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Opinion

Un Printemps arabe ou un bourbier syrien pour le Burundi ?

04-08-2014

A la fin de son article ‘Le printemps arabe et nous’, apparu dans Iwacu le 2 juillet 2014, Jean-Marie Ngendahayo soulève la question d’un Printemps Arabe au Burundi. Cette comparaison m’interpelle et me pousse à la réflexion, à la fois en tant qu’Arabe libanais et en tant qu’expatrié vivant sur les bords du Lac Tanganyika depuis presque 4 ans. – par Salim Mawad

Le Printemps arabe burundaisSelon l’auteur, si la situation de pauvreté, de mauvaise gouvernance et de corruption continue au Burundi « … le tsunami politico-social que vit le monde arabe est de moins en moins une vue de l’esprit sur les bords du Tanganyika … »

Est-ce un souhait ou un constat réaliste de l’auteur, émanant de sa connaissance du contexte sociétal burundais et des dynamiques au sein de la jeunesse de sa nation ? Ou est-ce plutôt l’appel d’une classe élitiste-bourgeoise-activiste à un changement sociétal au Burundi ?

La pauvreté, l’avenir incertain d’une jeunesse et la mauvaise gouvernance ne sont pas nécessairement des conditions suffisantes au déclenchement d’une révolution, mais plutôt les catalyseurs de sa genèse. Au fil de l’histoire, les idées révolutionnaires, bon gré malgré le romantisme, étaient le plus souvent instrumentées par une élite intellectuelle socio-politique et/ou socio-économique, livrées ensuite à la masse  afin qu’elle fasse le nécessaire pour les mettre en œuvre.

Il semble que la région des Grands Lac n’a pas connu de révolutions venant de la « base » : les laïcs contre le clergé, les pauvres contre les riches corrompus ou une masse populaire contre la tyrannie, et ce, à l’instar des révolutions française, bolchévique ou plus récemment des révolutions du Printemps Arabe. Cependant, des mouvements indépendantistes ont vu le jour et étaient orchestrés par une bourgeoisie monarchique Rwagasorienne, comme au Burundi, ou par des « évolués » Lumumbistes tel que cela fut le cas au Congo au début des années soixante. Cette élite, cette bourgeoisie, ces évolués d’antan lançaient leurs slogans au nom du peuple, mobilisaient les masses, les invitaient à prendre les rues et à se précipiter aux urnes pour différentes causes. Malgré la volonté et les efforts, ils retombaient trop souvent dans une autre précarité. Et pourtant, c’est ainsi qu’étaient semées les premières graines du changement.

Le monde arabe et ses révolutions inachevées ne font pas exception à cette règle. Malgré toutes les critiques que l’on pourrait faire sur le succès de ces mouvements révolutionnaires, le panorama sociétal marqué par le refus de la tyrannie en Egypte, en Lybie et en Tunisie se consolide avec le temps. La Place Tahrir du Caire et d’autres places publiques à travers le monde arabe, qui fut soumis à des dictatures pendant des décennies, sont devenues des points de rassemblement pour les contestataires de la réapparition de la dictature, de la mauvaise gouvernance, de la pauvreté et surtout de la marginalisation de la jeunesse.

La Syrie, elle, est un phénomène révolutionnaire tristement alarmant. La volonté des Syriens pour un changement de régime s’est vite effondrée devant les agendas géopolitiques des grands acteurs régionaux et internationaux. La dégénérescence de la révolution syrienne ne pourrait être qualifiée que d’une métamorphose de la « verticale » vers « l’horizontale ». Aujourd’hui, la révolte verticale du peuple contre le régime en place est devenue une guerre civile horizontale entre les différentes factions syriennes et régionales mettant en cause le Printemps arabe de la Syrie et affaiblit sévèrement la légitimité de la cause initiale.

Le Burundi devrait-il s’inspirer du Printemps Arabe pour initier un changement sociétal? Dans ce cas, ne tomberait-il pas dans un bourbier politico-ethnique avec une dimension régionale, comme la guerre confessionnelle fondamentaliste islamiste qui bat son plein en Syrie? Si oui, le Burundi est-il immunisé au déversement politico-ethnique et sécuritaire qui pourrait aller au delà de ses frontières ? Jusqu’à ce jour, les multiples révoltes burundaises ont abouti à des conflits ethniques meurtriers au sein de la population et aux luttes d’un groupe contre un autre afin de regagner le pouvoir et, avec lui, les ressources du pays.

