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Pénurie du carburant : voyager vers l’intérieur du pays coûte de plus en plus cher

La pénurie du carburant pousse certains chauffeurs, qui font le transport en commun de Bujumbura vers l’intérieur du pays, à hausser le prix du ticket.

« Jenda – Matana, Jenda – Matana – Mwaro! », crie-t-on au parking de Musaga, ce 26 août à 11 heures. Le vrombissement des minibus en jaune et blanc et les klaxons intempestifs des taxi-motos sont étourdissants.

D’un air vigilant, des chauffeurs et rabatteurs, traversent la route qui mène vers le sud du pays : « Maintenant, je fais, à peine, un seul aller/retour par jour, alors que quand je trouvais facilement le carburant, j’en faisais trois. C’est vraiment inquiétant pour moi et pour la survie de ma famille », indique un chauffeur de bus qui fait le trajet Bujumbura-Gisozi(Mwaro).

Pour lui, la mesure prise par le gouvernement, de diminuer le prix du carburant ne lui offre aucun avantage : « La réduction de 30Fbu le litre est insignifiant. Il fallait plutôt rester à 2080Fbu et rendre accessible ce carburant. » A côté, un autre conducteur de bus qui va à Matana parle de sa stratégie de compenser les pertes occasionnées par cette pénurie d’essence : « Si par chance, je trouve une petite quantité pour monter, je mets le ticket à 7000Fbu. » Or, avant, il fallait 4000Fbu pour se rendre à Matana.

La même situation est vécue à la Gare du Nord, au parking des bus qui se rendent au nord et au centre du pays. Faisant toutes manœuvres possibles pour trouver du carburant, les chauffeurs affirment aussi avoir augmenté de 1000Fbu en moyenne, le transport : « Au marché noir de Buyenzi, nous achetons à 3000Fbu le litre. Des fois nous allons au Congo à la recherche de ce carburant. Comprenez, vous-même, le coût de revient d’une petite quantité que l’on peut amener du Congo », raconte Nahayo, un chauffeur de Kayanza.

Il indique que le prix du ticket pour Kayanza est passé de 4000Fbu à 5000Fbu, tout comme pour le trajet Bujumbura-Gitega. Les chauffeurs de cette province ne déplore pas seulement le manque d’essence mais aussi celui des clients : « Ils viennent au compte goutte. Les prix pour le transport ne permettent pas à tout le monde de voyager. »

Contrairement à cela, les agences de voyage ayant des véhicules qui utilisent du mazout, trouvent assez de clients. C’est le cas de l’agence Aigle du nord (kayanza, Ngozi, Muyinga, Kirundo) située de l’autre côté de la route à la Gare du Nord.

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