Sécurité

Polémiques autour des révocations

08-08-2017

Le président Pierre Nkurunziza a signé un décret, le 6 juillet dernier, révoquant trois militaires pour avoir déserté. Les concernés évoquent une décision injuste. Le porte-parole de l’armée parle d’une procédure normale.

Colonel Gaspard Baratuza : « Le militaire doit revenir rendre le rapport de mission d’abord. »

G.N., un des militaires concernés, n’y va par quatre chemins : « La décision du président de la République est injuste. » Et pour cause, explique-t-il, il a introduit une demande de mise en disponibilité, depuis l’année passée via une correspondance adressée au ministre de la Défense nationale, sans succès. Or, s’étonne-t-il, d’autres militaires ont suivi le même cheminement et ont eu gain de cause.

Le 6 juillet dernier, le président de la République a radié trois officiers, deux de grade de major et un capitaine de l’armée pour cause de désertion. Il s’agit de Clément Hamenyimana, Flora Kwizera et Evariste Nkuyehasi. Mais la liste n’est pas exhaustive. En mai 2017, 23 militaires, dont une dizaine d’officiers au grade de major et cinq capitaines, avaient été radiés de l’armée par le président de la République pour le même motif. A l’époque, Jean-Claude Karerwa Ndenzako, porte-parole du président, a expliqué que la désertion est punissable par la loi.
Pour les proches des révoqués, certains étaient en mission de maintien de la paix en Centre afrique ou en Somalie, d’autres en formation dans des écoles d’études militaires à l’étranger. Ils avaient tous refusé de regagner le bercail, avançant la peur d’être arrêtés s’ils rentraient. « Ils ont appris qu’ils étaient soupçonnés d’être proches de l’opposition en exil. »

Or, soutiennent nos sources, certains de ces militaires ont postulé dans des sociétés à l’étranger et ont eu des postes, d’autres ont eu des opportunités de poursuivre leurs études. « Ils ont écrit au ministre de la Défense pour demander une mise en disponibilité. Ils ont attendu la réponse en vain. »

Des opportunités saisies

Actuellement, affirment leurs proches, ces militaires voudraient rentrer mais ont peur d’atterrir en prison parce qu’ils sont considérés comme déserteurs – la désertion à l’armée étant punie d’une peine d’au moins 5 ans-.
Interrogé le colonel Gaspard Baratuza, porte-parole de la FDN, parle d’une procédure normale : « Dans ces dossiers toutes les règles ont été scrupuleusement respectées car ils ont manqué à leurs postes d’attache pendant plus de 8 jours conformément aux règlements de la FDN».

Concernant les lettres de demande de mise en disponibilité brandies par les intéressés, le colonel Baratuza rappelle qu’un militaire n’écrit jamais de lettre au ministre ni au Président de la République. « C’est de l’indiscipline. Le militaire doit respecter la hiérarchie et ses demandes doivent se faire physiquement sur place. » Et d’expliquer qu’à l’armée, l’on peut demander une mise en disponibilité pour convenance personnelle de trois ans renouvelable une seule fois pour une durée de six mois, un congé d’expertise de trois mois renouvelable une fois, une retraite anticipée et même une démission. « La hiérarchie vérifie ce que tu veux faire pendant ce temps et elle te l’accorde lorsque tu n’as aucun litige avec l’Etat. »

Il constate que les problèmes surviennent lorsque certains militaires ne veulent pas simplement respecter le statut des officiers de la FDN, notamment en ses articles 77 et 113 : « Après 8 jours d’absence de son poste d’attache, le militaire est signalé comme ayant déserté, si la hiérarchie n’est pas au courant de là où il se trouve. » Et d’ajouter aussitôt : « Après six mois, le ministre peut proposer à ce que ce militaire soit révoqué. »

« L’armée a ses règles qu’il faut respecter… »

Le militaire doit respecter la hiérarchie

Quant au règlement, il stipule qu’est révoqué celui qui prend une autre nationalité, celui qui a été condamné à une peine de six mois au moins, celui qui a été condamné à plusieurs peines qui totalisent une année.

Concernant ceux qui sont en mission de maintien de paix ou en formation universitaire à l’étranger, et qui veulent poursuivre leurs missions ou leurs études, le colonel Baratuza précise que le militaire doit d’abord rentrer au pays et introduire une demande de mise en disponibilité, ou de congé pour expertise. « Il doit revenir rendre le rapport de mission d’abord. »

Pour ceux qui partent en mission d’études de maîtrise, nuance-t-il, et qui veulent poursuivre des études doctorales, ils ne sont pas tenus de rentrer au pays s’ils sont en contact permanent avec les attachés militaires de différentes ambassades. « Ce sont eux qui suivent leurs dossiers, qui vérifient s’ils étudient etc. Ils peuvent introduire à leurs places leurs dossiers pour leur faciliter la tâche et ainsi éviter qu’ils retournent obligatoirement au pays avant de poursuivre leurs études.»