Pourtant, la révolution n’est pas nécessairement un acte de violence, mais plutôt de ferveur dans la poursuite de ses objectifs sociaux et pacifistes. Elle peut donc être menée par un gouvernement conscient de ses responsabilités, par une élite engagée ou encore par un citoyen informé, mais elle nécessite une volonté. La volonté d’une de ces trois composantes sociétales existe-elle au Burundi d’aujourd’hui ?

Une réponse à cette interrogation me fut fournie par une jeune burundaise: « … les Barundi ne sont pas prêts pour une révolution… ça ne fait pas partie de notre culture, on garde le silence et on n’ose pas ! ».

Aujourd’hui le Burundi, avec son gouvernement, une partie de sa société civile et ses citoyens, se prépare à traiter des conséquences de son passé douloureux par la mise en place d’une Commission Vérité et Réconciliation (CVR) assez controversée. L’avenir nous dira si cette CVR sera en mesure d’épargner une autre révolte sanglante au pays au profit d’un soulèvement pacifique qui révèlera la vérité, punira les coupables, rétablira les victimes dans leurs droits et contribuera à la non-répétition des conflits. Mais pour y parvenir, le silence devra être brisé !

  29   Vos commentaires
  1. avatar Zuguruzuguru

    Quelles revolutions arabes?!!
    1. Tunisie, c’etait un coup d’Etat militaire, qui a donne une partie de pouvoir aux cilives
    2. Egypte, coup occidental contre le monarque, passant par deux axes, manipulation populaire et main mise sur l’armee egyptienne qui dependait bcp des cooperations americaines.
    3. Lybie: Revolution Sarkozy tout court!
    4. Syrie: Alliance contre nature: Quand l’occident alimente les terroristes pour renverser un ennemi! Rien de syrien!

    • avatar borntomakelovenotwar

      Et encore, l’argent de Khadaffi que Sarkozy ne voulait et ne pouvait pas payer. Plus la peur d’une Afrique forte autour de Khadaffi, Zuma, Mugabe, Museveni, Béchir et les autres a fait que l’Occident tue Khadaffi pour faire peur aux autres. L’Afrique est encore le bourbillon des conflits au profits des Occidentaux qui pillent les ressources naturelles de l’Afrique, aliment en armes de tous genres, et ayant créé l’instabilité en Afrique, les Occidentaux gardent l’argent des Africains dans les banques occidentales pour financer le même Occident au lieu de financer l’Afrique. Rien de révolution, mais seulement les intérêts occidentaux qu’ils faut consolider en détruisant le reste du Monde.

  2. avatar Terimbere

    C’est au tour des bebes de 4 ans a apprendre aux Burumdais comment se soulever!
    Uwigize igisaka, ….

  3. avatar umurundi

    Une interprétation purement subjective, l’indignation n’est pas culturelle elle est propre à l’homme et il n’existe pas de baromètre pour « révolution imminente » : http://www.liberation.fr/politiques/2011/08/02/l-indignation-une-passion-morale-a-double-sens_752696 et http://owni.fr/2011/03/10/pourquoi-on-ne-peut-pas-predire-les-revolutions-par-les-donnees/

  4. N’osez surtout pas à appeler les Barundi à la revolte, je peux dire pourquoi:
    -Regardez le Maroc qui a échapper au printemps arabe, il est pour le moment le pays le mieux stable de la region maghrebine! Mais il ya les raisons qui ont fait qu’il échappe audit printemps qui n’est autre que la compétence des dirigeants qui ont su endiguer certains problèmes en essayant d’y trouver des solutions à temps; ce que n’ont pas fait les dictateurs qui étaient au pouvoir dans les autres pays qui croyaient en leur force.
    Pour le cas du Burundi, on peut dire qu’aussi longtemps que les dirigeants essaieront de contenir les problèmes qu’a le peuple en utilisant la force id-eest Empecher les manifestations pacifiques, empecher les autres partis de fonctionner librement…… le Burundi sera en train de se construire une bombe qui d’un jour à l’autre explosera.
    En parlant du printemps arabe, souvenez vous de mentionner les pays Arabes qui n’ont pas été touchés et pourquoi ils n’ont pas été touchés, les avantages et les inconvenients pour les deux cas et la leçons qu’ont peut y tirer!

