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Opinion

OPINION – Une Burundaise élève la voix à l’occasion de la journée internationale dédiée à la paix

23-09-2015

Femmes (3)Nous commémorons, le 21 septembre 2015, la Journée Internationale de la Paix, une journée déclarée par l’Assemblée Générale des Nations en 2002 comme consacrée à “renforcer les idéaux de paix au sein des nations et des peuples.” C’est une occasion importante à commémorer, puisque la paix demeure une aspiration profonde pour le peuple burundais dans son ensemble mais pour les femmes burundaises en particulier.

En 2000, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a formellement reconnu l’impact disproportionné de la guerre sur les femmes en adoptant la Résolution 1325. En reconnaissant la violence ciblée contre les femmes, la Résolution sert aussi comme une base pour l’implication des femmes comme agents du changement, artisanes de la paix et décideurs à tous les niveaux. Les Résolutions d’appui sur les Femmes, la Paix et la Sécurité telles que les Résolutions 1820, 1888, 1889, 1960 et 2106 renforcent l’engagement international à traiter de l’impact des conflits sur les femmes, et plus particulièrement à aborder l’impact de la violence sexuelle.

Les femmes burundaises, qui par ailleurs sont parmi les acteurs qui ont influencé le vote de cette résolution, à partir des leçons apprises de leur implication au processus d’Arusha, ont fait bonne usage de cette résolution en réclamant des mécanismes de leur inclusion dans la gouvernance du pays. Cela fut matérialisé par l’inscription dans la constitution du quota minimum d’au moins 30% dans les institutions clés qui gouvernent le pays.

Au moment où on faisait le plaidoyer pour la prise en compte du genre dans la gouvernance du pays, c’était avec une ultime conviction que leur participation peut faire la différence et que en faisant appel à leur instinct maternel, elles n’allaient plus tolérer que notre pays retombe dans des atrocités que nous pensions désormais qualifier d’un autre âge.

En ce qui me concerne, j’avais cru que les élections allaient peut être mettre fin à la polémique entre ceux qui sont pour ou contre le troisième mandat du Président de la République car il est évident que ceux qui ne se sont pas sentis concernés par les élections n’allaient pas demander les dividendes. Mais le seul dividende que nous devrions tous partager est LA PAIX qui permettrait à tout un chacun de vaquer a ses activités quotidiennes, quelles qu’elles soient, et continuer à vivre.

Mais les actes de tueries, d’enlèvements, d’arrestations arbitraires accompagnées souvent d’actes de tortures graves auxquels nous assistons freinent les initiatives d’auto développement et de développement du pays. Les cœurs des mamans saignent car une maman ressemble à un autre, les cœurs des mamans crient et personne n’entend. Tout le monde crie et chante la paix mais on ne la voit pas venir. Il fut un moment où on comptait le nombre de cadavres que la crise a déjà produit, aujourd’hui on ne compte plus. La mort touche aujourd’hui les grands et les petits, les moyennement grands et les moyennement petits et chacun a un classement quelque part.

On ne sait plus qui tue qui, qui est contre qui, qui est avec qui ………autant des questions qui bouillonnent dans nos têtes. Les enquêtes commencent et se terminent quand les commanditaires ou les responsables de ces enquêtes le veulent. Pour les autres, on se contente d’écrire sur les fleurs (tout le monde n’a pas non plus ce privilège) que la terre vous soit légère. ’’Na kare agapfuye kabazwa ivu’’.

Les femmes burundaises ont vu la crise venir et ont organisé des activités de prévention a l’instar de cette marche manifestation organisée en date du 20 décembre 2014 appelant tous les acteurs politiques à mettre en avant la paix avant, pendant et après les élections, vœux illustré par le slogan « La paix d’abord, la paix ensuite, la paix enfin ».

Á l’occasion de la Journée Internationale de la Paix cette année, j’aimerais inviter les femmes a constituer une armée sans armes .L ‘expérience du passe nous a montré que quand les femmes se mettent ensemble, elles réussissent la ou les hommes ont échoué. Aujourd’hui, tout le monde parle dialogue mais on ne le voit pas venir. Les burundais sont devenus tellement difficile à gérer que le rôle prestigieux de médiateur est refuse pour le cas du Burundi. Franchement parlant, en tant que femme burundaise, je ne me sens pas honorée par cette réputation.

