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Économie

Parcem : « La structure économique burundaise doit changer ! »

12-01-2015

La Parcem a passé au peigne fin le système économique du pays et trouve qu’il y a des modifications à faire. Le directeur exécutif de cette ONG locale a, à cet effet, animé un point de presse, ce vendredi 9 janvier. 

Faustin Ndikumana : « La gouvernance économique doit changer à tout prix ! » ©Iwacu

Faustin Ndikumana : « La gouvernance économique doit changer à tout prix ! » ©Iwacu

D’après Faustin Ndikumana, depuis une certaine période, il s’observe une chute des coûts du baril de pétrole sur le marché mondial et pourtant, les consommateurs ne bénéficient pas d’une diminution des prix. La situation va de mal en pis.

Ils assistent à une hausse des prix. Il fait allusion au coût du transport en commun qui reste stable alors qu’il devrait baisser. «Cela est incompréhensible, voire pénible pour la population burundaise condamnée à endosser les conséquences.»

Ce n’est pas tout. Pour Faustin Ndikumana, la taxe sur les transactions de communication, qui vient d’être introduite, est un fardeau de plus pour la population. C’est comme «un coup de poignard dans le dos.» Il affirme que le pays s’englue dans une mauvaise gouvernance économique, ce qui engendre une introduction incessante des taxes.

Pour lui, il est grand temps que le gouvernement burundais songe à une solution viable pour faire face à cette faible gouvernance économique.

  2   Vos commentaires
  1. RUGAMBA RUTAGANZWA

    Notre problème au Burundi est aussi de ne pas avoir des médias capables de se pencher sur les problèmes économiques, de les analyser et de nous éclairer de temps en temps comme certains (dont I Wacu d’ailleurs) ils savent le faire dans le domaine socio-politique par exemple. Mais malheureusement I Wacu, comme les autres médias, manquent cruellement d’analystes et journalistes des questions économiques. D’où l’extrême rareté des articles économiques.
    Par exemple, aucun média national n’a analysé le dernier rapport du FMI qui disait que les progrès économiques du Burundi sont satisfaisants. Quand on est économiste (j’en suis un) et qu’on lit ce rapport, on voit tout de suite qu’il a été fait pour un pays docile, un pays qui a besoin des prêts de la Banque Mondiale ou du FMI pour tourner et payer ses fonctionnaires..
    Si le Burundi veut faire du développement avec ses propres idée-force, pour répondre aux besoins réels de sa population, non seulement on lui fera des difficultés pour lui accorder de l’aide et des prêts, mais les « rapports » seront aussi plus sérieux et exigeants.
    Que veut dire en réalité une croissance du PIB de 4,7% en 2014? D’abord, une grande partie de l’économie est informelle, donc non comptabilisée.
    Secundo: si le taux de croissance de la population est de 3,5% par an, cela veut dire que la croissance du PIB PAR TÊTE D’HABITANT est de … 1,2%!!! Avec une croissance pareille, cela veut dire que pour passer d’un revenu de $100/habitant/an en 2014 à $200/habitant/an (le double, quoi), il faudra … 60 ans!! (C’est la règle de 72). Et le FMI appelle cela … « satisfaisant »!!!!
    Forcément, on ne peut pas développer un pays avec du café ou du thé!! C’est impossible. C’est trop primitif! Et d’ailleurs, sur les $4 que coûte une tasse de café à New York ou à Genève, le paysan burundais ne touche que 10 centimes!! Le pays dans son ensemble (transporteur, État, etc) ne touche à peine que 50 centimes. Voilà la réalité de nos exportations qui sont nos premières pourvoyeuses de devises fortes au Burundi.
    Comment allez-vous développer un pays avec cela? Avec une agriculture aussi primitive, arriérée, non-mécanisée …. et le communiqué du FMI après sa mission au Burundi le mois passé parlait d’accroître… . la compétitivité du Burundi? Mia quelle compétitivité quand on n’a ni aucune industrie ni aucune usine digne de ce nom ? Je pense sincèrement qu’on se moque de nous !!!
    Il faut aller voir comment on produit le café, les bananes, les mangues, etc, au Costa Rica!!!!! J’y étais il y a 2 ans. Un petit pays de moins de 5 millions d’habitants, et même dimension que le Burundi. De très grandes plantations où tout est mécanisé et nous on est à la houe depuis la nuit des temps..
    D’après le communiqué, le secteur de la construction permet d’accroître la croissance. Je crois que ceci est une plaisanterie. Ceux qui construisent leur maison au Burundi le savent très bien. Probablement que 90% de tous les matériaux qu’ils utilisent sont importés!! Le pays ne produit rien: un peu de ciment, pas de fer, pas de serrures, pas de clés, pas d’ampoules, … et ni même pas …. les clous! Et le rapport du FMI ose nous dire que le secteur de la construction est en train de tracter notre économie ? C’est ridicule purement et simplement… !!!!
    Il ne faut pas se faire des illusions: aussi nos dirigeants) ne sauront pas où ils veulent aller et se fixent des objectifs mesurables pour y arriver, aucun espoir de développement économique pour le Burundi. . La misère sera toujours là sauf évidemment pour les 3 à 4% des Burundais qui tirent l’épingle du jeu et vivent bien.
    L’autre jour la RPA, que nous avons la chance d’écouter en ligne pour nous autres qui vivons en dehors du Burundi, parlait aujourd’hui des touristes aux parcs du Rwanda — 26’000 en 2013 et cela a rapporté 11 millions de dollars. Mais les dirigeants de ce pays ont joué un rôle « déterminé » et déterminant pour lancer ce tourisme et ce n’est pas terminé les dirigeants rwandais veulent aller encore plus loin dans le domaine de l’industrie touristique.

  2. Jean-Pierre

    Faustin a raison. Je vais l’appuyer en affirmant sans me tromper qu’actuellement aucun pays au monde ne peut se développer sans rendre la communication accessible à tout le monde. Nous qui vivons à l’extérieur du pays, nous ne pouvons plus appeler les nôtre pour les aider à se développer eux-même et en même temps à développer le Burundi. Avec $5 canadien, je ne parle que pendant 8min. Si j’ai un business et que je dois communiquer 1h par jour, je dépenserai 35$ par jour ou plus ou moins 700$ par mois. Voici comment on nous a découragé à investir chez nous. Avant la hausse des taxes sur les appels entrant au Burundi, je dépensais au moins 40$ par mois. Aujourd’hui j’ai cessé tout simplement d’appeler et je ne suis pas le seul. Qu’a gangé ceux qui ont haussé ces taxes? Au moins sur les 40$ l’état percevait quelque chose. Aujourd’hui c’est rien. Je demanderais d’ailleurs au ministère des finances en collaboration avec la RCT d’évaluer l’impact de la hausse de la taxation des appels entrant et voir si son annulation ne serait pas plus bénéfique. Sinon, je leur dirait qu’avec la fibre optique et les applications gratuites comme Viber et autres, l’Etat buurundais va perdre sur toutes la ligne en cette matière. Quant à la hasse des taxes pour les communications internes, les gens vont cesser d’appeler faute de moyens et le développement en pâtira proportionnellement.

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