Politique

Nkurunziza peint les couleurs de la révision de la Constitution

08/05/2017 Agnès Ndirubusa 12

Le président de la République a dessiné la composition de la commission chargée de proposer le projet de révision de la Constitution. Une décision qui ne surprend plus personne.

Pierre Nkurunziza, en marche pour une modification de la constitution
Pierre Nkurunziza, en marche pour une modification de la constitution

Dans son décret du 15 mars, mais qui vient à peine d’être dévoilé, le président a statué sur la composition de la commission chargée de proposer le projet d’amendement de la Constitution.

Ce sont 15 membres nommés par décret « dans le strict respect de la Constitution de la République du Burundi.»
Un représentant de la présidence de la République, Un membre du ministère de l’Intérieur et celui du ministre de la Justice. Le président de la République a également prévue que siègent au sein de cette commission trois représentants des partis politiques et des indépendants politiques membres du Parlement.

Dans cette commission, on verra aussi deux représentants des partis politiques de l’opposition extraparlementaire, trois représentants des confessions religieuses, un envoyé de la société civile et celui du forum national des femmes. Les 15 membres seront complétés par un représentant du Conseil national de la jeunesse et par un délégué de l’ethnie Batwa.

Le décret revient sur les missions principales de la commission chargée de réviser la Constitution. Il s’agit d’inventorier et d’analyser les différentes dispositions à amender et d’en faire la proposition au Gouvernement. A la fin elle va proposer un projet de Constitution amendé au Gouvernement.

Le président Nkurunziza donne à la commission six mois à compter de la date de signature du décret. Ce mandat peut être prorogé une seule fois pour une période ne dépassant pas deux mois à la demande de la Commission. La prorogation sera alors accordée par décret au plus tard une semaine avant l’expiration du mandat. L’horloge tourne donc pour cette commission qui doit se mettre à l’œuvre pour pondre d’ici la fin de l’année ses propositions.

Des sources concordantes indiquent que les tractations sont en cours pour désigner ceux qui vont faire parties de ladite commission. En tout cas, la machine est en marche depuis 2016 avec notamment la commission nationale du dialogue inter-burundais qui avait dans son rapport à mi-parcours parlé « des desiderata de la population.» Il s’agit de modifier la loi mère pour notamment« statuer sur la fin de la limitation des mandats, pour que le président de la République puisse se présenter autant de fois qu’il le désire. »


>>Les réactions

Ntibantunganya : « Il faut une sérénité avant de procéder à la modification »

ntibantunganyaL’ancien président appelle à la patience. Selon lui, il faut une sérénité avant de procéder à la modification de la Constitution. Cela passe par l’évaluation de l’Accord d’Arusha avec toutes les personnalités influentes du pays. La patience exigerait à structurer les élections prochaines à ce qu’elles soient libres et équitables. Pour Ntibantunganya, ce sont les institutions issues de ces élections qui pourraient réfléchir à une quelconque modification.


Vital Nshimirimana : « Composition d’une Commission tendancieuse »

vital-nshimirimanaL’activiste de la société civile en exil parle de la composition d’une Commission tendancieuse. Elle montre qu’il n’y aura que les membres du gouvernement, les partis politiques ainsi que la société civile inféodés au parti Cndd-Fdd. Il avertit le danger que présente un tel projet. Pour Vital Nshimirimana, l’initiative de réviser la Constitution est grotesque compte tenu de la crise actuelle que traverse le Burundi. Et de conclure : « Cette situation risque d’attiser les conflits. Nous ne devons que la combattre. Ce qui nous importe c’est plutôt la résolution de la crise. »



Jean Claude Karerwa : « Une commission équillibrée. »

jean-claude-karerwa-ndenzakoPour le porte-parole du président, avant les élections de 2015, il y a eu un débat houleux autour de la Constitution. Selon lui, la crise électorale qui a suivi a été occasionnée par un malentendu autour de la question. Les acteurs politiques devraient donc, dans un débat constitutionnel, lever toute équivoque autour de la question pour éviter de retomber dans le piège de 2015. La commission vient donc à point nommé selon Jean Claude Karerwa. Pour ceux qui pensent que la composition de ladite commission est partisane, il répond que non et parle d’une commission équilibrée. « De toute les façons il faut convenir d’abord de la pertinence de la révision de la Constitution et tout burundais va par référendum se prononcer pour ou contre. »