Chères sœurs burundaises, femmes se trouvant dans les institutions parlementaires et au gouvernement, femmes leaders des organisations, il ya vacance de postes de médiateur/trice au Burundi et nous sommes capables.
En attendant que les parties en conflit nous acceptent, préparons nous, faisons notre dialogue entre nous. Les partenaires nous tendent la main pour nous aider à nous organiser pour contribuer a restaurer la paix dans notre pays, ne la refusons pas. Ils nous attendent pour renforcer nos capacités en diverses matières en l’occurrence en matière de médiation et négociation de paix. Pourquoi refusons de telles opportunités ?

L’histoire des pays qui ont connu des conflits, surtout en Afrique, a prouvé qu’une paix durable est impossible sans l’implication des femmes. Après des années de guerre et des pertes incalculables en vies humaines et en biens matériels, après des années passées a négocier la paix matérialisée par l’accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation en Aout 2000, qui malheureusement fait l’objet de discorde aujourd’hui , il est grand temps que chacun écoute son cœur et agisse selon ses compétences et capacités . Je n’ose pas interpeller le gouvernement, j’interpelle les femmes, les grandes et les petites pour constituer un front commun pour la paix.

Catherine MABOBORI

*Les articles de la rubrique « opinion n’engagent pas la rédaction »

  5   Vos commentaires
  1. avatar KABADUGARITSE

    Quelles sont les réalisations de Mabobori quand elle était parlementaire? Ubu habavye none atanguye kurondera ikiraro ajabukirako! Bwari ikindi iyo bumenya umwe.-

  2. avatar hat

    Une femme Burundaise élève la voix: après plus de dix ans en qualité de député d abord de la société civile puis de l Uprona, c’est aujourd’hui qu ellee se rend compte q de son utilité ? Elle a participé aux décisions du pays et devrait être comptable de celles ci au lieu de se présenter comme vierge en politique.

  3. avatar cleanPP

    Madame, vous avez accompagne votre ami ancien president jusqu’a maintenant. Vous ne savez Pas qui tue qui? Vraiment? Si vous voulez manger comme avant, dites-le directement. Addressez-vous a qui veut vous donner a manger. Quand vous etiez aux commandes recemment, tout fallait bien, tres bien? Vous ne voyiez pas, ce n’est Pas maintenant que vous vous posez en donneur de lecons. Vous avez tout fait pour saper cette PAIX qui vous est si chere. De grace, arreter de danser sur les tombes de ces pauvres lachement assassines par ces gens que vous connaissez tres bien.

  4. avatar rita

    Je suis d’accord sur la capacité féminine qui est énormément grande. Mais assumer le rôle de médiateur dans le conflit burundo-burundais, ce n’est pas si simple que ça! Il a été d’ailleurs bien dit que même d’autres (internationaux) se désistent! Par contre, il y a lieu de penser à d’autres actions que vous pouvez envisager (à y réfléchir), qui peuvent être plus porteur de fruits que ce rôle de médiateur. Ce dernier ne serai qu’un placebo administré à un patient que l’on sait pertinemment qu’il ne va pas survivre à sa maladie! Chères braves dames, intellectuelles burundaises, vous connaissez le problème qui gangrène notre chère Patrie, pour avoir vécu la situation ou tout au moins pour avoir suivi la situation par des canaux divers, il est souhaitable de votre part, d’administrer le médicament à principe actif pour notre situation, et la Nation entière vous sera reconnaissant!

  5. avatar Birahuhutse

    Trop de contradictions. Tu avais cru que les élections, avec Nkuru…..violant la Constitution et l’Accord d’ Arusha, allaient ramener la paix au BURUNDI……C’est vraiment dommage que tu y as cru avant d’ avoir pensé aux conséquences catastrophiques que le forcing allait provoquer. Merci quand-même pour ton cri d’ une maman qui, je l’espère, sera cette fois-ci entendu par ceux qui bouchent leurs oreilles pour ne pas entendre, ou à défaut d’eux par le Dieu miséricordieux, compatissant et juste.

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