    • avatar kabura

      @Au Travail
      A mon humble avis, les pays arabes qui n’ont pas été touchés par ce que l’on appelle « printemps arabe » ne l’ont pas été, non pas parce que leurs dirigeants étaient plus malins, mais plutôt parce que les occidentaux n’avaient aucun intérêt à déstabiliser ces pays. Il est très clair que ce ne sont pas les libyens, les tunisiens, les syriens, les afghans, les irakiens et autres qui ont mis leurs pays à feux et à sang. Il y avait une main étrangère parfois invisible. Le cas le plus parlant est celui de la Libye. On a fait croire aux non initiés qu’il y avait une révolte interne de la part des libyens, alors qu’il n’en était rien, juste pour trouver un prétexte pour envahir le pays qui était l’un des plus stables et développés d’Afrique. Maintenant que tout est démoli, ils plient tous bagages et rentrent chez eux, abandonnant les libyens dans l’enfer dans lequel ils les ont plongés délibérément. Si vous chercher des mécontents du régime en place, vous en trouverez partout, quelque soit le niveau de « démocratie » du régime en place. S’appuyer sur des agitateurs mécontents pour détruire ce qu’un pays a mis parfois des décennies à construire et comme si cela ne suffisait pas, détruire ce même peuple est tout simplement cruel. Il faut arrêter de parler de révolutions ou printemps arabes. Ces médias qui décriaient tant la soit-disant dictature de Kadafi, aujourd’hui, ils omettent sciemment de parler de l’origine de la situation actuelle en Libye. Pourquoi à votre avis? J’aimerais avoir l’avis de Sarkozy là-dessus! Il faut que les burundais arrêtent de croire que le salut leur viendra de l’étranger.

  5. avatar Ndereyimana

    Cher auteur ,qui peut dire que les printemps arabes ont ameliorer la vie ces population
    Regarder la libye d’avant Kadhafi et celle du juillet 2014 ,l’Egypte de la place Tahir qui a remis les memes militaires qui travaillaient sous les ordres de Moubarak en emprisonnant le president elu Morsi
    la tunisie qui n’est plus que l’ombre de lui meme sans parler de la syrie ou c’est devenu le champs d’entrainement des differents constructeurs d’armee . les revolution arabes ont decu les populations localeset fut un echec sur le plan international initiateur de ces dernieres car toutes ces revolution ont ete menee par different membres de leur dispora a l’etrangers cfr (Libye,syrie) et des voutours politiques locaux (Egypte)
    Au burundi si il doit y avoitr une revolution ,elle doit voulu par toutes les couches de la population du paysan dans sa propriete jusque au intellectuel de buJumbura ce qui obviously n’est pas encore le cas du moins d’apres le scrutin de 2010.

    IL ne faut toujours fantasme sur nos reves et les prendre pour des realites.Si demain on veut detruire le minimum de stabilite qu’on a aujourd’hui je suis d’accord avec l’auteur :copions les revolutions arabes mais si on veut un changement j’appelle les futurs dirigents se preparer des maintenant comment ils vont diriger le pays demain car un pays n’est pas une voiture on ne le dirige pas a vue il faut un programme et des des gens qui vont le realiser

  6. avatar Mthukuzi

    De cette analyse je retiens particulièrement un constat qui, je le crois, marque la grande difference entre les protagonistes du conflit social au Burundi d’un côte et ceux des pays du printemps arabe. Avec peut-être pour exception la Libye dont les acteurs de la revolution regroupaient des interêts fortement heterogenes parmi lesquelles des elites dechues et des federalistes qui ne se battaient pas pour la cause populaire nationale, mais d’abord pour leur region, en l’occurrence Benghazi.
    A l’oppose de la Tunisie et de l’Egypte, il n’y a pas au Burundi – en tout cas à ce jour – de mouvement populaire (ou citoyen) non manipule par les elites (actuelles ou anciennes) et depourvu de toute consideration politico-ethnique. Alors que le combat pour le changement dans ces pays etait mene par les masses et pour les masses, au Burundi, c’est une partie de l’elite qui se sert des masses pour chasser une autre partie de l’elite qui, elle aussi se sert des masses pour garder ses privileges.
    Les revendications sont sociales, certes, mais la strategie reste politique et le combat se cristallise autour des blocs politiques (majorite Vs. opposition + societe civile). C’est ainsi que nous avons des categories de personnes que tout rassemble (socialement parlant), mais qui se retrouvent dans des camps opposes.
    La Syrie, comme l’a dit l’auteur, a vu sa revolution prise en otage par des interêts depassant ses frontieres, mais l’origine du mouvement etait similaire à la Tunisie et l’Egypte.