Et de souligner que certains militaires abandonnent leurs études pour d’autres raisons et veulent passer par des stratégies afin d’obtenir des mises en disponibilité. Ou bien par appât du gain, certains reçoivent des offres et décident unanimement de prester dans des organisations sans avoir régularisé leurs cas par rapport au statut qui les régit. « L’armée a ses règles, si tu ne les respectes pas, tu es puni conformément à la loi. »

  30   Vos commentaires
  1. Kagabo

    ¨Ca c’est un dossier qu’on ne métrise pas autant que c’est un domaine militaire et je n’en dis pas plus. Merci

  2. Ndaba Mark

    Pourquoi ne pas etre le General Defao. C’est aussi General ?

  3. juju

    J’aurais aime accompagner mon Mutama dans son periple au Canada. Que ca aurait ete un honneur pour moi !!
    Mutama, merci de garder allume notre flamme d’espoir.

  4. juju

    Je me demande comment nous arrivons a etre specialistes de tous les sujets ou presque.
    Car nous intervenons souvent et faisons parfois des analyses sans que, au minimum, on emette des hypotheses.
    Je crois que nous aimons parler ou ecrire.
    Merci a Iwacu qui nous en donne l’opportunite et qui accepte meme nos injonctions alors que certains, comme moi, ne payent rien.

  5. Gacece

    Certains se rendent compte que l’herbe n’est pas plus verte là où ils sont, et ils veulent réintégrer l’armée! Alors la vie est dure? I fallait y penser avant!

    Pour tous ceux qui avancent le motif de « la peur » et/ou de la purge, je vous dirais que ces militaires savaient exactement ce qu’ils faisaient. Chacun d’eux devait aussi être au courant des procédures à initier en vue de l’obtension de leur mise en disponibilité. S’ils l’ignoraient, ils n’avaient qu’à demander à leur supérieur immédiat. C’est tout de même leur responsabilité.

    La hierarchie est quelque chose de très respectée (et à respecter) dans une armée. Passer au dessus de son supérieur immédiat équivaut à briser la chaîne de commandement! Cela veux dire qu’on accuse d’incompétence tous les supérieurs entre son grade et celui de celui (!) à qui on s’adresse. Donc, pour un capitaine qui adresse ses doléances au Président de la République, il signifie que son commandant, son major, son colonel, son général et le chef d’état-major de ne pas avoir su les régler à sa convenance.

    J’ai remarqué qu’il y a eu ceux qui disent qu’avant on pouvait s’adresser au ministre ou au président. Dans ce temps-là, je vous rappelle que l’armée était gérée comme une affaire de famille! Si un militaire connaissait personnellement un général, ou s’il « s’arrangeait pour le connaître », il pouvait avoir tout ce qu’il voulait sans passer par la hierarchie. Nous ne sommes plus à la même époque.

    Et enfin, un question : S’ils avaient si peur que ça, pourquoi veulent-ils réintégrer l’armée?

    • Gacece

      Correction : avant, le grade le plus élevé était celui de « colonel », alors voyez « […] connaissait un général […] » comme «[…] connaissait un colonel […] ». Mon erreur!

    • NUKURI

      qui est ce Gacece qui ne pense pas a l’ avenir de ses enfants? Lapaix est primordiale Gacece, si tu penses que les choses ont changés ce n’ est pas pour l’ eternité, meme demain ca changera et tu seras a la place de ceux qui reclament, mieux vaut se taire quand les imbeciles deconnent. Le pays appartient a tout le monde, les etrangers y compris, ce n’ est pas pour un groupe car tu n’ as pas choisi d’ etre de ce groupe, une personne nait mais ce n’ est pas elle qui choisisse de naitre. le partage devrait etre de mise, personne n’ est au dessus de la loi demain tu verras la place de ceux qui sont au commande aujourd’hui. Ils seront peut etre la ou les autres se trouvent et diront … Si on avait su….. Le monde est tres petit, le Burundi encore moins. Preparer l’ avenir et non pas la guerre parce que tu ne sauras jamais celui qui va gagner.

  6. Source du Nil

    Ce n’est qu’un début du purge des ex-FAB du corps de defense et la mise à mort des acccords d’Arusha.Peuple burundais,restez debout,sinon,les acquis d’Arusha seront enterrés et deshonorer la mémoire des grands hommes comme Nelson Mandela et Julius Nyerere ,grands artisans de la paix au Burundi.L’avenir est sombre pour le pays de Rwagasore.

