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Urbanisme

Mutanga- Sud : 2,5 milliards Fbu pour sauver Sanzu

27-01-2016

Une étude pour consolider les flancs de l’avenue Sanzu rongés par la Ntahangwa est terminée. Mais il n’y a pas d’argent.

Le long de la rivière Ntahangwa, des habitations au bord du ravin

Le long de la rivière Ntahangwa, des habitations au bord du ravin

L’avenue Sanzu située à l’entrée de la sous-colline Mugoboka (quartier Mutanga Sud), risque de s’effondrer. «  A chaque saison de pluie, les dégâts s’empirent », se plaint un des propriétaires d’une maison le long de la rivière. Le problème est connu.

Anicet Nibaruta, directeur-adjoint de la protection civile et secrétaire exécutif de la Plate-forme nationale de prévention des risques et de gestion des catastrophes, affirme qu’ils ont déjà fait une descente pour constater les dégâts : « Nous étions avec le ministère de l’Environnement, la mairie de Bujumbura et la commune Mukaza. Des recommandations seront mises dans le rapport que nous transmettrons au ministère de la Sécurité publique. »

Cléophace Bizabishaka, directeur de la Planification au ministère de l’Environnement indique « qu’une  étude détaillée vient d’être terminée sur un tronçon de 600 mètres le long de la rivière Ntahangwa ». Elle prévoit l’installation des gabillons sur les deux côtés de l’affluent. Entre les gabillons et la falaise, de la terre sera entassée. Enfin, des bassins de décantation seront mis en place pour freiner la vitesse de l’eau.

Le coût des travaux est estimé à 2,5 milliards Fbu au moins mais, cette somme n’est pas prévue dans le budget 2016.

Des initiatives citoyennes ont été lancées pour sauver l’avenue Sanzu. En 2014, Anatole Nzigamasabo, un habitant du quartier ingénieur en génie civil, s’est porté volontaire pour faire le devis le moins cher possible (44 millions de Fbu). « Pour le moment, nous avions déjà réuni 12 millions de Fbu grâce aux cotisations des natifs et des amis du quartier », indique Eddy-Franck Nceke, vice-président de Mutanga Iwacu Club (MIC). Plus ou moins 8 millions ont été utilisés, mais le travail effectué a été détruit suite aux grandes précipitations de cette nouvelle saison des pluies.

L’Association pour le développement de Mutanga-Sud (Ademu), MIC, la mairie, ils reconnaissent que pour le moment ils sont dans l’incapacité de faire quoi que ce soit. «  Nous assistons impuissamment », a reconnu Freddy Mbonimpa, maire de la ville de Bujumbura.

En attendant la véritable réhabilitation, les autorités vont interdire le passage à tous les véhicules poids lourds et reboiser les rives de la Ntahangwa. Cette route est très fréquentée par la population locale et c’est la seule pour se rendre à Mugoboka.

  12   Vos commentaires
  1. Ruzi rwa Mubarazi

    Et surtout!
    Mwige kwumviriza!!!
    Ukuri guca muziko kandi ntigusha, izo mpanuro ndabaha; c’est gratuit kandi ndabifuriza kubaho mumahoro mungo zanyu!

    • Methode Shirambere

      Il faut d’abord immédiatement arrêter l’extraction du sable, du gravier et du moellon dans toutes les rivières qui traversent la ville et les centres urbains de la pleine.Ces matériaux constituent une protection naturelle du sol et des lits des rivières.
      De telles extractions ne se font nulle part au monde à l’exception du Burundi.

  2. Ruzi rwa Mubarazi

    Chers Burundaises, Burundais et amis Bujois,

    L’irresponsabilité dans l’aménagement urbaine est un mal global et pas seulement burundais!
    Amérique du Nord (USA, CANADA), Latine(Mexique, Brésil, etc…), Asie (Philippine, Taiwan, Japon,…), Afrique, etc… des villes sont construite au mépris de la nature. Les pertes humaines et matérielles sont énorme.
    Les Pays-Bas(où j’exerce) est l’un des rare pays au monde qui sait que ; une urbanisation durable ne peut pas se faire dans l’ignorance de l’équilibre naturelle. Il faut apprendre à vivre en harmonie avec l’environnement ; les montagnes, les vallées, les rivières, les Lacs, etc…
    Vouloir lutter contre un cour d’eau comme la Ntahangwa est une bataille perdue d’avance. Il faudrait plutôt rendre à Ntahangwa ses rives et sa surface ; céder avant qu’il soit plus tard !
    Une vérité qui va vous faire mal ; « tôt ou tard, la ville de Bujumbura sera détruite à ~80% ». Raison : Ces ruisseaux vont se réveiller un jour et le Lac Tanganyika remontera pour récupérer sa surface !

