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Société

Plaidoyer pour l’incinération des corps

13-02-2015

Le Burundi est un petit pays avec une démographie galopante. Les cimetières prennent de plus en plus d’espace. Un citoyen propose une solution.

Transfert des restes d’une personne inhumée vers une autre cimetière ©Iwacu

Transfert des restes d’une personne inhumée vers une autre cimetière ©Iwacu

Les autorités urbaines viennent d’ordonner aux familles de déplacer les restes de leurs disparus enterrés dans le cimetière désaffecté de Nyabaranda pour cause de viabilisation des lieux. L’exercice de les déterrer, de les transporter et de les enterrer de nouveau est un véritable drame pour les proches. Des personnes qui avaient fait déjà le deuil des leurs depuis des décennies sont replongées de nouveau dans la peine. Sans parler du coût exorbitant que cette tâche implique. Le traditionnel serment : « Ndakazura mama », traduction : « Que je déterre ma mère» est désormais sans objet, me disait une jeune maman éplorée qui venait de procéder au macabre déplacement des restes de sa mère adorée disparue il y a 24 ans. De Nyabaranda à Mpanda dans une concession privée. Il n’est même pas dit que ce triste transfert ne va pas se répéter si l’Etat exige encore une fois d’évacuer le cimetière de Mpanda. Même si la concession est privée. Une autre maman est horrifiée à l’idée qu’elle va devoir déterrer son mari et son fils.

Pour ne pas condamner les familles à revivre ces deuils, la seule solution est d’adopter l’incinération des cadavres. C’est même une exigence économique car face à une population qui double tous les 30 ans et à une ville en croissance exponentielle, les terres à consacrer aux cimetières manquent cruellement. La ville de Bujumbura n’a plus d’autre choix. La décision d’adopter la crémation des corps ne peut plus attendre. Si la crémation est adoptée, il ne restera plus qu’à intéresser les privés. Je peux croire que des entrepreneurs de pompes funèbres kenyans spécialisés n’hésiteraient pas à installer des franchises au Burundi si les entrepreneurs burundais y rechignent.

La ville devrait plutôt se développer vers les hauteurs

Nous devrions cesser de vivre au jour le jour sans anticiper sur ce que la ville sera en dix ans, vingt et trente ans. Je ne prends jamais la route Bugarama sans être peiné par la vue des terres fertiles massacrées par l’extension des habitations sur la plaine. Ces terres devraient être protégées comme la prunelle de nos yeux. La ville devrait plutôt se développer vers les hauteurs et plus jamais dans la fertile plaine vers le nord ou le sud de l’agglomération. A l’instar du Campus Kiriri installé par l’administration coloniale sur une montagne coupée, il y aurait lieu d’aménager les collines qui surplombent la ville pour en faire des quartiers résidentiels.

Le président Sarkozy a choqué l’Afrique lorsqu’il a déclaré à Dakar que « l’Africain n’est pas encore entré dans l’histoire». Il ne croyait pas si bien dire pour ce qui est du Burundi. Nous vivons au jour le jour au point que nous ne voyons pas que l’explosion démographique actuelle nous conduit tout droit vers une catastrophe économique et humanitaire. La cohorte de six millions de jeunes de moins de 25 ans sans métiers, sans éducation, sans emploi et sans terres, bref sans aucune perspective, ne peut conduire qu’à des épidémies comme Ebola ou à des guerres pour désengorger le trop plein de population.

Lorsque je visite les quartiers populaires vautrés dans la saleté, les eaux stagnantes et nauséabondes, je suis horrifié de voir que le fléau biblique d’Ebola ne nous a rien appris. La première règle de santé c’est l’hygiène et l’assainissement. 50 ans après l’indépendance, nous ne le savons pas encore. Ceux qui se battent pour le pouvoir se trompent lourdement s’ils pensent que le pouvoir c’est pour les honneurs, le prestige et l’enrichissement personnel. C’est d’abord et avant tout apporter aux populations misérables burundaises, l’hygiène, l’assainissement, l’éducation, la santé et les emplois. Le pouvoir dans l’océan de misère qu’est le Burundi n’est que vanité des vanités. Comme l’a dit le pape François à son investiture « le plus grand pouvoir c’est le service aux autres ». Ce ne sont pas les ridicules honneurs et prestige. Ce n’est pas non plus l’enrichissement rapide sans efforts.

