Gouvernance

Mairie de Bujumbura : le feuilleton continue

14-07-2017

Le maire de la ville de Bujumbura persiste et signe : seule la société Bujumbura Cleaning Company (BCCO), est autorisée à collecter les déchets ménagers dans la capitale. Les 18 autres sociétés concurrentes dénoncent toujours une décision inique.

Mairie de Bujumbura
Le feuilleton continue

«Nous avons signé une convention de partenariat avec cette société et c’est elle qui est autorisée à s’occuper de la salubrité dans la capitale. Cela veut dire que les conventions qui avaient été signées avec la mairie sont caduques», indique Freddy Mbonimpa, maire de la ville de Bujumbura. Pour rappel, ce dernier, lors de sa conférence de presse du 6 juin, avait affirmé que les 18 sociétés n’avaient pas de convention avec la mairie. Par contre, Freddy Mbonimpa admet que la mairie n’a pas respecté l’article 12 de la convention signée avec les 18 sociétés, qui stipule qu’il faut une mise en demeure de 15 jours pour suspendre ces sociétés. Mais le maire de la ville fait remarquer qu’ « il y a des sociétés qui ne sont plus actives depuis 2 ou 3 ans. »

Dans la foulée, il demande à des sociétés qui «pensent qu’elles sont en ordre» de passer à la mairie, munies d’une attestation de non-redevabilité. Pour le maire de la ville, la décision d’octroyer le marché à BCCO découle des avantages que la mairie va en tirer. Selon le maire, ces sociétés doivent passer une à une car elles ne constituent pas un syndicat. «C’est une astuce de vouloir nous diviser», indique un des propriétaires de ces 18 sociétés.

Les bénéficiaires se plaignent aussi

«Nous avons écrit au maire à plusieurs reprises, mais il n’a pas donné suite. Ce que nous voulons, c’est juste une rencontre», indique Me Jean Marie Vianney Nshimirimana, qui représente ces sociétés. Il s’étonne que le maire de la ville soutienne qu’elles doivent une somme de 72 millions de Fbu. «Nous n’avons aucun problème avec la Setemu. Nos camions continuent à acheminer au dépotoir de Mubone. C’est une échappatoire.» Me Nshimirimana s’insurge contre les accusations selon lesquelles ces sociétés laissaient des déchets partout : «Dans les conventions signées en 2013, la mairie était censée sensibiliser la population afin de redynamiser le système de collecte des déchets solides, mais elle ne l’avait pas fait. Ces sociétés n’ont pas de contrat avec tous les habitants de Bujumbura.» Ceux qui n’ont pas de contrat avec ces sociétés, poursuit-il, jettent les déchets n’importe où.

Ces 18 sociétés se plaignent qu’elles sont maltraitées, depuis quelques jours sur le terrain. «Nos véhicules sont arrêtés par la police et nos agents sont malmenés. De plus, nous avons des problèmes avec les banques qui nous ont donné des crédits.» Et de souligner que plus de 500 personnes vont probablement perdre leurs emplois.

Grogne aussi de la part des habitants de certains quartiers de la ville. «Ils nous font signer des contrats, parfois avec agressivité», témoigne un habitant du quartier Kinanira. «Ils enlèvent les déchets et nous obligent à payer alors qu’on n’avait rien demandé. De plus, nous avons des contrats en cours avec d’autres sociétés. Qui va nous rembourser?», se demande un habitant de la zone Rohero. Certains habitants de Mutanga-Sud et de Gasekebuye se plaignent de l’irrégularité des agents de la BCCO : «Ils sont venus, il y a deux semaines et on ne les a plus revus.»

Iwacu a essayé, à maintes reprises, de joindre la direction de BCCO, sans succès. Cependant, une question taraude l’esprit des habitants de la capitale : «Pourquoi cette société privée porte le logo de la mairie de Bujumbura?»

  5   Vos commentaires
  1. Michel

    Pitié à Freddy qui prépare sa chute et personne ne va le pleurer. En effet, bientôt la ville sera une vraie poubelle, on tourvera des mouches et rats partout comme certaines autres villes d’Afrique et Améqrique latine. Je crois que les citadins avaient trouvé une solution durable en signant des contrats privés, le rôle de la Mairie et de Monsieur Freddy aurait était d’améliorer ces contrats et de les généraliser, au lieu de revenir à SETEMU bis BCCO), qui a déjà montré ses limites. Les sociétés privées ont été créées car SETEMU ne marchaient pas. En plus du problème de salubrité, le Maire n’aura pas les redevances attendues de BCCO. Avec cette image de la ville,le Maire partira tête baissée, couvert de honte et de mépris de la part des habitants qu’il était sensé servir. Conseil: Chers dirigeants, tenez toujours ferme pour défendre la vérité, ayez le courage de dire non car votre personalité vaut de loin plus que le siège sur lequel vous etes assis. Courage, tu peux faire marche arrière, ce n’est jamais tard de faire du bien.

  2. LANGA SOURCE

    Le roi de la forêt s’offre la part du lion et les autres vont se partager les miettes restantes,si du moins,ils ont la chance.

  3. Rurihose

    Vous avez refusé de publier mon commentaire,
    Je ne vous blâme pas.
    Pourquoi vous ne dites pas les actionnaires de la société Burundi Imondice Association (BBCO en sigle) 😂😂😁
    Kandi turazi ko mubazi Walah

  4. «Pourquoi cette société privée porte le logo de la mairie de Bujumbura?» C’est parce qu’un crime n’est jamais parfait. Il ya toujours quelque chose pour accuser, car comme on dit, « N’uw….. mu kuzimu yaramenyekanye. » Je ne connais pas BCCO mais à voir comment la Mairie s’y colle, il y a de quoi être inquiet. L’insalubrité est devenue une vache laitière non seulement pour la société qui a gagné le marché mais aussi et surtout pour l’autorité municipale. Que les immondices règnent en Mairie de Bujumbura et on va célébrer! On a l’impression que le Maire a envie de prononcer ces mots. Et les 18 n’ont qu’à se plaindre où ils veulent, on ne va même pas leur donner le préavis conformémént à l’article 12 de la Convention entre eux et la Mairie. Ceci illustre le drame burundais. L’autorité viole la loi en usant de « La raison du plus fort est la meilleure » et de « Après moi le déluge » et c’est normal car on suit comme des moutons ce qu’elle dit. Non seulement on va la réélire mais aussi on va cotiser les fonds plus que nécessaire à ce « projet national. » Comme on ne change pas une équipe qui gagne, on ne va pas changer une stratégie qui gqgne. Bonjour l’éternel manque de sens éthique, de sens moral et de code de conduite matérialisés par le viol de l’article 12 de la Convention signée entre la Mairie et ceux qui avaient cru qu’ils mangeraient à la sueur d’évacuation des immondices de la capitale Seigneur, aidez-nous!

  5. Arsène

    Dans un de mes commentaires, j’ai parler d’une situation d’anomie au Burundi. Ce cas est un de plus pour conforter mon propos.
    L’exception est devenue la règle dans pratiquement tous les secteurs de la vie au Burundi. La loi est avant tout violée par l’administration et comme la sagesse burundaise le dit si clairement: « umwera uva i bukuru ugakwira igihugu ».

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