  7. avatar Mutima

    … »Une réponse à cette interrogation me fut fournie par une jeune burundaise: « … les Barundi ne sont pas prêts pour une révolution… ça ne fait pas partie de notre culture, on garde le silence et on n’ose pas ! » »…

    Cher Monsieur Mawad, cette jeune burundaise qui vous a dit cela a trouvé la réponse la plus évasive qui lui a semblé la plus crédible!

    J’aimerais savoir ce que qu’elle a voulu insinuer par « garder le silence », et vous aussi par « briser le silence ». Quel silence? Vous appelez cela du silence, tout le vacarme qu’on entend à la RPA, à la Radio Isanganiro, à Rema FM, dans l’Internet, dans les journaux, les rapports de la société civile, des organismes internationaux comme HRW, Amnesty International, les conférences de presses des partis d’opposition et de ceux qui les supportent, P.-C. Mbonimpa, Manirumva, Nditije, Nibigira, Nininahazwe, etc.?… Pourriez-vous qualifier votre article de silene ou de bri de silence?

    « Briser le silence », c’est commencer à parler et à communiquer son message! C’est pourquoi je vous demande de quel silence vous voulez briser ou faire briser. Parce que je ne connais pas beaucoup d’endroits en Afrique où il y a autant de « ce silence » dont vous parlez!… C’était ironique!… C’était pour éviter de dire un mot pas très catholique comme… « grandes gueules »… Remarque! J’en fais partie!…

    • avatar Mutima

      Iwacu!… Vous censurez maintenant? Il y a une bonne frange de mon commentaire que vous avez coupée… Je suis indigné!… 1000 fois!

  8. avatar GAHINI Abel

    Cette analyse est de loin celle d’un libanais qui n’a que 4 ans chez Ntare Cambarantama.

    • avatar Stan Siyomana

      @Gahini : « …un libanais qui n’a que 4 ans chez Ntare Cambarantama »
      1. Quatre ans comptent quand meme comme experience dans un pays etranger donne.
      2. Il y a peu de gens au monde qui peuvent dire qu’ils ont deja passé quatre ans dans un pays qui n’est pas le leur (fut-il celui de Ntare Cambarantama.
      A Moscou, dans l’ex-Union Sovietique, les etudiants etrangers aimaient dire que quand vous commencez a jurez comme les Russes AU BON MOMENT, c’est que vous commencez a maitriser la langue russe. Et cela arrivait environ vers la troisieme ou quatrieme annee des etudes.
      C’est la meme chose, que ce soit chez Ntare Cambarantama (Kirundi), chez Mwalimu Julius Nyerere (Kiswahili), chez Barack Hussein Obama (Anglais) ou partout ailleurs dans le monde (ou la diaspora burundaise est eparpillee et est la pour l’attester).
      Merci.

      • avatar GAHINI Abel

        Bien mon cher Stan. Je sais , de par tes commentaires , que tu as un sens d’analyse. Je te demanderais de revisiter l’analyse de notre cher libanais et de me dire, si c’est pas un chercheur(occupé a ne faire que ça, ce qui m’entonnerais d’ailleurs)comment il a pu, pendant seulement 4 ans faire une analyse aussi multidimensionnelle que multidisciplinaire de la sous région. Faut jamais oublier que l’info a plusieurs fonctions.

        • avatar Stan Siyomana

          @Gahini Abel
          1. Merci beaucoup de votre compliment?/encouragement? (sur le sens d’analyse). J’essaie de voir si je peux avoir raison dans l’un ou l’autre commentaire meme si ca fait bien longtemps que j’ai quitte le Burundi.
          2. Jusqu’a maintenant je n’ai pas compris quelles erreurs vous avez decele dans l’analyse de Salim Mawad.
          3. Seulement, par « Comment il a pu, pendant seulement 4 ans faire une analyse aussi multidimensionnelle que multidisciplinaire de la sous-region. Faut jamais oublier que l’info a plusieurs fonctions », j’ai l’impression que vous lui en voulez de savoir trop sur le pays de Ntare Cambarantama.
          Merci.

