Burundi revive de tels scénarii dramatiques. Il trouve très urgent l’écriture de l’histoire du Burundi. Ce qui permettra selon lui aux jeunes de savoir ce qui s’est passé réellement et d’en tirer des leçons conséquentes.

Des interrogations

Lors de ce rassemblement, certains citadins, étonnés, s’interrogeaient sur cette marche et l’identité des organisateurs. Un sexagénaire rencontré devant l’église n’y est pas allé par quatre chemins. « Qui sont ces gens ? Est-ce que ces jeunes-là sont au courant de ce qui s’est passé réellement en 1972 », s’est-il étonné. Une autre passante, la cinquantaine révolue s’est tout simplement demandé pour quoi « le génocide des Hutu », après avoir lu les écrits sur les pancartes.

Après un moment d’hésitation, elle confiera qu’en 1972, elle a perdu trois membres de sa famille tous des Tutsi en commune Vugizo de la province Makamba, avant de lancer : « Pourquoi ne nous ont-ils pas associés pour se souvenir des nôtres  alors que sur la banderole il y a le drapeau national? » Et de demander l’instauration d’une journée nationale de commémoration. D’autres citadins, abasourdis, se sont gardés de tout commentaire.

Une lecture de l’histoire loin de faire l’unanimité

Pour Vital Nshimirimana, président du Forum pour le renforcement de la société civile au Burundi (Forsc), le moment est très mal choisi pour une telle revendication. Et pour cause, accuse-t-il,  le régime de Nkurunziza est actuellement en train de tirer sur la corde ethnique. Bien plus, M. Nshimirimana indique que ce collectif ne peut prétendre commémorer cette journée, en disant que c’est un génocide alors que des Burundais de toutes ethnies confondues ont été victimes de la répression de l’Etat en 1972.

Interrogé par nos confrères de la RFI, Monseigneur Jean-Louis Nahimana, président de la CVR (commission vérité et réconciliation) trouve que le malaise qui entoure la célébration du 44e anniversaire des massacres interethniques de 1972 montre à quel point certaines pages parmi les plus sombres de l’histoire du Burundi n’ont pas encore été digérées. Il estime lui aussi que le moment est mal choisi pour relancer le débat et craint que cette polémique ne ravive les divisions ethniques dans un contexte déjà très difficile au Burundi.

« Penser à la personne humaine »

Il appelle les uns et les autres à ne pas réveiller « les démons du passé ». « Que les gens cherchent à faire le deuil des membres de leur famille je crois qu’il n’y a pas de péché à faire cela. Mais si nous voulons vraiment être des personnes responsables, je pense que nous devons aussi tenir compte des contextes que nous traversons dans notre pays. Parce que la crise que nous traversons aujourd’hui au Burundi a réveillé les démons du passé, notamment les démons ethniques », explique-t-il.

Il demande aussi à ce qu’on laisse avant tout sa commission travailler. Une commission, dont le rôle est justement de qualifier tous les crimes commis au Burundi depuis l’indépendance et qui a enfin vu le jour cette année, douze ans après la date prévue par l’accord de paix d’Arusha. «   Je suis sûr et certain qu’au bout, on va découvrir que ce ne sont pas seulement les Hutus qui ont été victimes dans ce pays, tout comme les victimes tutsis vont découvrir qu’elles ne sont pas les seules victimes dans ce pays. La meilleure voie de sortir de cette situation, que l’on soit Hutu ou Tutsi, c’est plutôt de penser à la personne humaine. »


>>Réactions

Jean de Dieu Mutabazi
Jean De Dieu Mutabazi : »Il faut des enquêtes pour avoir le nombre exact des morts en 1972″

Le président du Radebu a plaidé pour des enquêtes pour avoir le nombre exact des morts en 1972. « Que ce génocide soit accepté par les Nations Unies comme ça a été le cas pour le Vatican », a-t-il recommandé. D’après lui, la journée du 29 avril devrait être fériée et payée. Cet orphelin de 1972 souligne néanmoins que cette commémoration n’est pas pour appeler les gens à la vengeance, mais permettre aux rescapés, aux familles des victimes de pleurer, de réclamer la vérité et la justice.