  14   Vos commentaires
  1. Jambo

    Le mal qui ronge l’Afrique en général et le Burundi en particulier,c’est le culte aux morts.C’est une idolâtrie absolue. La mort reste un sujet tabou,sensible voire délicat.Paradoxalement ,le burundais voue un respect pour le disparu plus que le vivant ami ou ennemi…Allez savoir pourquoi.
    Alors que disent les écritures a ce sujet ? Lorsque un enfant de Dieu décède,son esprit et son âme retournent a Dieu s’il a vécu dans la sanctification par Jésus Christ, quant a l’enveloppe corporelle elle retourne a la poussière. Dieu est tout puissant ,rien ne lui est impossible,Il est capable de ressusciter un corps dans un piteux état.Une personne ayant la foi qui meurt estropiée,infirme,boiteuse,défigurée,ressuscitera certainement avec un corps ayant revêtu incorruptibilité,en sorte que le corps physique est complètement restauré,non a la condition première,mais glorieux.
    Pour conclure,seul un examen personnel a la lumière des écritures,vous permettra de savoir si les pratiques telles( l’érection des monuments aux morts,les tombes garnies de fleurs, la prière aux morts,gukaraba ,guca ku mazi,kuganduka et bien entendu l’incinération) relèvent du mysticisme ou pas.

  2. Mugunza

    Incinerer serait une meilleure solution mais cela heurte contre la tradition. Si les gens etaient mieux informes sur la condition des morts, il leur serait facile d’accepter l’incineration. Le poids culturel (culte lie aux morts) renforce par l’enseignement religieux handicape trop les gens!

    • mbega ikintu ubwo butegetsi bwabicanyi bacibanga ni igiki?nukwenda banyina bobikora ntakinya bagiraabo nabantu ntibabaye ibikoko?nibahave twishirireho ubutegetsi nyabwo,izombundega zituve mumaso.zirakamaramara namabi zikoreyte abarundi.partez diable mechant.byebye 2015.turabakize sindababesha.

  3. Asifiwe

    Est-ce que vraiment l’incineration est la seule alternative a ce probleme?
    Moi je proposerais plutot l’instauration d’une nouvelle pratique d’enterrer les morts dans les proprietes familales comme c’est le cas au Kenya et en Tanzanie. Par exemple a Nairobi, seuls les etrangers et les sans familles ou des pauvres kenyans qui ne peuvent pas payer la transportation des leurs la d’ou ils sont originaires, sont inhumes dans la cimetiere publique de Langata. Les kenyans auxquels J’ai parle sont tres fiers d’etre mis au repos la ou ils appellent  » nyumbani », « i muhira »ou la tombe est respectee et entretenue par la famille. Je pense que notre gouvernement devrait y penser.

  4. Delta de la Rusizi

    Merci Chris pour votre clairvoyance. En osant proposer des solutions dont l’incinérations de nos morts, pour s’adapter par rapport a une population galopante, vous ouvrez une discussion sensible mais tres importante. J’espère que mes compatriotes et surtout les autorités prêteront une attention particulière à votre article en mettant de côtés les émotions.

    Nous tous, souhéterions accompagner nos chers disparus dans la dignité et selon nos traditions selon que les moyens nous le permettent. Mais après un certain moment les familles éprouvées via la levée de deuil, passent à autre chose pour vivre normalement. Vue l’evolution demographique, qui obligent les autorités à viabliser là où reposent les morts, leurs familles respectives replongent une fois de plus dans le deuil difficelement supportable au point de vue émotionel que financier.
    Entre deux maux, il faut choisir le moindre.

  5. dicle

    Absolument d’accord avec l’auteur.
    On ne peut pas toujours se cacher derrière la « culture » pour éviter de faire face aux défis présents et futurs.
    En passant, il n’y a rien de fondamentalement culturel (ni religieux d’ailleurs) à mettre des corps dans des caisses, elles-mêmes entourées de ciment ou autres matériaux. L’incinération a le mérite de sauver espace-temps-argent. Pour ceux qui insistent pour un enterrement, autant le faire sur le modèle simple des musulmans (d’ailleurs plus proche de la vraie tradition burundaise ou même du modêle biblique), qui ne recouvrent les morts que d’un linge et les mettent directement dans la terre. Même dans ce cas, les cimetières ne devraient avoir qu’une durée limitée d’exploitation avant d’être reconverti à d’autres activités (sans devoir déterrer les occupants).
    Finalement le vrai problème c’est l’explosion démographique qui doit être jugulée sans états d’âme. Procréer `comme des lapins` ne mène qu’à la catastrophe (même le Pape -à qui j’emprunte l’expression- le réalise)