          • avatar d.6a

            @Gahini Abel
            j’irai un peu dans le sens de @Stan Siyomana en ajoutant que vous donnez l’impression d’eviter de repondre aux questions de l’auteur qui au fond sont des questions dont les Barundi n’avons pas de reponses. Le pays de Ntare Cambarantama est victime d’un manque flagrant de vrai leaders rassambleur d’opinion pouvant emmene tout le monde vers un consensus tel que sur le mecanisme de la mise en place de la CVR. Ca, ca aurait ete une revolution! Au lieu de cela les leaders des differents partis, dits d’opposition, se chamaillent pour le pouvoir au sein meme de leurs partis au point de ne pas pouvoir se reunifier quand l’occasion leur est donne.

  9. avatar Godefroid

    La revolution populaire a deja eu lieu dans notre pays en 1993 pour se debarasser du regime d’apartheid nous impose par un elite d’ extremistes pendant des decenies. Aujourdhui que le pouvoir est revenu dans les mains de ce peuple, parler du possible revolution sous telle ou telle autre raison est utopique. Ce n’est que dans les tetes des nostaligiques du passe que cette revolution existe. Ils peuvent continuer a rever que ce qui a ete possible avec les printemps arabes est aussi possible au Burundi. Mais une chose a noter c’est que la seule vraie revolution populaire qui a fait de bons resultats est Tunisienne. Les autres ont echoue parcequ’ elles etaient teleguides par des puissances etrangeres et vous vous souvenez tres bien des frapes aeriennes en Libye. Que ce soit en Syrie, Ukraine, Irak, Libye, Egypt c’est le chaos total et le peuple le regrette. S’il y a des Burundais qui comptent a de telles revolutions pour arriver au pouvoir, Ils doivent avoir des cerveaux malades. Les elections sont et resteront la seule voie pour changer les choses ou acceder au pouvoir parceque c’est ca la volonte du peuple Burundais.

    • avatar Stan Siyomana

      @Godefroi:
      « …parler de possible revolution sous telle ou telle raison est utopique » seulement si vous oubliez que (que ce soit en Tunisie ou au Burundi) l’homme sage ou un regime politique qui sait/peut voir plus loin vous dira que LES MEMES CAUSES PEUVENT PRODUIRE LES MEMES EFFETS.
      1. LA Revolution tunisienne de 2010-2011 se decrit comme ca:
      « Parties de la ville de Sidi Bouzid, d’ou le nom original de « revolte de Sidi Bouzid », ces manifestations sont menees en protestation contre le chomage qui touché une forte proportion de la jeunesse, plus particulierement les jeunes diplomes, la corruption et la repression policiere… »
      (Voir « Revolution tunisienne de 2010-2011 », http://www.wikipedia.org).
      2. Il y a plein de chomage des jeunes au Burundi: il y a a peu pres un mois, dans une emission de radio pour les jeunes, on parlait d’une enquete (de 2008?) sur le chomage des jeunes, dont le Gouvernement du Burundi ne veut pas/a peur d’en publier les resultats;
      Il y a plein de corruption au Burundi (voir le rapport de Transparency International pour n’importe quelle annee);
      Il y a plein de repression policiere au Burundi (voir les derniers rapports de Human Rights Watch et d’Amnesty International).
      Merci.

      • avatar kabura

        @Stan Siyomana
        Normalement, après une révolution, les choses vont mieux qu’avant celle-ci, pour la majorité de la population. Pouvez-vous affirmer que c’est le cas en Tunisie? Y a-t-il moins de corruption, de répression policière et de chômage qu’avant? Je l’ignore, vous pouvez nous éclairer là-dessus si vous en avez des preuves.
        Pour ce concerne la révolution de 1993 au Burundi, dont parle Godefroid, je crois que tout burundais (intellectuellement) honnête dira que la situation était meilleure entre juin 93 et le 21 octobre 93 qu’avant, en tout cas pour une grande majorité de la population. Et à mon avis, même aujourd’hui, on ne peut dire que tout va bien, mais ça va mieux que sous les dictatures militaires d’avant 1993.

        • avatar Stan Siyomana

          @Kabura
          1. « Normalement, après une revolution les choses vont mieux qu’avant celle-ci, pour la majorite de la population » quand cette revolution est menee par un groupe de gens qui ont un projet de societe.
          2. Dans le contexte actuel. quand il y a une revolution populaire/revolte populaire, il n’en sort que du chaos puisque personne n’est capable de prendre les choses en mains. Par exemple, s’il y avait eu assez d’ordre au Zaire après la chute de Mobutu, on aurait pu proteger le palais de Mobutu de Gbadolite et en faire un grand hotel au milieu de la foret equatoriale.
          3. Certains pensent que la ou il y a une classe moyenne assez importante, celle-ci peut pousser le Gouvernemnet a introduire des reformes politiques/sociales/economiques pour eviter le chaos/drame de la revolte populaire.
          Merci.