« Le gouvernement devrait s’impliquer vu qu’il est responsable à part entière »

Aloys Batungwanayo, président de l’Association pour la Mémoire et la Protection de l’Humanité contre les Crimes Internationaux (AMEPCI Gira Ubuntu) revient sur cette commémoration et sur d’autres points

Aloys Batungwanayo : « Le rapport des NU de 1985 reconnaît ces violations graves des droits de l'homme comme un génocide et même le Pape l'a dit en 2014. »

Aloys Batungwanayo : « Le rapport des NU de 1985 reconnaît ces violations graves des droits de l’homme comme un génocide et même le Pape l’a dit en 2014. »

Vous êtes à la tête d’une association qui milite pour la mémoire des victimes de 1972. Avez-vous été associé pour  ce 29 avril dernier ? Sinon pourquoi ?

AMEPCI a été non pas associée, mais invitée et informée depuis le début de la préparation de cette activité.

Cette commémoration a suscité des polémiques. Certains parlent du mauvais moment choisi  pour la commémoration vu le contexte actuel. D’autres saluent l’initiative. Quel est votre avis.AMEPCI Gira Ubuntu est la première organisation à avoir organisé la commémoration de 1972 sur le sol burundais et ne fait que se réjouir de la continuité de cette action louable. Le moment de la commémoration n’est pas une volonté des personnes, mais c’est la date à laquelle l’événement a eu lieu et on ne la change pas vu qu’on n’est pas demandeur de cette date. Le contexte actuel n’empêche nullement la commémoration plutôt elle est favorable, car on commémore pour qu’il n’y est plus les mêmes crimes. Si tous les burundais avaient eu le droit de mémoire depuis qu’ils ont perdu les leurs, il est fort probable que la répétition des crimes aurait pu être évitée.

Cette commémoration n’a pas mobilisé beaucoup de monde malgré l’appel du gouvernement au recueillement et des banderoles affichées ici et là. Comment l’expliquez-vous ?

Comme je ne suis pas parmi les organisateurs, je ne pourrai pas dire qu’il n’y a pas eu tant de monde, car je ne sais pas combien les organisateurs attendaient. Mais une chose est sûre, l’affluence était grande par rapport aux années passées. Lorsque nous avons commencé en 2010, on le faisait dans la salle, eux, ont fait une marche, c’est donc une évolution. Il faut comprendre que 40 ans d’imposition du silence ne peuvent pas s’effacer d’un coup. C’est un processus. Puis, à ma connaissance, ce n’est pas le gouvernement qui a organisé, car, le représentant n’aurait pas demandé au gouvernement d’instaurer une journée en mémoire des victimes.

Ce collectif demande des réparations, que les évènements de 1972 soient reconnus comme un génocide contre les Hutu et que cette date soit fériée. Etes-vous de cet avis ?

Nous sommes de cet avis nous basant sur le rapport des NU de 1985 qui reconnaît ces violations graves des droits de l’Homme comme un génocide et même le Pape l’a dit en 2014. Demander des réparations est une chose normale et d’ailleurs le gouvernement semble reconnaître son tort et pour cause, certaines familles des victimes ont déjà reçu la rente de survie pour certains fonctionnaires de l’Etat et la restitution est en cours.

Mais reconnaître que c’est un génocide, c’est plutôt le gouvernement qui doit demander que les NU retirent le dossier de Whiteker pour que le conseil de sécurité l’adopte et que le haut conseil des NU aux droits de l’homme qualifie ce crime.

Le régime de Bujumbura ne joue-t-il pas sur la corde ethnique en appelant les uns au recueillement alors que le pays traverse une crise sociopolitique grave ?

Je n’ai pas vu la participation du gouvernement dans ces commémorations. Par contre, le gouvernement devrait s’impliquer vu qu’il est responsable à part entière de ce qui s’est passé en matière de continuité de l’Etat.

Il doit reconnaître son tort, demander pardon à toutes les victimes pour avoir massacré sa population. Il faut plutôt que les Burundais sachent bien que les violations graves des droits de l’homme de 1972 ont été organisées et commises par l’Etat avec les militants du parti Uprona, alors parti unique, car dans la constitution d’alors, il est dit que « Le parti Uprona est un parti Etat qui donne l’orientation générale de l’Etat ». On peut alors se demander si cette orientation de tuer systématiquement n’était pas donnée par ce parti vu qu’il n’a jamais condamné ces violations et que de la base  au sommet, les militants de ce parti étaient impliqués. L’Etat  a le devoir de mémoire pour tout le peuple, car il a l’obligation de le protéger. Et lorsqu’un père de famille perd un membre, il doit observer les rituels des morts même si ce membre était un déviant, il reste membre de la famille. Il revient à l’Etat d’orienter sa population dans la façon de son exercice du droit de mémoire pour éviter des mémoires littérales qui alimenteraient l’esprit de vengeance.