Faustin Ndikumana : «Il faut une orientation politique claire»,

faustin-ndikumanaLe président de l’organisme qui milite pour la bonne gouvernance, indique que décréter la mise en place d’une commission technique censée proposer des modifications de la Constitution relève de l’action du gouvernement. « Encore faut-il qu’il y ait une orientation politique claire», déclare Faustin Ndikumana. Or selon lui, le dialogue interne n’est pas suffisant. Il ne faut donc pas faire une fuite en avant. Cette orientation politique doit émaner du dialogue externe qui n’a pas encore donné des résultats.

Forum des lecteurs d'Iwacu

12 réactions
  1. Salmia Irikungoma

    Erega Pita Nkurunziza, ni wewe ukwiye guhinduka, amabwirizwa ari mu masezerano ya Arusha na Constitution yayavuyemwo ni bizima kandi aratomoye. Ako kaboze uzura, niko batoreye umuti muri ayo masezerano. Kuraho iyo nzikira, abarundi bamaze kubura ni benshi, kandi benshi ntibahiga guhonya abandi no kwihora, uvuga yuko uzi Imana. Imana yo mw’ijuru, yishwe n’ibicumuro vyacu, ni munyakigongwe, ni naco gituma yakurindiriye yuko wohinduka. Va i buzimu uje i buntu lero, guhonya abo wanka ntaco bizogufasha. Vugana n’Imana yo mw’ijuru kuko niho uzotora inzira zirashe zo kurokoka, Reka kwigisha urwaruka, burundi bwejo kwica, guhonya no kwonona, urazi yuko wavyaye, sigaho, ukabona kurya ukaryama mu mahoro, ata ntambara, urwana n’isi yose. Akira agakiza ufatanije na Premiere Dame.

  2. RUGAMBA RUTAGANZWA

    Il peut changer comme il veut la Constitution du Burundi mais ce que je sais c’est que le peuple burundais n’en profitera pas tout comme il n’a toujours pas profité d’ailleurs de son 3ème mandat (dit de Dieu) de plus en plus intenable et sanglant. Let us wait and see.

  3. Rurihose

    Soyons serieux.
    Aujourd hui le Burundi est le pays le plus corrompu et le plus pauvre au monde.
    Il y a un president qui prime sa nounou, sa femme et un de ses enfants lors des ceremonies officielles.
    Abanegihugu ont demande qu il n y ait pas de limitations de mandats comme ailleurs en Afrique: Zimbabwe, Ouganda, Cameroun, Guinnee Obiang, Tchad, etc….
    Abanegihugu qui detiennent le pouvoir reel (Dixit Mutabazi et les Gaston) ne soufflent pas un traitre mot sur la gouvernance de notre meilleur ami (shut je parle de la Tanzanie). On copie celui qu on veut.
    La production du cafe est tombee a 10 K de tonnes alors qu il n y a pas longtemps elle etait a 30 K.
    Does accountability means something in Africa

  4. kira

    la constitution n est un texte vivant a qui un changement peut se faire a un moment fixe par le peuple Burundais et non d ailleurs! Peu importe la date de changement, pourvu qu elle soit changee pour l interet det tous les barundis sans distinction.
    Que dit le peuple burundais vivant au pays?
    que dit les internauts ou les adeptes du clavier vivants ailleurs dans le monde?
    En tout cas si le peuple burundais juge bon de changer leur constitution, person d autre meme le president de la republique peut dire le contraire.C EST LEUR CONSTITUTION!

  5. Jereve

    Il faut, s’il vous plaît, cesser de profiter d’une crise (qu’on a soi-même provoquée et entretenue) pour faire avaler des couleuvres aux citoyens.

  6. Gacece

    Je lis tout ce que tout ce beau monde est en train de dire sur qui devrait toucher au texte d’une éventuelle nouvelle constitution, et cela me déçois.

    Je n’aivu nulle part quelqu’un suggérer des idées sur ce qui drvrait être ajouté, enlevé ou changé. Tout le monde veut donner son idée sur qui doit ou qui ne doit pas faire partie de cette commission, et d’où il doit provenir.

    J’ai une réponse bien simple :

    ON N’A RIEN À CIRER DE « QUI » VEUT ET/OU VA FAIRE PARTIE DE CETTE COMMISSION!