  6. Busyuwundiburoroha

    L’incinération est un moen efficace pour notre miniscule pays. Cela serait à appliquer aux décès à venir, non les corps détérés! C’est honteux! Mais pour nos leaders burundais, s’il y en a bien sûr ,car j’en doûte; ce serait mieux d’appliquer une politique de naissance obligatoire en se limitant aux 2 enfants maximum ou moins! Cette naissance non contrôlée des enfants sans aucun avenir c’est une bombe à retardement!!!!!!!!!!!!!!!Continuez à vous enrichir injustement, à être maniaques du pouvoir au lieu d’attaquer aux problèmes du pays (burundais). Un jour ou l’autre vous verrez que vous avez commis une erreur irréparable quand ces vaurien malheureux vont s’emparer par forces de vos biens sans oublier de ligoter vos familles , vous-mêmes y compris! Comme Sarkozy l’a dit, moi aussi je renchéris, les Africains nous sommes encore dans la préhistoire!!!!!! Je vous raconte une anécdote: moi je vis à l’étranger; j’ai investi en Afrique en travaillant avec les mes soit-disant vrais amis et frères. Dans plus de 50 millions, au lieu d’avoir un bénéfice , on s,est accaparé même de mon capital!!!!!!!Après avoir discuté avec les autres africains qui sont à l’étranger, j’ai constaté que beaucoup de gens ont subi l même sort. Alors que voulez-vous qu,on fasse des Africains!!! Nous allons quémander éternellement!!!!Nous allons nous entre-tuer éternellement et les occidententaux vont nous encourager dans nos bébêtises, car ça les arrange dans le vol de notre richesse minières. À bon entendeur salut!!!!!!!!!Joyeuse saint-valentin!

  7. Karundi

    C’etait dans les annees 1990, le ministre de la sante d’alors avait propose l’incineration, le chef d’etat en la personne de Buyoya avait taxe son minstre d’egoiste et a prononce un niet sec! A part (peut – etre) l’ex president Bagaza, le Burundi est fait pour etre dirige par des gens sans aucune vision. Badutwara ngo « barye » gusa.

  8. Rupande

    Je pense que ca serai mieux d,ordonner les gens a enterrer les siens dans leurs propriétés car l,incinération n,est pas dans notre culture,je trouve anormal que tous les habitants de Bujumbura soient enterres a Bujumbura,alors qu,ils viennent dans d,autres provinces,je pense que les gens de l,intérieur du Burundi devaient être enterrées chez eux et dans leurs propriétés,comme le font plusieurs pays africains,le Kenya,Cameroun etc,cela fera que les cimetières publics ne soient pas satures

  9. Baravuga

    Karabaye, « akataraza karahinda ». Karashize ingani dutangure kuzura abacu bitavye Imana? N’akamaramaza. Mbe reta yabuze ahandi yoha abanyagihugu bubake atari murayo matongo y’abapfuye? Imico y’abarundi ntaho igisigaye, ko ubona reta ariyo itanguye kuzura abapfuye. C’est du jamais vu au Burundi.
    Concernant l’incinération des morts, je suis totalement contre. Ceux qui appuient cette méthode, ils n’ont qu’à le faire pour les leurs. ça me fait très mal de perdre quelqu’un, n’en parlons pas si je dois le bruler en plus. C’est mon point de vu.

  10. KABADUGARITSE

    Cher Haragazwe, quand tu cites Sarkozy, parlant des africains, tous tes racontars deviennent nuls.

  11. bagateranya

    Mana nzima imve ivyo bintu ayo n’amarushwa kubarundi hari uwozura uwo yamaze gufoba amuhambe kabiri
    Emwe akabi n’akabibi nakabonye …….ibdi

    • Barwendere

      Baraturira ababo jewe nzobahamba, canke bampambe, naho hazoba mwitongo iwacu ntaco

      • gakwego

        Je soutiens ce plaidoyer car il mérite qu’on en discute et je pense que c’est le souhait de Mr Harahagazwe qui n’impose rien mais propose une piste de réfléxion sur un vrai problème. Enterrer les gens sur leur proprieté ne résoud pas nécéssairement le problème à cause de la démographie galopante. Au sein d’une même famille, on compte beaucoup d’individus. Certaines réactions à cette article sont consternantes d’immaturité. Bien que je comprenne ceux qui veulent garder la tradition en enterrant les leurs, le fait est que quand on meurt… eh bien… on est mort! Incinéré ou enterré: on ne ressuscitera pas. Le Burundi a de vrais défis à relever et il va falloir y faire face avec lucidité.

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