    • Baobab

      @Ruzi rwa Mubarazi
      « Une vérité qui va vous faire mal ; « tôt ou tard, la ville de Bujumbura sera détruite à ~80% ». Raison : Ces ruisseaux vont se réveiller un jour et le Lac Tanganyika remontera pour récupérer sa surface ! »

      Cela semble être encore de la prophétie (de malheur)! Trop de prophétie ces derniers temps!

  3. Venant

    Je ne pense pas qu’une étude complète portant sur le bassin versant de la rivière Ntahangwa ait pu avoir été réalisée à ce jour. Comme je l’ai déjà indiqué dans un autre commentaire, l’ampleur de cette étude est vaste et requiet une équipe d’experts pluridisciplinaires dont des topographes, des géotechniciens, des hydrologues, des spécialistes du génie civil et de l’aménagement du territoire. Le coût d’une telle étude portant sur un vaste bassin versant est, on s’en doute, très élevé.

    En ce qui concerne l’aménagement de ce bassin versant, les actions doivent débuter en amont (vers Ijenda) et se poursuivre petit à petit jusqu’au niveau du lac Tanganyika. Des ouvrages permettant de retenir et d’infiltrer les eaux de pluie dans le sol ainsi que le reboisement en amont du bassin versant sont absolument indispensables. De plus, pour casser la vitesse de l’eau de ruissellement au niveau de la rivière, des ouvrages en gabions placés à des endroits précis en fonction de la pente du terrain, sont à prévoir sur tout le parcours de la Ntahangwa et doivent étre bien ancrés des deux côtés des berges. Leur implantation doit débuter en amont (toujours vers Ijenda) et se terminer au niveau du Lac Tanganyika. Le coût de tels travaux est évidemment exorbitant!!! C’est la raison pour laquelle les gens n’en parlent pas.

    Je demande aux habitants de Mutanga-Sud dont les maisons sont menacées d’être emportées par les eaux de la Ntahangwa de bien ouvrir les yeux et de se méfier de propositions d’aménagement fantaisistes qui ne portent que sur une toute petite portion de la rivière, celle située en face de leur quartier. Un tel aménagement ne servira absolument à rien du tout. S’ils y mettent de leur argent, eh bien ce ne sera que de l’argent jeté par la fenêtre qui ne réglera jamais le problème.

    A mon humble avis, s’en tireront bien les personnes avisées qui chercheront à s’installer ailleurs plutôt qu’à compter sur un vaste aménagement de la rivière dont les études et le coût de réalisation sont hors de portée eu égard aux ressources financières limitées du pays. Je serais aussi étonné qu’un jour un partenaire financier extérieur injecte de l’argent dans un tel projet.

    • Theus Nahaga

      Excellent commentaire

    • Nkunzi

      Tres bien dit. muga sinibaza ko bavyumva nkawe ababijejwe n ababigenewe

  4. PCE

    @Ruzi rwa Mubarazi
    Faux . On peut apprivoiser la nature mais il faut la respecter . Ce qui a été fait avec la rivière Ntahangwa s’inscrit dans l’irrespect et l’ignorance totale de la nature et ses lois. On aurait pu maitriser les rives de cette rivière depuis longtemps , on ne l’ a pas voulu. Tenez , il y a quelques jours la Ntahangwa a une fois de plus envahi quelques habitations non loin de la Brarudi . Pourquoi à votre avis ? On ne veut rien apprendre . Ce qui se fait ailleurs peut se faire au Burundi , avec un peu de bonne volonté et beaucoup de courage .

    • Ruzi rwa Mubarazi

      Mr Vous avez raison mais pour beaucoup de villes c’est trop tard! Raba ibiherutse muri Philippine, USA, Europe de l’Est, Bangladesh, Taiwan, etc…

  5. Ruzi rwa Mubarazi

    Mesdames et Messieurs,
    Cette mission est impossible!
    La nature est têtue et plus forte que toute ingénierie où intelligence humaine!

    Parole d’un Ingénieur et Chercheur en Géotechnique,
    Jac Nseng.
    http://www.fugro.com

    • Theus Nahaga

      Je ne suis pas ingénieur, mais je vais vous dire que cela est faisable. C’est comme toute construction humaine c’est toujours une victoire momentanée sur la nature. Cela veut dire que tout ouvrage humain demande entretien continuel pour réparer les ravagé du temps. Il faut pour cela un budget. Nos petites cabanes tenaient de décennies, mais c’était à la condition de les entretenir: kuzisakara et kuzihoma de façon régulière. Nous prévoyions un budget notre force de travail: gukerera ubwatsi, gukura ingwa et j’en passe.
      La mairie de Bujumbura doit prévoir un budget pour l’entretien et la mise en état de ses infrastructures et offrir à ces administrés de service de qualité. La mairie, si ma mémoire est bonne perçoit des taxes d’habitation.

      • Ruzi rwa Mubarazi

        Sindi muri logique yo guharira!

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