  7. Gacece

    Dépendamment du côté duquel on est penchant, « La chèvre de Monsieur Séguin », conte/nouvelle célèbre d’Alphonse Daudet, pourrait s’avérer une méthaphore intéressante pour les uns… ou pour les autres… ou pour tous!

    Allez! Régalez-vous :

    http://herve.flores.online.fr/V-illus/liens/chevre.html

    C’est même pas moi! C’est l’autre!

  8. OLENGA NGOY

    « A l’époque, Jean-Claude Karerwa Ndenzako, porte-parole du président, a expliqué que la désertion est punissable par la loi. » Il se pourrait que le même Jean Claude Karerwa était un officier de l’armée Burundaise et qu’il a déserté dans les années 2000. Il s’appelait Jean Claude KARERWA matricule 39047 et NDENZAKO était son Grand frère (NDEZAKO n’est pas leur nom de famille) qui enseignait dans la faculté d’économie de l’université du Burundi. Comme il a quitté l’armée jusqu’à devenir porte parole du Président, il devrait plutôt tranquilliser ses anciens compagnons d’armes qui rejoignent la vie civile.

  9. Jereve

    Voilà un pays où les militaires ont peur de rentrer au bercail après leur service ou études à l’étranger, et là je ne parle même pas de la cohorte de ceux qui à l’intérieur ont déserté les camps. Pensez aussi à certains de nos athlètes qui se sont évanouis dans la nature des pays hôtes. Souvenez-vous de nos jeunes informaticiens dont on a perdu les traces aux USA… Non, vraiment, il faut reconnaître que nous avons des problèmes. Et on demande aux pauvres réfugiés éparpillés dans les pays limitrophes de rentrer ! C’est absurde.

    • Source du Nil

      @Jereve :Il faut du courage mon frère pour pointer du doigts l’origine de tous ces problèmes et comment s’en sortir.C’est la defaillance du système de gouvernance des DD.

  10. RUGAMBA RUTAGANZWA

    Mr BARATUZA, qui, sûrement ne dit pas ce qu’il pense lui mais ce que sa hiérarchie, le système auquel il appartient pense sait au fond de lui-même que la purification ethnique au sein de l’armée est en cours comme ceci s’est passé sous Micombero en 1972. J’ai franchement l’impression que le régime NKURUNZIZA ressemble de plus en plus à s’y méprendre à celui de la Première République.
    NKURUNZIZA qui a accepté un mandat de trop, et tout le monde, y compris son entourage l’avait mis en garde, veut faire croire au monde entier que le problème, dont lui et lui seul est l’auteur, est en somme un problème tribalo-ethnique entre les Hutu et les Tutsi… ! Heureusement, la maturité politique actuelle des Burundais, toutes ethnies confondues, ne leur permet plus d’avaler n’importe quelle couleuvre même servie à coup d’enlèvements, de disparitions forcées et même d’assassinats ciblés par des gens, dont certains ne le font sûrement pas de leur propre gré même s’ils sont payés pour cela et bénéficient de l’impunité totale des commanditaires.. ! Continuons de tenir bon et de résister au divisionnisme de façade. Ce pays s’en sortira bientôt plus fort, plus uni que jamais. J’y crois du fond de mon cœur.. !

    • Rurihose

      Moi aussi j’y crois cher Rugamba,
      Le Burundi n’est pas le Congo et ne peut survivre longtemps dirigé par des gens comme Bigirimana, Sindimwo et Mutabazi

      • Stan Siyomana

        @Rurihose
        A vrai dire ces gens que vous citez ne dirigent point le Burundi.
        TOUT COMME AGATHON RWASA ET BIEN D’AUTRES, ILS SONT TOUT SIMPLEMENT UTILISES PAR LE POUVOIR EN PLACE POUR FAIRE SEMBLANT QU’IL Y A LA DEMOCRATIE AU BEAU PAYS DE MWEZI GISABO.

      • NUKURI

        OH Je peux comprendre Sindimwo et Bigirimana parce que leur niveau intellectuel ne leur permettrait pas plus que cela mais un ingenieur comme Mutabazi c’ est un peu drole

  11. Rurihose

    2 considérations:
    Juste quelques cas qui justifient la peur de certains militaires de rentrer
    1) Le colonel Uwamahoro a été condamné deux fois pour de lourdes fautes, chaque fois il a été promu à des fonctions plus élevées
    2) Un général de l’armée a été assassiné avec toute sa famille, à 8 heures dyu matin devant le lycée du Saint Esprit, il n ya jamais eu d’enquêtes
    De quelles lois parle Baratuza?
    Qui n’aurait pas peur dabs cette jungle?

