Société

Osons le dire / Quand le sexe peut être un véritable tue l’amour

21/09/2016 Clarisse Shaka 13

Lors d’une rencontre organisée à l’intention des couples mariés, une réalité est mise en évidence : certaines pratiques sexuelles ne sont pas les bienvenues dans la vie conjugale.

carcature03Son mari rentrait ivre mort presque tous les jours. Brutalité et violence s’en suivaient. Elle n’était jamais satisfaite au lit. A 38 ans, une femme vient de quitter son foyer. C’est l’un des cas auquel Bény Ndayishimiye, le conseiller conjugal et sexuel, a fait face lors de ses séances de thérapie.

« C’est au lit que se construit ou se détruit la vie conjugale », affirme ce conseiller conjugal et sexuel, devant une cinquantaine de couples qu’il a réunis, le 10 septembre à La Détente. C’est l’une des rencontres organisées chaque mois par ce conseiller à travers sa société « Twubake », au profit des couples mariés. Cet après-midi là sera placé sous le thème « Le sexe comme outil de destruction ou de construction de la vie conjugale » et le tabou sera brisé.

L’égoïsme sexuel de l’homme source de l’insatisfaction de la femme, le manque de découverte du corps du partenaire, des positions « inadéquates » vues dans les films pornos, etc, la vie conjugale est menacée par tout un tas de choses « ignorées par les couples», selon M.Ndayishimiye.

La femme-pilote des rapports sexuels, un idéal

Un rapport sexuel réussi est celui piloté par la femme, selon Bény Ndayishimiye. C’est d’ailleurs une réponse pour celles qui ne sont pas satisfaites.

Car, pour Bény, c’est rare qu’une femme qui pilote le rapport sexuel ne soit pas satisfaite. Pour y arriver, les femmes doivent être ouvertes. Elles doivent découvrir leurs zones érotiques. « N’ayez pas peur, osez ! », lance Ndayishimiye à l’endroit des participantes.

Il confie que nombre de Burundaises sont réticentes par rapport à certaines pratiques sexuelles. A cet égard, il évoque le cas d’une jeune femme qui lui a avoué qu’elle ne peut jamais être au dessus de l’homme, lors des rapports.

« Ce serait déshonorer mon mari », s’estelle expliquée. Le conseiller sexuel décourage fortement cette mentalité. Par ailleurs, la nudité du partenaire est un stimulant du désir, explique-t-il. « C’est même une thérapie pour celui qui souffre du manque de libido. »

Mais le public ne semble pas convaincu. Des interventions fusent. Une jeune mariée, la trentaine, met en cause certaines pratiques (« kunyonga », (onduler) par exemple), ou la consommation des médicaments pour une meilleure performance sexuelle. Le conseiller conjugal et sexuel est du même avis. Il estime qu’un bon rapport sexuel est naturel. Pour les médicaments, celui qui n’est pas prescrit par un médecin est à éviter.


Autres temps, autres moeurs

Autrefois un sujet tabou, la sexualité semble sortir de l’ombre. Le conseiller conjugal et sexuel dresse quelques points de divergences.

Une conférence des couples mariés, animée par Bény, où la plupart des participants sont des femmes.
Une conférence des couples mariés, animée par Bény, où la plupart
des participants sont des femmes.

La sexualité peut aujourd’hui être discutée en public comme en témoignent les conférences de Bény Ndayishimiye.

Dans le temps, indique-t-il, le sexe était un sujet totalement tabou. Des adages indirects comme : « umugabo nuworya utwiwe n’utwabandi », « niko zubakwa » montrent cette réticence, l’on ne pouvait pas prononcer le mot juste, exact.

Dans la pratique sexuelle d’autrefois, il était interdit aux partenaires de découvrir le corps de l’autre. Pas question de se dévêtir. On pratiquait des rapports sexuels à tort et à travers qui ne visaient que la reproduction…

Le mot « plaisir » n’était pas connu. La femme était comme un objet : elle ne faisait que s’allonger au lit, toute la suite réservée à l’homme.

L’infidélité était assez tolérée pour les hommes seulement. La femme n’avait pas le droit de dire quoi que ce soit, car « niko zubakwa » (c’est ainsi, la vie de couple) Ces mentalités persistent surtout en milieu rural, selon ce conseiller.

Lors d’une descente à Kirundo dans le cadre de ses activités, des paysans lui ont confié qu’ils ne savent pas à quoi ressemble un baiser ou une caresse. Les préliminaires n’existent pas chez eux.

Actuellement, la situation a changé. Non seulement des pratiques sexuelles « copiées à l’occident » naissent (positions diversifiées, fellation et cunnilingus, etc.) mais aussi les femmes s’intéressent plus à la sexualité.

Lors des rencontres de Bény Ndayishimiye, la plupart des participants étaient des femmes seules. Or, c’est supposé être des séances de couples. Les hommes croient qu’ils ont des connaissances suffisantes sur le sexe, selon le conseiller. De surcroît, « les hommes prennent les choses à la légère », maugrée une jeune mariée, interrogée sur l’absence de son mari. Selon elle, les hommes prennent à la légère les problèmes du couple. Ils ont la tête dans la finance.


Qui est Bény Ndayishimiye ?

beni-ndayishimiye-sexologueNatif de la zone Bwiza, ce jeune citadin, 30 ans, a suivi une formation universitaire en ligne à l’institut CLER, en France, département de conseiller conjugal et sexuel.

