Sécurité

Mpimba : la psychose d’une crise mal gérée

23-05-2014

Dans la nuit du 27 au 28 avril, les prisonniers ont failli se rentrer dedans. Des prisonniers ont été transférés : 18 à Rumonge, 14 capitas chefs de sécurité à Rutana. A l’origine : La psychose d’une réédition des tristes événements d’octobre qui se sont soldés par la mort de deux personnes.

Des prisonniers en transfert montent dans un véhicule ©Iwacu

Des prisonniers en transfert montent dans un véhicule ©Iwacu

« Nous avons été injustement transférés à Rutana. Le directeur de la prison de Mpimba a voulu montrer qu’elle n’a pas puni un seul camp. Mais moi, j’ai joué le médiateur en demandant que les prisonniers qui étaient ligotés soient relâchés», témoigne un des chefs de sécurité.

Ceux transférés pour la deuxième fois à Rumonge crient aussi à l’injustice. Un surnommé Mandela se fait leur porte-parole : « Nous avons été injustement ligotés et sérieusement fessés par les prisonniers chargés de la sécurité. Qui pis est, nous avons été transférés sans que le directeur daigne nous accorder ne fût-ce qu’une minute d’audience. » Il estime que lui et ses 13 confères d’infortune seraient victimes de ce qu’ils sont des militants du FNL, alors que les chefs de sécurité seraient des Imbonerakure.

Que s’est-il réellement passé ?

Le directeur de Mpimba, l’OPC1 Bruno Niyonzima indique qu’en date du 8 août 2013, 180 prisonniers ont été transférés dans les différentes prisons du pays suite au soulèvement des détenus contre les capitas généraux. Cette insurrection s’était soldée par la mort d’un capita tué à coup de hache (un nommé Rwanika) et d’un musulman parmi ceux venus de l’extérieur pour partager la joie de la fête du mouton avec les prisonniers.

Six mois après, le premier contingent est retourné à Mpimba. Le dernier rentrera le 25 avril, deux jours avant la crise. Le colonel Niyonzima indique que depuis le retour des transférés, il recevait des informations faisant état d’une possible réédition des événements d’août. «  Certains détenus rentrés du transfert disaient que rien n’avait changé à la prison et qu’ils remettraient les choses en ordre en s’en prenant notamment aux prisonniers chargés de la sécurité », affirme le colonel Niyonzima. Il poursuit : « Ils étaient même cyniques dans leurs propos. Ils osaient dire que feu  Rwanika n’était pas mort, mais qu’il reviendra après son transfert à Bururi. Ils menaçaient de tuer plusieurs chargés de la sécurité.»

Le 27 avril, les chargés de la sécurité décident de rassembler, puis de ligoter et tabasser les détenus soupçonnés d’être impliqués dans le complot qui se serait produit la même nuit. Quand le directeur est arrivé, il a ordonné que tous les prisonniers ligotés soient déliés. Ces deux catégories de prisonniers seront transférés. Les uns pour questions d’apaiser la psychose dans la prison , les autres parce qu’ils s’étaient permis de punir eux-mêmes d’autres détenus.

Le fond de la chose

Selon Pierre Claver Mbonimpa, la racine du mal réside dans le défaut de poursuites judiciaires à l’endroit des prisonniers qui ont tué Rwanika. Pire, aucune enquête n’aura été menée pour vérifier si réellement il y avait un plan de perturbation de l’ordre.
En effet, un des capitas transféré affirme que cette nuit-là, il y a eu simplement un regain de psychose et de suspicion. Cela est confirmé par des sources internes à la prison.

  2   Vos commentaires
  1. kajekurya

    Iyo moyen de transport pour les prisoniers mukwiye kuyisubiramwo kuko barashobora gukororwa hanyuma mukavuko aribo bikoroye. Aho murabe neza ntihagire umunyororo azozira urwangara rwanyu WEWE LETA.

  2. JBR

    Ce qu´un homme de bons sens dans un monde moderne ne peut pas comprendre :
    1. Des prisonniers chargés de la sécurité dans les prisons;
    2. La présence des haches dans les prisons et leurs disponibilités aux prisonniers;
    3. Les prisonniers qui punissent les autres prisonniers, et
    4. Les prisonniers qui tuent et qui ne sont pas punis sévérement à leur tour.
    Décidement le Brundi Marche à reculons.

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