  12. GEZAHO Démisficateur

    Je voudrais que BARATUZA précise l’article de loi précisant que le militaire doit être physiquement présent au Burundi pour demander différents types de congés dont il parle (mise en disponibilité, congé d’expertise, etc). Et sort-il qu’il est interdit ou que c’est de l’indiscipline d’écrire au Ministre de la défense ou au Président de la République? Il est finalement le moins informé des officiers, il devait prendre ne fut-ce que cinq minutes pour consulter les archives des deux institutions ou les attachés de cabinets des deux instances pour se rendre compte que de centaines de courriers venant des militaires de différents rangs sont régulièrement traiter avec des réponses signés tel ministre ou tel Président de la République. De plus, ayant moi-même travaillé dans l’administration pour ce corps, je précise que la mise en disponibilité d’un officier est un droit et non une faveur et ce droit découle à la fois du statut des fonctionnaire de l’Etat du Burundi (l’officier est un fonctionnaire sous statut spécial) et des statuts des officiers. Du reste il est normal qu’il refuse de reconnaître la peur des officiers ou autres militaires de rentrer au pays car il ne dit rien lorsque des militaires sont kiddinappés, torturés, arrêtés ou tués en plein exercice de leur mission de service. Quant à dire que l’option de rester à l’étranger découle d’une opportunité quelconque, cela n’étonne personne car maintenant à l’armée on affirme gratuitement que tel officier ne suit plus son cursus académique et la même année il est révoqué mais paradoxalement la même année
    l’officier reçoit officiellement le diplôme académique de son université d’attache.

    • divine comédie

      @ Gezaho
      Vous avez raison , la mise en disponibilité est un droit, ce n’est pas une faveur . Certains de nos apprentis responsables – et ca ne date pas d’aujourd’hui – s’amusent à manipuler les lois et font une lecture erronée des textes . J’en fus « victime »et bénéficiaire en même temps car un certain directeur de cabinet du ministre de la culture a convaincu son ministre pour me refuser une demande de disponibilité en 1995 . Ca a duré une année et pendant tout ce temps j’étais payé , au total environ 480.000 FBU , aus frais du contribuable. En principe il était tenu de me répondre dans les 2 mois , il croyait me faire du mal. Mr Baratuza est un ignorant .

  13. SAWA

    Les militaires n’ont pas droit à la double nationalité ? « Quant au règlement, il stipule qu’est révoqué celui qui prend une autre nationalité… »
    http://www.droit-afrique.com/upload/doc/burundi/Burundi-Code-2000-nationalite.pdf

    • Mbawa

      Et moi qui voulais avoir mon grade de Général ?

      • Ramazani

        @ mbawa
        Vous pouvez toujours être « Général » mon général ! Dans une nouvelle rebellion comme ceux qui sont au pouvoir actuellent ! Pensez vous qu’ils ont étudié pour cela ? Hmm mon oeil ! La preuve eh

        • Bakari

          @Ramazani
          « Pensez vous qu’ils ont étudié pour cela ?  »

          Que font de spécial ceux qui ont étudié? Des miracles? On n’en a pas vus, alors qu’on étudie depuis quelques années avant l’indépendance (1940).

          • Ramazani

            @bakari
            Si si Il y a des écoles pour être militaires c’est le Cas de St Cyr pour certaines de nos incapables du passé et du présent , pensez à l’Iscam ( institut de scientologie criminelle appliquée à la mythomanie) . Mais vous avez ils n’ont servi à rien depuis l’indépendance.

            • Bakari

              @Ramazani
              Ah la mythomanie! Elle a quand même servi à quelque chose: à nous berner de temps à autre nous le peuple.
              Sans rigoler, je suis d’accord avec votre réponse malgré son ironie.

      • Ndabaza

        @Mbawa
        Et quelle est votre 2e nationalité?Rwandais?

        • Mbawa

          @ Ndabaza
          Non Ndabaza. N’ayez crainte! Kenyan. Par contre, je n’ai choisi d’être ni kikuyu ni luo. Est-ce que ça fait votre affaire?

          • Ndabaza

            @Mbawa
            Ca me convient, c’est magnifique!
            Même si je trouve qu’une autre fonction sans les mêmes honneurs pourrait vous rapporter l’équivalent.

            • John

              @Ndabaza; conclusion: : appat du gain. Loin du professionalisme et patriotisme

            • Ndabaza

              @John
              « conclusion: : appat du gain. Loin du professionalisme et patriotisme »

              On n’a pas nécessairement besoin des honneurs pour être professionnel et patriotique.

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