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Sports

Nos champions en herbe

Ils sont venus de loin, quatre jeunes burundais ont décroché six médailles dont trois en or dans les Street Child Games du 12 au 20 mars 2016, à Rio. Ces talents nous parlent de leur parcours. Leur dénominateur commun : anciens enfants de la rue encadrés par New Generation. Portraits.

David Ndikumana, l’ingénieur en construction

David NdikumanaNé le 1er janvier 2000 dans la province Muyinga, dans une fratrie de six enfants. C’est à 5 ans de naissance que sa vie bascule. « Mes parents se sont séparés en 2005. Voyant que je ne peux pas vivre dans une famille sans aide, mon petit frère et moi avons décidé de quitter le toit parental pour vivre dans la rue », nous dit ce jeune au corps athlétique d’1m60. Il passera trois ans dans la rue avec son petit frère en partageant tous les malheurs de la rue… « Une branche de New Generation à Muyinga nous a récupéré avec mon petit frère. A l’époque, j’avais 8 ans. A Rio, j’ai gagné ma médaille en bronze sur la finale du 400m haie, je suis fier de l’avoir gagné et ramené au Burundi. Certaines personnes pensent que les enfants en situation de rue ne seront pas utiles à eux-mêmes ou à la société. Ils se trompent », lâche David Ndikumana, avant d’ajouter : « Le Brésil est un beau pays, mais où l’on travaille très dur pour avoir de quoi mettre sous la dent. »

 

Vianney Ndihokubwayo alias Zuma, le journaliste en devenir

Vianney Ndihokubwayo alias Zuma

Vianney Ndihokubwayo alias Zuma

C’est le capitaine de l’équipe de football Street Boys Imboneza de ces enfants anciens de la rue. Il fait office d’entraîneur. Il se considère comme l’aîné de ces quatre champions. Ce natif de Gitega a lui aussi eu un parcours difficile. « A cause de la guerre, mes parents se sont séparés  et je suis resté avec ma mère », se rappelle Vianney. « Un jour, nous voulions descendre sur Bujumbura et dans le bus, on nous a refusé des places, ma mère, mes sśurs et moi, pour le seul motif que nous dégagions une certaine odeur. Je n’oublierai jamais cet incident. Le lendemain, nous avions croisé ce bus à Gatabo, non loin de Giheta, complètement calciné. Dieu nous a sauvés la vie. » Ce jeune athlète est reconnaissant envers toutes les personnes qui ont contribué à faire de lui le jeune homme de 18 ans qu’il est aujourd’hui. Après six ans dans la rue, il sera récupéré par New Generation qui l’a poussé à poursuivre ses études. Cette année, Vianney alias Zuma croit dur comme fer qu’il aura son diplôme d’Etat qui lui permettra de faire des études en journalisme. Il joue dans AS Tanganyika en deuxième division de la Ligue nationale. Dans ces JO des enfants de la rue, il a été qualifié en quart de finales sur le 100 m, le 400 m haie, au lancer de poids et au saut en longueur. Il décrochera deux médailles, une en or sur le 400m haie, une autre en bronze au saut en longueur.

Armel Mwizigirwa, le businessman

Armel Mwizigirwa

Armel Mwizigirwa

Soudeur de formation au centre Don Bosco de Buterere, Armel, 18 ans, est moins bavard que les autres champions. Il a été médaillé d’argent au 400m relais. Lui aussi natif de Gitega, il grandira dans la zone de Ngagara pour des motifs qu’il dit ignorer. Né le 1er janvier 1998 d’une mère infirmière et d’un père « instable », Armel, étant enfant, rêvait d’être infirmier puis docteur comme sa mère qui travaillait pour l’ONG Médecins Sans Frontières. Mais tout bascule quand ses parents se séparent. « En 2002, alors que j’avais quatre ans, ma mère mourrait à Magara. Ma tante maternelle, qui m’hébergeait, m’a demandé de me débrouiller pour survivre. J’ai opté de vivre dans la rue. Je passais la nuit dans la rue ou chez un ami, qui vendait du charbon à Ngagara.» Mais son oncle a eu pitié de son neveu et lui a proposé d’aller à l’association New Generation, qui lui a ouvert ses portes. « Depuis 2003, je vis ici, mange et étudie grâce à New Generation. » Aujourd’hui, il gère une petite boutique sur l’avenue du Large de la zone Kinindo. Il dit avoir pardonné à tous ceux qui lui ont fait du mal. « Ne perds jamais espoir », insiste Armel citant la Bible. « Au moment où tu penses que c’est fini pour toi, c’est à ce moment là que Dieu agit. »

Innocent Bigirimana alias Firstly, le fils spirituel

Innocent Bigirimana alias Firstly (2ème à droite)

Innocent Bigirimana alias Firstly (2ème à droite)

Il perd ses parents très tôt et dit ignorer sa date de naissance. « Innocent était enfant turbulent et instable », reconnaît Dieudonné Nahimana, représentant légal de New Generation, qui l’a accueilli chez lui à Rohero. « C’est New Generation, qui s’est chargé de lui donner un nom, car il n’avait qu’un surnom, comme tout enfant de la rue. Innocent lui-même ne se souvenait plus de son nom.»

Innocent est parmi les premiers enfants accueillis par New Generation. Il est considéré comme le fils du représentant, ce qui lui vaut une certaine jalousie de la part d’autres anciens enfants de la rue. Firstly préférera bifurquer vers un centre de formation mécanique bien qu’il soit un bon élève. A presque 19 ans – l’âge supposé du champion -, Innocent Bigirimana pilote la campagne « Girizina » au sein de leur association pour aider d’autres enfants de la rue. Il décrochera une médaille d’or au 100m haie et une autre au lancée du poids.

  4   Vos commentaires
  1. Inkona

    Je félicite ces jeunes talents et New Generation mais je crois qu’il y a une manque de reconnaissance. Il y a un blanc souédois ou belge qui a nouris et hébergé ces 4 Jeunes depuis plus de 15 ans. Il n’est remercié nulle part. Et le comble c’est que deux ou trois parmi eux habitent et mangent jusqu’aujourd’hui grâce à ce bon samaritin . C’est vraiment domage.

  2. Aurelie Gahimbare

    Keep it up New Generation! May the Lord Almighty continue to supply for your needs, open doors and extending your limits!

  3. Jean-Pierre Ayuhu

    Ce genre d’informations rassurent, encouragent…il y a aussi de la vie dans le Burundi!

    • kubanankera

      Oui, il a de la vie, du bonheur, de la joie et de la féltilité. Tenez bon chers burundais, ne vous fatiguez pas. Votre détermination commence à porter fruits, oui de gros fruits : La Belgique, pour remplacer les pertes infligées par le manque de fonds qu’elle retirait du Burundi va prélever une taxe sur les camionneurs belges. Ce matin, ils ont manifestaient haut et fort leur désaccord en fermant des routes. C’est la débandade à Bruxelles.

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