Iwacu a contacté, sans succès, Philippe Nzobonariba, porte-parole du gouvernement et Gélase Ndabirabe, porte-parole du Cndd-fdd pour leurs réactions.


Eclairage/ Quid de la qualification ?

« La qualification revient au juge »

Le professeur à l’Université du Burundi et spécialiste en droit international des droits de l’Homme, Egide Manirakiza donne quelques éclairages sur le crime de génocide.

Le professeur Egide Manirakiza : « Le principe de la non-rétroactivité de la loi peut être écarté »

Le professeur Egide Manirakiza : « Le principe de la non-rétroactivité de la loi peut être écarté »

D’entrée de jeu, il fait observer : « La qualification comme génocide pour les actes commis d’une période à une autre période ou sur un territoire donné revient au juge. »

Pour lui, ceux qui disent qu’il y a eu génocide donnent leur appréciation, certains comme politiciens. « La qualification revient toujours au juge qui apprécierait les faits qui lui sont soumis et qui détermineraient si les éléments constitutifs du crime de génocide sont réunis », martèle le professeur.

Il précise que ceux qui peuvent saisir le juge sont le ministère public ou toute personne victime directe, indirecte (la personne qui agit au nom de d’un autre : une parenté, un conjoint,…) ou une victime potentielle. Cette dernière peut être une personne qui pour l’instant n’est pas encore victime, mais qui a des raisons sérieuses qui expliquent que dans l’avenir elle pourrait être victime.

Le principe de la non-rétroactivité de la loi peut être écarté

Le spécialiste Manirakiza fait observer que ce n’est pas le Conseil de Sécurité des Nations unies qui qualifie le génocide. Le Conseil met en place un organe juridictionnel qui va qualifier les faits comme étant génocide. C’est le cas du Tribunal International pour le Rwanda (TPIR) ou du Tribunal Pénal pour la Yougoslavie (TPY).

Enfin, M. Manirakiza rappelle que le Code pénal du Burundi du 22 avril 2009 comprend une disposition qui parle du génocide : l’article 195. Et de relever que, malgré le principe de la non-rétroactivité de la loi, le Code pénal peut juger les crimes commis en 1972, s’il était prouvé que les faits constituent un génocide. «  Le problème de la non-rétroactivité de la loi s’est posé depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale lorsqu’il fallait poursuivre les nazis sur base d’une loi qui n’existait pas ». Il ajoute : « Des jugements rendus après la Deuxième Guerre mondiale, il se dégage que le principe de la non-rétroactivité de la loi peut dans certaines circonstances être écarté. »

« Tous les critères d’un génocide sont remplis »

Pour ce collectif des victimes des évènements de 1972, tous les critères d’un génocide sont remplis. D’après Frédéric Nzeyimana, des listes des élèves, étudiants et fonctionnaires Hutu, ont été établies à l’époque, ce qui signifie qu’il y a eu une période de planification et d’exécution, car les bourreaux savaient où se trouvaient toutes les personnes visées. Bien plus, M. Nzeyimana affirme que les moyens de l’Etat (des camions, des armes, des militaires, etc) ont été utilisés dans l’exécution de ce « génocide ». Tout en reconnaissant l’assassinat des Tutsi dans les évènements de 1972, M. Nzeyimana indique qu’ils étaient modérés dont des beaux-frères des Hutu : « Ils sont victimes du génocide Hutu »


L’article 195 du Code pénal burundais

Pour définir le génocide, l’article 195 du Code Pénal Burundais reprend intégralement l’article 2 de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide adoptée par l’assemblée générale des Nations unies, le 9 décembre 1948.