    Tant que la nouvelle constitution sera rédigée pour le bien de tous les Burundais et de toute la Nation, en prenant soin de remédier aux erreurs (pièges) du passé et du présent, tout en prévenant celles qui pourraient survenir dans l’avenir…

    On n’a pas besoin d’une populeuse commission pour l’alourdir par de nouvelles conditions qui se révèleraient être plus tard des failles exploitables par des polititiens en mal de militants et de popularité.

  7. eric

    -je pense pas que le burundi a besoin de la democratie que de la construction du pays.
    -5ans meme renouvellable sont peu pour atteindre a une construction
    -europe est deja contruit pour 5ans
    -pour par example un projet d’electrification ou de minerais ou de gonstruction massive,de planification ,faisability a l’implimentation sera seulement peut prendre minimum 7years souvent si vous n’avez pas de bailleurs.
    -si nkurunziza a un bon plan d’autosuffience economic,il faut clairement nnous le montrer ,il faut lui donner encore 15ans.Il est notre fils
    -il faut lui pardonner.si il a tuer 1000 personnes,michombero a tuer 300000 milles,frodebu a tuer 50 000m buyoya a tuer 100000.
    -alors a quant vouler finir les negociations d’arusha commercer depuis 1993,?
    -A vrai dire il ya des society or pays qui ont besoin d’abord de development avant d;aller a la democratie.
    -on a eu bcp d;echec de democratie:
    ez: -comment l’armee de buyoya qui se desait democratique a fait 3coup d’etat
    -comment frodebu se disait democratic aurait tuer 50 000 en 1993?
    cela veut dire UNE GRANDE CHOSE.Seule 2raisons l’explique:
    -pauvrete donc solution dvpment d’abord avant cette fameuse bible”democratie”:ces intellectuels doivent d;abord s’orienter aux aff

  8. @Ayuhu
    Quel bon esprit vous habite aujourd’hui? “Nta mwaka udakura inkumi.”

  9. Pablo

    Hahaha! Mwese ni mureke kubabayika! Aba DD nibakore ivyo bashaka; umuti uzoboneka par après; kandi aBarundi nitwe tuzowutora!

  10. Kayo

    Je suis d’accord à l’amendement de la constitution pour que le Burundi soit gouverné par des hommes et des femmes capablent de mener le Burundi sur une paix et un développement durable pas par exemple au niveau de province et de commune il faut mettre de gens capablent de mener le projet de l’état à un taux satisfaisant aussi pas les natifs pour éviter de clientélisme comme on fait en Tanzanie où on trouve un Gouverneur de Kigoma d’origine de Zanzibar mais qu’il est là comme un homme d’état mais aussi il faut que toutes les provinces soient représentées malgré qu’un natif gouverneur ne gouverne dans sa province natale
    Fini les listes bloquées tout candidat au poste de parmentaire ou au sénat doit se présenter à la population avec son projet inclu dans le projet de son parti ou pas
    Parmentaire ou sénateur niveau d’études au moins A2
    Administrateur ou gouverneur niveau d’études au moins licence pour mener à bien le projet du gouvernement élu
    Les conseillers de l’administrateur niveau d’études au moins A2 pour mener à bien le projet du gouvernement élu
    Aussi dans les hautes fonctions presentabilité ethnique et religieuses

  11. mayugi

    Une constitution qui sera l’émanation du dialogue interne à qui le gouvernement a donné des orientations, quelle aberration!!

  12. Ayahu Jean Pierre

    Crise pour les uns et sérénité pour les autres. Peu importe.
    On a à faire à un texte fondamental qu’est la constitution et pour lequel il ne faut pas instrumentaliser. Y’a-t-il matière à l’amender? Certainement oui. Est-ce le moment? Certainement non. Le faire à ce moment-ci reviendrait un bout à narguer les hommes et femmes qui considèrent qu’il y a une crise politique. Or, le rôle d’un garant des institutions est de rassurer tout le monde, y compris ses opposants et surtout eux! Malheureusement, force est de constater que l’attitude de ces derniers n’arrangent pas les choses et les affaires.Ils parlent d’une crise sans vraiment en dessiner les contours et encore moins la nommer. Résultat de la course: on n’avance pas, on tergiverse!

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