Depuis peu, il organise, à titre personnel, des conférences sur la sexualité au profit des jeunes, célibataires et couples mariés. Mais il était déjà serviteur de l’Eglise catholique comme évangélisateur dans le domaine spirituel et sexualité (chasteté), depuis 2006.

Depuis qu’il anime ces conférences, des critiques fusent de partout. « D’où tiret-il ces propos ? Comment un jeune célibataire peut-il enseigner les mariés ?… »Sa compétence est mise en cause par certains, dans la capitale.

D’autres admirent le courage de ce jeune engagé. Nancy, une jeune mariée qui ne rate jamais les conférences de Bény affirme que ce dernier apporte des réponses aux nombreux problèmes que rencontrent les foyers. Clair, direct. Chez
lui, pas de tabou. C’est ce que Nancy admire chez lui. Bény Ndayishimiye est actuellement préparateur des couples fiancés à l’église St Michel. Sa mission : « sauver les jeunes couples, à tout prix. »

Forum des lecteurs d'Iwacu

13 réactions
  1. Jean Luc

    Uwo musore yarakwiye abagabo bokorana. Kuko ivyo yize mwishure ntabwo bihagije.
    Atari uko nimba nawe nyene yifasha kubandi
    Kuko kirazira guhanura umugore yubatse nawe utarubaka. Aritonda ntahave agwa mumutego. Asange ariko arafasha abandi bagabo kububakita ingo

  2. Bakari

    @Black
    Les meilleures théories qui restent inapplicables ne dépassent pas l’étape du baratin.

  3. Bakari

    @black
    Je croyais que les meilleures theories sont validées par la pratique.

  4. Black

    En philosophie des sciences, les meilleures theories se preoccupent peu de la pratique.

  5. Dr Havyarimana Jean de Dieu

    courage mon frère. C’est juste bon de donner tes réponses aux couples qui risquent de s’effondre pour sauver tant d’âmes en perte de vitesse dans l’engagement pris volontiers et celles qui s’y préparer. De cette ignorance des réalités sur la vie de couple réussi je voudrai ajouter que c’est même l’origine des violences sexuelles et basées sur le genre dans nos ménages (VSBG) fondées bien sûr sur ces inégalités de pouvoir entre l’homme et la femme que la société nous a façonnées. S’il vous plait intégrer ce volet dans tes conferences . Ça sauvera plus de couples. Si tu es intéressé mes compétences en la matière seront à votre entière disposition. Courage et je suis émus

  6. MBIRIGI

    Mbe nyene, ivyo avuga abizi he ko akiri umusore? Amabanga y’abubatse ayazi he? Mbe nkubu ko atigeze avuga ko umugabo n’umugore bashobora kumara iminsi myinshi atanumwe ashaka kurangura amabanga, bitewe n’ubuzima buzimvye baba barimwo? Mbe hoho kwatavuze ko position ishobora kuba imwe gusa bitewe n’uburuhe bw’akazi k’umwe canke ka bose? Mbe ivyo yigisha arabifitiye certification???? mbe izo nyigisho atanga aribazako harigihe zishobora gusambura ingo aho kuzubaka? Mbe hari uwagiye kumwitwarako? Mbe izonyigisho atangira kuri paroisse saint michel, zirabereye gutangirwa mwiparoisse? Ahubwo n’afatwe apfungwe n’umu escro ashaka ico yirira. Iyaba zatangwa n’umuntu yubatse kandi abisemwo uburambe hoho vyokwumvikana.

  7. Ntwari

    Peut être avec des jeunes filles célibataires.. Qui pour elles, cela n’est pas de l’infidelité vu qu’elles ne sont pas encore engagées !

  8. congo

    Hier ce sont les prêtres non mariés qui nous apprenez comment vivre en couple . Une aberration qui doit persister. Et le jeune homme qui nous apprend les femmes, le sexe et la chasteté. Et avant les populations fesaient comment? Qui a appris à faire l’amour? Ce ne sont que des problèmes de riches.

  9. jojo

    Mr Muhira, quelle question! Avec les femmes, naturellement! Et pas seulement des plus jeunes ou de simples filles célibataires, mais aussi et surtout de femmes mariées. Les nombreuses histoires d’infidélité, passées mais surtout actuelles sont là pour témoigner.
    Ça fait partie des clichés et de lieux communs dont les femmes s’accommodent à plaisir. Évidemment, on reconnait aussi dans ce cliché quelque chose de l’hypocrisie à la burundaise, même si, mutatis mutandis, la chose reste une constante ailleurs dans le monde. Cela étant, je reconnais que le propos est digne de débat. Merci au conférencier Beny, merci à la journaliste Shaka.

  10. Bakari

    @Muhirwa
    Avez-vous besoin d’un dessin? Dans les bordels, probablement!
    Par ailleurs Bény Ndayishimiye devrait passer au plus vite, de la théorie à la pratique! Cela lui permettra de convaincre les plus sceptiques en citant ses propres exploits!

  11. MIZA

    “… Chez
    lui, pas de tabou…”. Tous les sujets devraient être discutés dans le respect des uns et des autres…même en politique. Si non, tuzokwama hahandi.

  12. Bravo, c’est une tres bonne initiative

  13. Muhirwa

    “L’infidélité était assez tolérée pour les hommes seulement.” Et avec qui, alors?

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