« Le génocide s’entend de l’un quelconque des actes ci-après commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :

a) Meurtre de membres du groupe ;
b) Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale des membres du groupe ;
c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ;
d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;
e) Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe.  »
Signalons que cette définition a été reprise dans l’article 6 du Statut de Rome le 17 juillet 1998, l’acte fondateur de la Cour pénale internationale. Elle précise qu’il s’agit d’un crime se distinguant par l’intention d’extermination totale ou partielle d’une population et par la mise en œuvre systématique de cette volonté.

  20   Vos commentaires
  1. Stan Siyomana

    « Pour Vital Nshimirimana…des BURUNDAIS DE TOUTES LES ETHNIES CONFONDUES ont ete victimes de la repression de l’Etat en 1972… »
    C’est ca le REVISIONNISME, ou pire encore « NEGATIONNISME A LA BURUNDAISE ».
    D’apres http://www.wikipedia.fr, « …Le negationnisme consiste ainsi a pretendre, soit qu’il n’y a pas eu d’intention d’exterminer les Juifs, soit que les moyens de realiser cette extermination, notamment les chambres a gaz homicides, n’ont pas existe… »

    • Yohani Petero

      @Stan Siyomana
      Vous accusez gratuitement Mr. Vital du Revisionisme et pire encore du Negationisme sans preuves. Meme la definition du Negationisme qui tu nous a donnee ne cole pas avec les propos de Vital, car Vital ne nie pas que les hutus ont ete victimes en 1972 mais ajoute que meme les tutsis ont ete victimes d’une part ou d’une autre.
      Tenez selon plusieurs recits des evenements, un groupe de rebeles hutus aurait attaque le sud du pays et des centaines de tutsi auraient peris dans ces attaques. Le gouvernement de Micombero, au lieu de poursuivre les rebelles, a tue systematiquement des intellectuels hutus innocents qu’il accusait de collaborer avec les rebeles abamenja. Signalons que suite aux evenements de 1969, Micombero supsonnait certains tutsis de certaines regions de collaborer avec les hutus et les baganwa pour le renverser de son pouvoir.
      Comment alors pouvez vous nier les faits de l’histoire?
      Mr. Vital Nshimirimana a tout a fait raison.

  2. Murundi

    Mu Burundi hamye hariho uturwi tw’abantu twiyumvira ko dushobora kunyegeza ukuri. Ariko rero uko tubibona ubu, abo Barundi bameze uko bakwiye kumenya ko Abarundi batari bake bari « yeux » kandi ntibazosubira gukubita urugohe. Muzoza mumpinyuza!!

  3. Abi

    Plus de 300 000 hutus ont ete massacres et personne n’a leve le petit doigt pour condamner ce genocide et de cela il y a 44 ans!!!!! Et Vital ose dire que le moment est mal choisi??? Vraiment???? Il y a de ces choses qui font mal, vraiment tres mal. Il fallait au moins se taire.

    • Yohani Petero

      @Ali
      Le moment est mal choisi parce qu’aujourd’hui des crimes semblables a ceux de 1972 sont entrain d’etre commis au Burundi. La seule difference est le nombre et l’identite des victimes. Et cette commemoration du 29 avril risque de d’etre vue comme appel a la vengeance au moment ou plus de 1000 personnes ont ete assassinees, plus de 300000 personnes exilees, beaucoup de disparus, etc
      Ce moment devrait etre le moment d’arreter ces crimes, de chercher la paix d’abord. La verite, la justice et la reconciliation ne sont pas possible sans la paix totale.

  4. eric

    I think you very much sister Marie Claire ,
    For local non government-organizations in burundi ,especially deep inside the country ,i appeal to you to be ready to refuse any arusha accord. Any changes should be analyzed by people
    Before accepting any accord a :REFERUNDUM » should be done by people to evaluate what the selected elites have accepted.

    « I just want to participate for peace and unity of our country .
    I hope i don’t hate anyone.
    But any critics are welcome »

    OTHERWISE ARUSHA ACCORD IS BECOMING BUSINESS OF OUR LAZY ELITES OR WHAT BELGIUM IS USING AS ETERNAL TOOL TO AFFLICT US.