    • avatar Stan Siyomana

      @Godefroi: (« La revolution populaire a deja eu lieu dans notre pays en 1993 pour se debarasser du regime de l’apartheid… »
      En effet quand j’ai appris que Melchior Ndadaye et le Front pour la Democratie au Burundi (FRODEBU) avaient gagne les elections, je suis alle m’acheter une biere pour celebrer.
      Par la suite, j’ai pu avoir (par la poste internationale) le Programme du Parti (Frodebu) (adopte a Bujumbura le 3 mai 1992, 32 pages) ET JE SUIS TOUJOURS EN POSSESSION DE CE DOCUMENT QUI APPORTAIT TANT D’ESPOIR AU PEUPLE MEURTRI DU BURUNDI.
      -Ceci devrait servir de preuve qu’en ce qui me concerne, au moins ma tete ne compte pas parmi ce que vous appelez « LES TETES DES NOSTALGIQUES DU PASSEE » (puisque j’ai obtenu l’asile politique quand il y avait les (premieres?) dictatures militaires au Burundi).
      -Je suis tout simplement decu de voir que les promesses de Melchior Ndadaye de developpement et de democratie n’ont pas ete respectees/realisees par le parti au pouvoir (CNDD-FDD) (DONT LA MAJORITE DES CADRES ET DES MEMBRES ACTUELS DOIVENT AVOIR MILITE AU SEIN DU FRODEBU DE MELCHIOR NDADAYE/INCUNGU YA DEMOKRASI I BURUNDI).
      -J’aimerais un jour pouvoir lire un « programme » quelconque du parti CNDD-FDD pour voir s’il correspond aux « eventuelles realisations » de PRESQUE DIX ANS QUE CE PARTI EST AU POUVOIR, ou pouvoir lire un « livre » quelconque ou le CNDD-FDD explique comment il a mene « la guerre »/Kwerekana ikweli ico umuhari wamariye igihugu ku rugamba.
      Merci.

    • avatar MAHORO

      Vouloir faire « la révolution » n’est pas synonyme de vouloir prendre le pouvoir. Une révolution populaire peut pousser les décideurs politiques à changer. Comme au Maroc où le roi a vu venir la révolution et a changé les lois.

  10. avatar Kirarika

    A ce que de droit
    le commentaire « … les Barundi ne sont pas prêts pour une révolution… ça ne fait pas partie de notre culture, on garde le silence et on n’ose pas ! ».

    Ceci est une insulte à toutes et ceux des Barundi qui ont osé et nombreux sont ceux qui sont tombés sur le « Champ de bataille » pour l’indépendance et la démocratie. Le fait que nos héros sont inchantés ou tout simplement pas encore reconnus comme tels ne réduit en rien leur mérite national.

    Au moment où je griffone ces mots sut la toile, des cérémonies sont en cours en Europe et à travers le monde pour honorer la mémoire des millions de vies qui ont été emportées par la guerre de 1914-1918. Il n’y’a pas longtemps, c’était la mémoire des victimes de la guerre de 1939-1945 qui était honorée. Partout ailleurs, les cimetières sont des lieux sacrés.
    Aujourd’hui, en Europe, les dividendes de la paix , de la sécurité et de la coopération entre les enemies d’hier sont visibles à ceux qui veulent regarder et voir.
    Chers compatriotes, nous n’avons pas le droit d’ignorer ceux et celles à qui nous devons le peu d’indépendance et de libertés dont nous jouissons aujourd’hui.
    Les conséquences d’une logique aveugle de la domination et de l’oppression ne marche pas car l’exclusion, la corruption, l’injustice, l’impunité criminelle, la mauvaise gouvernance, etc ne cessent de faire des ravages à travers le monde. Dans certaines régions du monde, c’est un cercle vicieux de conflit chronique.

    Comme d’autres peuples qui ont connu la guerre, il nous faut regarder notre histoire avec courage et humilité, et envisager avec force détermination un avenir d’une prospérité partagée qui est le meilleur garant d’une paix sociale crédible et durable.

