Avec un cours de change du franc burundais en hausse, les prix de vente des marchandises importées augmentent.

Au marché de Muyinga, les commerçants se désolent de la rareté des devises ©Iwacu

Au marché de Muyinga, les commerçants se désolent de la rareté des devises ©Iwacu

Au marché de Muyinga, c’est un sentiment de désolation qui règne parmi les commerçants. Il est de plus en plus difficile pour eux de s’approvisionner en devises quand ils veulent se rendre à l’étranger pour s’approvisionner en biens.
Dans les différents bureaux de change de Ngozi, lieu habituel d’approvisionnement pour la plupart des commerçants de Muyinga, les devises se font rares d’après les commerçants. « Souvent, je rate l’occasion d’importer des articles faute d’avoir des dollars. Et quand j’en trouve, je les achète plus cher que le cours fixé par la Banque de la République du Burundi(BRB) », déplore Sadiki Ciza.Et d’expliquer : « Le prix du dollar et de l’euro varie sensiblement au jour le jour, ce qui nous gêne car nous voudrions anticiper sur la quantité à importer, le prix de vente, la marge bénéficiaire, etc ». Ce vendeur d’habits reconnaît, en outre, que les prix de ses produits connaissent une hausse considérable en comparaison avec l’année 2012 : « Nous essayons d’ajuster nos prix au cours de change du Fbu qui fluctue sans cesse, pour ne pas travailler à perte, sans y arriver. Car nous nous retrouvons devant une forte baisse des clients. »

Même constat chez Zaburi. Il importe et vend au détail des matériaux de construction. Il signale que suite au manque de devises, les prix pour la peinture (+11,7%), les clous (+20%), le ciment (+14%) et les tôles (+10%) connaissent tous une hausse par rapport à juin 2012. Il indique que les clients se raréfient du fait d’un faible pouvoir d’achat de la majorité de la population tandis que les stocks se vident très lentement.

Même situation à Bujumbura

Dans les différents marchés et magasins de la capitale, les clients se plaignent aussi de la hausse des prix des biens importés. « Les prix des matériaux de construction ont fortement augmenté depuis le début de l’année. Les tarifs pour un sac de ciment de 50 kg et un pot de peinture sont passés respectivement à 25.000Fbu et 14.000Fbu, alors qu’ils étaient à 21.000Fbu et 9.000Fbu en 2012 », assure A.N. Ce consommateur craint pour le crédit qu’il a contracté auprès d’une banque : « Le risque est grand d’épuiser tout mon crédit sans terminer les constructions de ma maison.»
Polycarpe Ndihokubwayo, secrétaire exécutif de l’association des commerçants transfrontaliers, indique que parfois les vendeurs sont obligés de maintenir les prix par crainte de perdre la clientèle. Il suggère à la banque centrale de faire feu de tous bois pour mettre à leur disposition des devises.« Sinon, souligne-t-il,la situation risque d’empirer car on constate déjà qu’au port de Bujumbura, les importations vont en diminuant. »Bien plus, les commerçants de Muyinga demandent aux banquiers de donner des devises à tout commerçant possédant un NIF (Numéro d’Immatriculation Fiscale) pour éviter les spéculations dans les bureaux de change.

Soulignons que le cours de change moyen du Fbu au 18 juin 2013 était respectivement de 1 536,740 et 2 048,9354 pour le dollar et l’euro, alors qu’à la fin du mois de juin 2012, les statistiques étaient de 1435,55 et 1796, 59, selon les données de la BRB. Cette dernière affirme surveiller la situation de la rareté des devises et promet d’intervenir d’ici fin juin.

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