    REFERENDUM IS INEVITABLE ONCE FORCED NEGOTIATIONS HAPPEN

  5. congo

    Il faudrait connaître la vérité de 1972. Que je sache,Micombero a utilisé le armée et la police pour réprimer un soulèvement,une résistance de hutu. Il a exterminer les intellectuels hutu. Aucune personnalité hutu politicien n a jamais voulu que la lumière soit faite sur 72. Pourquoi? Même les victimes directs comme Nkurunziza ne en parlent jamais en public. Mais je pense que c’est la vision qu’ils bourrent le crâne de leurs progéniture pour que la haine soit sauve pour l éternité. La vérité pourrait montrer que tous les tutsi ne sont pas des criminels alors qu’ils ont expliqué le contraire. 93 ,les victimes deviennent bourreaux . Mais les défenseurs des victimes de 72 semblent s accommoder au génocide de 93. Ils ne sont au courant que de 72. C’est malheureux pour des gens bien instruits pour la majorité mais dont la cécité sélective rend complices de 93.

  6. Kagabo

    Je commence à remarquer que le journal Iwacu est un journal qui manipulé et je ne trouve pas de vocabulaire exacte comment le qualifié?
    1. Comment un commémoration a eu lieu le 29/04/2016, vous avez décidés de couvrir l’événement ou écrire là dessus deux plus tard?
    2. Voir le négationnisme et les personnes invités sans même les accorder un interview? Je parle proprement dit et prendre une partie de leur discourt et reporter dans le votre journal.
    3. Raconter que vous avez rencontrer une personnes proche de l’église,….et vous dire qu’il a perdue,…..
    4. Nier le passer en voulant le maquiller avec les autres personnes Tutsi tués pour diaboliser et dire que ce n’est pas un génocide. Aller au Rwanda et demande combien des Hutu tués en 1994?durant le même génocide que ce génocide est un génocide Tutsi. Pourquoi?, parce qu’ils ont été tués en masse Et pourtant on dit que c’est un génocide des Tutsi
    5. Bref, vous ne méritez pas la crédibilité qu’on accorde souvent d’être un journal a grande réputation ou équilibré qu’on croiye car vous avez un penchant même si vous voulant dire que vous êtes au centre.

    • Emmanuel KARIKURUBU

      Il faut vous liberer de la haine ethnique et de l’ignorance pour comprendre ce qui s’est passé en 1972. Le genocide c’est avant tout l’idéologie de l’extermination de l’autre comme solution à tes problèmes, son enseignement, sa preparation materiel et sa mise en execution LIQUIDANT physiquement toute personnes sans distinction visée par cette idéologie (les enfants; les adultes les vieux ; les intellectuels ou non ect… Si tu veux vraiement guerrir de cette maladie il faut vous render à l’évidence et comprendre des choses aussi élémentaires: 1- Nul part au monde!!!! dans toute l’histoire de l’humanité!!!! les tributs minoritaires auraient planifié un genocide contre le trubut majoritaire !!!!! , 2- Il y a eu bcp de préparatifs et d’agitation des hutu au grand jour bien avant le genocide raté des Tutsi en 1972, que seuls les gens mal intentionnés continueraient à nier pour jouer les victimes!!!!. Rero ncuti yanje, ugomba gukira iyo ndwara yamacakubiri nunywe umuti wo kuvuga ukuri bizogufasha. Ikindi kandi Ayo moko mugomba gukamisha mu Burundi, ntafashe nagatoya ufatiye kuri définkition scientifique de l’ethnie Iwacu gusa kw’isi yose n’urwanda nitwe twisangije ayo manyanga abawungu badusutsemwo namwe muca muyakirana igishika birababaje cane!!!!

  7. NGENDAMBIZI

    Monsieur Eric, je comprends tu ne sais pas ce qui s’est passé en 1972 et en 1993.

    Mais dans tout cela, il faudrait que les assassinats à caractère éthnique de 1962, 1965, 1969, 1988, 1972-1973, 1991, 1993-1994-1995-1996….., ne se reproduisent plus de nos jours et il faut châtier exemplairement les planificateurs de ces tueries puisqu’il y en a qui sont encore en vie et ils ne sont pas inquiétés jusqu’à ce jour.

    Les planificateurs du génocide intellectuel sélectif de hutu (« u » pour les hutu et « i » pour les tutsi) exécuté dans l’objectif d’empêcher les hutu d’étudier devraient aussi être poursuivis.