    • avatar Wise

      Jewe nibaza ko icihutigwa ari uko imigambwe boyireka ikiyunga hanyuma bidatevye bakagira

      ama debat atavanako yerekeye mandat zibiri zitarengwa.Ivyo ndabivuze kubera ico kibazo kiraho kandi kirakenewe gukugwa munzira naho mbona aba politiciens bavyihoza.Ivyo vyoshobora gukinga the negative side ya Revolution

      • avatar Stan Siyomana

        @Monsieur ou Madame Kirarika
        LA JEUNE BURUNDAISE qui , surement n’etait pas la au moment de l’independance, peut-etre n’etait pas encore nee au debut des annees 1990 (= debut de la lutte pour la democratie?) parle de ce qu’elle observe aujourd’hui ou TOUT SEMBLE ETRE CALME
        – alors qu’il y a des assassinats extra-judiciaires, des harcelements des membres de la societe civile et des partis politiques de l’opposition (surtout du Front de Liberation Nationale-FNL),
        – alors qu’il y a des cas flagrants de corruption (fonctionnaires de l’Etat qui se construisent de belles maisons sans aucun pret bancaire),
        – alors qu’il y a cette inegalite entre le pauvre paysan de la commune Cendajuru (ou autre coin du pays) qui est saigne a blanc par l’Office burundais des recettes (OBR) alors que le parlementaire qu’il a elu jouit de tant d’exonerations fiscales,
        -alors qu’il y a l’interdiction des manifestations contre la vie chere,
        -alors que le Gouvernement et le parti au pouvoir sont justement incapables d’aller au-dela de cette lutte pour l’independance et pour la democratie (dont vous etes si fier) et de mener le BEAU PAYS DE MWEZI GISABO dans la voie de developpement durable et inclusif. Il est tout a fait incomprehensible pour cette jeune burundaise (et pour bien d’autres citoyens burundais) qu’apres plus de 50 ans d’independance et presque 15 ans après les Accords de Paix d’Arusha de l’an 2000, le Burundi soit aujourd’hui classe 180 eme sur 187 pays (en terme de l’indice de developpement humain.
        (Voir « Rapport sur le developpement humain 2014 », http://hdr.undp.org/fr).
        Merci.

        • avatar azerty

          « – alors qu’il y a cette inégalité entre le pauvre paysan de la commune Cendajuru (ou autre coin du pays) qui est saigne a blanc par l’Office burundais des recettes (OBR) alors que le parlementaire qu’il a élu jouit de tant d’exonérations fiscales, »

          Mr/Madame
          C’est clair que vous parlez de ce que vous ne maîtrisez pas.
          L’OBR ne saigne personne car il ne fait qu’appliquer la loi .
          Au lieu de s’attaquer au législateur tu t’attaques à l’éxécutant?
          C’est comme ceux qui accusent la police qu’elle a empêché telle ou
          telle ou telle manifestation d’avoir lieu. C’est incorrecte car la police met en application une décision
          prise par l’administration et c’est son rôle de mettre en application les décisions de l’administration.

          Voilà une proposition pour que l’OBR perçoive légalement moins de taxes(Tout en espérant que vous comprenez les conséquences) :
          1. Faites tout pour que les lois changent dans le sens de réduire les taxes
          2. Pour réussir le point 1, fait tout pour convaincre les législateurs(Bonne chance) ou alors fait tout pour les changer
          3. Pour changer les législateurs, il te faut gagner les élections ou alors les faire gagner par quelqu’un qui a la même logique que toi(courage!)
          4.Pour réussir le point 3, il te faut convaincre les électeurs(Attention : un intellectuel et un analphabète ont le même poids électoral, donc une approche qui ne vise que les intellectuels est inutile).

          Si tout tu es prêt à cela , ne perd plus ton temps à critiquer l’OBR, la police et j’en passe. Allez-y! Fonces!
          C’est cela en somme la démocratie.
          ET souviens-toi! Un tigre ne proclame pas sa tigritude : il saute sur sa proie et la mange.
          Sautes!