  8. Leopold Hakizimana

    Merci à ceux qui ont organisé la commémoration du génocide hutu de 1972 au Burundi.. Merci à l’État qui a laissé, pour la première fois, sa population vivre sa douleur du passé, réprimée par des régimes antérieurs. Pourquoi la première fois alors que le pays est dirigé par un orphelin et victime de ce génocide de 1972? Le complexe d’un opprimé y est pour quelque chose. La mariage de raison et les calculs politiciens stupides entre le FDD-CNDD et l’air radical de l’UPRONA aussi. Il y a beaucoup de choses incompréhensibles pour ce parti de Nkurunziza, par exemple cette photo de proximité entre le président et Simbananiye dans une Église. Mais bon! le passé est passé.
    Pour le moment au moins, le débat est ouvert sur le génocide hutu de 1972 et la mort des tutsi et hutu victimes des années passées. Les burundais sont en marche vers la guérison,

  9. Ntahitangiye

    Chers amis, ayons un comportement pour reconstruire notre pays et non pour détruire aider ceux qui veulent le détruire.
    J’ai vécu les événements de 1972 et qui ont fait de moi un exilé jusqu’à ce jour. Et j’estime que:

    1) Tous ceux qui ont moins de 50 ans (6 ans en 1972) ne peuvent pas être impliqués dans les événements de 1972. Ils n’en sont pas responsables.
    2) Ceux qui disent que les Imbonerakure (moins de 35 ans) sont en train de préparer ou commettre le génocide, sont en train d’inculquer et éterniser dans la mémoire de la jeunesse les événements de 1972.
    3) Ceux qui sont concernés par les événements de 1972 (plus de 50 ans) sont moins de 20% de la population burundaise. Les autres n’ont hérité que les conséquences de ces événements .
    4) Je ne suis pas d’accords avec ces fameux accords d’Arusha quand ils limitent la CVR à partir de l’indépendance alors que tout a été préparé avant l’indépendance (administration antérieure). Les Accords qui couvrent les vraies causes pour juger les conséquences.
    5)Pour Vital Nshimirimana, » le moment est très mal choisi pour une telle revendication ». On ne peut pas mobiliser le monde pour un « 3ème mandat » et dire que ce n’est pas le moment de parler des centaines de milliers de personnes innocentes massacrées.
    6) C’est le moment de tout dire,de tout révéler, de tout revendiquer pour que ceux qui parlent de dialogue « franc et inclusif » sachent que nous savons ce qui nous a fait souffrir et c’est ça qui doit être l’objet du dialogue et pas le partage des postes
    7) Si la communauté internationale voulait la paix pour nous, elle nous aiderait à organiser une conférence nationale souveraine avec la participation active de la CVR, où les Burundais se libéreraient du passé pour tourner ensemble vers l’avenir. C’est toute la communauté burundaise qui a été blessée et la conférence nationale souveraine s’impose et un référendum sur les décisions qui seront prise par la conférence.
    Il est temps d’enterrer les histoires des Hutu et desTutsi au lieu de les renforcer par des accords et dialogues entre quelques personnes et par des propos tels que « génocide en cours ou en préparation ».

    • Marie claire

      Mr Ntahitangiye,
      je suis 100% d’accord avec vous parce que nous les jeunes générations ( ceux qui sont nés juste avant et après 1972) n’ont rien à faire avec le genocide de 1972. Nous avons besoin de savoir ce qui s’était passé via une conférence nationale souveraine pour que les burundais puissent se libérer du passé et tourner ensemble vers l’avenir.

  10. eric

    Il faux juger aussi top que possible toute personne qui a participer au genocide de 1972
    j’ai perdu mon pere hutu qui etait conseil du ministre arthemon simbananiye
    a chaque fois je regarde la photo de mon pere et ca me fait mal il avait 30ans et etait doctor en droit et qui avait ecrit tous ces livres administratives du burundi
    j’ai grandi avec ma mere tutsi et en 1993, encore on assassine toute ma famille tutsi .ma mere avait 8 freres et souer et on a tuer tous. parce que ils etaient tutis et cela il ne faut pas justifier que parce que ndadaye etait tuer 1993!! ou coup d’etat des hutus en 1972.
    N’importe quel acte ne peut pas justifier un genocide.
    si nkurunziza est tuer ,il faut pas justifier le genocide

    En conclusion si les victimes de 1972 demandent la justice c’est tres bien
    si les victimes de 1993 demandent justice ce serait bien.
    Le gouvernment ne devrait pas avoir peur que ca va ramene la division car par « COINCIDANCE »le burundi a connue « 2GENOCIDES » celui de 1972 contre les hutu et celui de 1993 contre les tutsi
    Et ceci est une reality and je ne suis pas entrain de balancer .ca ce balance elle meme.
    Ilf faut pas diaboliser aucune ethnie ,tous nous avons pecher alors donnons la valeur a nos familles a punissans serieussement ceux qui ont commit de tel acts
    -buyoya et autres anciens devraient expliquer leur responability en 1972
    -ntibantuganya ,minani,nyangoma …devraient expliquer leur responsability en 1993
    -la belgique devrait expliquer leur role a ces temps sinon il faut totalement arreter toute cooperation avec ce pays
    on acceptera pas un gouvernment d’unity nationale venant d’arusha avec les gens qui ont quoi a dire a un million de hutu et tutsi mort a cause de la recherche des postes.
    on n’acceptera pas un accord d’arusha sans REFERUNDUM car ils vont la bas aux negociations ils se pardonneent et partage et revienent et avec un peut d’annees de paix et ils se divisent et ils nous tuent comme cible pour y retourner negocier
    Nos intellectuels sont malades et n’ont pas une morale suffisante necessaire pour la democratie et les droits de l’homme tout comme opposition et gouvernment ,la mentality est trop derrierre et c’est comme si on est dans la foret!!
    PLUTOT ON EST HUMAIN ET L’ONU,OUA,USA…NE FERRA RIEN SI NOUS HUTU-TUTSI ACCEPTENT QUE CEUX QUI ONT TUER LES NOTRES SOIENT EXAMPLAIREMENT JUGER
    Si on ne punit pas la nouvelle generation risque de continuer a jouer avec les actes de genocides comme business
    il faut les punir aussi top possible

    eric en angleterre pardon de mon francais

    • NGENDAMBIZI

      J’annule le commentaire

    • mahago

      Monsieur Eric merci pour votre analyse. Ces DD mon cher, il faut les comprendre et les accepter comme ils sont créés. Tu ne peux pas ceuillir des mangues sur des baobabs. Le milieu et le business qu’ils peuvent mieux comprendre c’est la forêt avec tout ce qui la caracterise. L’homme de forêt s’appelle Sylvestre, Sylvain, Sylvie etc. Chers DD vous etes sorties de la forêt pensant que vous êtes normaux. Helas la forêt gît toujours dans vos têtes. Que faire pour vous aider? Accepter humblement ce nouveau prénom précieux de Sylvertre. Meme votre pouvoir peut s’attribuer de ce romantique vocable. Desormais pouvoir Sylvestre de Buja

      • Baobab

        @mahago
        « Chers DD vous etes sorties de la forêt pensant que vous êtes normaux. »

        Attention à ce que vous dites! La forêt n’est peut-être pas réservée aux mêmes! Il se pourrait que chacun ait son tour pour un séjour dans la forêt! D’ailleurs peut-être que les pygmées qui y séjournent volontiers vivent mieux que les habitants des bidonvilles polluées de quelques capitales pauvres et surpeuplées!

      • Mayuyu

        Moins de philosophie mais retenons que, dans moins de 72 heures, 500 000 Hutus ont été genocide par les Tutus en 1972. Ivyo vyonse de littérature sont des ibihendabana. Nous comptons mobiliser 400 000 personnes en 2017 pour la premiere pose d’une pierre soit 300 000 en novembre pour la conference nationale de Genocide conttre les Hutus au Burundi.

    • Marie claire

      Je suis tout à fait d’accord avec vous Eric. Ceux qui ont commis les crimes au Burundi depuis l’indépendance jusqu »aujourdhui ( Hutu-tutsi confondus) doivent être condannés et punis examplairement qu’ils soient vivants ou morts parce que le crime ne meurt jamais!!! Par après le peuple Burundais pourra ainsi réconcilier definitivement.C’est mon souhait le plus cher.

      • Kideresi

        Ati ijana  » reka kwitwenga »,. Naho yaba umwe twari gushima. Iyataba vyarahindutse hari umuhutu yari kuja harya n’aba hima ntibamumwe! Imana ishimwe , akataraza karahinda. Abarwaye ibisazi ni babandanye gusara, tuzokwishuza abacu mpaka!

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