          • avatar Stan Siyomana

            @Azerty
            1. Finalement au Burundi, personne n’est responsable de rien. Il y aurait moyen de ramener tout sur le dos du parlement (presque anonyme) puisque chaque agence de l’Etat opere sous quelque loi.
            Le commercant qui a des difficultes a sortir ses marchandises du port de Bujumbura va tout d’abord maudire les autorites du port et l’agent de l’OBR (qu’il voit en chair et os) avant de penser meme que son Cendajuru natal a un parlementaire.
            2. Vous faites tout pour me faire comprendre que l’OBR du Burundi n’est que pour les inities. Mais j’ai deja eu des cours de comptabilite (et il doit y avoir quelques-uns de mes camarades de classe qui sont devenus comptables), je ne crois pas que ca me prendrait trop de temps pour avoir une idee comment l’OBR du Burundi fonctionne (si jamais je m’y mettais serieusement). Ce que l’OBR fait au Burundi ne peut pas etre « rocket science ».
            3. Avec cet « Allez-y, Fonces », vous me faites comprendre que le pauvre paysan de Cendajuru ne peut rien (pour le moment?/a court terme, a long-terme?, jamais?) pour changer la situation, mais il peut toujours penser a la petite fraude (pour sa revanche), et ainsi/peut-etre vous vous rendrez compte que TROP D’IMPOT TUE LES IMPOTS.
            Ce serait une ironie du sort si c’etait l’OBR qui consellait au Gouvernement/parlement de revoir les taxes a la baisse pour que l’Etat burundais ait quand meme quelque chose qui rentre dans ses caisses (aujourd’hui presque vides? d.apres certaines rumeurs?).
            Merci.

            • avatar azerty

              @Stan
              « Le commercant qui a des difficultes a sortir ses marchandises du port de Bujumbura va tout d’abord maudire les autorites du port et l’agent de l’OBR (qu’il voit en chair et os) avant de penser meme que son Cendajuru natal a un parlementaire. »

              J’espère que tu es d’accord avec moi que ce commerçant a tord, si l’agent de l’OBR ou du port en question applique la loi(S’il n’en rajoute pas), il n’a aucun tord. Le problème(s’il y en a) provient de la loi voté par les élus et autres représentants du peuple. Dans ce cas, s’attaquer à l’OBR ne changerai rien, voire même compliquerai le problème.
              De plus renseignes-toi : Dans la sous région il y a RRA, TRA,KRA, URA…Tu pourrais en apprendre beaucoup.

              ET POUR :
              « Avec cet « Allez-y, Fonces », vous me faites comprendre que le pauvre paysan de Cendajuru ne peut rien »
              Je ne parles pas au pauvre paysan : je parle à cet intellectuelle qui passe son temps à critiquer cela, maudire ceci…..
              S’il veut changer les choses, il faut qu’il attaque les vrais causes au lieu de s’attaquer aux conséquences. Cela serait plus courageux et plus productif.

              Bonne journée!

      • avatar Révolution

        Wise,
        Vous vous trompez de débat, pensez-vous que le débat sur le mandat de Nkurunziza c’est cela la révolution? Pensez-vous que « ubuhojojo bw’imigambwe »que d’aucuns appellent des associations à but lucratif, c’est cela la révolution. C’est plutôt un signe qui ne trompe pas d’un manque de leadership au Burundi. Ubusimbirahamwe c’est cela le terme qu’il faut. Des hommes incapables de se mettre ensemble ne peuvent pas mener une révolution. Je vous assure que pour qu’un changement puisse se faire au Burundi, il vous faut tout au plus 3 partis politique: 1 de droite, 1 de gauche et 1 du centre. Ce ne sont pas des hommes et des femmes qui jouent avec les termes de triste évocation comme le génocide qui vont faire la révolution au Burundi. Et si la révolution était en marche justement depuis 1993. Voulez-voir une autre révolution que celle actuelle où l’apartheid burundais a cédé la place à la démocratie même si elle est à ses balbutiements encore ?
        Ce qui qui se passe au Burundi, ressemble à la situation de la mort du loup de du pète Alfred de VIGNY (1797-1863).

        • avatar Wise

          Merci Revolution

          Reka ndakwishure mukirundi kubera clavier yanje iri en anglais nca mbura ama accent.
          Vyari vyananiye kuvuga neza .Ico ciyumviro ko hoba 3 partis politique: 1 de droite, 1 de gauche et 1 du centre ndagishigikiye cane kubera imigambwe ibaye myinshi biragoye kumva ama policies yayo.
          Jewe i ‘m against violence iyo ari yose.Abantu barakwiye kwiga kurindira mugabo bagakoresha ama debat atangwano zirimwo.Iyo hari le desequilibre l’equilibre iguma yirondera.Jewe nta muntu numwe nanka ariko dukeneye strong institutions[Cfr president OBAMA] zishobora guhangana nibibazo vya 21century

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